jeudi 9 août 2012

Syrie : l'alliance israélo-islamiste confirmée par Netanyahou et Poutine

Cet article d’Israel Shamir, journaliste israélien, paru en Anglais le 01/08/2012 - traduction ci-dessous - sur le site Counterpunch, montre à quel point les sionistes de Tel-Aviv tirent les ficelles en coulisse pour placer leurs "agents islamistes" à la tête de pays « démocratisés » par les gouvernements 

occidentaux et leurs agents, les gouvernements mafieux arabes.




Israël conserve sa capacité à contrôler les rebelles « islamistes » syriens. Netanyahou n’est pas inquiet de la possible désintégration de la Syrie. Malgré l’affirmation que les Israéliens préfèrent un Assad stable et connu à d’importantes guérillas islamistes inconnues, les Israéliens préfèrent la "somalisation" de la Syrie, son démantèlement et l’élimination de son armée car cela leur permettra de s’attaquer librement à l’Iran. 

Ceci est contenu dans un document secret récemment révélé par une personne apparemment proche du ministre des affaires étrangères israélien Avigdor Lieberman. Il contient un compte rendu des conversations entre Bibi Netanyahou, Avigdor Lieberman et le président russe Vladimir Poutine lors de la récente visite de ce dernier en Israël. Les Israéliens semblent n’avoir aucun doute sur son authenticité.

Netanyahou a demandé à Poutine de faciliter le départ de Bashar al Assad. « Vous pouvez nommer son successeur et nous n’objecterons pas. Il y a une condition : le successeur doit rompre avec l’Iran. » a dit le premier ministre israélien.

Poutine a répondu : "nous n’avons pas de successeur pour Assad. En avez-vous un ? "

"Non nous n’en avons pas" a répondu Netanyahou "mais nous vous communiquerons notre préférence bientôt".

Apparemment Israël peut influencer les rebelles islamistes à tel point qu’il peut les forcer à accepter un successeur acceptable pour Tel Aviv. Cela veut dire que la chaîne de commandement des rebelles va au-delà des commandants indisciplinés sur le terrain, au-delà du Qatar et de l’Arabie Saoudite, au-delà de Paris et Washington, directement jusqu’à Israël. C’est bien connu que les rebelles recherchent l’amitié d’Israël mais personne ne pensait qu’Israël était capable de les contrôler à ce point. 

A l’évidence Netanyahou a reçu de Washington le feu vert pour faire une telle offre. Cela veut dire que les US et Israël n’objectent pas à ce que la Syrie reste dans la sphère d’influence de la Russie à condition que la Syrie  coupe ses liens avec l’Iran. Et cela montre que c’est Israël qui est derrière les actions des rebelles, car sinon un tel arrangement serait inacceptable pour les Américains. 

Cependant il est possible que l’offre de Netanyahou ait été une ruse pour découvrir les intentions de la Russie. De toute façon c’est comme cela que l’a interprété Poutine qui a répondu dans le même style : 
« Nous ne sommes pas attachés à Assad » a dit Poutine. « Avant la rébellion il rendait plus souvent visite à Paris qu’à Moscou. Nous n’avons aucun agenda secret en ce qui concerne la Syrie. J’ai demandé au Président Obama quelles étaient les intentions des US concernant la Syrie ; Pourquoi les Américains rejettent Assad ? Est-ce parce qu’il n’arrive pas à s’arranger avec Israël ? Ou à cause de ses liens avec l’Iran ? A cause de sa position sur le Liban ? Je n’ai pas reçu de réponse sérieuse. Obama dit que la raison pour laquelle il veut le départ d'Assad est la répression violente d’Assad contre le peuple syrien. J’ai répondu que la violence est due à l’ingérence du Qatar et de l’Arabie Saoudite. » 

On comprend que Poutine soit dans le brouillard : on lui a offert de conserver la Syrie dans la zone d’influence russe, pourquoi alors les US sont-ils contre le gouvernement syrien ? Peut être que les US font ce que leur commande Israël ? Et quelles sont les intentions d’Israël ? 

" Le but d’Israël c’est la Somalisation de la Syrie après la Somalisation de l’Irak " a dit Poutine; et Netanyahou n’a pas rejeté son interprétation. Ces mots durs de Poutine répondent à la question des intentions US et d’Israël. C’est la position du stratège israélien Yinon et des Neocons - Somalisation de la région. 

Les dirigeants israéliens continuent de suivre leur stratégie à court terme : déclencher une guerre civile en Syrie, chasser Assad et livrer la Syrie aux gangs armés islamistes. Ceux-ci, sunnites, auraient garanti à Israël qu'ils n'interviendront pas quand Israël attaquera l’Iran. 

Le compte rendu de la conversation Poutine / Netanyahou contient deux importantes concessions russes à Israël : Poutine a promis de rompre le contrat de fourniture de systèmes de missiles anti aériens S-300 avec Damas (et c’est ce qu’il a fait) et d’arrêter de fournir clandestinement des informations sur les missiles du Hezbollah. 

Les principales conclusions des comptes rendus révélés sont que : les dirigeants israéliens conservent leur inclinaison à vivre dangereusement. Alors que d’autres pays, notamment la Russie, recherchent la stabilité,  les Israéliens aiment jouer aux puissants. Qui ne risque rien n’a rien disent-ils. Ils sont prêts à accepter des risques à court terme pour des gains à long terme. Et l’élimination de l’armée syrienne est certainement un gain à long terme pour Israël.