lundi 4 mars 2013

Les nouveaux djihadistes : drogue, prostitution et trafic d'organes



Où résident-ils ?


En plein désert, c'est là au nord-est du Mali, près de la frontière algérienne, dans un paysage chaotique où se mêlent dunes de sable et massifs rocailleux, un no man's land, que se cachent les djihadistes opérant au Sahel et au Maghreb.
Ce massif montagneux, granitique et volcanique abriterait, selon des témoignages et des sources de sécurité maliennes, les principaux responsables des groupes islamistes, dont Iyad Ag Ghaly, le chef d'Ansar Dine et Abou Zeid, l'un des émirs d'Aqmi. C'est dans cette région que les terroristes du GIA (groupe islamique armé) algérien ont reflué au début des années 2000 après la guerre civile en Algérie, qu'ils se sont regroupé au sein du GSPC (groupe salafiste pour la prédication et le combat) et qu'ils ont ensuite prêté allégeance à Al-Qaïda, devenant Aqmi.

Des islamistes fondus dans le décor

Pendant une décennie, alors que presque tous les regards étaient tournés vers l'Afghanistan, les hommes d'Aqmi ont constitué un véritable arsenal de guerre grâce au trafic de drogues et d'otages d'abord, puis à la faveur de la guerre en Libye qui a laissé derrière elle de nombreuses armes incontrôlées et qui ont alimenté le marché noir. Ils ont caché des armes légères (kalachnikovs, mitraillettes, roquettes, batteries, grenades, explosifs…), mais aussi du matériel moderne et performant comme des jumelles à vision nocturne.
Il semblerait même qu'ils ont creusé des tunnels.  De nombreuses grottes cachées par des buissons d'épineux parsèment le massif et permettent facilement de survivre caché. Certains d'entre eux ont fait le coup de feu en Afghanistan, puis dans les maquis kabyles. Très difficile d'accès, c'est un lieu idéal pour cacher des otages.

Profession : narcodjihadiste ou narcoterroriste


Novembre 2009. Une image avait alors frappé les esprits : celle d'un Boeing 727, retrouvé calciné au nord de Gao (Mali). L'avion, qui venait vraisemblablement du Venezuela, près de la Colombie, était chargé de plusieurs tonnes de cocaïne. Les médias découvraient ce qu'ils ont surnommé "Air Cocaïne" et, découvraient aussi l'ampleur du trafic de drogue dans la région. L'Afrique de l'Ouest est devenue depuis de nombreuses années une plaque tournante du trafic de drogue, les cartels d'Amérique du Sud délaissaient la route nord qui passait directement par l'Europe pour des chemins beaucoup plus sûrs. La crise malienne a, ces derniers mois, attiré l'attention sur les liens qui existent entre les trafiquants de drogue et les mouvements islamistes du Sahel. Appâtés par le gain, les mouvances telles qu'Aqmi, Ansar Dine ou le Mujao ont vite compris l'intérêt financier d'une telle collaboration. Devant les millions de Dollars de gain facile, la charia, l’islam et Allah sont vite oubliés :  l'usage du mot "narcoterroriste" a vite remplacé le mot "djihadiste". 

De « Air cocaïne » aux djihadistes

La fin des années 90 et le début des années 2000 vont consacrer le Sahel comme la nouvelle plaque tournante du trafic international de cocaïne, du fait d'une reconfiguration des routes de la drogue qui a fait que la "Highway-10" (la route passant par l'Afrique et le 10ème parallèle) est beaucoup plus sûre que les liens maritimes liant l'Amérique du Sud à l'Europe. Cette route a élargi le marché, faisant que des populations africaines, notamment dans les grands centres urbains, sont également devenues consommatrices de cocaïne. Pendant des années, les bateaux qui arrivent d'Amérique latine ont accosté tout le long du golfe de Guinée en particulier en Guinée Bissau, au Cap Vert et au Sénégal. Les marchandises sont ensuite acheminées par voie terrestre vers le Togo à travers deux itinéraires le premier passant par le Mali, le Burkina Faso et le Bénin, tandis que le deuxième transite par le Mali, le Burkina Faso et le Ghana. C'est généralement du Togo, que partent ensuite des avions qui inondent l'Europe en drogue. D'autres chemins passent, par voie terrestre, vers les pays du Maghreb, comme indiqué ci-dessous.
Carte du trafic de drogue.
Informations fournies par le bureau des Nations Unis
sur la criminalité et le trafic de drogue (UNODC)

