mercredi 12 mars 2014

Comment gagner une guerre sans tirer un coup de feu



Ou voici comment la Russie a piégé les dirigeants
de l’Occident et récupéré la Crimée
sans tirer un seul coup de fusil

Qu’est-ce qu’on enseigne dans les écoles de stratégie militaire ? Installez-vous bien dans votre fauteuil. Je vais vous amener avec moi dans un voyage sur les bancs d’une école de stratégie militaire comme si vous y étiez. Nous allons étudier la crise ukrainienne en nous servant d’un livre de stratégie militaire largement utilisé dans la formation des militaires russes et chinois.
Mais aussi dans certaines écoles de commerce dans le monde. Ce livre s’appelle : « l’art de la  » écrit par le penseur et stratège militaire chinois Sun Tzu (544–496 avant notre ère).  
L’idée centrale du modèle de stratégie militaire de Sun Tzu est d’utiliser la ruse pour amener l’ennemi à déposer les armes et se rendre avant même d’avoir commencé à combattre. 
En d’autres termes, pour Sun Tzu, le meilleur stratège militaire est celui qui gagne une guerre sans avoir besoin de la combattre, tout simplement en jouant sur la ruse, les bluffs, les fausses informations distillées au bon moment pour désorienter l’ennemi, en donnant de faux espoirs à l’ennemi au début des hostilités avant de le désillusionner complètement à la fin. Analysons maintenant la crise ukrainienne en étude de cas, comme on le fait dans les écoles militaires. Nous allons nous servir des 10 principales stratégies préconisées par Sun Tzu pour gagner une guerre sans combattre, pour savoir, en Ukraine, qui a le plus de chance de gagner le bras de fer en cours entre les Etats Unis d’Amérique et la Russie.

1- « Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité. » 

Lorsque vous avez identifié les projets de l’ennemi, pour vous battre, vous devez constamment lui donner l’impression d’aller à contre-courant de l’attitude belliqueuse qu’il attendrait de vous en pareille circonstance. Ainsi, vous devez savoir vous rendre invisible dans votre contre-offensive, savoir mentir et surtout, ne donnez à l’ennemi aucune chance de vous situer ou de situer votre vraie réaction face à son intention guerrière, que vous devez constamment feindre de ne pas savoir. Dans ce dossier, l’objectif des est celle de partir d’un accord d’association entre l’Ukraine et l’Union Européenne pour arriver à l’objectif de l’adhésion pure et simple de l’Ukraine à l’UE. Mais surtout, de faire adhérer l’Ukraine à l’Otan afin de la couper complètement de la Russie et donc, de ne plus renouveler la location de la base marine de Sébastopol en Crimée à l’armée marine russes, c’est-à-dire, de priver la Russie de toute possibilité d’intervention rapide en mer en cas de guerre avec l’Otan, comme les récentes opérations d’intimidation dans les ports syriens lorsque le président voulait bombarder le pays et égyptiens lorsqu’à la chute du président Morsi, les USA menaçaient l’Egypte de sanction sur les fournitures militaires.
Le président Yanukovych qui est l’homme de Moscou a feint ne rien comprendre quant aux conséquences néfastes de la signature des accords d’association. Et s’est arrêté à la dernière minute. Et c’est en ce moment que les Occidentaux entrent en jeu, en inventant la révolution populaire. Selon la télévision Euronews une conversation interceptée entre le Ministre Estonien des affaires étrangères Urmas Paet et madame Catherine Ashton, la cheffe de la diplomatie européenne, les 88 morts de la place de l’indépendance ne sont pas l’œuvre du président Yanukovych mais des paramilitaires de l’opposition, commandités par les membres de l’actuelle coalition au pouvoir à Kiev pour porter un coup fatal à la présidence hostile à l’Union Européenne et à l’Otan. Mais comment en est-on si sûr ? Voici à propos, ce que déclare Euronews : « Un ou plusieurs snipers ayant tiré sur les manifestants d’ s‘étaient installés dans le siège de la banque d’Ukraine, à Kiev. Les enquêteurs y ont découvert des douilles correspondantes aux balles retrouvées dans les corps des victimes. Ce sont par ailleurs les mêmes balles qui ont servi pour attaquer les forces de police anti-émeute et les opposants. » Total : 88 morts.
Devant tout cela, la Russie sait tout ce qui se passe, mais fait semblant d’être invisible, inaudible, absente. Et laisse faire. Ce qui l’intéresse, c’est reprendre toute la péninsule de la Crimée, mais sans combattre. Comment y parvenir? Ce sont les Occidentaux qui vont lui donner un coup de main, en jouant à une partie d’échec, sans jamais tenir compte des pions que l’adversaire est en train de pousser, lui aussi, mais en cachette. Et pour cela, c’est la deuxième stratégie de Sun Tzu qui va nous apporter plus d’éclaircissement sur le comportement du président de Russie dans cette crise. 

2- « Une armée victorieuse l’est avant même de livrer bataille. Une armée vaincue se lance d’abord dans la bataille et ensuite recherche la victoire ».  

Selon ce principe, Sun Tzu nous explique qu’en guerre, on n’attaque que lorsqu’on est certain de gagner. Sinon, on attend le temps qu’il faudra que la situation tourne à notre avantage.
Sur la place Maïdan de Kiev, la capitale de l’Ukraine, ont défilé durant la révolte, de nombreux politiciens occidentaux, comme le Sénateur américain Mc Caïn le 15 décembre 2013, pour soutenir et encourager la foule en colère, une colère bien entretenue et guidée. Le 19 février, nos manifestants dits pacifistes vont lancer un assaut sur la police. A la fin des émeutes, il y a 26 morts dont 9 policiers. Et voici ce que déclare le président Obama depuis le Mexique où il se trouve en visite officielle : « Je veux être très clair, nous allons observer de près les développements des prochains jours en Ukraine et nous attendons du gouvernement ukrainien qu’il fasse montre de retenue, qu’il n’ait pas recours à la violence face à des manifestants pacifiques ». Plus tard dans l’avion de retour du Mexique, selon une dépêche AP, c’est au tour de Ben Rhodes, conseiller spécial du président Obama à faire un point de presse dans Air Force One pour affirmer ceci : « Nous sommes opposés à la violence, d’où qu’elle vienne, mais c’est le gouvernement qui doit retirer les membres de la police anti-émeute, décréter une trêve et entamer des discussions dignes de foi avec l’opposition (…) Il est évident que les Ukrainiens estiment que leur gouvernement ne répond pas à leurs aspirations légitimes à l’heure actuelle ».
Ces 3 personnalités américaines sont dès lors déjà entrées dans le piège du président Poutine : ils ont clairement fait leur choix de camp. Par leurs actions et leurs propos, ils ont signé sans se rendre compte la paternité des manifestations sur la place de l’Indépendance à Kiev. Cette signature sera ensuite utilisée par la Russie pour discréditer les interlocuteurs occidentaux dans la suite des évènements qui semblent complètement imprévus par les deux camps, mais jusqu’à quel point? Nous allons voir dans la prochaine stratégie qui privilégie le résultat final recherché aux multiples pseudos victoires temporaires.

3- « Pour le bon stratège, l’essentiel est dans la victoire, non pas dans les opérations prolongées ». 

C’est à dire que pour un bon stratège militaire, ce qui compte ce sont les éléments pris dans leur globalité, c’est le résultat final de l’ensemble des opérations et non des petites victoires sporadiques au quotidien. Nous sommes partis des objectifs des uns et des autres : à terme, l’Occident veut l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, afin de priver la Russie de son accès à la Méditerranée. Alors que la Russie veut tout simplement annexer la Crimée pour éloigner une telle éventualité. La Crimée est en effet le seul accès de la Russie en mer chaude.
Ailleurs, au nord, c’est la mer froide et si l’Occident déclenche une guerre contre la Russie en hiver, tous ses bateaux sont bloqués dans des eaux gelées de la Baltique ou de la mer du Nord. Ce serait donc une défaite même avant de combattre. Dans les opérations qui vont se succéder à Kiev jusqu’au renversement du président, c’est l’Occident qui semble avoir les meilleures cartes en main, puisque c’est lui qui dicte le tempo des événements, jusqu’au choix des nouveaux dirigeants, reconnus à la vitesse de la lumière. Même s’ils viennent à peine de renverser un gouvernement démocratiquement choisi par le peuple, qu’importe, la démocratie est un gros mensonge qui vit au dépend de ceux qui y croient. Surtout que les élections normales étaient prévues dans un an. Et dans les négociations, le président Yanukovych avait accepté d’anticiper ces élections. Et cela n’a pas suffi au tempo occidental qui l’a fait renverser à peine 24h après la signature de cet accord avec l’opposition. Là, c’est l’Occident qui s’installe dans les opérations prolongées. Moscou est muet.
Le président Poutine est coincé à Sotchi pour les jeux Olympiques d’hiver. C’est la suite des évènements qui nous fera comprendre que ce mutisme était bien calculé. Apparemment, ce qui l’intéressait, c’était la victoire finale et non les opérations intermédiaires.

 4- « Celui qui pousse l’ennemi à se déplacer, en lui faisant miroiter une opportunité s’assure la supériorité »

Pour Sun Tzu, vous devez toujours pousser l’ennemi dans une plus forte mobilité, afin de l’orienter vers là où vous voulez le conduire, pour le finir. Le 6 Février 2014, c’est la secrétaire d’Etat américaine adjointe, , qui arrive à Kiev et rencontre les trois principaux dirigeants de l’opposition Ukrainienne : Oleg Tiagnybok, Vitali Klitschko et Arseni Iatseniouk, qui deviendra Premier Ministre par la suite. Le lendemain, dans un entretien au quotidien Kommersant Ukraine, le conseiller spécial du président Poutine, Sergueï Glaziev déclare : « Autant que nous sachions, Madame a menacé les oligarques ukrainiens de les placer sur une liste noire américaine si le président Yanukovych ne cède pas le pouvoir à l’opposition. Cela n’a rien à voir avec le droit international. (…) Il semble que les Etats-Unis misent sur un coup d’Etat. (…) les dépensent 20 millions de dollars par semaine pour financer l’opposition et les rebelles, y compris pour les armer ».
Pour commenter la visite du sénateur américaine Mc Cain sur la place de l’indépendance le 15 décembre 2013, Alexeï Pouchkov, député au Parlement russe (la Douma) déclare au quotidien ukrainien, Kievski Telegraf, ceci : « Les représentants de l’Union européenne et des Etats-Unis sont directement impliqués dans le bras de fer politique en Ukraine. (…) Veulent-ils y établir un nouveau régime colonial ? » Nous constatons déjà à ce niveau que la Russie joue la parfaite diversion. Ayant poussé les occidentaux à être plus mobiles et de se rendre plusieurs fois à Kiev, alors qu’ils ne bougent pas d’un millimètre depuis Moscou, ils arrivent à contraindre les américains à choisir une priorité : le changement de pouvoir à Kiev. C’est dans ce piège que les Russes vont les y conduire et les occuper un bon bout de temps, pendant qu’ils peaufinent en toute liberté et secret, l’invasion de la Crimée.

5- « Le bon stratège est si subtil qu’il n’a plus de forme visible. Le bon stratège est si discret qu’il en est inaudible. Ainsi il se rend maître du destin de l’ennemi. ».

Le bon stratège doit être insaisissable pour l’’ennemi. Il doit communiquer le moins possible et pratiquer la rétention de l’information. Et lorsqu’il communique, c’est pour transmettre à l’ennemi une information inexploitable ou fausse.
En Crimée, lorsque le président Poutine fait la seule conférence de presse, le 5/03/2013 admise aux seuls journalistes russes, il jure sur la tête de son arrière grand père qu’il n’a pas de troupes en Crimée. Et que les militaires qu’on voit sans insigne sur l’uniforme, sont en effet, des forces d’Auto-défense locales. Vu de l’Occident, il s’agit d’un mensonge. Mais à bien y regarder, le président Poutine est juste en train de les rouler dans la farine. Et il leur fournit une information capitale qui n’est pas comprise par les stratèges occidentaux. En effet, lorsqu’il nie qu’il n’y a pas de militaires russes, donc étrangers en Crimée, il est en ce moment en train de leur dire qu’officiellement, la Crimée est déjà russe et à ce titre, les forces présentes en Crimée ne peuvent pas être considérées sous l’optique d’une invasion, mais d’une force qui est déjà chez elle, dans sa nation, dans sa république, d’où l’appellation de Forces d’Auto-défense locales. Ce message subliminale n’a malheureusement pas été convenablement analysé et compris par les « stratèges » Occidentaux qui au lieu de se pencher immédiatement sur le cas de la Crimée, ont continué comme d’habitude à faire de la figuration à parler de la désescalade de la tension de la partie russe alors que cette dernière venait de leur signifier qu’elle était déjà passé à la deuxième mi-temps du match qu’ils avaient invité la Russie à jouer.
A Paris, on a transformé une conférence dédiée au Liban à une conférence de sanctions contre la Russie, si elle n’est pas suffisamment gentille et retirer ses militaire de la Crimée pour rentrer dans leur base.
Le lendemain à Rome, on a transformé une conférence pour parler du chaos laissé par l’OTAN en Libye, en un débat pour expliquer à l’opinion publique européenne que l’Europe comptait quand même quelque chose.
On a continué d’organiser des conférences inutiles, à aller et venir entre les capitales européennes et Kiev, alors que le barycentre de la crise s’était déplacé depuis des lustres de Kiev en Crimée. Même un mini-sommet extraordinaire sur l’Ukraine est organisé à Bruxelles le 6/03/2013 et c’est en pleine réunion que le président Poutine va envoyer aux participants un petit cadeau, c’est la dépêche qui tombe sur les téléscripteurs à 12h de Bruxelles et qui dit que le Parlement de la Crimée a voté à l’unanimité le rattachement de la Crimée à la Russie et qu’un référendum pour valider ce choix sera organisé à peine 10 jours plus tard.

6- « Remporter cent victoires après cent batailles n’est pas le plus habile. Le plus habile consiste à vaincre sans combat. » 

Un bon stratège n’est pas violent, il n’humilie pas son adversaire. Il amène son adversaire à se transformer pour reconnaître son infériorité. Ainsi, il n’a plus besoin de combattre. En Crimée, les forces spéciales russes sont arrivées dans une tenue sans étiquette et ont encerclé toutes les bases militaires ukrainiennes, mais sans les contraindre de quitter la base. Le problème est que les habituels occupants de ces bases ne pouvaient plus être libres d’entrer et de sortir. Il fallait alors choisir : ou attendre stoïquement que les événements à Kiev permettent un miracle de déloger les russes, ou bien se rendre. Beaucoup ont préféré se rendre sans même tenter de se défendre. De toutes les façons, ils n’étaient pas attaqués. Au même moment, sans même attendre le référendum, à l’aéroport de Sébastopol, la pression psychologique est montée d’un cran : tous les vols pour Kiev ont été dès le vote du parlement de Crimée, programmés comme des vols internationaux. La monnaie ukrainienne progressivement sortie de la circulation et remplacée par le rouble russe. C’est la première fois dans l’histoire qu’on assiste à un sans faute dans l’application des théories de Sun Tzu : Gagner sans combattre. Les Etats-Unis n’y ont vu que du feu.

7- « Jadis, les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles, puis attendaient le moment où l’ennemi serait vulnérable.

