samedi 4 mai 2013

La Mafia Islamiste (1ere partie)



D’après la définition de Wickipedia, une mafia (ou maffia) est une organisation criminelle dont les activités sont soumises à une direction collégiale occulte et qui repose sur une stratégie d’infiltration de la société civile et des institutions. On parle également de système mafieux. Les membres sont appelés « mafieux » (sans distinction de nombre), ou parfois « mafiosi », d’après le nom italien (au singulier : « mafioso »). Le terme mafia est polysémique : au sens large il désigne toute forme de crime organisé n'importe où sur la planète (c'est ainsi qu'on parle de mafia russe, italienne, chinoise, japonaise, etc.) ; mais le sens premier désigne l'organisation du crime sicilien ; la Sicile est le berceau de la Mafia.
Parler d’une « mafia islamiste» n’a rien d’incohérent. Contrairement à ce que l’on croit généralement, le mot "mafia" n’est pas d’origine italienne mais arabe. Comme beaucoup d'autres mots, il s’est trouvé introduit dans le langage sicilien lors de l’occupation de cette île par les troupes maghrébines (*).
En effet, lorsque les Maghrébins, sous le royaume aghlabide (le royaume aghlabide correspond, grosso modo, à la Numidie), avaient occupé la Sicile, ils y avaient trouvé un pays extrêmement pauvre, une société à structure féodale et une population miséreuse. Les terres appartenaient à quelques très grandes familles (les latifundia étaient des grands domaines agricoles constitués depuis l’époque romaine de l'Antiquité), l’écrasante majorité de la population était formée de paysans sans terre. Devant cette situation, les Maghrébins avaient alors réalisé des réformes agraires, démantelé les latifundia et encouragé la création de petites fermes. Lorsque, deux siècles et demi plus tard, en 1091, les Maghrébins furent chassés de Sicile par les Normands, les anciennes familles riches reprirent leurs latifundia, en massacrant au passage les petits paysans accusés d’avoir abjuré le christianisme et d’avoir collaboré avec les Sarrazins. De nouveau, les calamités d’antan se sont abattues sur la majorité de la population sicilienne. Il est donc aisé de penser que le mot mafia vient du mot maghrébin آفة  (A’fa) qui veut dire : calamité, fléau, devenu mafia.

Dès la fin du XIXe siècle, la mafia islamiste était devenue une puissante organisation criminelle qui étendra son influence partout où des musulmans étaient fortement implantés. Comme la mafia sicilienne – qui a bénéficié de l’appui tacite du clergé catholique- la mafia islamiste peut compter sur la « protection » des autorités islamiques les plus influentes et les plus riches : OCI (Organisation de la Conférence Islamique), Arabie Saoudite, Qatar, en plus des parrains non musulmans de l’islamisme : USA, GB et Israël.
-                Le premier type de mafieux  islamiste est soit un repris de justice, qui, au lieu de purger sa peine, a été libéré par le pouvoir islamiste, soit un homme fruste, issu d’un bled isolé et condamné à une misère endémique. Son seul espoir de sortir de la misère est de se faire recruter et payer par Ennahdha. Il sera alors versé dans l’une de ses officines. Il y a d’abord les hommes de main. Ils sont chargés de mater la population éduquée, qualifiée de « bourgeoise », d’«occidentalisée », voire de « laïque », ce dernier terme ayant, dans la terminologie islamiste une connotation infâmante, pas très loin d’apostat, qui, chez les musulmans intégristes, implique illico presto la liquidation physique, c'est-à-dire la mort. Les mafieux islamistes de base sont payés pour être « militants », « manifestants » ou tueurs à gages.
mafioso islamiste
puni selon la charia,
et réclamant
son chocotom
-                Mais il y a un autre type de mafieux : le riche, le possédant qui rémunère les gros bras, lesquels  récoltent les taxes, terrorisent les honnêtes gens, extorquent les fonds sous la menace de l'arme, etc.. Ce rôle est tenu par le Cheikh ou l’Émir. À l’époque actuelle où les pauvres et les riches s'appauvrissent de plus en plus, les liens « familiaux » vont se resserrer ; au fur et à mesure que les difficultés s'accroissent, la valeur de la protection assurée par le Capo, le Cheikh, augmente. Ainsi naît la mafia islamiste, la société « des hommes pieux», ceux qui ne connaissent ni foi ni loi, sauf celles dictées par le Cheikh, et abusivement appelées charia. Le problème, c’est qu’il y a autant de charias que de Cheikhs, car on devient Cheikh par la volonté d’un autre cheikh, et non pas parce qu’on a obtenu un doctorat en sciences religieuses.  Il est cependant évident que si on appliquait la charia dans toute sa rigueur hideuse, on serait amené à couper les mains et les pieds de tous les islamistes. Ennahdha et ses semblables deviendraient une armée d’éclopés, de culs-de-jattes. 

