mercredi 23 janvier 2013

La Tunisie devient-elle une base du terrorisme contre l'Algérie?



Nous avons déjà publié le contenu des révélations de Wikileaks, selon lesquelles le parti islamiste Ennahdha est impliqué dans des actes terroristes depuis longtemps, et est lié à des organisations telles que le Front Islamique du Salut (FIS, Algérie), les Frères Musulmans ou Al-Qaïda. En particulier, en bas de page du rapport publié, on pouvait lire : "Note d’analyste: Al-Nahda a été créé en 1979 par Rached Ghannouchi. À la fin des années 1980, ce mouvement a réussi à s'infiltrer dans certains secteurs du gouvernement tunisien, y compris l'armée, la police et des établissements universitaires. Après leur interdiction par les autorités tunisiennes en 1992, la plupart des membres clés d'Al-Nahda a fui en exil. Profitant de l'asile politique, en particulier au Royaume-Uni, ils ont tenté d'établir des liens avec d'autres mouvements radicaux, tels que le Front islamique du Salut (FIS) algérien, le GIA et GSPC, ainsi que al-Qaïda. En outre, ils se sont organisés en deux mouvements, la FIT et le TCG (voir ci-dessous) . "
Un autre document de Wikileaks vient entacher la crédibilité du chef des salafistes tunisiens, Abou Iyadh, même auprès des siens. Il date du 4 novembre 2007. Ce rapport est confidentiel et est classé NOFORN (Not for release to foreign nationals) par le département de défense US.  On y apprend que Seyfullah Omer Bin Hussein (Abu Iyad), était à la fois membre fondateur du TCG, et qu’il était aussi l’informateur (l’indic) du gouvernement tunisien d’alors, sous Ben Ali. Ceci n’est guère étonnant. Il confirme tout simplement que la galaxie islamiste (Ennahdha, TCG, FIT) était déjà, tout comme Ben Ali, sous le contrôle de la CIA.  Ils le sont toujours.

Les terroristes sortent de l’ombre

Dans un reportage datant de ce mois de janvier 2013, Radio France Internationale a indiqué que 300 terroristes tunisiens affiliés à l’AQMI seraient opérationnels au nord du Mali, alors que les autorités nahdhaouis tunisiennes, affirment, un peu gênées, qu’ils ne seraient qu’une cinquantaine. Toujours selon ce reportage, la plupart sont arrivés bien avant les frappes françaises, mais celles-ci stimulent aujourd'hui les rêves de jihad de nombreux candidats motivés par les appels à la guerre sainte lancés dans les mosquées tunisiennes (au vu et au su de tous, y compris le gouvernement) et sur internet, où les intérêts français sont quotidiennement désignés comme cible. Quelques milliers de dollars versés par le Qatar stimulent aussi les plus hésitants et les plus misérables. Des rapports officiels signalent par ailleurs, que, sur les 5.000 mosquées tunisiennes, quelque 400 sont sous contrôle des islamistes radicaux (dont le chef de file est Abou Yadth, l'indic ci-dessus) qui exhortent leurs fidèles à partir faire le jihad à l’étranger, moyennant une somme forfaitaire de 40.000 DT (20.000 Euros). Mais attention : il ne s’agit pas d’attaquer ni Israël ni les armées impérialistes déployées dans les pays arabes ou musulmans (Palestine, Irak, Qatar, Arabie, Bahreïn, Libye, Afghanistan, etc.), mais il s’agit d’attaquer les pays arabes ou musulmans qui refusent de se plier au dictat américano-sioniste, comme la Syrie et l’Algérie. 
En occupant le nord du Mali, le plan américano-sioniste, sous-traité aux harkis islamistes, consiste surtout à encercler l’Algérie par le sud. L’est et l’ouest sont déjà sous contrôle, grâce aux islamistes au pouvoir à Tunis, à Tripoli et à Rabat. Pour les terroristes maliens et pour l’AQMI, la Tunisie est doublement intéressante : c'est d’abord un corridor qui permet  d'acheminer des armes venues de Libye ou d'Europe, c’est ensuite un lieu de recrutement et d’entraînement de jihadistes terroristes.
On sait maintenant qu’au moins 11 Tunisiens faisaient partie du groupe des terroristes qui avait pris des otages sur le site gazier de Tiguentourine, à In Amenas, au sud-est de l'Algérie. Les informations sur la nationalité des terroristes ont été fournies par deux jihadistes qui ont survécu à l'attaque de l'armée nationale populaire algérienne.
On constate par ailleurs un accroissement du nombre de jeunes Tunisiens guerroyant en Syrie (10 mille). 


