lundi 9 avril 2018

Syrie. Troisième False-flag chimique


Vous en rêviez, vous l'attendiez, les coupeurs de tête modérés l'ont fait. Alors qu'ils se prennent une fessée prison-style à Douma, dernière enclave de la désormais quasi-reconquise Ghouta orientale, les djihado-takfiris si chers au système impérial US ont lancé leur dernier atout sur le tapis : "attaque chi-mi-que" crient-ils en chœur, bien que sans grande originalité. Il est vrai que les précédents de 2013 (déjà dans la même zone) ou de 2017 à Khan Cheikhoun nous ont vaccinés contre ce genre de comédie imbécile...

Ce que nous écrivions l'année dernière dernière n'a pas pris une ride :
Tout part de ce qui ressemble à un énième false flag barbu : le supposé bombardement chimique par l'aviation syrienne. Comme d'habitude, aucune preuve et aucun temps de réflexion - quel serait donc l'intérêt d'Assad de perpétrer ces attaques en un point non stratégique alors qu'il est en train de gagner la guerre et que l'administration américaine venait de lui donner un blanc-seing ? Ca n'a strictement aucun sens.
Cela a encore moins de sens aujourd'hui alors que 95% de la Ghouta a été reprise et que la réduction de la dernière poche de Jaish al-Islam n'est qu'une question de jours. Mais la journaloperie ne s'arrête évidemment pas à ce genre de détail tout comme elle ne rapportera jamais la découverte jour après jour de labos chimiques rebelles...
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Sans surprise, les habituels trolls de l'empire - McCainistan, Israël - s'empressent d'éructer et de pousser à l'action contre l'ogre Assad, dévoreur de son peuple. Chose plus curieuse, les réactions de l'Arabie saoudite et de la Turquie sont relativement inverses de ce que l'on pourrait attendre. La première, pourtant marraine de Jaish al-Islam, se contente de condamner l'attaque chimique sans désigner de coupable et d'appeler à la résolution pacifique du conflit. Signe du rapprochement russo-saoudien de ces derniers temps ?
Par contre, le sultan semble tout prêt d'une nouvelle crise de nerfs, Ankara accusant Damas de crime de guerre. Malgré l'optimisme d'excellents sites (ici ou ici), on a quand même la légère impression que la réunion tripartite Erdogan-Poutine-Rohani d'il y a quatre jours n'a pas été un franc succès (durée largement raccourcie, dispute entre Iraniens et Turcs à propos d'Afrin...)
Outre les accusations téléguidées contre Damas à propos du false flag de la Ghouta, on sent plus généralement une certaine mauvaise volonté ottomane. Ainsi, le plan russe de transporter les restes de Jaish al-Islam de Douma au nord d'Alep, dans la zone contrôlée par Ankara, a été rejeté. Simple souhait de ne pas ajouter encore plus de chaos dans la région ou volonté délibérée de faire dérailler les négociations sur l'évacuation des barbus et la reconquête totale de la Ghouta par les loyalistes ? Seul l'avenir nous le dira mais il n'est pas impossible que nous assistions aux prémices d'une nouvelle dégradation des relations russo-turques. A suivre.
Pour le moment, tous les yeux sont braqués sur ce qui va se passer entre Washington et Moscou. Se faisant plus deepstatiste que le Deep State, Donaldinho a de nouveau endossé l'habit de Cretinho. Son hoquet twitterique contre "l'animal Assad et la Russie et l'Iran qui le soutiennent" nous fait venir à l'esprit les sages pensées de Michel Audiard sur un certain chef d'escadrille...Image associée
Il ne peut pas ne pas savoir que cette "attaque chimique" est une mauvaise farce. Pourquoi alors se griller avec ces déclarations incendiaires et infantiles ? Regagner en popularité intérieure, louvoyer avec l'Etat profond ? Ce qui importe, ce sont les actions à venir.
Assistera-t-on à un scénario à la Khan Cheikhoun, possible false flag au carré (quelques tirs de vieux Tomahawk [1] au milieu de nulle part pour sauver la face) ? Ou les Follamour états-uniens vont-ils cette fois franchir le Rubicon et affronter la Russie en Syrie ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit et Moscou ne rigole plus désormais. Il y a un mois, l'état-major russe avait déjà averti qu'il répondrait à toute attaque américaine. Les forces russes sont en état d'alerte et le Ministère des Affaires étrangères s'est lâché contre la propagande occidentale et menacé une intervention US des "plus graves conséquences". Âmes sensibles, s'abstenir...

9 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus

[1] Trump humilié : la Syrie abat 34 des 59 missiles Tomahawk (Vidéo)

********** MAJ  10.04 **********
Ça chauffe. L'USS Donald Cook, destroyer armé d'une soixantaine de Tomahawk, est parti de Chypre et se dirige actuellement vers la Syrie. Mais il est harcelé par des avions russes qui le survolent à basse altitude et l'ont déjà "buzzé" semble-t-il.
Notons au passage que ce navire n'a pas de chance, ayant déjà été victime à plusieurs reprises des manoeuvres russes ces dernières années :
On se rappelle courant avril les vagues créées par la simulation d'attaque de l'USS Donald Cook, par deux Sukhois dans la Baltique. Pauvre Donald, il avait déjà été l'objet d'un curieux incident en mer Noire en 2014...~[2]
Un jet russe seulement équipé d'un dispositif de brouillage électronique avait semble-t-il totalement paralysé le système de défense du bateau, notamment le coûteux et sophistiqué dispositif Aegis sensé équiper tous les navires de l'OTAN.
Mais revenons à la Syrie. La réaction de l'état-major russe semble indiquer que nous ne nous trouvons pas cette fois dans une Comedia dell'Arte entre Trump et Poutine. Si Cretinho persiste à récompenser le false flag barbu et que Moscou répond, la situation peut vite déraper...

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