vendredi 6 juillet 2018

L'empoisonnement au Novichok provient du laboratoire britannique


Les dernières victimes de Novichok ont ​​été exposées à l'agent mortel à la suite d'une fuite d'un laboratoire britannique proche, ont confirmé les autorités.

Charlie Rowley, 45 ans, et Dawn Sturgess, 44 ans, sont tombés malades dans une maison à Amesbury samedi, après avoir été exposés à Novichok - le même agent neurotoxique qui a empoisonné l'ancien espion russe Sergei Skirpal.

Novichok came from UK lab, authorities confirm 
Rt.com rapporte: Deux personnes, cette fois un couple britannique dans la quarantaine n'ayant aucun lien avec les services secrets russes, ont été affectées par une substance chimique samedi. Quatre jours plus tard, le chef du contre-terrorisme du Royaume-Uni a déclaré que le produit chimique qui les avait frappés était le même que celui qui avait conduit l'ex-agent russe Sergei Skripal et sa fille, Yulia, dans le coma début mars.
À l'époque, il ne fallut que quelques heures au gouvernement britannique pour rejeter la faute sur Moscou et déclencher une offensive diplomatique massive avec ses alliés. Moscou, toujours en attente d'une preuve convaincante, a été exclue de l'enquête, et elle a soulevé un certain nombre de questions sur l'empoisonnement - aucune réponse n'a été apportée.
Lier les deux empoisonnements "est clairement une piste d'enquête" pour les enquêteurs britanniques, mais le nouvel incident ne semble pas non plus susceptible de répondre à ces préoccupations.
Emplacement, emplacement, emplacement
Les nouvelles victimes, Charlie Rowley, âgé de 45 ans, et sa petite amie Dawn Sturgess, âgée de 44 ans, ont été découvertes à Amesbury, à environ 12 km au nord de Salisbury. Les deux scènes, cependant, sont situées autour de Porton Down, qui abrite un laboratoire chimique gouvernemental secret.
Porton Down a été une partie cruciale de l'enquête sur l'affaire Skripal. C'est là que l'agent chimique a été identifié comme Novichok dans les deux cas. En mars dernier, les responsables britanniques ont cité cela comme une preuve que la substance provenait de Russie - pour ensuite être contredite par le directeur général du laboratoire, qui a dit qu'ils n'étaient pas vraiment en mesure de vérifier les origines de l'agent.
En ce qui concerne l'emplacement de la nouvelle scène par rapport à l'ancienne, 12 km ne semble pas être une distance suffisamment grande. De plus, un ami des victimes a dit que le couple était allé à Salisbury avant de tomber malade. La théorie de travail du ministre britannique de l'Intérieur est que l'exposition était accidentelle, ce qui soulève la question suivante: comment cela serait-il possible après quatre mois et une opération massive de nettoyage? Aussi, pourquoi n'y avait-il que deux personnes aléatoires dans tout le rayon de 12 km qui ont été touchées?
Curieux timing
Les enquêteurs disent qu'il n'est pas clair si le Novichok supposé provenait du même lot qui a empoisonné les Skripals en mars. Mais, selon les experts, les agents neurotoxiques de la famille Novichok perdent leur puissance très rapidement, ce qui rend improbable qu'une trace assez puissante ait survécu pendant quatre mois pour frapper à nouveau à ce moment précis.
Et le moment est significatif pour deux raisons - deux événements clés pour l'image internationale de la Russie. L'une d'entre elles est la Coupe du Monde de la FIFA, où l'équipe anglaise vient de remporter une place en quart de finale. Les fans britanniques semblent s'amuser en Russie et critiquent les politiciens et les médias britanniques pour leurs efforts visant à les éloigner de l'événement.
L'autre est la préparation d'un sommet entre le président américain Donald Trump et le russe Vladimir Poutine. Une date et un lieu pour la réunion - Helsinki, Finlande, 16 juillet - ont été fixés la semaine dernière, et un éventuel rapprochement entre les deux superpuissances rivales semble faire perdre le sommeil aux officiels britanniques.
Personne n'est mort, encore une fois
L'une des questions clés posées en mars était la suivante: pourquoi les Skrips ont-ils survécu s'ils étaient effectivement exposés à un agent neurotoxique de qualité militaire? Alors que les autorités britanniques colportent Novichok comme un agent neurotoxique mortel fabriqué par les Soviétiques, affirmant que son utilisation récente a été la première attaque chimique en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, il semble avoir un taux de létalité étonnamment faible.
Un ami du couple a décrit que Rowley devenait de plus en plus malade au cours de la journée, avant d'être finalement emmené à l'hôpital. Là, le soi-disant mortel Novichok a donné aux médecins assez de temps pour traiter le couple pour un diagnostic complètement différent: les médecins croyaient initialement que le couple avait pris des drogues contaminées (Rowley est un héroïnomane enregistré). Des échantillons des deux ont été envoyés à Porton Down lundi, deux jours après leur admission.
En mars, les Skripals ont été également découverts en train de glisser dans et hors de la conscience sur un banc de parc. Ils ont également été traités pour une surdose d'opioïdes au début, avant que le diagnostic passe à l'empoisonnement par un agent neurotoxique. Les deux ont finalement survécu et ont maintenant été libérés de l'hôpital.
Les analystes ont remis en question à plusieurs reprises la faible létalité apparente du soi-disant «agent neurotoxique de qualité militaire». Les autorités russes ont également déclaré que si une telle substance mortelle avait effectivement été utilisée, la survie serait impossible.
Les autorités britanniques étudient toujours l'incident. Cependant, cette fois - maintenant que Novichok a été détecté- ils semblent moins enclins à pointer du doigt Poutine et les Russes, alors même que les supporters anglais s'ébattent en Russie et que le traitement du Brexit par Theresa May continue de diviser le peuple britannique.

