mardi 19 janvier 2016

Chronique des singeries de Kiev et des Nazislamistes en Ukraine

Le zèle du néophyte est un phénomène bien connu. D’aucuns prétendent être plus catholiques que le Pape oubliant que l’alter ego est toujours plus faible que l’ego. Le cas de l’Ukraine, absorbée par ses obsessions eurointégristes, est loin de faire figure d’exception. Ses relations contre-nature aux démons salafistes est un marqueur sans équivalent de la schizophrénie auto-annihilatrice qu’elle partage avec l’UE. Mais à certaines différences techniques près.
Les liaisons dangereuses de Kiev avec la racaille salafiste ont été révélées début 2015 par le journaliste d’investigation polonais Marcin Mamon. Elles relèvent aujourd’hui du secret de Polichinelle.
Chronique des singeries de Kiev.Dans de précédents articles, j’avais mentionné deux bataillons islamistes engagés dans la reprise du Donbass, celui de Djokhar Doudaïev et d’Isa Mounaïev, inspirés des anciennes connivences du bandérisme avec l’indépendantisme fondamentaliste tchétchène des années 90. Iatseniouk était alors de la partie et, à en juger par la photo qui le montredans les montagnes caucasiennes, posant devant le drapeau de l’OUN-UPA, n’a que très peu changé. Ce petit faible de certains dirigeants ukrainiens pour la peste noire et blanche qui est en passe de fomenter une guerre généralisée allant du Levant aux hameaux paisibles de l’Europe n’est certainement pas fait pour plaire aux habitants de l’oblast’ de Kherson qui voient débarquer chez eux les fuyards de l’EI terrorisés par les frappes russes sur leurs fiefs. Les autorités criméennes, Ruslan Balbek, vice-Premier ministre,et Natalia Poklonskaya, procureur général, dénoncent une énième tentative de déstabilisation Kherson étant frontalière de la péninsule. Leur appréhension semble tout à fait justifiée le Majlis criméo-tatare en exil s’appliquant à créer un bataillon de sensibilité salafiste nommé en mémoire de Çelebicihan, premier mufti des musulmans de Crimée. Actuellement, ce groupe armé compte près de 560 membres, ses effectifs tendraient à augmenter. Quoi qu’en pensent les sceptiques, il est très clair que l’implantation des fous d’Allah à Kherson n’a échappé ni aux autorités locales ni au pouvoir kiévien, hypercentralisation oblige. On en conclura tant avec aisance qu’avec amertume que l’Ukraine, un pays européen de par sa géographie et son essence, accueille en toute connaissance de cause des individus combattus – du moins officiellement – par les pays de la coalition occidentale dont il essaye de s’attirer les bonnes grâces et qui aujourd’hui, à travers le renforcement du tsunami migratoire, souffrent cruellement de la percée de l’islamo-fascisme sur leur territoire. Après, il est vrai que les extrémistes de tout poil (ou presque) se ressemblent et s’assemblent mais le prix de cet assemblage ne va-t-il pas s’avérer d’ici peu exorbitant ?
Quand je vois que dans le cadre des festivités de Nouvel An, à Kiev, une boîte de nuit organise la mise en scène de l’exécution du pilote du SU-24 descendu par des chasseurs turcs, je me demande ce qu’aurait donc dit la communauté internationale si une scène analogue avait eu lieu à Moscou et qu’à la place du défunt Pechkov, mort en luttant contre l’EI, il y avait Nadejda Savtchenko, bel et bien vivante et détenue pour complicité de meurtre. Il ne s’agit pas d’un cas isolé un conseiller du Président ukrainien comparant officiellement les Russes à de vilains insectes.Alexandre Nemirovsky, membre d’un de ces bataillons punitifs intégrés à la Garde nationale se targue de participer à la construction d’un camp de concentration jouxte Talakovka (environs de Donetsk) destiné aux méchants russes, autrement dit, aux populations russophones de la région.
La dégradation morale et psychique des hauts fonctionnaires kiéviens crève la rétine. Cette déliquescence sans pareille s’avère aussi nauséabonde que la révision des programmes de lettres en terminale : ainsi, rapporte un père de famille, Dostoïevski est remplacé par Le Parfum, oeuvre de Patrick Süskind qui décrit avec talent les agissements inqualifiable d’un maniaque schizo. On s’amuse comme on peut à la Rada ajoutant à l’implantation des salafistes dans le sud du pays et à la dépravation de la jeunesse la poursuite du génocide des peuples russophones du Donbass. C’est à croire, non sans raison, que Porochenko espère la suppression de Minsk-2 dont les termes ne lui conviennent guère puisqu’ils prévoient la réforme de la Constitution et l’octroi au Donbass et à une grosse partie de la région de Lougansk un statut particulier – deux conditions qui mettraient fin au règne illégitime d’un Kiev passivement pro-islamiste et néo-nazi, cela au détriment des intérêts nationaux de l’Ukraine.
Moralité : nous sommes en face d’un gouvernement composé de traîtres jonglant avec de soi-disant valeurs unionistes tout en instrumentalisant les extrêmes exposant, de facto, un peuple qu’il feint représenter. Le peuple, celui-là même qui n’a pas hésité à gagner le Maïdan en 2014 sachant pertinemment que Ianoukovitch ne noyerait pas les manifs dans le sang, semble à l’heure qu’il est paralysé, prêt à se résigner quitte à accepter que des jeunes gens périssent dans une guerre fratricide tenant entre les mains des armes fournies par les States. Ça ne vous rappelle rien ? Même si le cadre est différent, on retrouve le même schéma de décomposition. En réalité, tout comme les dirigeants ukrainiens actuels sont les fossoyeurs de l’Ukraine, à deux pas de l’éclatement, les dirigeants politiques de l’UE sont les fossoyeurs de l’Europe. Et les uns et les autres font preuve de masochisme les premiers singeant en cela, à leur façon, les seconds.

