vendredi 8 février 2013

Mort de Chokri Belaïd : début d’une série d’assassinats



Mort de Chokri Belaïd : début d’une série d’assassinatsIl a été abattu ce matin, mercredi 6 février 2013, devant son domicile, de trois balles dans la tête. Son frère Abdelmajid accuse Ennahda et Rached Ghannouchi en personne. Ce dernier est allé se réfugier chez ses suzerains britanniques, comme les rats qui quittent le navire qui va couler. Avec l’assassinat du chef du parti des Patriotes démocrates, c’est le début d’une nouvelle étape qui plongera la Tunisie dans la guerre civile.
Le scénario algérien est-il déjà là ?


Dans l’article "assassinats programmés d'hommes politiques" , publié le 26 décembre dernier, nous écrivions ceci : « Abstraction faite de toutes ces informations, nous pensons que, tôt ou tard, les islamistes vont passer à la violence et au terrorisme, et que ce cycle commencera précisément par l’élimination de toutes les personnes dans lesquelles Rached Ghannouchi verrait un concurrent politique sérieux ou une menace qui limiterait l’hégémonie d’Ennahda. C’est dans la logique même de ce mouvement théocratique, qui n’a jamais hésité de recourir à la violence pour usurper le pouvoir. A plus forte raison aujourd’hui, que le pouvoir est entre ses mains et qu’il ne lâchera plus jamais sans provoquer un bain de sang ».
portrait robot du
serial killer

Cela s’appelle tuer pour donner l’exemple. Ce n’est pas le premier cas mais le second, Lotfi Nakhd, de Nidaa Tounès ayant été tué par les « gardiens de la révolution » il y a déjà quelques mois. Pour ceux qui connaissent très bien la psychologie et les méthodes des islamistes, pas seulement en Tunisie d’ailleurs, ces assassinats sont dans la logique même des choses. Leurs buts, faire régner un climat de terreur, éradiquer les poches de résistance à la dictature islamiste, délivrer aux opposants un message clair : disparaitre totalement de la scène, ou s’abstenir de critiquer Ennahda. C’est inédit dans l’histoire de la Tunisie, que ce soit sous Bourguiba ou sous Ben Ali.

Dans l’article de  décembre dernier, nous avons cité quatre noms : Béji Caïd Essebsi, Hamma Hammami, Tahar Ben Hassine et Amor Shabou. Nous avons volontairement rendu public leurs noms pour alerter la classe politique et l’opinion publique tunisiennes. Nous comprenons donc pourquoi les commanditaires des assassinats ont changé de cibles. Ce serait trop flagrant pour eux. Plutôt que Hamma Hammami, c’est donc Chokri Belaïd qui a été abattu.

Certains n’ont pas pris au sérieux nos alertes et nos mises en garde. Nous espérons qu’ils vont désormais prendre en considérations nos informations. D’autres assassinats seront commis dans les semaines qui viennent. Des attentats plus sophistiqués seront perpétrés dans la capitale et ailleurs : voitures piégées, trains explosés, administrations ciblées…Des événements qui annoncent une guerre civile de plus en plus probable. Ce n’est pas de l’alarmisme mais des prévisions qui découlent de notre connaissance parfaite de l'islamisme "modéré" et de la situation générale du pays.

Karim Zmerli

Le Qatar, derrière l'assassinat de Chokri Belaïd ?

Le professeur franco-syrien Bassam Tahhan accuse clairement le Qatar d'être derrière l'élimination de Chokri Belaïd. Il vient de le déclarer à la radio iranienne d'expression française. Cette thèse est tout à fait possible car Chokri Belaïd est l'un des rares hommes politiques tunisiens à avoir violemment critiqué le Qatar ces dernières semaines. Ce qui confirmerai d'ailleurs l'implication d'Ennahda dans cet assassinat politique, puisque ce parti est aux ordres de Doha. Quelques heures avant sa mort, Chokri Belaïd a accordé une interview au journal "Al-Khaliij" (le Golfe) qui parait à Sharjah. Il a employé l'expression "crime politique" seize fois, a affirmé que ce qui se passe en Syrie est une conspiration israélo-américaine soutenue par les pays du Golfe, et qu'Ennahda préparait des plans terroristes en Tunisie. Propos largement suffisants aux islamistes pour le liquider physiquement. nous reproduisons ici l'article publié dans le journal "Algérie Patriotique", ce 7 février 2013.

