samedi 30 janvier 2016

Russie bio, États-Unis génétiquement modifiés

La Russie vise à devenir premier exportateur mondial de produits alimentaires non génétiquement modifiés. Pendant ce temps, aux États-Unis d’Amérique …
La Russie a fait le choix confiant de l’écologique et du civilisationnel quand, en septembre, le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch a annoncé que, « dans la mesure où les organismes génétiquement modifiés font peur, nous avons pris la décision de n’en utiliser aucun dans les productions alimentaires. »

En termes simples, cela signifie que les Russes n’ont pas à s’inquiéter au sujet des manchettes du genre « Monsanto fait pression à l’OMS et en Californie pour ne pas citer le glyphosate comme un cancérogène », ou bien « 59 variétés de maïs indigène en danger car Monsanto lorgne sur le Mexique ».
Mais la décision des Russes d’adopter la nourriture biologique n’a pas été prise simplement pour garder les gens en bonne santé. Poutine a déclaré le mois dernier que la Russie voulait devenir le plus grand exportateur mondial de produits non génétiquement modifiés. Il a dit :
Non seulement nous sommes en mesure de nous nourrir nous-mêmes en prenant en considération nos ressources de terres, d’eau – la Russie est capable de devenir le plus grand fournisseur mondial d’aliments sains, écologiquement purs et de haute qualité, ce dont se privent depuis longtemps les producteurs occidentaux, surtout compte tenu du fait que la demande pour ce genre de produits ne cesse de monter sur le marché mondial.
Poutine a également déclaré que, dans la dernière décennie, d’importatrice de la moitié de sa nourriture, la Russie est devenue exportatrice nette. Poutine prétend que la Russie gagne désormais plus d’argent de la vente de nourriture que de la vente d’armes et de carburant.
La façon dont la viande est produite aux USA est déjà très enveloppée de mystère : des entreprises et jusqu’à des lois empêchent les gens de dévoiler ce même à quoi les abattoirs ressemblent.
Au surplus, une loi récemment abrogée a rendu la viande étasunienne encore plus mystérieuse : Là-bas, les gens n’ont plus le droit de savoir d’où provient leur viande. Tant de mystère sur la viande en si peu de temps :
Selon Associated Press, fin 2015, le Congrès a abrogé la mesure d’étiquetage, la loi Country-of-Origin Labeling (COOL) [marquage du pays d’origine] exigeant des détaillants qu’ils indiquent explicitement le pays d’origine de toute viande rouge. En d’autres termes, aux USA, le bœuf et le porc emballés n’auront plus l’obligation de porter une étiquette indiquant la provenance de l’animal – ce qui signifie que le consommateur aura moins d’informations sur le produit qu’il achète.
Selon Food and Water Watch, le projet de loi avait été qualifié de « cadeau de vacances du Congrès pour l’industrie d’emballage de la viande ».
Peut-être le moment est-il venu pour la suite de La Jungle ? [*] Que quelqu’un aille déterrer Upton Sinclair. En attendant, achetez russe.
[* NdT : La jungle, est un roman écrit par le journaliste et romancier étasunien Upton Sinclair en 1906. Sinclair rédigeât ce roman pour décrire la vie des immigrants aux USA. Mais beaucoup de lecteurs étaient plus intéressés par ses révélations sur les pratiques de l’industrie d’emballage de la viande au début du 20ème siècle, étayées par une enquête qu’il avait faite pour un journal socialiste.
Ce livre décrit la pauvreté, l’absence de programmes sociaux, la vie et les conditions de travail désagréables, et le désespoir très répandu au sein de la classe ouvrière, en fort contraste avec la corruption profondément enracinée chez les gens au pouvoir. L’écrivain Jack London en a fait une critique appelée, « La Case de l’Oncle Tom  de l’esclavage salarié ».
Considéré comme un fouineur, le journaliste Upton Sinclair dénonçait la corruption au sein du gouvernement et des affaires. Il publia d’abord son roman sous la forme d’un feuilleton, dans le journal socialiste Appeal to Reason, entre le 25 février 1905 et le 4 novembre 1905. En 1904, travaillant incognito dans les usines de conditionnement de la viande des abattoirs de Chicago pour le journal, Sinclair passa sept semaines à rassembler des informations.]
Russia Insider, Rudy Panko