lundi 7 septembre 2026

La saisie par la Norvège d'un navire de recherche russe ouvre une nouvelle guerre froide dans l'Arctique

D'un point de vue plus général, l'exacerbation artificielle des tensions régionales par ces moyens peut susciter une coordination plus étroite au sein du bloc Viking, qui désigne le bloc sous-régional de l'OTAN regroupant la Scandinavie, la Finlande et les États baltes.


Le gouverneur du Svalbard , archipel norvégien bénéficiant de droits spéciaux pour plusieurs dizaines de pays, dont la Russie, en vertu du traité éponyme de 1920 , a arraisonné de manière inattendue un navire de recherche russe sur ordre d'Oslo. Cette intervention vise à faire appliquer une décision de la Cour de La Haye de 2023, d'un montant supérieur à 4 milliards de dollars, favorable à la compagnie ukrainienne Naftogaz. Cette mesure fait suite à la déclaration du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui, dans un article publié quelques jours auparavant, annonçait une nouvelle ère de développement dans l'Arctique russe et mettait en garde contre les menaces de l'OTAN dans la région.

Il s'agit donc vraisemblablement d'une réponse à ses écrits, et elle a très certainement été coordonnée avec l'OTAN. Cette provocation visait plusieurs objectifs. Premièrement, démontrer que les navires russes peuvent être arraisonnés par les pays de l'OTAN dans l'Arctique ; deuxièmement, étendre le champ des saisies possibles à n'importe quel navire, sous prétexte de rembourser l'Ukraine. Troisièmement, l'Ukraine se sent désormais en confiance pour formuler davantage de revendications contre la Russie, que l'OTAN pourra ensuite faire valoir en son nom.

Quatrièmement, la saisie d'un navire russe par un pays membre de l'OTAN dans une zone arctique où Moscou bénéficie légalement de droits spéciaux vise à semer le doute chez les partenaires de la Russie quant à la viabilité de la route maritime du Nord, dans le but de dissuader son utilisation et les investissements étrangers qui y sont associés. Enfin, les nouvelles tensions norvégo-russes peuvent être exploitées pour justifier un renforcement militaire norvégien, notamment si la Russie saisit (ou tente de saisir) un navire norvégien en guise de représailles .

D'un point de vue plus global, l'exacerbation artificielle des tensions régionales par ces moyens pourrait favoriser une coordination plus étroite au sein du Bloc Viking , qui désigne le sous-bloc régional de l'OTAN regroupant la Scandinavie, la Finlande et les pays baltes. Ce bloc constitue le flanc nord-ouest du nouveau « cordon sanitaire » qui s'est mis en place autour de la Russie au cours de l'année écoulée. La Pologne, qui ambitionne d'établir sa propre sphère d'influence en Europe centrale et orientale, devrait se coordonner avec le Bloc Viking afin de contenir la Russie en Europe.

Le résultat pourrait être la concrétisation de la proposition formulée mi-août par le Premier ministre polonais Donald Tusk, visant à créer un sous-bloc balte au sein de l'OTAN par le biais d'« une nouvelle alliance entre la Pologne, la Suède, la Norvège, la Finlande et les États baltes, avec la participation active des Britanniques, des Danois et des Allemands ». La Suède, qui aspire à diriger ce bloc, prévoit déjà de déployer des avions et des navires de guerre pour aider la Finlande à patrouiller sa frontière avec la Russie ; elle pourrait donc étendre cette mission à la Norvège et aux États baltes.

Étant donné que les pays baltes pourraient également relever de la sphère d'influence envisagée par la Pologne, cette dernière pourrait y déployer des avions de combat en coordination avec la Suède, transformant ainsi ces trois pays en protectorats conjoints de facto. Certes, ce processus ne se déroulera peut-être pas immédiatement, mais les signes avant-coureurs sont déjà manifestes. Progressivement, les flancs nord-ouest et ouest du nouveau « cordon sanitaire » autour de la Russie se confondent avec le soutien britannique, français et allemand .

Bien que la saisie par la Norvège de ce navire de recherche russe au Svalbard ne catalyse probablement pas une accélération spectaculaire du processus susmentionné, elle devrait néanmoins contribuer à son développement. Sachant que cette action était totalement injustifiée, on peut donc s'attendre à ce que l'OTAN tente d'autres provocations de ce type contre la Russie dans l'Arctique, toutes dans le but d'atteindre l'objectif évoqué précédemment. La Russie doit donc se préparer à riposter, faute de quoi ses adversaires seront encouragés à aller encore plus loin.

André Korybko

7 septembre 2026        Source

 

1 commentaire:

  1. POURQUOI les navires russes se laissent ils si docilement arraisonner par certains états de l' OTAN ?? *** Et dire que le TDC de Medvedev avait OFFERT GRATIS à cette Norvège un IMMENSE domaine maritime de 175000 kms carrés( soit 300 kms x 500 ) très prometteur en hydrocarbures et gaz, SANS AUCUNE nécessité SINON de "plaire" à l'Occident...( Le poisson pourrit par la tête)

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