PROLOGUE : LE PROPHÈTE QUI NE VOULAIT PAS AVOIR RAISON
Il y a des moments où un écrivain souhaite, sincèrement et profondément, avoir eu tort.
J’ai écrit en novembre 2025 que Trump recyclait le lexique biologique d’Hitler — le sang empoisonné, la nation souillée, l’ennemi racial travesti en immigré. On m’a accusé d’excès. J’ai écrit en janvier 2026 que Trump n’était pas simplement un problème mais une porte — un seuil par lequel la violence impériale passe du prétexte honteux à la déclaration ouverte. On m’a dit que j’exagérais. J’ai écrit qu’il gouvernait non par idéologie mais par l’épuisement systématique du jugement, par l’industrialisation de l’outrage, par la conversion du chaos en carburant politique renouvelable.
Puis vint le dimanche de Pâques, 5 avril 2026.