Les pouvoirs islamistes égyptien et tunisien soutiennent les terroristes


Les pouvoirs égyptien et tunisien, liés aux Frères musulmans, n'ont pas hésité à afficher leur opposition à l'intervention militaire française au Mali contre les djihadistes. Ils ont été soutenus par leur sponsor : le Qatar, pourtant l'un des plus proches alliés de Paris en Libye et  au Moyen-Orient.

La charge la plus franche est venue du président égyptien Mohammed Morsi, issu de la Confrérie. «Nous ne serons jamais d'accord avec une intervention militaire au Mali parce que cela va attiser le conflit dans cette région», a déclaré le raïs égyptien en déplacement en Arabie saoudite, n'hésitant pas à parler d'une «agression». 

Soucieux de coller à une rue islamiste prompte à dénoncer «les invasions étrangères», les dirigeants tunisiens ont commencé par se montrer opposés à l'offensive militaire française, avant de se rétracter quelque peu. Il y a une semaine, le ministre des Affaires étrangères, membre des Frères musulmans, Rafik Abdelsallem Bouchlake, alias « La Savate », alias « Monsieur Gendre », estimait que «les problèmes en Afrique doivent être résolus dans un cadre africain», tout en se disant «contre une intervention étrangère, dans tous les cas de figures». Sauf, naturellement, quand son parti Ennahdha recrute des mercenaires pour les envoyer perpétrer des attaques terroristes en Algérie et en Syrie.

Quelques jours auparavant, le président Moncef Marzouki - un supposé laïc - s'était déjà gardé d'apporter son soutien à Paris, indiquant qu'il aurait «préféré une solution politique négociée».

Tout aussi embarrassante pour la France a été la réaction de ses alliés qatariens. Le premier ministre, Hamad Ben Jassem, a mis en doute le bien-fondé de l'intervention française, estimant que le recours à la force ne réglerait pas le problème au Mali. Dans la foulée, le très influent cheikh Youssef Qaradawi, le vieux pornographe, hébergé à Doha, critiquait «la précipitation de la France à déclencher la guerre». 

Des blogueurs entraînés par la CIA en Tunisie

La chef du parti des travailleurs algérien, Louisa Hanoune a révélé qu’une société américaine privée recrute plus de 200 jeunes algériens résidant en Tunisie pour les utiliser dans le prochain épisode du printemps arabe prévu bientôt en Algérie.  Elle a ensuite confirmé la présence d’autres organisations non-gouvernementale appartenant au service de renseignements américains qui œuvrent pour la déstabilisation de l’Algérie, profitant des conditions socio-économiques difficiles des régions du sud de l’Algérie où l’on assiste à l’effervescence de slogans étranges appelant à la sécession du sud de l’Algérie.

