Elles ne sont pas destinées à dissuader les États-Unis et Israël, contrairement à ce que pensent certains observateurs des médias alternatifs.
L'Iran, la Russie et la Chine mènent actuellement leurs exercices navals conjoints annuels dans le détroit d'Ormuz, au moment même où Trump envisagerait d' autoriser des frappes militaires de grande envergure contre la République islamique, dans un contexte de renforcement militaire américain régional sans précédent depuis la guerre d'Irak de 2003. Ce calendrier a amené certains observateurs de la presse alternative à spéculer que la Russie et la Chine auraient dépêché des navires de guerre en Iran sous couvert de leurs exercices annuels afin de dissuader les États-Unis et Israël.
Même si certains aimeraient que cela soit vrai, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, l'a démenti , affirmant : « Ce sont des exercices planifiés et convenus à l'avance. » Cela ne signifie pas pour autant qu'ils n'aident pas l'Iran d'autres manières, car des informations circulent sur les réseaux sociaux selon lesquelles leurs avions militaires auraient effectué plusieurs survols la région ces dernières semaines. Néanmoins, aider indirectement l'Iran en prévision d'un conflit potentiel est différent d'y participer directement, ce qu'aucun des deux camps ne fera.
Quelles que soient les interprétations de certains observateurs des médias alternatifs quant aux intérêts de la Russie et de la Chine vis-à-vis de l'Iran, le précédent de la guerre des douze jours de l'été dernier , durant laquelle l'Iran a servi de champ de tir national à l'armée de l'air israélienne, a démontré qu'ils ne risqueront pas une Troisième Guerre mondiale pour cette raison. La Russie n'est pas non plus intervenue militairement pour soutenir l'« Axe de la résistance » mené par l'Iran, et notamment son principal acteur , le Hezbollah. Rien de surprenant à cela, compte tenu de la prudence dont Poutine a fait preuve.
Après tout, il n'a autorisé que deux escalades de représailles disproportionnées avec les Orechniks en réponse à des provocations ukrainiennes bien plus nombreuses, soutenues par l'Occident, notamment l' attentat terroriste Crocus du printemps 2024 et même la tentative d'assassinat dont il a été victime en décembre dernier. C'est dire à quel point il craint de déclencher une Troisième Guerre mondiale. Il était donc inconcevable qu'il puisse renoncer à quatre années de prudence lors de cette opération spéciale pour risquer une Troisième Guerre mondiale pour le compte d'un autre pays, alors qu'il ne le ferait même pas pour le sien.
Il ne s'agit pas d'une critique de Poutine, mais simplement d'une tentative de souligner qu'il n'est ni le monstre, ni le fou, ni le génie du mal que ses ennemis et ses amis perçoivent respectivement. Poutine est un pragmatique accompli, et c'est pourquoi il ne risquera jamais une Troisième Guerre mondiale pour aucun autre pays et ne le fera pour la Russie que s'il estime n'avoir absolument pas le choix. Même dans le pire des cas, celui d'une défaite de l'Iran et d'une « balkanisation » subséquente, la Russie survivra, et il le sait.
Cela ne signifie pas pour autant que ses intérêts ne seraient pas lésés, la Russie dépendant de l'Iran comme État de transit indispensable sur son corridor de transport Nord-Sud avec l'Inde pour ses échanges commerciaux.
Simplement, les conséquences, y compris sécuritaires, seraient gérables. Il en va de même pour la Chine, qui n'a aucune expérience militaire à l'étranger depuis sa brève guerre contre le Vietnam en 1979, que la plupart des observateurs considèrent comme une défaite, et qui ne risquera pas non plus une Troisième Guerre mondiale pour Taïwan (du moins pas encore).
L'enseignement à tirer des derniers exercices navals irano-russes-chinois est donc qu'il s'agit d'un simple exercice symbolique, et non d'une preuve de coordination stratégique entre ces trois grandes puissances visant à dissuader conjointement les États-Unis et Israël, contre lesquels ni la Russie ni la Chine ne souhaitent entrer en guerre. Une fois encore, ces deux pays peuvent, et aident peut-être déjà indirectement l'Iran en lui fournissant du matériel de défense et/ou des renseignements, mais ils ne combattront pas les États-Unis ou Israël pour le soutenir si un conflit éclate prochainement.
L'encerclement de la Russie est en bonne voie! Quand tombera l'Iran, il n'y aura plus que la Chine comme alliée avec ses arrières-pensées : faire le business, pas la guerre meme avec le diable ricain! Comme Poutine ne veut pas que des Russes meurent pour l'Iran, il sera acculé à recourir à une autre guerre pour éviter l'asphyxie à cause de l'encerclement et des embargos occidentaux! Pourtant la guerre en Ukraine devrait réveiller les stratèges russes : des années d'inaction, d'inertie melées à la naiveté face aux promesses occidentales non tenues ont amené l'Otan sur les frontières russes avec en plus le coup d'Etat de Maidan en janvier 2014! La politique de Poutine ressemble à celle du pire : reculer pour mieux sauter à savoir sacrifier des alliés(Syrie, Iran) pour aboutir à la guerre voire à WWIII! Quel génial stratège!
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