La plus-value de cette marchandise suscite l'attention de tous les acteurs. En Colombie, la cocaïne vaut entre 2.000 et 3.000 dollars le kilo, sur les côtes africaines elle atteint 10.000 dollars; à la frontière sud du Sahel, au Maroc, en Tunisie ou en Algérie, c'est 20.000 dollars. Quand elle arrive en Europe, avant d'être coupée, elle vaut 45.000 dollars le kilo. Ce sont des produits à grosse valeur ajoutée, qui ne pèsent pas bien lourd, qui ne nécessitent pas d'énormes convois de camions. On trouve facilement des gens qu'on peut acheter. 

Bel Mokhtar, contrebandier, islamiste et agent double


Mokhtar
El-Aouar ("le borgne"), 41 ans, plus connu, en Algérie, comme un contrebandier mangeant à tous les râteliers que comme un salafiste djihadiste pur et dur, aurait monté sa propre phalange (katiba) dans le Sahara, "les signataires par le sang".  Bel Mokhtar écume le désert depuis 23 ans. Il est aussi connu sous le surnom de "Mister Marlboro", tant il est réputé avoir le monopole de la fameuse cigarette dans tout le Sahara. A 17 ans, en 1989, sous prétexte de faire le petit pèlerinage (omra), il s’envole pour l’Arabie Saoudite, puis gagne l’Afghanistan où il reçoit une formation militaire pendant un an. Il met son stage de guérilléro au service de divers trafics. Il forme une milice puissamment armée. Il aurait été aussi un agent de renseignement de certtains services secrets.

Du business saupoudré d'islamisme
Selon un salafiste mauritanien ayant travaillé avec le Borgne, ce dernier aurait essayé de convaincre l’islamopathe Abid Hammadou, dit Abou Zeïd, le preneur d’otages occidentaux qui contrôle la katiba du Nord-Mali, d’arrêter les kidnappings qui nuisent au business de la drogue. Et de mettre sa phalange au service des narcos.  Abou Zeïd aurait alors accepté de travailler avec les Colombiens, tout en continuant la traite des hommes, pour donner une couleur "islamique" à sa délinquance.
"Mister Marloboro", est donc l'un de ces illustres trafiquants. Connu des services spécialisés et des médias, il s'est rappelé au monde en revendiquant la prise d'otage d'In Amenas en Algérie, en janvier dernier. Depuis l'époque où il évoluait dans les structures de trafic de cigarettes, il a entretenu des liens implicites avec les milieux du crime organisé, à l'image de sa relation étroite avec l'un des ténors du trafic de drogue au Sahel, Omar Ould Ahmed. Les groupes djihadistes nouvellement créés ont connu l'adhésion de plusieurs narcotrafiquants qui ont vu dans cette alliance avec les groupes terroristes un moyen de protection.
Selon les spécialistes, les combattants djihadistes ne participent pas toujours au trafic. Par contre, ils se réservent l’exclusivité de la sécurisation de trafic. Ils sont en charge : de protéger les convois des trafiquants, de sécuriser les pistes d'atterrissages, de l'approvisionnement en carburant. En contre partie, ils prélèvent une "dîme", un pourcentage, pour le droit de passage de la drogue. Le marché local (en Afrique noire) de consommation de drogues n'est pas assez porteur aujourd'hui pour qu'ils deviennent eux-mêmes des trafiquants, des vendeurs, des dealers. Néanmoins, il a été constaté la présence effective de plusieurs trafiquants notoires au sein des katibas terroristes, qui essaient par cette démarche de « se couvrir » en donnant un cachet djihadiste à leurs activités criminelles.
On peut comparer la situation à celle de l'Afghanistan qui produit entre 80 et 95% de l'opium mondial : les Talibans, ces « étudiants » en islam, des wahhabistes, des salafistes, et autres sectes islamiste, sont les premiers trafiquants mondiaux d’opium. Ils en sont aussi des grands consommateurs, afin de se donner du courage avant chaque attentat suicide, ou tout simplement pour pouvoir « tenir », comme ce grand gourou des Nahdhaouis tunisiens, ce vieux débris cacochyme. Les méthodes inaugurées il y a mille ans par Hassan Essabah, celle des Assassins (hashashines, ceux qui se « chootent » au hashish avant chaque attentat) sont toujours d’actualité.