Les jihadistes, mercenaires de l'impérialisme

Un article du Time intitulé : « the crises in Mali : will french air stries stop the islamist avance ? » montre décidément que les vieilles ficelles ont toujours cours, en l’occurrence « la guerre au terrorisme ». Le Time soutient que l'intervention française a pour but d’empêcher les terroristes islamistes de s’emparer d’une partie de l’Afrique avant d’étendre leur influence jusqu’en Europe. Dans ce même article, le journaliste affirme « qu’il y a une crainte, particulièrement fondée, que le Mali, devenu islamiste radical, menace par-dessus tout la France dans la mesure où la plupart des islamistes sont francophones et qu’ils ont des parents en France. ». Ceci nous rappelle la doctrine Bush du "lutte contre le terrorisme". Voulant mettre la main sur le pétrole irakien, a téléguidé et réussi, une colossale arnaque : l'attentat du 11 septembre.
Ce que le Time ne raconte pas au lecteur, c’est qu’AQMI est étroitement lié au Groupe islamique combattant en Libye (que la France a soutenu durant l’invasion de la Libye par l’OTAN en 2011, en lui fournissant des armes, assurant sa formation, et l’appuyant même de ses forces spéciales et de ses moyens aériens). Bruce Riedel, qui a travaillé à la CIA de 1977 à 1990 et qui est aujourd’hui un des experts de l’association Brookings Institution, écrivait en août 2011 un article intitulé « l’Algérie sera la prochaine à tomber », dans lequel il prédisait que le succès des coalisés en Libye encouragerait les éléments radicaux en Algérie, et AQMI en particulier. Entre les violences extrémistes et la perspective des frappes aériennes françaises, Riedel espérait en fait voir la chute du gouvernement algérien. Ironie du sort, il observait que « l’Algérie exprimait des préoccupations selon lesquelles la crise libyenne pouvait conduire à la création d’un sanctuaire important pour Al-Qaïda et d’autres extrémistes jihadistes »
Cette intervention en Libye a vu aussi l’épicentre de la révolte, Benghazi, se détacher lentement mais sûrement de Tripoli pour devenir une région aujourd’hui semi-autonome, « l’émirat du terrorisme ». 
Le partage de la Libye a ainsi commencé conformément au plan américano-israélien de démantèlement du Moyen Orient.

Le prétexte malien

Dès la fin de la guerre en Libye, Un autre conflit éclatait donc au nord du Mali . Ce n’est pas un hasard. Cela fait partie d’une vaste entreprise préméditée de réorganisation géopolitique qui a commencé avec la chute de Kadhafi. La Libye est utilisée aujourd’hui comme tremplin pour envahir d’autres pays bien ciblés, tels le Mali, l’Algérie et la Syrie. Les terroristes armés jusqu’aux dents, financés par le Qatar et appuyés par l’OTAN, ne sont rien moins que les mercenaires de ce projet. L’Algérie a réussi jusque-là à déjouer les plans subversifs échafaudés par les États-Unis en 2011 dont les "révolutions arabes" ont été la partie visible de l’iceberg, mais elle n’a certainement pas échappé à l’attention de l’Empire, qui aimerait bien transformer toute la région, en utilisant les terroristes tantôt comme casus belli à de futures invasions, tantôt comme mercenaires de leurs sombres besognes.
Naturellement, le pouvoir qatarien, soutien des terroristes-islamistes en Syrie, en Tunisie, en Egypte, en Libye, et ailleurs,  ne pouvait pas être en reste au Sahara. C’est qu’on sait aujourd’hui le manège et les plans diaboliques de ce petit pays. Selon une note confidentielle, les services secrets français ont mis en garde leur hiérarchie, contre l’éventualité d’une résurgence du terrorisme au Nord-Mali et au Niger si rien n’est fait pour stopper le Qatar. Comment la France a-t-elle été mise au courant que c’est le Qatar qui tirait les ficelles au Mali ? Simplement parce que le Croissant-Rouge du Qatar a dû partir précipitamment de Gao au moment où les soldats français avançaient. Pire, rapporte le journal l’Humanité, le Croissant Rouge du Qatar n’a même pas pris contact avec la Croix Rouge…malienne. Cherchez l’erreur ! Mais, selon des témoins sur place, les gros cargos qataris qui étaient censés apporter de l’aide humanitaire ont, semble-t-il, emporté dans leurs soutes, des leaders jihadistes. Donc, contrairement à ce que disent les médias, le terroristes les plus dangereux, c’est à dire les chefs jihadistes, seraient au chaud à Doha  ou à Tunis.
 


Qui sème le vent récolte la tempête : AQMI prépare des attentats en Tunisie

Parmi les terroristes arrêtés par l'armée algérienne, impliqués dans la prise d'otages à In Amenas, leterroriste tunisien Laâroussi Derbali (alias Abou Talha Ettounissi) a avoué aux enquêteurs algériens qu'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) prépare des attentats en Tunisie.

