mercredi 18 février 2026

France sioniste. La nièce du président d’honneur de la LICRA candidate RN

Ce n’est pas une plaisanterie. Julia Jakubowicz, nièce d’Alain Jakubowicz, sera candidate à la mairie du neuvième arrondissement de Paris sous la bannière UDR-RN. avec le soutien d’Eric Ciotti et de Jordan Bardella.

Julia Jakubowicz, La nièce du président d'honneur de la LICRA candidate RN

Julia Jakubowicz, La nièce du président d'honneur de la LICRA candidate RN

Pour l’instant, le principal média auquel elle a accordé une interview est i24News, la chaîne de télévision… israélienne. Elle y est décrite comme « juive pratiquante » et il est bien entendu fait état qu’elle est la nièce d’Alain Jakubowicz qualifié de « figure historique de la lutte contre l’extrême droite ». Elle « assume un positionnement qui bouscule », affirme que « la nature de la menace a évolué » et estime que « les priorités sécuritaires, la liberté de culte et le soutien à Israël ne seraient plus suffisamment portés par les partis traditionnels ». Ce qui confirme implicitement qu’elle considère que le RN soutient Israël et son génocide contre les Palestiniens, ce qui est aujourd’hui manifeste pour tous sauf pour les aveugles et les sourds.

Julia Jakubowicz, La nièce du président d'honneur de la LICRA candidate RN

Le long processus de validation du RN par Israël

Cette candidature est dans la suite logique d’un long processus au cours duquel Marine Le Pen et Jordan Bardella ont tout fait pour obtenir la validation par Israël de leur légitimité à exercer le pouvoir politique en France, devenant pour cela bons amis avec Meyer Habib et se rendant en Israël à l’invitation officielle d’un ministre de Benjamin Netanyahou.

Le RN, Marine Le Pen et Jordan Bardella en tête, à la marcge contre l'antisémitisme avec un drapeau israélien
Le RN, Marine Le Pen et Jordan Bardella en tête,
à la marche contre l’antisémitisme
avec un drapeau israélien

Pour mémoire, le discours d’Alain Jakubowicz en 2016, il y a tout juste dix ans, au dîner de la LICRA :

La troisième et dernière rupture à laquelle nous avons assisté au cours de ces dernières années, c’est la métamorphose supposée du Front national en un parti républicain.

Depuis que Marine LE PEN a succédé à son père et qu’elle a entrepris, avec une habileté que nul ne lui contestera, de « dédiaboliser » sa formation politique, elle vole de succès en succès et beaucoup d’entre nous se demandent, pour plagier Bertolt BRECHT, si cette ascension est résistible.

Nous sommes convaincus, à la LICRA, que si la façade a été hâtivement ravalée, le fonds de commerce, lui, ne s’est guère renouvelé. Sur fond d’attentats terroristes, de crise des réfugiés, de montée de l’euroscepticisme et de peur du chômage, le Front national engrange des voix en brandissant, comme toujours et peut-être plus que jamais, le spectre de l’invasion étrangère – comprenons bien sûr de la menace musulmane – et en prônant le repli nationaliste. Aujourd’hui comme hier, le Front national divise les Français et foule aux pieds les valeurs de la République en prétendant incarner une défense ombrageuse de la laïcité prétendument menacée par l’islam.

Une question jette cependant le trouble depuis quelque temps : le Front national a-t-il renoncé à l’antisémitisme de ses origines, dont les dérapages nauséabonds de son fondateur n’étaient que l’expression la plus visible ? Pour nous le faire croire, Marine LE PEN et ses plus proches lieutenants ne ménagent pas leurs efforts, mais ne nous y trompons pas. Non seulement le gros des troupes a du mal à renoncer à son discours traditionnel, mais surtout chacun voit bien que même chez les cadres directeurs du parti, il s’agit d’une habileté tactique. Louis ALIOT, vice-président du parti, a vendu lui-même involontairement la mèche dans un entretien avec l’historienne Valérie IGOUNET, à qui il déclarait (NDLR :interview de Valérie IGOUNET dans Télérama du 3 juin 2014) : « C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. Il n’y a que cela. À partir du moment où vous faites sauter le verrou de l’antisémitisme, vous libérez le reste. »

Le plus préoccupant, plus encore peut-être que les succès électoraux d’un FN qui serait devenu fréquentable, c’est la perfusion de ses idées dans de larges secteurs de l’opinion publique. À quoi servirait le plafond de verre qui, paraît-il, empêche la présidente de ce parti d’accéder aux responsabilités suprêmes, si ses idées, à défaut de sa personne, devaient parvenir au pouvoir ?