Car la schizophrénie européenne devient une évidence à l’image des événements de ces dernières semaines. Les Européens voient tripler la dose du pas-d’-amalgame si bien que l’omerta autour de l’identité confessionnelle des violeurs ne choque que très peu d’Allemands. En tout cas, à en croire des chiffres bien frais, seuls 48% des sondés se prononcent pour la diminution des flux migratoires. Parmi ces 48%, 24% prônent l’immigration zéro ce qui n’est vraiment pas énorme vu l’ampleur ainsi que la progression des dégâts. Cazeneuve, encore un symbole sacré de la bien-pensance occidentale, se lance dans des considérations lénifiantes enjoigant les alarmistes d’ « arrêter de dire qu’il y a eu des viols en Allemagne [car] l’on ne sait pas ce qui s’est passé ». On se croirait en plein dans laTrahison des images de Magritte. Aux Pays-Bas, de braves gaillards défilent en jupettes en soutien aux victimes des gangs d’allogènes alors donc qu’Attali nous raconte que les contempteurs de la tolérance puissance n sont d’une bassesse intellectuelle et morale inqualifiable car il leur échappe que les nouveaux-venus sont des chances pour l’UE. Sur un plan démographique, très clairement ! Cette même Europe qui se ferait forte d’assimiler des envahisseurs ou, dans le meilleur des cas, des êtres veules refusant de défendre leurs terres contre l’EI et groupes associés, cette même Europe trouve les frappes russes contre Daesh insuffisantes voire montées de toutes pièces … à moins que M. Le Drian n’ait monopolisé le droit d’avancer ce genre de grief, assez peu conciliable avec la reprise des villes acquises à l’EI par l’AAS et le retour en masse des réfugiés. Que ne s’en prend-il pas aux monarchies du Golfe et à la Turquie, assez peu promptes à reprendre en mains leurs petits protégés? Avec des déclarations telles que celles du ministre de la Défense français, non seulement on ne sait plus sur quel pied danser mais on en vient au surplus à se demander s’il n’y a pas un véritable plan d’immersion de l’Europe, tout comme du Moyen-Orient et de l’Afrique, dans la fange salafiste. Je ne donne pas d’explications particulières, je ne fais que constater. Pareil pour l’Ukraine quand Porochenko parle des immenses succès du Maïdan alors que tout part à tel point en vrille que Nuland et Surkov arrivent à se mettre d’accord. Mais Kiev persiste hâtant, avec un enthousiasme sans équivalent, la dislocation du pays.
Décidément, l’Ukraine dans son état actuel est vraiment mûre pour entrer dans l’UE et, in fine, faire naufrage en bonne compagnie.
Françoise Compoint
Titre original : Chronique des singeries de Kiev.
Le 18 janvier 2016