Avec la mafia islamiste  la notion d'omerta est scellée. Rien ne filtre de leurs réunions de parrains, appelées "majlis echoura".  Tout « homme d'honneur » doit tenir sa langue, il doit préférer le silence à la dénonciation, l'action à la parlote. On le reconnaît à sa tenue vestimentaire et à son aspect physique. Lorsque vous rencontrez des maffieux à Palerme ou à Tunis, à New York ou au Caire, vous ne pouvez pas vous tromper. Ils font exprès de se montrer patibulaires et terrifiants pour « terroriser » le bon peuple. L’honnête homme courbe l’échine et laisse le maffieux maître de la rue et de la cité. C'est indéniablement dans un contexte d'extrême pauvreté que se développe la mafia : sans conditions extrêmes, les hommes de main sont difficiles à recruter, et sans homme de main prêts à exécuter les ordres, il n'y a pas d'organisation. Pour un casse-croûte, un « chocotom », 20 Dinars et des perspectives de vol et de viol impunis, Ennahdha a pu « lever » des armées entières de « manifestants islamistes ».
La mafia est également liée à la notion de « parrain ». Le Parrain, (Cheikh ou Émir chez les islamistes) est le chef de l'organisation, celui qui accumule le plus de richesses et celui qui prend toutes les décisions. Chaque homme lui doit le « respect » ; celui qui enfreint cette règle est sévèrement puni.

Caractéristiques d'une mafia

Les six caractéristiques qui définissent une mafia (d’après Wikipédia) se retrouvent chez Ennahdha :

  1. Structuration de l'organisation qui suppose un engagement réciproque de ses membres et un certain nombre de règles internes.
  2.   La violence qui est à la fois utilisée pour accéder à des richesses et pour protéger l'organisation par l'intimidation.
  3. La mafia a aussi un rôle social. Les mafieux cherchent à avoir des rôles importants dans des activités de médiation sur le plan politique, social ou économique, en particulier pour la jonction entre la sphère légale et illégale.
  4. Un ancrage territorial. Ainsi tout en ayant des activités internationales (la Oumma musulmane),  les mafias cherchent à garder des liens sur leurs territoires d'origine (Ennahdha en Tunisie, Frères Musulmans en Égypte).
  5. La coexistence entre les activités légales et illégales entre l'ensemble des ressources de l'organisation. Ce sont des organisations très riches dont les revenus occultes ne sont connus que des chefs. Personne, à part le "capo di capi" tunisiens, ne sait ce qu'il advient des millions de dollars souvent versés par le Qatar ou par l'Arabie.
  6. Le lien avec les classes politiques et les institutions, soit à l'échelle régionale (arabe, islamique), soit à l'échelle nationale. Grâce à cette interpénétration, la Mafia arrive à accéder à certaines ressources, dont des marchés publics. Elle arrive dans certains cas à agir en toute impunité judiciaire parce qu'elle monnaie son soutien à la classe politique à travers l'influence qu'elle exerce sur la société. En Tunisie, elle n'a plus besoin de justifier quoi que ce soit de ses activités illégales, comme la cession des droits de propriété des sociétés nationales à son parrain qatari, au vu et au su de tous, sans que la justice, gangrénée, lève le petit doigt.

