samedi 7 avril 2018

L'opération "Cousine" peut désamorcer l'affaire Skripal


Les miracles s'enchaînent et se ressemblent, période oblige. Pour la Pâques catholique nous avons eu droit au réveil de la fille Skripal, qui se porte vraiment à merveille et déclare que son père va bien et se "repose". Et nous qui les croyons presque morts ... Mais lui aussi revient de l'au-delà, cette fois-ci pour la Pâques orthodoxe. Décidément, Dieu équilibre ses miracles. Toutefois, remettons les choses dans l'ordre, les Anglais n'ont pas de leur plein gré grillé leurs "victimes", ils ont dû trouver une réponse à une cousine envahissante. Ou comment la Russie, elle, a réveillé Victoria. Un petit roman d'espionnage comme on les aime.

Il était une fois une famille ordinaire. Le père, Sergueï Skripal, espion russe, retourné par le MI6, condamné en Russie pour haute trahison, rendu aux Britanniques en échange d'un autre espion. Il vit depuis en Angleterre. La fille, dans le business, fait des allers-retours entre la Russie et la Grande-Bretagne, aurait perçu suite au décès de son frère une somme importante un mois avant l'opération "empoisonnement" - finalement, peu de choses sont connues sur elle. 
 
Et les Skripal sont "empoisonnés". Thérésa May déclare qu'ils sont dans un état critique dont ils ne pourront pas sortir, car c'est un gaz militaire très fort qui a été employé - par la Russie. Agression d'un Etat (la Russie) sur le sol d'un autre Etat contre des civils. Presque une déclaration de guerre. La bonne conscience politique internationale s'emballe, la Russie devient likely un Etat terroriste, ça ne s'est pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Des diplomates sont expulsés - c'est le moins que l'on puisse faire. Le maximum aussi. L'Occident se drape dans son bon droit, dans le linceul du Bien. Qu'a-t-on besoin d'une enquête lorsque l'on a le coupable? 
C'est alors qu'apparaît ... la cousine Victoria. Celle qui vit à Iaroslavl, qui est interviewée par les médias et s'inquiète de ne pouvoir avoir de nouvelles de ses proches, empoisonnés et dans un état critique, qui demande un visa pour aller à Londres voir ce qui se passe. Celle qui commence à faire du bruit. Est interviewée par des journalistes britanniques. Qui est soutenue par l'Ambassade russe en Grande-Bretagne, qui l'aide pour les démarches.
Cette cousine qui est lancée dans cette petite opération Skripal, sous contrôle. Cette cousine comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Qui est mise en avant sur les plateaux de télévision russe. Cette cousine qu'il faut écarter à tout prix. 
L'on apprend alors que la fille Skripal se porte beaucoup mieux, qu'elle a repris connaissance et enfin qu'elle peut parler. Premier miracle, elle qui était dans un état critique. Mais que ne ferait-on pour rassurer la cousine envahissante. 
Victoria est alors contactée le 5 mars par l'Ambassade britannique qui lui propose de venir. Elle refuse car ne se trouve pas à Moscou. C'est alors que le miracle suivant se produit: Yulia Skripal téléphone à Victoria, depuis un numéro inconnu. Sa voix est parfaite, elle se porte à merveille. Le but des Anglais est de calmer cette cousine qui n'était pas prévue dans le scénario pour qu'elle ne vienne pas mettre son nez dans les affaires londoniennes.
Mais la conversation est enregistrée et diffusée. VIDÉO
Et en effet, elle est sensationnelle. Même sans être russophone, écoutez la conversation (à la 35e minute), ce n'est vraiment pas la voix d'une personne qui sort du coma et vient de voir la mort en face. C'est plutôt celle d'une personne qui revient de vacances ...
Pour les non russophones, voici la traduction:
Victoria: Allô
Yulia: Allô, tu m'entends?
V.: J'entends.
Y.: C'est Yulia Skripal.
V.: Oh! Yulia, c'est toi! Mon Dieu! J'entends à ta voix que c'est toi! Je n'y comprends rien! On t'a donné le téléphone, c'est ça?
Y.: oui, oui, oui.
V.: Oh, merci mon Dieu! Ma petite Yulia, tout va bien pour toi?
Y.: Ça va. Tout va bien.
V.: Regardes, si demain j'obtiens le visa, je pourrai venir te voir lundi.
Y.: Hum, Vic, personne ne donnera le visa.
V.: Bon, c'est aussi ce que je pense. Bon, mais s'ils le donnent, j'ai besoin que tu dises si je peux te voir ou pas. Il faut dire oui.
Y.: Hum, je ne pense pas. Ici, la situation est telle. On verra plus tard.
V.: Oui, je sais. Je sais tout.
Y.: Oui, plus tard, ce sera mieux. Bref, tout va bien. Après tout sera plus clair.
V.: C'est ton téléphone?
Y.: C'est un temporaire, tu sais, ceux-là.
V.: Hum, compris.
Y.: Pour l'instant tout va bien. Après on verra, on réglera tout au fur et à mesure. Seulement la situation est telle, tu comprends. Bref, tout va bien. Tout va bien. Tout va se régler. Tout le monde va guérir. Tout le monde est en vie.
V.: OK. Pour papa, tout va bien?
Y.: Tout va bien. Maintenant il se repose. Il dort. Tout le monde est en bonne santé. Rien d'irréparable pour personne. Voilà. Je vais bientôt sortir de l'hôpital. Tout va bien.
V.: Bon d'accord, je t'embrasse mon lapin.
Y.: Aller, salut!
Donc si l'on résume, les mourants sont en bonne santé, ils se reposent. Et surtout la cousine ne doit pas venir voir. Voir quoi? Que personne n'est malade en fait? Et ne l'a jamais été? Que tout ceci n'est qu'une énorme fumisterie?
De fait, son visa vient de lui être refusé sans motif - elle est quand même un parent et on lui refuse de venir voir ses proches malades. Où est l'empathie de la civilisation occidentale? Il faut dire que le jeu de Yulia n'est pas clair du tout non plus. Puisque la proposition d'aide consulaire lui a été transmise et elle ne l'a pas acceptée.
Et le dernier miracle en date. Après que la Russie ait révélé la conversation entre les cousines, les Anglais ont bien dû réveiller le père aussi. Qui se porte bien, et se rétablit rapidement. Décidément, quelle époque formidable! Une crise internationale, alors que l'on ne sait pas où est produit la substance incriminée, comment elle a été employée, par qui quand et où et il semblerait même qu'elle n'ait jamais été employée.
En sortant la carte de la cousine, il se pourrait bien que la Russie ait neutralisé l'opération Skripal, qui devrait avoir épuisé sa capacité de nuisance. Ce qui ne veut pas dire que la situation en général va se normaliser, il n'y a pas de fondement à cela et les nouvelles sanctions américaines le démontrent, mais ce faux-empoisonnement va s'éteindre doucement.
PS: Les enquêteurs de l'OIAC sont venus voir les lieux où le renseignement anglais disait qu'il y avait du Novitchok entreposé en Russie. Ils ont certifié qu'il n'y avait aucune trace d'un quelconque produit chimique.