L’invincibilité réside en soi-même. La vulnérabilité réside en l’ennemi. » Un vrai stratège joue sur le timing pour gagner toutes ses batailles. Il redouble de ruse pour ne pas être affecté par les menaces ou les actions belliqueuses de l’ennemi. Ainsi, il devient d’abord invincible. Mais cela ne suffit pas. Il faut ensuite gagner. Pour cela, un bon stratège doit savoir attendre le moment où ses ennemis sont affaiblis pour passer à l’action et leur donner le coup de grâce. Une fois sécurisé l’ de la Crimée, la Russie sait que l’opération en elle-même va drastiquement affaiblir le coté occidental dans la suite des opérations. Mais alors que ces derniers croient par erreur que le Président Poutine va s’arrêter à la Crimée, ils se trompent.
Il sait qu’il a déstabilisé pendant longtemps ses adversaires incapables de prendre des initiatives novatrices. Le président Obama a annoncé une série de sanctions d’abord sur les visas. On a l’impression qu’il s’agit d’une blague de mauvais goût. En 1994, tu as contrains l’Ukraine à se débarrasser de l’armement nucléaire en lui promettant que s’il est attaqué, tu viendrais à son secours. Et maintenant qu’on démembre son territoire, tu menaces de ne pas donner des visas ? De qui te moques-tu ? En réalité, le Président Obama ne peut pas faire grand chose. En ce moment c’est le président russe qui est le seul maître du jeu. Il a toutes les bonnes cartes en main. Il fait ce qu’il veut, quand il veut et comme il l’entend. Le pire est que les gesticulations des occidentaux, trahissent au fond leur impuissance.
D’abord parce qu’ils n’ont pas d’argent pour mener la moindre guerre contre une puissance comme la Russie, mais aussi parce que la moindre sanction économique se retournerait immédiatement contre eux. Par exemple, selon une information publiée par le journal économique français Challenge du 7 mars 2014, à la seule menace du président Obama de geler les avoir russes, la Banque Centrale de Russie a déplacé dans la seule journée du jeudi 6 mars 2014, une somme gigantesque de plusieurs dizaines de milliards de dollars des comptes bancaires détenus aux Etats-Unis vers la Russie et les paradis fiscaux. Ce genre d’opérations, si elle continue, dans le moyen terme, peut causer un véritable séisme bancaire et financier aux Etats-Unis. C’est la classique histoire de l’arroseur arrosé.
Toujours Vendredi 7 mars 2014, c’est l’Agence Bloomberg qui fait d’autres analyses et prévisions. Selon elle, au 1er septembre 2013, la Russie détenait dans les banques de 44 pays la somme de 160 milliards de dollars, alors qu’à la même date, 24 pays avaient déposé dans les banques russes, la somme de 242 milliards de dollars. Les pays occidentaux peuvent geler jusqu’à 160 milliards de dollars d’argent russe. Et la Russie peut geler jusqu’à 242 milliards de dollars d’argent des occidentaux. Selon Bloomberg, depuis Washington, qui a plus à y perdre serait dont les banques ont investi 50 milliards de dollars en Russie, suivie par les Etats-Unis dont les banques ont investi pour 35 milliards de dollars dans le plus vaste pays du monde, la Russie, avec ses 17 millions de km2. Le pire, nous vient de la bouche du conseiller du président russe Sergueï Glaziev, rapporté par la même Agence Bloomberg : « En cas de sanctions américaines, la Russie serait obligée de renoncer au dollar au profit d’autres monnaies et de créer son propre système de paiement. (…) Si les Etats-Unis gèlent les avoirs d’entreprises publiques et d’investisseurs privés russes, Moscou recommandera à tout le monde de vendre les titres du Trésor américain. En outre, les sanctions, si elles sont infligées, amèneront la Russie à renoncer au remboursement des prêts octroyés par les banques américaines. » La messe est dite. La Russie est invincible et a même identifié le point de faiblesse de l’ennemi. On peut dès lors parier qu’après la Crimée, elle sait qu’elle pourra annexer d’abord les anciens territoires géorgiens de l’Abkhazie et de l’Ossétie, avant d’avaler toutes les régions de l’est ukrainien russophones qui avaient voté pour le président Yanukovych aux dernières élections présidentielles. Sans oublier bien sûr la région séparatiste de Transnistrie en Moldavie, à la frontière avec l’Ukraine, là aussi à majorité russe et qui demande depuis son indépendance proclamée en 1992, son rattachement à la Russie. Et là nous arrivons à l’autre stratégie de Sun Tzu.

http://pougala.org/lecon-de-geostrategie-africaine-n-71-comment-gagner-une-guerre-sans-combattre-selon-sun-tzu-lexemple-de-la-russie-en-crimee-2/