On sait que le bureau américain des services stratégiques (OSS), ancêtre de la CIA, a délibérément permis à la mafia de retrouver sa position sociale et économique en tant qu’« État dans l’État » en Sicile et que cela fut, avec l’alliance États-Unis-Mafia forgée en 1943, le tournant décisif dans l’histoire de la mafia et les bases nouvelles pour son activité pendant les soixante années suivantes. Un bénéfice supplémentaire (dans la perspective américaine de la guerre froide) a été que beaucoup de mafiosi siciliens étaient des anti-communistes purs et durs. Ils ont donc été vus comme de précieux alliés. Le même scénario a été reproduit avec les djihadistes et avec Al-Qaïda en Afghanistan, en Tchétchénie et ailleurs.
 

La Mafia islamiste sévit dans six principaux secteurs d'activités :

(1) la drogue (principalement l'héroïne afghane, mais aussi la cocaïne colombienne qui transite par le Sahel puis par la Maghreb vers l’Europe) ;
(2) la contrebande, qui a connu un essor considérable grâce à l'embargo contre l’Irak de Saddam puis, actuellement, contre l’Iran et la Syrie. Cet embargo rapporte des centaines de milliards de Dollars aux « capo di capi », les émirs du Qatar et de Dubaï.
(3) la vente d’êtres humains (Des filles sont enlevées en Syrie par les djihadistes et revendues aux émirs du pétrole pour des millions de dollars, surtout lorsqu'elles sont vierges ou impubères (mineures). Les organes utiles aux greffes sont prélevés sur les prisonniers, les blessés et les cadavres syriens pour être vendus aux Turcs, lesquels les revendent à leur tour comme « pièces détachées » pour les greffes d’organes en Europe et aux États-Unis; (Voir la mafia islamiste 2eme partie)
(4) le trafic d'armes (stocks pillés en Irak puis en Libye) ;
(5) le racket (otages européens au Sahel et en Irak, à l’exclusion des Anglais et des Américains);
(6) le recrutement et l’acheminement de « djihadistes » vers les zones de conflits arabo-arabes (à l’exclusion des conflits arabo-israélien ou arabo-américain). Un djihadiste tunisien est acheté 20.000 dollars, les intermédiaires sont des mafiosislamistes.  Vivant, ce djihadiste servira de chair à canons. Mort, il alimentera la mafia islamo-turque de vente d’organes à greffer.

Survivre, s'adapter, prospérer

C'est parce qu'elle fut constamment sous-estimée que la Mafia Islamiste paraît aujourd'hui indéracinable. La première erreur est de nier (« ça n'existe pas ») ou de minimiser (« de simples croyants pieux ») sa réalité. Une forme plus subtile de refus du réel consiste à répéter que la Mafia Islamiste est moribonde, alors qu'elle n'a jamais été aussi puissante et tentaculaire. La seconde erreur est de la considérer comme le produit d'un archaïsme historique : les « primitifs » disparaîtraient avec les bienfaits du progrès. Or, elle n'a cessé de s'adapter aux bouleversements politiques, économiques et sociaux depuis le XIXe siècle, sachant passer d'une société autoritaire et agraire à la modernité capitalistique, urbaine et mondialisée. La Mafia Islamiste a démontré aussi sa capacité d'immersion et de renaissance après chaque vague répressive, se faisant oublier puis reconstituant ses forces. Peu d'institutions ont su démontrer de telles capacités adaptatives. Il convient d'ailleurs de lui reconnaître le mérite d'une réelle longévité : le soviétisme a péri au bout de soixante-douze ans (1917-1989) alors que la Mafia islamiste est non seulement  bien vivante un siècle après son apparition, mais elle domine et gangrène la quasi-totalité des pays musulmans. Évidemment, tous les phénomènes sociaux ont une fin : La Mafia Islamiste n'échappera pas à cette loi. Cependant, la démocratie semble bien mal outillée pour venir à bout d'une réalité mutante et dotée d'une intelligence collective rare. 

