samedi 13 juin 2015

La Chine refuse l’envoi d’employés en Israël pour travailler sur des chantiers en Cisjordanie

Israël, de plus en plus montrée du doigt pour sa position par rapport à la Palestine. Désormais, même la Chine s’y met ! c’est vous dire l’ampleur que prend le dossier …
Un responsable gouvernemental israélien vient ainsi d’indiquer à la presse – sous couvert de l’anonymat – que l’Empire du Milieu avait pris la décision de n’envoyer en Israël des travailleurs du bâtiment qu’à condition que l’État hébreu s’engage à ne pas les employer dans des colonies de Cisjordanie occupée.

« Nous sommes en cours de négociation avec la Chine pour un accord portant sur la venue de milliers de travailleurs supplémentaires. Pour le moment, ces discussions butent sur plusieurs problèmes dont l’emploi de ces immigrés dans les implantations de Judée-Samarie », nom donné par les Israéliens à la Cisjordanie, a ainsi affirmé le responsable.
Toujours selon la même source, Pékin demanderait à Israël de s’engager à ce que les employés chinois ne soient pas employés dans cette région, le responsable ajoutant que cela constituait un problème.
Rappelons que jusqu’à présent, les travailleurs chinois arrivent en Israël dans le cadre de contrats privés conclus entre des entreprises israéliennes et chinoises. Parallèlement, les deux pays ont engagé il y a un an et demi des négociations sur un accord fixant des contrats de travail pour les immigrés chinois.
Certes, le responsable gouvernemental nous assure que la demande de Pékin n’a évidemment rien à voir avec la campagne mondiale lancée par BDS (Boycott, désinvestissements, sanctions) un groupe d’ONG qui appellent à boycotter Israël pour dénoncer notamment l’occupation des Territoires palestiniens. Mais il est permis de douter … D’autant plus que les tensions montent alors qu’un grand syndicat étudiant britannique a récemment rejoint BDS, que les Palestiniens ont tenté d’obtenir la suspension d’Israël de la Fifa et que le groupe Orange [1] lui-même est pris dans la tourmente.
Si l’on en croit la partie israélienne, la demande chinoise serait plutôt liée à la position diplomatique de la Chine, laquelle soutient la création d’un État palestinien et s’oppose à la présence d’Israël en Cisjordanie.
Début mars, le vice-président chinois Li Yuanchao a ainsi réitéré le « soutien de la Chine à la juste cause du peuple palestinien » et a appelé « à des pourparlers de paix entre la Palestine et Israël ». Des propos émis lors de la rencontre entre Mr Li et une délégation de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) dirigée par le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shukri.
Le vice-président avait alors déclaré que la Chine continuerait de soutenir cette cause, comprenant et soutenant l’aspiration de la Palestine à rejoindre la communauté internationale en tant qu’État.
« Nous espérons que la Palestine et Israël continueront à travailler en vue d’une résolution au travers de pourparlers de paix », avait-t-il déclaré. Ajoutant que « la Chine continuera de renforcer la communication avec le Moyen-Orient et travaillera avec les pays impliqués pour une résolution juste et inclusive du dossier palestinien ».
Mais le nerf de la guerre est comme d’habitude tout à la fois économique et politique …
Ne disposant que d’une seule voix de majorité au Parlement, le gouvernement de Benjamin Netanyahu peut difficilement s’affranchir de la pression du puissant lobby des colons israéliens … lequel verrait d’un mauvais œil la « concession « faite à la Chine … et ce, d’autant plus que le coût peu élevé de la main d’œuvre chinoise n’est pas pour lui déplaire … Rappelons parallèlement que près de 400.000 Israéliens vivent dans les colonies. Les constructions qui y sont actuellement en cours représentent 3% de l’ensemble des mises en chantier en Israël, selon le Bureau central des statistiques.
Selon le quotidien Haaretz, Israël souhaitait dans un premier temps augmenter de 8.000 le nombre de travailleurs dans le bâtiment puis le porter 15.000, le tout afin d’accélérer la construction de logements et de provoquer une baisse des prix. Mais atteindre un tel niveau ne peut se faire sans un accord avec la Chine.
Précisons toutefois que l’État hébreu a conclu des accords bilatéraux autorisant le recours à de la main d’œuvre étrangère avec la Thaïlande, le Sri Lanka (pour l’agriculture), la Bulgarie, la Moldavie et la Roumanie pour les ouvriers du bâtiment. Des négociations sont actuellement en cours avec le Népal et le Sri Lanka pour les employés des services à la personne.
Sources : AFP, people daily,  Haaretz
Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com – 08 juin 2015

[1] Orange impliqué dans les massacres commis par Israël à Gaza !