dimanche 8 novembre 2026

L'Iran lève les restrictions de portée de ses missiles

Vont-ils démolir la salle de bal de Trump et nous rendre service à tous ?

L'Iran vient de lever officiellement la limitation de portée de ses missiles à 2 000 kilomètres qu'il s'était lui-même imposée. Il pourrait modifier sa doctrine nucléaire et déployer (ou révéler) une force de dissuasion nucléaire, comme le souhaitent plus de 70 % des Iraniens . Il a détruit ou neutralisé la plupart des bases américaines dans la région et exerce un contrôle permanent sur le détroit d'Ormuz.

On peut rêver. Israël est fini, la guerre est terminée et la libération palestinienne est imminente. N'est-ce pas ?

Les célébrations enthousiastes de la gauche électorale aux États-Unis et dans tout l'Occident ne montrent aucun signe de ralentissement, alors j'ai pensé qu'il serait amusant de m'y céder.

Plutôt que de débattre de ce qui n'arrivera pas, compte tenu de ma compréhension de l'impérialisme, du capitalisme et de l'empire, j'ai pensé qu'il serait bon d'examiner ce qui devrait, et surtout ce qui pourrait , arriver.

Et je vais me concentrer sur la politique étrangère américaine, car c'est ce qui m'importe, c'est la question (concernant l'impact de la guerre en Iran) qui a largement animé ces élections, et c'est le domaine de la politique américaine qui détermine qui vit ou qui est victime de génocide dans le monde.

Trois heures au Kremlin

Vladimir Poutine ne consacre pas trois heures de son temps à des personnes qui n'ont rien à dire. Jeudi, il a accordé trois heures à Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. Deux jours plus tard, le président israélien a confié la formation du prochain gouvernement à Gadi Eisenkot plutôt qu'à Benjamin Netanyahu.

Washington a passé la semaine à débattre des élections de mi-mandat. Moscou, Téhéran et Jérusalem, quant à eux, ont remanié l'échiquier politique.

60 % des démocrates juifs ignorent la propagande sioniste et votent pour Abdul El-Sayed

Les élections de mi-mandat de 2026 ont certes constitué un revers important pour l'AIPAC, mais le lobby juif reste une force incontournable. Comme le montre le graphique ci-dessous, l'AIPAC étend son influence sur tout le paysage politique, en maintenant l'Amérique sous la coupe d'une puissance étrangère. Et malgré la déroute républicaine de mardi, des dizaines de millions de dollars continueront d'affluer dans les campagnes des candidats soutenant l'agenda israélien, qu'il s'agisse d'une attaque non provoquée contre un pays ne représentant aucune menace pour la sécurité nationale américaine ou du soutien inconditionnel au génocide et au  massacre de femmes et d'enfants non armés à Gaza. Alors non, l'AIPAC n'est pas encore vaincue, mais elle a subi un revers et sera contrainte d'adapter sa stratégie pour mieux s'intégrer dans un monde où Israël est universellement considéré comme un État paria.

samedi 7 novembre 2026

L'Iran cherche à moderniser considérablement son système de défense aérienne russe grâce à un accord sur les S-400

 L'Iran a demandé à la Russie de lui fournir des systèmes de défense aérienne à longue portée S-400 de pointe, a rapporté le Telegraph le 6 novembre, citant un haut responsable iranien au fait des négociations.

Mai 68, octobre 2026, la petite bourgeoisie ne défend toujours que ses intérêts

Patrick Champagnac a raison quand il écrit : « Qu’elle est belle et inspirante notre jeunesse ! Que je l’aime ! Je me revois en mai 1968. Papy GenZ » non pas que la jeunesse qui manifeste soit inspirante (en tout cas pour moi), mais quand il dit « qu’il se revoit en mai 1968 ». Parce qu’effectivement, et je suis bien placé pour le radoter, il y a énormément de points communs, et des points fondamentaux en plus. Sur le coup, il relaie la version française de la chanson de Luis Illach « L’estaca » joliment interprétée par un groupe de manifestants. Pour ma part, je préfère celle chantée au palais des sports de Barcelone en 1976 peu de temps après la disparition de Franco. (Celui qui ne frissonne pas à cette écoute n’est qu’une brute).

Pas d'électricité, mais une multitude de scandales : l'Ukraine se désagrège.

Les médias semblent peu s'intéresser au fait que l'Ukraine est au bord de la catastrophe. Son réseau électrique est au bord de l'effondrement. La crédibilité morale de son gouvernement auprès de la population ukrainienne s'effrite.

Bien que l'approvisionnement énergétique ait connu de nombreux problèmes l'hiver dernier, l'ampleur des désordres actuels est d'un tout autre niveau.

Depuis des mois, l'armée russe démantèle systématiquement des points névralgiques du réseau électrique ukrainien. Kiev, qui comptait autrefois plusieurs centrales de cogénération, ne peut plus produire l'électricité dont elle a besoin . Son approvisionnement provient désormais exclusivement de centrales nucléaires éloignées et transite par quelques grands postes de transformation pour atteindre la capitale.

Le fera-t-il ? Ou ne le fera-t-il pas ?

 … bombarder l'Iran

Je ne sais pas. Mais dans la nuit du dimanche 8 au dimanche 9 novembre, ce sera la nouvelle lune. L'armée est prête. Elle préfère l'obscurité pour ses attaques. Si Trump décide de bombarder ou d'envahir à nouveau des régions d'Iran, ce sera à ce moment-là.

vendredi 6 novembre 2026

Ils criminalisent les violences des lycéens français mais justifient la violence génocidaire à Gaza et la guerre d’extermination

Il est des indignations qui ne relèvent pas de la morale, mais de la défense des intérêts de classe. Des indignations sélectives, calculées, distribuées selon la position sociale de ceux qui exercent la violence et les intérêts politiques de ceux qui la condamnent. En France, cette imposture trouve une expression particulièrement saisissante dans le discours de certains responsables politiques et éditorialistes, notamment ceux qui sévissent quotidiennement sur les plateaux de CNews et BFMTV.

La paix règne partout sauf à la Maison Blanche

Moins de 24 heures après la fermeture des bureaux de vote, le vice-président des États-Unis a déclaré ce que le président s'était gardé de dire. « La raison de notre défaite, c'est la guerre », a-t-il écrit sur X mercredi. Donald Trump, quant à lui, a déclaré à Fox News qu'il ne considérait pas la déroute de mardi comme « un coup dur pour lui » et a félicité les démocrates pour leur « bon travail ». Fair-play dans la défaite, et serein dans le déni.

Pendant que Washington se dispute sur les résultats des élections de mi-mandat, Moscou et Téhéran mènent une action plus intéressante : des discussions approfondies et au plus haut niveau. Et Israël pourrait bien connaître un changement de gouvernement. En comparant ces trois événements, on entrevoit les contours de la suite.