Les chiffres sont implacables. En 2001, lorsque la coalition internationale menée par les Etats-Unis a chassé les talibans du pouvoir, la production d’opium avait chuté de plus de 3 200 tonnes l’année précédente à un niveau historique estimé à 185 tonnes.  Or en 2011, cette production était d’environ 5 800 tonnes, selon l’Office Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).


L’une des raisons principales de cet échec est que, même si des programmes de lutte contre l’opium et d’éradication des cultures de pavot ont été mis en place, il y a une contradiction fondamentale. Pour renverser les talibans, la coalition internationale a dû faire alliance avec des chefs de guerre, dont beaucoup étaient impliqués dans le trafic d’opium.

La "zakat" sur la drogue !!

Selon les estimations de l’ONUDC, les talibans toucheraient environ 10% des revenus de la culture du pavot à opium, les paysans 20%, et une partie importante des 70% qui restent irait dans les poches des chefs de guerre ou de personnalités qui gravitent autour du pouvoir.


Lorsqu'ils avaient pris le contrôle du pays, les Talibans avaient imposé une taxe de 10% sur la production d'opium, taxe assimilée à la zakat, l'aumône considérée comme un des cinq piliers de l'islam. 
Le trafic se déroule donc grâce à des complicités au plus haut niveau, que l'on retrouve aussi bien au Sahel, en Afghanistan qu’au Maghreb. Il est facile, dans ces pays peu démocratiques, de soudoyer des hauts responsables (surtout s'ils sont islamistes), qui permettront aux narcotrafiquants de faire passer les convois étiquetés halal, car on leur dira que la drogue est destinée aux infidèles
Le trafic est devenu, depuis 2011, d'autant plus que : (1) bon nombre de ces pays sont sous la férule islamiste (Afghanistan, Pakistan, Iran, Egypte, Libye, Tunisie, Maroc, etc.) et (2) de nombreux responsables politiques ferment les yeux, et, en échange, les narcotrafiquants islamistes financent les campagnes électorales et d'autres "commodités" de leurs "frères".

Syrie: 20.000 mercenaires financés par l'argent de la drogue afghane (FSKN)

Syrie: 20.000 mercenaires financés par l'argent de la drogue afghane (FSKN)
Jusqu'à 20.000 mercenaires opérant en Syrie sont financés avec l'argent provenant du trafic de drogue afghane, a déclaré le directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN) Viktor Ivanov.   "Les groupements criminels transnationaux sont en mesure de financer avec l'argent de l'héroïne l'afflux d'un grand nombre de criminels et de mercenaires de différents pays vers n'importe quel point du monde. Entre 15.000 et 20.000 mercenaires [financés par ces moyens] sont déployés en Syrie, où ils déstabilisent le pays", a déclaré le responsable russe lors d'une rencontre avec une délégation de l'Université militaire pakistanaise chargée du développement de la coopération bilatérale dans le domaine de la lutte antidrogue.  