Commentaire
Il y a aussi une rumeur qui circule et qui paraît très crédible à ceux d’entre nous qui avons bien étudié l’histoire de l’Angleterre : l’empoisonnement de l’agent-double Skripal et de sa fille Yulia est lié à l’horrible incendie qui, en Sibérie, vient de coûter la vie à de nombreux enfants. Le fait que l’alarme ait été désactivée et les issues bloquées pointent vers une atrocité de plus du MI6, dont le but était de mettre dans une situation embarrassante le gouvernement russe. Mais pensez aussi à ceci : Skripal a été supposément empoisonné par un type d'agent chimique qui aurait été développé en Union Soviétique. En dépit du fait que les scientifiques répètent qu’il n’existe aucune preuve permettant d’impliquer la Russie, l’Occident plonge dans l’hystérie sur cette accusation non prouvée. Yulia est maintenant assez bien pour parler aux reporters. Rien que cela suffirait pour savoir que les Russes n’ont rien à voir avec cette farce grandguignolesque soigneusement orchestrée. Inutile de dire que les Britanniques vont probablement guérir Skripal et faire de sa furieuse résurrection le fourrage d’une propagande russophobe encore plus virulente.
Bonnes gens, la raison de tout ce tintamarre anti-Poutine tient dans le fait que le gouvernement syrien détient désormais plus de onze officiers anglais qui opéraient en liaison avec les terroristes de la Ghouta. Ils ont été capturés il y a deux semaines par des commandos de l’AAS et sont incarcérés dans des prisons séparées, dans la région de Damas, à l’intérieur de bases militaires solidement gardées [Voir : La guérilla syrienne commence à tuer des militaires américains°.]
Les Britanniques veulent à toute force les récupérer avant qu’on puisse s’en servir pour impliquer le Royaume Uni dans le foutoir qu’il a contribué à créer en Syrie. Damas ne cédera pas sur cette question et, bien entendu, les Anglais supposent que Moscou ne met pas la pression sur le Dr Assad pour qu’ils soient rendus à leur chère vieille patrie. Pas de chance ! En outre, ils ont été pris sans uniformes, de telle sorte qu’ils pourraient être exécutés comme espions, en vertu des lois internationales.

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Hannibal GENSERIC



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