Il a aussi ajouté, selon toujours la même source, que des dizaines de Tunisiens partisans de l'actuel gouvernement se trouvent aujourd'hui au Mali et coordonnent avec des cellules dormantes pour lancer une série d'attentats en Tunisie.

Ces déclarations sont confortées par les affrontements récents , en Tunisie, entre les forces de sécurité et des groupes terroristes armés dans les montagnes du nord-ouest et du centre-ouest, ainsi que par la découverte de caches d'armes de guerre dans plusieurs régions du pays, sans parler des déclarations des activistes salafistes jihadistes et des "Ligues de protection de la révolution" (nom des milices terroristes d'Ennahdha), dans les réseaux sociaux appelant à la guerre civile dans le pays.
Conclusion

La Libye a été "libérée" grâce aux frappes aériennes de l'OTAN, dont la France était le fer de lance. Aujourd'hui, la Libye, et à moindre mesure, la Tunisie, sont les tremplins des terroristes destinés à déstabiliser les pays cibles de l'impérialisme et du sionisme : là où se trouvent les richesses convoitées ( gaz en Syrie; gaz, uranium, or, métaux rares et pétrole en Algérie et au Mali).  
Préparée de longue date et annoncée par François Hollande six mois à l’avance, l’intervention française au Mali a été présentée comme une décision prise en urgence en réponse à des développements dramatiques. Cette mise en scène, une arnaque similaire à celle des attentats du 11/9/2001, ne vise pas seulement à s’emparer des richesses minières du Sahara, elle ouvre surtout la voie à une déstabilisation de l’Algérie et à sa vassalisation ultérieure.
Mais les Algériens ont démontré, aussi bien aux Français qu'aux terroristes islamistes, qu'ils ne sont point dupes et qu'ils ne seront pas une proie aussi facile que la Tunisie ou la Libye. Le peuple tunisien ne sera pas dupé non plus : jamais, au grand jamais, il ne trahira ses frères algériens. Les islamistes tunisiens sont en train de creuser leur propre tombe. Ils y seront définitivement ensevelis.

Hannibal Genséric

FIS : Front islamique du Salut (Algérie) : formation politique algérienne militant pour la création d'un État islamiste, à l'image de l'Arabie Saoudite. Elle a été dissoute en mars 1992. Le FIS s'est engagé dans une lutte armée contre l'État, ce qui causera la guerre civile de 1991 en Algérie (100 à 200 mille morts selon les sources). Le FIS est à  l’origine de l’assassinat de plusieurs intellectuels et artistes algériens.Le chef du FIS, Abassi Madani a été le disciple de Rached Ghannouchi, actuel président du parti islamiste tunisien Ennahdha.
GIA : Groupe islamique armé (Algérie) : Organisation terroriste, bras armé du FIS, proche d’al-Qaïda.  Elle est responsable de la mort de 100 journalistes algériens, et d’attentats en France et en Algérie (au total plus de 1000 victimes)
GSPC : Groupe salafiste pour la prédication et le combat (Algérie) : Branche salafiste d’al-Qaïda au Maghreb, devenue AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique).
FIT : Front Islamique Tunisien : Ce groupe a été créé par Rached Ghannouchi, et il est considéré comme la branche armée d’Ennahdha. Il tient des liens étroits avec le GIA (Algérie). Crimes connus : Meurtre de 4 policiers et 7 militaires.
TCG : Tunisian Combatant Group (Jama'a Combattante Tunisienne): Ramification salafiste d’Ennahdha liée à al-Qaïda, et maintenant rattachés à AQMI.
FIT et TCG sont les bras armés des milices nahdhaouis, dont les fameuses ligues de protection de la révolution. Leur réorganisation en cours vise à copier « les Gardiens de la Révolution » ou Pasdarans iraniens, de triste réputation. Ils  "se font la main" au Mali, en Algérie et en Syrie.