Source : Latest Novichok Poisoning Originates From UK Lab, Authorities Say

Hannibal GENSERIC

Billet d'humour: Novichok-2, le retour à Amesbury

Huile Novichok, goût spécial, produit pour une longue vie
Vous aviez aimé Skripal et "l'attaque chimique" de "Poutine" contre un ex-espion double libéré par les Russes, vivant en Grande-Bretagne et rendant de petits services au MI6 en paiement? Vous allez adorer le retour du Novichok: cette fois-ci les "Russes tuent les pauvres citoyens britanniques". Toujours aucune preuve, toujours des accusations grotesques. A l'heure du règne d'Ubu roi, le Novichok est une arme communicationnelle de destruction massive.
Deux nouvelles victimes d'un soi-disant empoisonnement chimique, 4 jours plus tard décrété provenant du même agent innervant dit Novichok par le devenu célèbre laboratoire de Porton Down. Cette fois-ci, les victimes sont des marginaux. Au début la police pensait qu'il s'agissait d'over dose - leurs antécédents étaient bien connus. Mais, non, la main du Kremlin s'attaque aux bas fonds de Londres et désormais la mort de n'importe quel junkie dans nos vieilles sociétés européennes peut devenir "l'oeuvre du Kremlin". 
Entre temps, l'on apprend que ces deux pauvres hères, Roxley et sa compagne de galère Sturgess, n'avaient strictement aucun lien avec Skripal. Mais ils présentent un indéniable avantage sur les Skripal: leur caractère totalement virtuel. Rappelez-vous, la Russie avait pu faire sortir sur la scène médiatique la cousine russe, forçant la Grande-Bretagne à nous ressusciter illico presto nos deux victimes sacrificielles de "la Russie de Poutine" (voir notre texte ici: L'opération "cousine"). Ici, rien à sortir du chapeau oublié sur le banc, car il n'y a rien. Deux pauvres individus, au ban de la société, des marginaux, qui n'ont présenté un intérêt que parce que tout à coup, au bout de quatre jours, quelqu'un s'est "rendu compte" qu'il peut ne pas s'agir d'over dose pour des camés, mais du Novichok. Dans le même hôpital. Avec le même laboratoire que pour les Skripal.
Et le ministre de l'Intérieur de Sa Majesté de partir en guerre ... contre la Russie. Qui utilise les rues de Londres pour ses attaques chimiques contre le peuple britannique. Qui en fait une poubelle pour ses substances chimiques. Donc, la Russie doit s'expliquer. Ce qui a le mérite de faire les gros titres de la presse anglo-saxonne, la machine est lancée. Mission accomplie.
Les "experts" de la BBC sont quand même quelque peu embarrassés pour expliquer le processus. Ainsi, le produit serait resté dans les rues de Salisbury (qui a été nettoyé par les services après l'empoisonnement des Skripal - ou pas?). Mais comme le produit ne peut pas rester à l'air libre aussi longtemps sans se dégrader, il aurait été préservé en milieu fermé (où? comment?) et les deux pauvres marginaux, selon la police, auraient touché un objet (lequel? comment? où?) et auraient été contaminés. 
Encore mieux qu'avec les Skripal! 