De plus en plus de voix s’élèvent pour accuser le Qatar d’être l’ordonnateur de l’assassinat de l’opposant tunisien Chokri Belaïd, secrétaire général du parti des Patriotes démocrates unifié. Bassam Tahhan, politologue et professeur de géostratégie de renommée mondiale et auteur de plusieurs livres sur le monde arabe, dans une interview à la radio iranienne francophone, n’a pas hésité à accuser le Qatar d’être derrière cet assassinat, jetant ainsi un véritable pavé dans la mare si pestilentielle de cette monarchie qui ne cesse de faire parler d’elle à travers le Globe. La raison ?
Pour ce spécialiste du monde arabe, «Chokri Belaïd a beaucoup critiqué le Qatar». Une semaine avant son assassinat, il avait multiplié les sorties médiatiques pour dénoncer les prédicateurs islamistes du Golfe qui venaient «semer leur poison» en Tunisie. Il avait accablé l’Arabie Saoudite et le Qatar, deux pays à la doctrine dangereuse pour le peuple tunisien. «Tout le monde sait que le Qatar a aidé le parti Ennahda à arriver au pouvoir. Tout le monde sait aussi que le Qatar est en Libye et que probablement l'arme du crime viendrait de Libye, puisque les armes livrées par l'Otan à ce pays passent maintenant dans les pays voisins, la Tunisie, le Mali, et d'autres...», a souligné Bassam Tahhan qui a mis en garde les autres pays arabes contre cet «ami» qui est le Qatar.

S.B. Algérie Patriotique

Que tous ceux qui nous ont servi la fable de l'islamisme modéré se taisent !

Vendredi 8 Février 2013 

Besma Khalfaoui réagit à la mort de son mari. (Amine Landoulsi/AP/SIPA)Alors que Tunis, en grève générale, porte aujourd’hui en terre Chokri Belaid, l’opposant laïc à Ennahda assassiné le 6 février, la légende de l’islamisme modéré véhiculée par tous les faux experts médiatiques vole en éclats de sang.

Besma Khalfaoui a le visage creusé par la douleur, mais ses mots jaillissent comme une source vive. La veuve de Chokri Belaid, sa petite fille serrée contre elle, ses amis et sa famille chantant l’hymne national, dit qu’elle pleurera plus tard, que ses larmes n’ont aucune importance. Elle continue, comme l’homme aimé qu’on lui a tué de quatre balles, à se battre pour une Tunisie démocratique. Vous connaissez le visage de Besma : elle a accepté de le montrer aux caméras et aux journalistes dans les ravages de la tristesse et le courage de la détermination. Le visage de Besma, penché sur le drapeau qui recouvre le corps de Chokri, puis levé, dévasté et énergique, vers ses interlocuteurs, est le « J’accuse » qui fait trembler aujourd’hui Ennahda, alors que le crime jette un pays dans la rue. 
Plus tard, on se souviendra de ces traits féminins à la douceur gommée par la brutalité de l’arrachement. Ce visage, accolé au portrait de l’homme assassiné, résumera la Tunisie qui marche sombrement en ce 8 février : il racontera l’insurrection des endeuillés.
Ce visage de survivante, il faudrait que certains de nos beaux esprits, en France, osent le regarder, eux aussi. Vous savez, ces esprits forts qui se piquent d’expertise magistrale. Ces bons maîtres qui tournent en boucle, depuis des années, sur les plateaux et sur les ondes, pour nous expliquer par A+ B que les islamistes étaient devenus démocrates. Qu’il fallait être un niais ou un islamophobe pour ne pas croire à leur intelligence politique. Qu’il fallait mettre en veilleuse nos idées archaïques de laïcité pour ne surtout pas froisser un destin arabe forcément soumis aux ordres de l’éternel ciel identitaire. 
Qu’en conséquence, on ferait mieux de la boucler avec nos bavardages suspects.
Aujourd’hui, c’est à ces clercs, à ces gourous divers, chercheurs, commentateurs, maîtres assistants de toutes les confusions, bien calés sur leur chaire de certitudes, que l’on conseille de regarder un instant, à la dérobée pour ne pas le salir, le visage de Besma, épouse d’un Tunisien patriote, démocrate et laïc. Le visage de la veuve de Chokri Belaid, assassiné parce qu’il jetait leur vérité et leur mensonge au visage des islamistes. Parce qu’il scandait son espoir d’une société juste, sociale, égalitaire : c’était un leader de gauche. Son besoin d’une société débarrassée du poison religieux politique. En un mot, un seul, raillé par ces experts nauséeux confits en dévotion devant l’objet islamiste de leurs recherches : une société laïque. Voilà ce que voulait Chokri Belaid et ce que refusent ses assassins.
On leur conseille donc, à ces bavards qui ont absous par bêtise tant de crimes antérieurs, de regarder Besma : mais ils n’y arriveront pas. Regardaient-ils, du temps que l’Algérie saignait, le visage des femmes qui survivaient à leur mari, fils, frère, sœur égorgés par les islamistes ? Ont-ils compté, pendant les nuits d’infinie souffrance algérienne et musulmane, les cadavres des citoyens, citoyennes, paysans, profs, médecins, politiques, journalistes, instituteurs, écolières abattus par les islamistes, premiers tueurs de musulmans ?
Ils ont la mémoire courte et la vision rétrécie, nos experts. Ils avalent et digèrent toutes les sinistres fariboles d’un parti politique qui a mis sa cravate des dimanches pour faire oublier les sabres et le kamis afghan des prêcheurs de djihad, ceux que Rached Ghannouchi, le leader d’Ennahda, appelle avec bonté « nos enfants salafistes ».
Devant le visage de Besma, face au peuple tunisien dressé contre l’islamisme menteur et assassin, devant cette insurrection arabe qui refuse la soumission au ciel des manipulateurs identitaires, que ces gens-là se taisent enfin !
 Martine Gozlan - Marianne (France)

Ali Laâridh aurait facilité la fuite vers la Libye de l’assassin

 « Deux des cinq suspects impliqués dans l’assassinat du martyr Chokri Belaïd sont actuellement à Bani Walid en Libye », a déclaré Zied Lakhdhar, secrétaire général du parti des patriotes démocrates unifié (PPDU) à l’agence TAP.
Il a indiqué que « l’ancien ministre de l’Intérieur Ali Laâridh ainsi que l’ambassadeur de Tunisie en Libye seraient impliqués dans la fuite des deux suspects». Le premier suspect dans cette affaire a été arrêté par le ministère de l’Intérieur juste après l’assassinat de Belaïd avant d’être relâché. « Le deuxième suspect a été identifié et le juge d’instruction nous avait promis de l’arrêter », a précisé Zied Lakhdhar. Et d’ajouter : « Les deux suspects ont fui vers la Libye pendant que Laâridh tentait de détourner notre attention vers le nord-ouest ( frontière tuniso-algérienne ) pour nous faire croire de l’intention des autorités d’arrêter Kamel Gadhgadhi, un autre suspect impliqué dans l’assassinat de Belaïd », a-t-il ajouté. 
De son côté, Lotfi Belaïd, frère de Chokri Belaïd, a accusé de nouveau le mouvement islamiste Ennahdha ,au pouvoir , d’être impliqué dans l’assassinat de son frère. « Les données qui sont en notre possession révèlent que Kamel Aïfi, leader du mouvement Ennahdha résident en France, est celui qui a coordonné l’assassinat de Chokri Belaïd », a-t-il affirmé à l’agence TAP. « Aujourd’hui, nous sommes convaincus que le gouvernement provisoire fera tout pour masquer la vérité dès lors que le mouvement Ennahdha, qui dirige le gouvernement, est derrière cet assassinat politique », a-t-il assuré.

Conclusion

Chokri Belaid, le désormais ex secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié, est la victime du parti islamiste Ennhada. Ces clowns tentent de nier, en se précipitant de condamner ce meurtre. Mais, la plus grosse escroquerie que j’ai vue, c’est ce discours bidon de Marzouki, le président tunisien, à Strasbourg. Selon lui, ce sont les anciens partisans de Ben Ali qui veulent créer le chaos. La même accusation qu’un certain M. Ferchichi avait faite après qu’il fut arrêté à Orly avec une valise d’argent du…Qatar.

Il n'échappe à personne que ce clown, alias Bou Tartour, est l’otage d’Ennhada. Il n’a qu’un titre honorifique, sorte de roi fainéant qui ne dirige rien du tout. D’ailleurs, il l’avait prouvé avec  l’extradition illégale et criminelle de l’ex Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi vers Tripoli, contre, il est vrai, une confortable rançon.  Il parait qu'ils (qui-vous-savez) se sont partagés la confortable rançon. Un Million de Dollars par ci, un autre million par là.  Quand l'un d'eux est coincé avec son million en banque, à Tunis même, on vous sort une chinoiserie quelconque. 
Concluons enfin par cette mise en garde d'Angela Mekel, chancelière d'Allemagne :
"Tous ceux qui tiennent à la légitimité en Tunisie doivent savoir que le monde entier est en train d’observer le terrorisme exercé en Tunisie au nom de cette légitimité et assiste à l’apparition de milices extrémistes. Ce qui se passe au Mali doit servir de leçon aux tenants de la légitimité, sinon ils rateraient l’opportunité historique de construire un Etat pluraliste démocratique et moderne en Tunisie".
 
Hannibal Genséric