Or, le même Alain Jakubowicz fit évoluer son discours au gré des succès électoraux du RN combinés aux gages d’adhésion au national-sionisme. En mars 2025, interviewé par le magazine Le Point, Alain Jakubowicz prenait soudainement la défense de Marine Le Pen, lui qui durant des années avait fait preuve d’une mauvaise foi sans nom au sujet du FN puis du RN et qui était qualifié d’ « opposant historique au Rassemblement national ».

Julia Jakubowicz au RN

Notons encore que dans une tribune publiée par le journal Le Monde le 08 mai 2025, Alain Jakubowicz affirmait qu’ « il est temps de traiter le racisme et l’antisémitisme comme de délits de droit commun », c’est-à-dire non plus plus comme un délit d’opinion mais comme un crime. Or, qui décide aujourd’hui que telle opinion est à classer comme du racisme ou de l’antisémitisme, si ce n’est les officines de la police de la pensée de type LICRA.

Julia Jakubowicz au RN

Que penseront de la candidature de Julia Jakubowicz les si nombreux membres, sympathisants et électeurs du Front National puis du Rassemblement National qui ont été poursuivis devant les tribunaux par la LICRA ? Et Marine Le Pen a-t-elle déjà rejoint l’intergroupe parlementaire de la LICRA ?

Par 16 février 2026 

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L’affirmation est tant ressassée en Europe et en Amérique du Nord qu’elle a pris valeur de vérité : l’antisionisme serait un avatar contemporain de l’antisémitisme et il conviendrait de le combattre comme tel. Il est « la forme réinventée de l’antisémitisme », répète le président français Emmanuel Macron, à l’unisson des responsables américains ou canadiens, tandis que la classe politique allemande, croyant ainsi pouvoir payer la dette du pays à l’égard des Juifs, a fait de la défense inconditionnelle d’Israël une « raison d’État ». Depuis des décennies, les dirigeants israéliens usent quant à eux de cette confusion pour disqualifier toute critique de leur politique de génocide en Palestine occupée et et de suprémacisme juif partout ailleurs en Occident.

Une telle posture relève à la fois de l’ignorance et de la mauvaise foi. Ignorance historique d’abord, car l’antisionisme, né dès le début du xxe siècle, a d’abord et pendant longtemps été porté par les milieux libéraux juifs européens et leurs intellectuels les plus éminents, de Sigmund Freud à Albert Einstein en passant par Hannah Arendt, qui se sont inquiétés de l’installation d’un État juif sur une terre déjà peuplée. Avant le nazisme, une bonne partie des Juifs européens étaient en effet assimilationnistes, se disant d’abord Français, Allemands ou Autrichiens, sans pour autant nier leur judéité.

Démocrates ou autocrates, les gouvernements européens, et plus encore américains, se gardaient de sanctionner voire de critiquer trop vivement les agissements illégaux d'Israël et de ses gouvernants. Ami de M. Trump, célébré par le premier ministre hongrois, le premier ministre israélien ne cachait pourtant pas son hostilité à l’État de droit ; son inculpation en 2019 pour fraude, corruption et abus de confiance aurait disqualifié tout autre dirigeant « populiste », surtout s’il avait été de gauche.

Pendant que les gouvernements libéraux français, allemand, britannique, etc., épargnaient M. Benyamin Netanyahou, ce dernier courtisait l’extrême droite européenne et confortait le caractère ethnonational suprémaciste juif de son État. Mais chacun ou presque regardait ailleurs.

 Hannibal Genséric

 

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