lundi 18 février 2013

Des Houris et des Hommes




"Pendant que d’aucuns, ivres de pouvoirs, « troussent des soubrettes » ici-bas, d’autres rêvent de déflorer à la chaine de jeunes vierges en l’Au-delà ! Le Paradis devient ainsi un immense lupanar pour priapiques, une infinie orgie céleste entièrement dédiée au plaisir des sens ! 
Ceux qui attentaient la contemplation de la « Face de Dieu » sont priés de changer de lieu ! 
Toutes jeunes, toutes vierges, les Houris sont condamnées à subir les assauts virils des bienheureux satyres et, pire encore – l’imagination clinique de nos exégètes est ici sanglante – à se voir nanties d’un hymen éternellement régénéré". Dr Al 'Ajamî , dans « Que dit vraiment le Coran ?».
Lors des attentats du 9/11 contre le World Trade Center, on a parlé discrètement des houris qui attendent les « martyrs » dans le paradis d’Allah. Selon wikipedia : "les houris (masc. arabe حور, ūr, fém. arabe حورية, ūrīya, pl. ūrīyāt) sont selon la foi musulmane des vierges dans le paradis, qui seront la récompense des bienheureux".  Mohamed Atta, le chef du commando, écrivait à ses compagnons d’armes peu avant ces attentats «Les vierges vous appellent !». Selon l’interprétation la plus courante, il y a de quoi susciter les désirs les plus fous chez de jeunes frustrés



Traduction ! Comité islamique au pays Cham (Syrie). Information urgente (je jure par Allah que ceci est vrai). La photo montre des houris envoyées par Allah aux combattants du front al-Nosra en reconnaissance pour leur dévouement dans le djihad et sur les champs de bataille. Les pures (ou excisées ?) houris sont envoyées pour des cérémonies de mariages collectifs halal, au milieu de cris de joie plus forts que les bruits des canons. Cette photo a été prise par le djihadiste Abou Hakim près de la ville d’Idlib.

Dans l’article intitulé «les Croisés et  Assassins », nous avons vu que le terrorisme islamiste date de mille ans. Se prétendant détenteur du pouvoir d’envoyer qui il voulait au Paradis, le gourou des islamistes assure aux terroristes une voie d'accès privilégiée aux félicités éternelles, lieu décrit par la légende islamiste comme magnifique, beau, et plein de vierges houris. Du temps d’Hassan Al-Sabbah (1036 – 1124), un ancêtre idéologique d’Oussama Ben Laden, les jours précédant sa mission suicide, on droguait le terroriste au haschich, et on lui offrait des filles dans un décor paradisiaque. Ceci avait pour effet de stimuler sa combativité, tout en lui donnant un avant goût du Paradis. La même méthode est pratiquée aujourd’hui par les terroristes islamistes en Syrie et ailleurs. La drogue afghane et le shit marocain remplacent le hasch iranien d’antan, et les « épouses temporaires » remplacent les vierges houris de l’au-delà. Dans les rituels  pratiqués avant un attentat-suicide, on bande symboliquement (pour les protéger) les organes sexuels du futur héros,  comme étant particulièrement utiles dans le Paradis. Sous d’autres cieux, c’est une autre drogue du sexe qui fait des ravages, elle s’appelle SLAM. L’analogie avec iSLAMisme est due au hasard, mais dans les deux cas, l’effet sur les hommes est catastrophique, et souvent mortel.


Que disent les exégèses musulmans à propos des houris ?



Voulant affiner ma connaissance quant à cet aspect olé olé du Paradis, je me suis adressé aux sites islamistes sur Internet. Je constate, non sans stupeur, qu’ils confirment, à quelques détails près, les propos ironiques du  Dr Al 'Ajamî ci-dessus : pour la masse des internautes, les houris sont bien ces dizaines de vierges qui attendent, au paradis d’Allah, les terroristes islamistes. Cette croyance est étayée par plusieurs théologiens reconnus.

Voici, par exemple, ce qu’écrit un commentateur du 16ième siècle, Al Suyuti (1445 – 1505) : « chaque fois qu’un  homme touche une Houri, il la trouve vierge. Le pénis des élus ne faiblit jamais, l’érection est éternelle. La sensation ressentie  en faisant l’amour est à chaque fois absolument délicieuse et extraordinaire et quiconque la ressentirait en ce  monde s’évanouirait. Chaque élu (musulman) épousera 70 houris, en plus des femmes qu’il a épousées en ce bas monde  et elles auront toutes des vagins appétissants. »  Ce savant égyptien est connu pour son œuvre prolifique. Ses livres se répandirent très vite hors d’Égypte jusqu’en Inde. Sa sainteté et la valeur scientifique de ses écrits sont reconnues par tous. Ce n’est donc pas le premier venu.

Le grand théologien musulman orthodoxe Al-Ghazali  (1058-1111), connu en Occident sous le nom d’Algazel, soufi de son état et ennemi résolu de la philosophie, considère comme réelle et non seulement métaphorique cette abondance de plaisirs sexuels.  Nous sommes bien au-delà de l’effet du SLAM.

Quel nirvana pour ces Frères Musulmans! Quant aux femmes musulmanes, niqabées ou pas, djihadistes du sexe ou pas, c’est macache bono : aucun "houri mâle" à l’érection éternelle ne les attend au paradis. 

Pourquoi peut-on douter des Houris ?


1- Reconnaissons d’abord que tous les textes coraniques ne sont pas clairs, à commencer par le mot «houri» lui-même. Il est communément compris comme signifiant « blanches "quant aux" yeux». Or, de beaux yeux ne sauraient être blancs, sauf pour certains aveugles. Les commentateurs expliquent que le blanc des globes fait ressortir le noir des iris. Un peu tiré par les cheveux. Qu’en est-il pour les yeux bleus ou verts ?
2-  Quant à la cohérence du texte, il est dit que les croyants entreront au paradis avec leurs épouses terrestres (Sourates et versets : XXXVI, 56; XLIII, 70). Je vois mal ces épouses  tenir la chandelle  pour leur mari s’ébattant avec des houris.
3- Rappelons ensuite que le Coran est un texte qui a été écrit initialement avec des consonnes dépourvues de signes diacritiques. On ne possède plus de textes coraniques antérieurs au 9e siècle (et les quelques fragments datant du 8e siècle sont en tout cas non accessibles à l’étude), mais on sait que les copies du 7e siècle ne portaient ni voyelles ni signes diacritiques permettant de distinguer certaines consonnes entre elles. Si l’on se place face au texte réduit à ses seules consonnes nues (c’est-à-dire face à leur pur «ductus» tel qu’il apparaît sur les quelques fragments anciens publiés), il est possible de lire certains mots selon une autre « orthographe », avec des résultats plus ou moins évidents. Le rajout des voyelles est donc en en soi une première opération interprétative.
Prenons l’exemple de textes français écrits sans voyelles.
"L rsn d pls frt st tjrs l mllr " . On pourrait interpréter cette phrase comme étant :
- La raison du plus fort est toujours la meilleure,
- Le raisin du plus fort est toujours le meilleur,
- La raison du plus fort suit toujours le meilleur.
-  Etc.
"Rn n srt d crr, l ft prtr pnt"
- Rien ne sert de courir, il faut partir à point,
- Rien ne sert de crier, il faut partir pinté.
- Etc.
Il en est de même de l’écriture arabe sans voyelles. On dit qu’en arabe il faut comprendre un texte pour pouvoir le lire, alors qu’en français on lit un texte afin de le comprendre. Imaginons alors toutes les interprétations possibles qu’ont pu faire les exégètes et qui peuvent diverger et se contredire, en fonction de leur croyance et leur éventuelle secte, de leur culture, de leur orientation sexuelle, etc.
4-       Enfin, le réflexe le plus naturel et le plus courant pour interpréter le difficile langage du Coran consiste à plonger dans l’un des commentaires classiques de l’exégèse musulmane qui, pour la plupart, datent de plusieurs centaines d’années. Le lecteur ira alors pêcher l’interprétation qui lui semble la meilleure pour l’usage qu’il veut en faire. Cette confiance aveugle en la connaissance linguistique d’exégètes venus plusieurs siècles après le Prophète s’avère problématique. Souvent, les commentateurs présentent plusieurs interprétations d’un seul passage, parfois contradictoires. Ceci vient en particulier de leur ignorance du syro-araméen, la langue dominante au Moyen Orient à l’époque du Prophète, et qui était utilisée partout, y compris chez les Arabes de La Mecque et de Médine, et dans le Coran. L’ignorance linguistique des exégètes les a amenés à produire quelques fois des explications peu convaincantes, parfois grossières, comme celle d’Al-Suyuti ci-dessus.


Langue araméenne à l'époque de l'Hégire

D’autres explications sont plus convaincantes

1)                   Dans une Interview, . « Que dit vraiment le Coran » , le Dr Al Ajamî , cité ci-dessus, écrit :

"Les Houris sont des femmes élues du Paradis au même titre que certains hommes, c'est-à-dire en fonction de l’élévation réelle de leur piété. En fonction de l’analyse convergente de versets clefs, il apparait donc que par le mot hûr, les Pures, le Coran ne désigne pas une catégorie de créatures paradisiaques, mais qualifie celles qui parmi les femmes vertueuses entrées au Paradis appartiennent à une certaine élite. …Conséquemment, l’existence d’une catégorie de créatures particulières mises à disposition des hôtes du Paradis, « les Houris », relève ni plus ni moins du phantasme exégétique. Comment en ces conditions littérales comprendre que l’on ait pu dégrader ces saintes élues du Paradis au rang de geishas délurées?! "

2)                   En l’an 2000, un chercheur allemand, dont le pseudonyme est Christoph Luxenberg, avait fait paraître un livre au titre clair et parlant, "Lecture syro-araméenne du Coran. Contribution au déchiffrement de la langue du Coran."  Il s’agissait d’apporter des lumières à quelques passages coraniques parmi les centaines qui sont obscurs ou même incompréhensibles. Sur la base de sa connaissance parfaite du syriaque (c’est-à-dire de l’araméen de l’ouest), il s’était rendu compte des solutions quelquefois offertes par une lecture « syro-araméenne » de ces impasses. Historiquement, l’hypothèse répond au fait que le syro-araméen forma la langue dominante du Proche et Moyen-Orient jusqu’à ce que l’Islam impose l’arabe. Mais le passage de la langue araméenne à la langue arabe ne s’est pas fait en un jour.

Par ailleurs, selon l'un des scribes du Prophète; celui-ci enjoignit à Zaïd Ibn Thabet d'apprendre à écrire l'hébreu, l'araméen ou le syriaque. Le théologien moutazilite Al-Balkhi rapporte que plusieurs spécialistes de la vie du Prophète lui ont affirmé que Zaïd Ibn Thabet savait déjà l'une de ces langues avant que Mahomet ne vint à Médine. En tout état de cause, le fait est significatif : pour bien interpréter le Coran, il faut apprendre les langues sémitiques de l'époque, et en particulier la langue dominante : l'araméen ou aramo-syriaque. Il n’est jamais fait mention des chrétiens (masîhi) dans le Coran, c’est à chaque fois le terme nasâra (nazaréen) qui revient et embarrasse les traducteurs. Les occurrences de ce terme démontrent qu’une communauté de judéo-nazaréens était en contact avec les arabes… et la langue de ceux-ci était l’araméen.

3- Selon wikipedia : « Une lecture anthropologique est nécessaire pour une meilleure compréhension du Coran, qui contient beaucoup d'emprunts de termes non arabes, surtout de la langue syro-araméenne. En particulier, les termes Qur'ân (coran), sûra (sourate), âyât (verset) correspondent aux mots syriaques qeryânâ (lectionnaire), sûrtâ (témoignage) et âthâ (signe). L’opinion d’Abdullah ibn Abbas, d'‘Ikrima, et d’autres encore est que l’on trouve dans le Coran des mots non-arabe. Entrent dans cette catégorie : al-tûr, “la montagne” en syriaque ; tafaqâ, “se diriger vers” en romain ; qist et qistâs, “la justice” en romain ; innâ hudnâ ilayka (Coran, VII : 156), “nous nous repentons” en hébreu ; sijill, “livre” en persan ; raqîm, “planche” en romain ; muhl, “résidu de l’huile” dans la langue du Maghreb ; sundus, “rideau transparent” en hindou ; istabraq, “gros” en persan, sans le q ; sarî, “petite rivière” en grec, etc. ». On peut citer aussi Al-Suyūtī qui dénombre 119 mots non-arabe dans le Coran empruntés à l'éthiopien, au persan, au grec, à l'indien, au syriaque, à l'hébreu, au nabatéen, au copte, aux langues soudanaises, et au berbère selon lui. ».

Exemples d’interprétations basées sur la langue aramo-syriaque

L’idée de Luxenberg était de relire certains passages « obscurs » du Coran sur la base des « consonnes nues », c'est à dire sans les points diacritiques,  non seulement en fonction des possibilités offertes par l’arabe classique (tel qu’il est enseigné aujourd’hui) mais aussi de celles de la langue aramo-syriaque.

Comme on va le voir dans les exemples suivants, l’application de cette méthode confère aux textes un sens plus convaincant. Les phrases coraniques se coulent plus harmonieusement dans leur contexte. Bien des détails bizarres, venant comme des cheveux sur la soupe, s’évanouissent. 

On présentera d’abord la traduction française, l’une des plus sérieuses, celle de Régis Blachère (colonne de gauche) , puis on traduira de l’allemand celle de Luxenberg (colonne de droite), en mettant en italique les mots dont il restitue le sens à partir du syro-araméen ou syriaque.

Abraham est sur le point de sacrifier son fils (XXXVII, 103-104) :
Or quand ils eurent prononcé le salam et qu’il eut placé l’enfant front contre terre…
Quand ils eurent fini (de préparer le bûcher) et qu’il (Abraham) l’(son fils) eut (placé) attaché sur le bûcher
Dans la sourate de Marie, Jésus à peine né s’adresse à sa mère pour la consoler (XIX, 24) :
Mais l’enfant qui était à ses pieds lui parla : ne t’attriste pas ! Ton Seigneur a mis à tes pieds un ruisseau.
Il l’appela dès après son accouchement : ne t’attriste pas ! Ton Seigneur a rendu ton accouchement légitime (L, 120)

     إِنَّا أَعْطَيْنَاكَ الْكَوْثَرَ  فَصَلِّ لِرَبِّكَ وَانْحَرْ    إِنَّ شَانِئَكَ هُوَ الْأَبْتَرُ
En vérité, nous t’avons donné l’abondance. Prie donc en l’honneur de ton Seigneur et sacrifie! En vérité, celui qui te hait se trouve être le déshérité!
Nous t’avons donné la (vertu de) constance. Prie donc ton Seigneur et persévère (dans la prière)! Ton adversaire (Satan) est alors le vaincu (L, 275)

Luxenberg examine à fond un exemple particulièrement intéressant
Coran (44 : 56) :
وزوجناهم بحور عين يدعون فيها بكل فاكهة آمنين لا يذوقون فيها الموت إلا الموتة الأولى  
« Nous les aurons mariés à des Houris aux grands yeux.  » (Trad. Blachère)
Le mot houri est d’origine araméenne et signifie dans cette langue  « blanc », « pur ».

D’autre part, comme les premiers Coran étaient dépourvus de signes diacritiques, la Tradition s’est trompée dans voyellisation de ce passage.

·       Il fallait lire « rawadjnahoum » روجناهم au lieu de « zawadjnahoum » زوجناهم, le point sur le « Ra » ayant été faussement ajouté.
·       De plus, en araméen, le « bi » signifie « parmi » ou « sous »
·       Les signes diacritiques du mot ‘ayn sont aussi mal ajoutés : il fallait lire عنب à la place de عين. Le texte signifiant alors des raisins d’un blanc éclatant.
La traduction que propose Luxenberg est alors : Nous les installerons confortablement sous des (raisins) blancs, (clairs) comme le cristal.    

Tous les autres passages du Coran sur les houris sont révisés de la même manière.

Luxenberg ne craint pas de désespérer le kamikaze islamiste et nettoie le Coran de ce qu’il considère comme indigne de lui. A propos d’un passage communément compris comme signifiant que personne n’a défloré les houris, on lit un des très rares passages qui, dans ce livre froid, trahissent une émotion : « Quiconque lit le Coran en y comprenant un tant soit peu quelque chose ne peut s’empêcher, à ce passage, de se prendre la tête dans les mains. Ce n’est pas la seule ignorance qui est ici responsable. Il faut déjà une bonne dose de culot, dans un livre saint, ce qu’est le Coran, pour s’imaginer quelque chose de tel et pour le prêter au Coran. Nous voulons donc nous efforcer de restituer sa dignité au Coran ».

Sous le traitement philologique de Luxenberg, les prétendues houris s’évanouissent. Les passages que l’on interprétait en ce sens s’avèrent parler non de femmes, mais de… raisins blancs.

Les Djihadistes et les kamikazes islamistes se sacrifient pour une simple grappe des raisins blancs. Une misère.

Hannibal GENSERIC