Mais peu importe, le coupable est trouvé: ce sont les Russes. Et au moins sur ce point, la presse est unanime. En France aussi. La presse publique française, France TV Info, a d'ailleurs ses sources - aux Etats-Unis, le même que celui qui a dit tout et n'importe quoi sur le Novichok à l'occasion des Skripal:
Bref, nous sommes en présence d'une substance innervante militaire, les deux personnes ont été diagnostiqués après 4 jours, donc sans recevoir pendant ce temps de traitements adéquats et ... ils sont toujours vivants, dans un état critique. Les miracles s'enchaînent et se ressemblent. D'un autre côté, eux peuvent mourir, personne ne viendra perturber le jeu britannique.
Cette situation est totalement ubuesque et les "conseils" donnés par les pouvoirs publics locaux le démontrent:
Ainsi, pour lutter contre un agent innervant qui est suffisamment fort pour agir dès que l'on manipule un objet qui a été en contact avec lui il y a plusieurs mois de cela, il suffit de laver ses vêtements ou de se passer une lingette sur les mains??? Alors que quatre personnes auraient été touchées ... Absurde.
Là, ce serait peut-être plus à la Grande-Bretagne d'expliquer à quel jeu elle joue? Car son jeu va trop loin. Ainsi, dans un article publié dans le Guardian, l'auteur estime que tout cela fait surtout le jeu des ennemis de Poutine, jeu soutenu par les pouvoirs publics britanniques qui ont pris la désastreuse habitude d'accuser avant d'avoir des preuves.
Et plus l'accusation est grosse, plus il est difficile de la réfuter. La Russie a déclaré qu'elle n'y était pour rien. Que peut-elle faire d'autre? Elle avait déjà envoyé des propositions à la Grande-Bretagne pour collaborer à l'enquête sur les Skripal et n'a jamais obtenu de réponse. 
La rencontre entre Trump et Poutine fait-elle à ce point peur à ceux qui soutiennent ce type de politique? L'OTAN est-il à ce point en crise de légitimité qu'il faille à tout prix mettre l'équilibre mondial en jeu pour préserver certains intérêts très particuliers? Faut-il détruire ce qu'il reste du système démocratique, le remplacer par un système autoritaire désignant l'ennemi et la ligne à penser, un système manipulateur remplaçant la justice par le mensonge d'Etat?
Finalement, sans preuves, la Grande-Bretagne accuse la Russie de s'en prendre sur son sol à ses citoyens. Elle l'accuse de lui faire la guerre. Mais comme nos chers politiques ont encore peur de la guerre, heureusement, et que l'arsenal militaire russe est plus que dissuasif (même pour ces individus hors-sol), cette mascarade se terminera certainement par de nouvelles sanctions contre la Russie, sanctions que l'UE ne voulait pas adopter et par une augmentation du financement des dépenses militaires. 
Ces politiques ne semblant avoir aucune stratégie réelle à long terme, nous aurons donc la chance d'avoir encore beaucoup de spectacles, dont la qualité d'exécution baisse à chaque fois. Je me demande à quoi ressemblera le dernier spectacle? 

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire