mardi 12 février 2013

Pourquoi le nombre 7 fascine-t-il autant ?

Conception archaïque du cosmos selon
les Mésopotamiens et selon  les "savants" islamistes

La culture numérique est aussi vieille que la civilisation

Selon Daniel Tyre, philosophe et sociologue, les nombres sont en adéquation avec le monde. La connaissance de ce qui nous entoure se fait par des codes. Les nombres sont partout dans la nature et nous permettent de l’appréhender. Le lien entre les nombre et le monde reste encore un mystère. Sont-ils à l’essence même du monde ou bien sont-ils de purs produits des humains ?
L’homme contemporain croit avoir inventé une nouvelle culture appelée « culture numérique ».
Pour d’aucuns, parler de culture numérique est un oxymore, comme le fait de dire « un gentil nazi » ou bien «un islamiste modéré», et l'on sait qu'il n’existe pas plus d’islamiste modéré que de gentil nazi.
Alors, comment peut-on articuler culture et nombre ? Comment le nombre  peut-il faire culture, être culture ? L’expression de l’esprit serait-elle quantifiable, réductible à un calcul, qui plus est binaire ? Après tout, ce ne serait pas si idiot. Pythagore, selon lequel  « tout est nombre », avait montré que les mathématiques ordonnaient l’univers des dieux et des hommes. Ce principe pythagoricien est une probable synthèse de trois traditions (ou religions) de l’Antiquité : l’élément géométrique des Égyptiens, la quantité arithmétique des Phéniciens et la périodicité des cycles astronomiques des Mésopotamiens. Le nombre est principe de toutes choses, et toute chose, physique ou intellectuelle, a son nombre. Il est ainsi paradoxal pour notre modernité qu’une si vieille conception théologique concoure par sa hauteur à l’émergence d’une théorie formelle de la connaissance. La différence qu’il y a entre nous et les Anciens (Mésopotamiens, Égyptiens, Phéniciens, Grecs), c’est la technologie. Elle nous permet aujourd’hui de convertir du qualitatif en quantitatif, à traduire des quale en quanta, par opposition à la traduction dite analogique. Mais nous sommes bien dans le cadre du principe pythagoricien, énoncé il y a 2500 ans, mais hérité de religions bien plus anciennes. Les besoins de l’Homme le conduisent à se représenter les nombres en essayant d’appréhender le ciel et donc d’appréhender sa vie. L’Homme recherche une dimension, un cadre qui va de pair avec les ensembles d’astres. D’après les conceptions des civilisations antiques, les propriétés des nombres se dessinent forcément dans les phénomènes naturels, mais trouvent aussi leurs origines dans le processus de création qui les fait naître car les nombres naissent de la division.

Les Mésopotamiens (Sumériens, Akkadiens, Babyloniens, Assyriens) étaient littéralement envoutés par le 7. Nous avons vu que le nombre 7 avait des propriétés mathématiques remarquables par rapport au système de numération mésopotamien basé sur 60. Dans ce qui suit, nous ne traiterons pas cet aspect concernant les propriétés mathématiques remarquables de 7, et elles sont nombreuses. 
L’arbre de vie de ces derniers était composé de 7 branches, leur monde était composé de 7 points cardinaux et ils avaient 7 degrés dans leur cosmos. On sait que la semaine de 7 jours a été créée par la religion sumérienne, et qu’elle a été transmise ensuite aux autres religions, dont le judaïsme, le christianisme et l’islam. Ils ont aussi défini le mois, la journée, l’heure qui contient 60 minutes, laquelle contient secondes. Ce système de rythme journalier a ensuite été retenu par tout le monde. Il rythme notre vie de tous les jours sans que nous nous demandions finalement pourquoi. 
Dans la culture populaire actuelle, on peut dire que le 7 est très présent. De plus, il est dit qu’au-delà de 7, l’Homme ressent le besoin de compter. Pour les chiffres venant avant lui, on arrive à se faire précisément une idée de ce qu’ils représentent mais le 7 semble en être la limite. Gert Mittring, psychologue allemand, ancien recordman mondial de calcul mental, est, lui aussi, fasciné par le chiffre 7. Il affirme lui-même que les opérations comportant ce chiffre sont réputées plus difficiles à résoudre. Selon lui, il s’agit d’un nombre qui ne se laisse pas facilement apprivoiser car il est indépendant, difficile à maitriser mais surtout mystérieux. Ben Ali en avait fait son talisman, et a fait du violet, 7 ème couleur de l'arc-en-ciel sa couleur.
En Mésopotamie, Il y a le fameux mythe des « Sept Sages », qui impute la première civilisation du pays à de nouveaux venus « arrivés de la Mer ». Les Sept Sages, en akkadien « apkallu » et en sumérien « abgal », sont venus de la mer avant le Déluge pour révéler aux hommes la science, les arts et les techniques. La mythologie du nombre 7 remonte donc très loin, en fait pratiquement à la même époque que l’invention de l’écriture, il y a 5000 ans. Actuellement, c’est l’origine la plus lointaine qu’on a pu recenser de la symbolique du 7. Textuellement, le mythe rapporte que : « les Sages, carpes brillantes de la mer, sont au nombre de sept; sept sont les sages nés pour assurer le bon fonctionnement du ciel et de la terre. » On se rapproche donc du fameux équilibre cosmique des mésopotamiens. Les Mésopotamiens  avaient beaucoup observé le ciel pour arriver à ces conclusions. Prenons par exemple la constellation de la Grande Ourse qui compte 7 étoiles principales. Il y a aussi l’amas des Pléiades qui en compte 7. De plus on sait que dans l’Ancien Orient, on pouvait compter 7 planètes dont le Soleil et la Lune, dénommés aussi 7 ciels, qu’on retrouve dans d’autres religions, comme en islam. Aussi, le cycle lunaire se décompose en 4 périodes de 7 jours. Il est évident que, pour eux, ce chiffre 7 apparaissait clairement dans le ciel et donc était symbole de l’interaction de la vie humaine, des lois de la nature et de la volonté divine.
Dans l’Épopée de Gilgamesh, datant du 2ème millénaire avant J.C., on retrouve une fois de plus la présence du chiffre 7 dans l’histoire qui raconte le Déluge. Et oui! 2000 ans avant la Bible elle-même, la légende du Déluge circulait en Mésopotamie. Durant les fortes pluies du Déluge, on nous dit que les pluies tombèrent durant six jours et sept nuits, le « septième jour arrivé, tempête, Déluge et hécatombe stoppèrent, […] ». Le texte nous explique donc que l’arche fut construite « pour la subdiviser en sept étages […] » et aussi avec une précision plutôt symbolique du navire car « le soir du septième jour, le bateau était achevé. ». Après le déchaînement du Déluge, on remarque encore davantage l’importance du chiffre quand on lit : « Un premier, un second jour, le [mont] Nisir le retint de même; un troisième, un quatrième jour, le Nisir le retint de même; un cinquième, un sixième jour, le Nisir le retint de même. Lorsqu’arriva le septième jour, je pris une colombe et la lâchai. […] ». Après avoir relâché un corbeau qui ne revint pas, Gilgamesh disait : « je plaçai de chaque côté sept vases rituels à boire […] ». Il serait maintenant invraisemblable de nier l’importance qu’avait le chiffre 7 à une époque qui précède de loin toutes les croyances qui l’ont repris par la suite. 
Pour les anciens Égyptiens, dès son origine, le chiffre 7 se démarque des autres. Il y tient en effet une place proéminente parmi ceux-ci. En hiéroglyphes, il est représenté par sept barres ou rectangles mais on le retrouve aussi sous forme de tête humaine avec ses sept orifices (2 yeux, 2 oreilles, 2 narines, 1 bouche). Les Égyptiens donnaient une signification magique aux nombres. Le chiffre 7 serait en quelque sorte un porte bonheur. Ils ont des colliers de cuir avec 7 nœuds stylisés. Ce modèle aurait existé depuis des millénaires. Ce peuple attribuait en effet des vertus protectrices magiques aux nœuds et pour renforcer ce pouvoir, ils faisaient en général 7 nœuds pour être sûr d’être protégé du mal. Sur la rive gauche du Nil, la Vallée des Rois témoigne elle aussi de la proéminence de ce chiffre. Dans le tombeau de Ramsès VI qui a particulièrement bien été conservé, le 7 est présent partout et exercerait un grand pouvoir. Pour exemple, sur son sarcophage on peut lire qu’il faudra au mort franchir 7 portes afin de pouvoir entrer dans le royaume des morts. Le 7 est pour eux bienfaiteur et protecteur. On peut aussi voir des représentations de scènes d’anéantissement de puissances maléfiques qui sont symbolisés par 7 serpents coupés par 7 couteaux.

Dans l'Islam

  • En Islam, sept est également un nombre faste, symbole de perfection: sept cieux, sept terres, sept mers, sept divisions de l'enfer, sept portes du paradis. Les sept versets de la Fatiha (sourate ouvrant le Coran), les sept lettres non utilisées de l'alphabet arabe qui sont tombées sous la table, les sept mots qui composent la profession de foi musulmane, la Shahâda, etc.
  •  Avicenne décrit aussi les Sept Archanges princes des sept Cieux, qui sont les sept Veilleurs d'Hénoch et correspondent aux sept Rishi védiques. Ceux-ci résident dans les sept étoiles de la Grande Ourse, avec lesquelles les Chinois mettent en rapport les 7 ouvertures du corps et les 7 ouvertures du cœur. La lampe rouge des sociétés secrètes chinoises a 7 branches, comme le chandelier des Hébreux.
  • Certains textes musulmans rapportent les 7 sens ésotériques du Coran aux sept centres subtils de l'homme.
  • Lors du pèlerinage à La Mecque, on doit effectuer sept tours de la Ka'ba et sept parcours entre les monts Cafâ et Marnia.
  • Les compagnons de la Caverne, As'hab al-Kahf (Coran 17) étaient sept (Les sept Dormants).
  • Le célèbre ouvrage de Nizami, Les Sept Princesses, joint le symbolisme des couleurs à l'astrologie: sept palais ont chacun la couleur d'une des sept planètes; dans chacun d'eux se trouve une princesse de l'un des sept climats.
  • La physiologie mystique, si caractéristique du soufisme iranien, se fonde également sur le septénaire. Des auteurs tels que Semnânî distinguent sept organes (ou enveloppes) subtils dont chacun est la typification d'un prophète dans le microcosme humain. Ces enveloppes subtiles sont associées à des couleurs: noir mat, pour l'Adam; bleu pour Noé; rouge pour Abraham; blanc pour Moïse; jaune pour David; noir lumineux pour Jésus; vert pour Mohammad.
  • Etc.

Le nombre 7 dans les Sciences


  • Le nombre de couleurs de l'arc-en-ciel.
  • Le nombre de sphères dans le système de Ptolémée.
  • Le nombre d'unités de mesure du Système International : mètre, kilogramme, seconde, ampère, kelvin, mole, candela.
  • L'hydrogène 7 est l'isotope le plus riche en neutrons jamais observé.
  • Le nombre de périodes (ou de lignes horizontales) des éléments de la table périodique des éléments.
  • Le nombre d'atomes de carbone de l'heptane, un hydrocarbure.
  • Le niveau de pH d'une solution neutre.
  • Le nombre de systèmes cristallins.
  • Le nombre de types de résines, selon le Code d'identification des résines.
  • On sait également que l’hormone de croissance est la seule qui est régie par le nombre 7, en effet elle est sécrété sept fois par jour.
  • Etc.
Hannibal Genséric