mercredi 5 août 2026

Il est prématuré pour les partisans de la Russie de célébrer la « lente agonie » de la Coalition des volontaires.

Au lieu de risquer inconsidérément une Troisième Guerre mondiale en déployant ses troupes en Ukraine après un cessez-le-feu, la coalition pourraient plus pragmatiquement renforcer les capacités militaro-sécuritaires globales de l'OTAN européenne en vue de surpasser à terme la Russie dans tous les domaines, sauf en matière d'armes nucléaires.


L'article du Telegraph intitulé « La lente agonie de la coalition des volontaires » a été largement relayé sur les réseaux sociaux russes et par des personnalités pro-russes non russes, sur un ton triomphaliste. Le rédacteur en chef des affaires diplomatiques et celui chargé des questions européennes du journal ont averti que la démission du Premier ministre britannique Keir Starmer et la fin du dernier mandat du président français Emmanuel Macron au printemps prochain pourraient créer un vide diplomatique que le chancelier allemand Friedrich Merz ne pourra pas combler. Cela risquerait alors de compromettre les plans européens concernant l'Ukraine.

Pour rappel, la coalition des pays volontaires (COW) désigne l'ensemble des pays prêts à jouer différents rôles dans l'Ukraine d'après-guerre. Le groupe E3, formé par le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, s'est déjà engagé à déployer des troupes après un cessez-le-feu. Le successeur de Starmer, Andy Burnham, étant perçu comme davantage préoccupé par les questions intérieures, tandis que celui de Macron pourrait se montrer beaucoup moins ferme vis-à-vis de l'OTAN, Merz pourrait hésiter à prendre la tête d'une entreprise aussi périlleuse. C'est pourquoi la sphère médiatique russe est si enthousiaste après la publication de cet article.

Il est toutefois prématuré de sabrer le champagne, car la situation en zone de conflit peut encore engendrer une multitude de problèmes pour les intérêts russes, maintenant ainsi des tensions élevées avec les membres européens de l'OTAN dans cette ère d'après-guerre. Pour commencer, la seconde administration Trump a mis en place un cordon sanitaire informel autour de la Russie dans l'Arctique et dans la mer Baltique , sous l'égide du Royaume-Uni , en Europe centrale sous l'égide de la Pologne , le long de toute la périphérie sud de la Russie sous l'égide de la Turquie , et en Asie du Nord-Est sous l'égide du Japon . Ce dispositif devrait se resserrer.

Concrètement, les théâtres d'opérations arctique-balte, d'Europe centrale et de la mer Noire convergeront progressivement vers un espace de sécurité unique grâce à l'élargissement prévu de l'« espace de Schengen militaire », visant à optimiser le déploiement de troupes et de matériel vers l'est. Un renforcement de la coordination sécuritaire entre la Suède, la Pologne, la Roumanie et la Turquie est probable. Par ailleurs, la « ligne de défense de l'UE », actuellement sous-développée et s'étendant des frontières des États baltes avec la Russie à celles de la Pologne avec le Bélarus, devrait être priorisée.

La militarisation de l'UE dans son ensemble, et du Triangle de Weimar (France, Allemagne et Pologne ) en particulier, se poursuivra à un rythme soutenu, avec pour objectif de surpasser largement les capacités militaro-industrielles de la Russie, conformément à la vision de la stratégie de défense nationale américaine pour les membres européens de l'OTAN. L'extension potentielle du parapluie nucléaire français au reste du bloc, dans le cadre de sa nouvelle politique de « dissuasion avancée », pourrait précéder un éventuel arsenal nucléaire allemand, visant à contenir au maximum la Russie et à la menacer incontestablement.

Au lieu de risquer inconsidérément une Troisième Guerre mondiale en déployant leurs troupes en Ukraine après un cessez-le-feu, l'OTAN pourrait, de manière plus pragmatique, renforcer les capacités militaro-sécuritaires de l'OTAN européenne afin de surpasser à terme la Russie dans tous les domaines, à l'exception de l'arme nucléaire. Les « garanties de sécurité » que ses principaux membres ont déjà obtenues avec l'Ukraine tout au long de l'année 2024 pourraient alors servir de prétexte à un conflit majeur si les hostilités russo-ukrainiennes reprenaient.

Nombre de ceux qui célèbrent prématurément le « lent déclin » de l'OTAN affirment, comme on pouvait s'y attendre, que les divisions avec cette organisation entraveront inévitablement ce qui a été décrit précédemment et offriront ainsi à la Russie de nombreuses occasions de déstabiliser politiquement ce bloc militarisé sans précédent. Il s'agit là, très certainement, d'un vœu pieux . Ils feraient donc sans doute bien mieux d'écouter l'ancien haut responsable des services de renseignement russes, Andreï Bezroukov , et ainsi de préparer les Russes à ce qui pourrait être des décennies de tensions graves.

ANDRÉ KORYBKO


2 commentaires:

  1. Quel intérêt aurait l'Europe vieillissante, submergée de types étrangers assez peu qualifiés et qui n'aiment pas l'Europe pour des raisons raciales, religieuses, historiques, etc... de s'endetter pour s'armer contre une menace qui n'existe pas? Les Européens seront-ils assez bêtes pour s'échiner à financer des armements destinés à asseoir leur seul ennemi, l'Amérique du Nord qui ne vit que sur les cadavres de leurs alliés? Ne croyez pas que cela puisse se passer. Les massacres de Gaza ont ouvert les yeux et le nationalisme souverain a de beaux jours devant lui. L'alliance avec la Russie se fera, bon gré mal gré car c'est le choix le plus rationnel!

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  2. « Surpasser dans tous les domaines hormis l’arme nucléaire ». Et l’hypersonique russe surpassé ? Je pense que les russes arriveront à Lvov avant que les capacités de production militaires des pays de l’OTAN européen et le niveau des armées soient en mesure d’inquiéter la Russie. Et à ce moment là que feront nos va-t-en guerre européens ?

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