La Tunisie cumule en effet des handicaps indiscutables dans sa lutte contre cette superpuissance criminelle : celui d'être un État jeune et financièrement faible ; ensuite d'être comme toutes les démocraties naissantes qui, obsédées par le court terme et de la conduite médiatique des affaires publiques, sont malhabiles face à des entités discrètes et patientes. Avec la Mafia Islamiste, comme avec toutes les autres (Camorra napolitaine, yakuza japonais, etc.), ce qui doit éveiller l'attention n'est pas la violence mais le silence : une mafia n'est jamais aussi dangereuse que lorsqu'elle est parvenue à faire croire à sa mutation ou à sa disparition, un peu comme la pieuvre, qui, grâce à son pouvoir extraordinaire de dissimulation et de mimétisme, arrive à berner tous ses prédateurs.
 Hannibal GENSERIC

(*) L'Émirat de Sicile était un État musulman établi sur l'île italienne de Sicile entre 948 et 1091. Les émirs de Sicile étaient vassaux des califes fatimides. La Sicile était administrée par un gouverneur, ou wâli, qui résidait à Balharm (Palerme) depuis la conquête de cette ville en 831. Les gouverneurs dirigeaient l'administration, l'armée et la justice. Ils nommaient les gouverneurs des principales villes, les juges (cadi, qādi) les plus importants et les arbitres (hakam) compétents pour résoudre les petits litiges privés. Après l'invasion musulmane, les populations vivant en Sicile étaient constituées principalement de natifs siciliens, d'Arabes, de Berbères, de Perses, et de rares Turcs provenant d'Asie centrale.

Au commencement du gouvernement des Kalbites, la Sicile, surtout dans sa partie occidentale, connut une grande prospérité. Les Maghrébins avaient réalisé des réformes agraires, démantelé les grandes propriétés terriennes (les latifundia) et encouragé la création de petites fermes. Ils avaient également amélioré les systèmes d'irrigation et construit de nouveaux aqueducs. Ils avaient introduit sur l'île l'orange, le citron, la pistache et la canne à sucre. L'île était devenue autosuffisante d'un point de vue alimentaire et exportait même des denrées vers l'Afrique du nord. La Sicile était également une grande région productrice de textiles. Elle était un carrefour et entretenait des relations commerciales avec l'Orient, l'Afrique et les républiques maritimes de la péninsule italienne (Amalfi, Naples, Gaète, Venise).

Palerme, la capitale de l'émirat, comptait sous les Kalbites 350 000 habitants, ce qui en faisait une des villes les plus importantes d'Europe, la deuxième derrière Cordoue, la capitale du califat ibérique, qui en comptait 450 000. En 970, le marchand, voyageur et géographe originaire de Bagdad Ibn Hawqal visita Palerme qu'il décrivit comme la cité des 300 mosquées. La cour kalbite accueillit de nombreux savants, juristes, poètes et linguistes.
(**) Devinettes :
Les Mafiosi ont une 'Loi du silence' qui défend à l'homme de la rue de coopérer avec la police ou le gouvernement sous peine de mort. Comment s'appelle-t-elle ?
-  Réponse : Omertà
Les francs-maçons ont une "Loi du silence" qui défend aux frères de la Loge de coopérer avec la police ou le gouvernement sous peine de mort. Comment s'appelle-t-elle ?
-  Réponse : Secret maçonnique
Les policiers ont une "Loi du silence" qui défend à l'agent de l'Etat de coopérer avec la justice ou le gouvernement sous peine de mort. Comment s'appelle-t-elle ? 
-  Réponse : Devoir de réserve. 
Les islamistes ont « une loi du silence », qui défend aux « frères » d’étaler au grand jour leurs véritables intentions.
Réponse : la taqîya (تقيّة ), ou « la dissimulation » qui  fait partie des catégories juridiques permises par la charîa.