La prise d’otages

L'histoire de la véritable industrie des prises d'otages au Sahel est riche d'enseignements. Depuis des années, le versement de rançons de plus en plus élevées est devenu la règle. D'un million d'euros l'otage, on est passé à 15 millions pour la libération de deux Espagnols et d'une Italienne par le Mujao en juillet 2012. Algérie comprise avec 10 millions versés récemment pour trois de ses diplomates, tout le monde paie pour ses otages, sans jamais le concéder officiellement.
Abou Zeid a notamment toujours été considéré comme l'instigateur des enlèvements d'étrangers et détiendrait lui-même quatre Français kidnappés sur le site d'Areva à Arlit en septembre 2010.
Abou Zeïd
Militant du Front islamique du salut (FIS), il rejoint les combattants du GIA algérien (Groupe islamique armé), avant d'intégrer le GSPC et de se réfugier dans le désert, comme de nombreux terroristes algériens pourchassés par les autorités algériennes. Il prête allégeance à la nébuleuse d'Al-Qaïda et ambitionne de faire du Sahara un califat islamique allant de la frontière tchadienne au Mali en passant par le Niger. Ancien contrebandier, il s'est lancé dans le business des otages dès 2003, devenant ainsi de plus en plus influent. Il se forge notamment sa réputation avec l'enlèvement de 32 touristes européens en 2003. Petit homme à la silhouette fluette, barbichette qui lui donne des allures de vieux sage, l'émir s'est toujours fait discret. L'otage Pierre Camatte qui l'a rencontré, décrit un homme "placide et calculateur", "l'œil perçant". Réputé intransigeant, il ne supporterait pas qu'on lui tienne tête. Il aurait lui-même exécuté le touriste anglais Edwin Dyer en juin 2009 après l'échec des négociations avec le Royaume-Uni. Il prend lui-même part à l'enlèvement de Michel Germaneau, qui meurt en 2010, malade et victime de mauvais traitements.
L'homme commandait le groupe de combattants Tareq Ibn Ziyad qui regroupe quelques 200 hommes dans le Nord-Mali. Ils sont très bien formés et bien entraînés mais le groupe ne constitue pas la plus grande force militaire et politique. Abou Zeid se disputait le leadership avec Mokhar Bel Mokhtar. Selon des sources militaires tchadiennes, Mokhtar serait mort, avec 40 autres islamistes, dans le nord du Mali, le 28 février 2013. Des tests ADN en cours doivent permettre d'attester, ou non, de ce décès. 

Le trafic d’organes

Selon des informations médiatiques, les groupes armés dans la campagne d'Alep pillent les dépouilles et les organes humains des victimes. Sous couvert de secours, ces bandes les transportent en Turquie, où ils sont vendus à un prix stable : Le cadavre vaut 10 mille Livre syrienne , le blessé 100 mille.

Un habitant du quartier Boustan al-Qaser, contrôlé par le front al-Nosra, a souligné au quotidien libanais Assafir que l'un de ses camarades blessés lors d'une explosion a été hospitalisé en Turquie. De retour en Syrie, il a découvert que l'un de ses reins a été volé.

«Lorsqu'une déflagration survient, un groupe se dirige immédiatement sur les lieux sous le prétexte de secourir les blessés et récupérer les cadavres», révèle-t-il.

Dans ce cadre, des médias syriens ont fait état de l'implication dans le trafic d'organes, des docteurs entrés clandestinement dans le pays via les frontières turques sous le prétexte de soigner les blessés. Parallèlement, le journal turc «Yurt» rapporte que les rebelles syriens kidnappent et tuent les Syriens. Puis, ils coupent leurs organes et les vendent à des coûts élevés à des personnes concernées dans le trafic d'organes.
Pour conclure, remarquons que les dirigeants nahdhaouis tunisiens auraient, eux aussi, pratiqué la prise d'otage contre rançon. L'ex premier ministre libyen, Mahmoudi Baghdadi, venu demander asile à la Tunisie, a été tout de suite emprisonné, pour être ensuite "revendu" aux islamistes libyens contre une rançon de cent millions de Dollars, tombés dans les caisses de qui-vous-savez, afin de financer le parti et ses milices. Les méthodes des truands islamistes sont les mêmes partout : au Sahel, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Algérie, en Tunisie et ailleurs.
Hannibal Genséric

 

Arrêté en possession de drogue et d’alcool Le fils de Ali Benhadj sera jugé à la cour d’Alger

Samedi 7 septembre
Arrêté en possession de drogue et d’alcool Le fils de Ali Benhadj sera jugé à la cour d’AlgerLe tribunal pénal près la cour d’Alger a programmé une affaire de drogue assez particulière pour qu’elle soit traitée incessamment.
La particularité de cette affaire est due au fait que l’accusé principal n’est autre que le fils de l’ex-numéro deux du FIS dissous, à savoir Ali Benhadj. Des sources judiciaires proches de ce dossier ont indiqué que le fils de l’ex-leader islamiste n’était pas seul dans cette affaire car il a été arrêté en compagnie de l’un de ses amis, à savoir B. Abdellah. Il y a lieu de signaler que cette affaire avait été déjà traitée par le tribunal correctionnel d’Hussein Dey avant que ce même tribunal ne statue dans cette affaire en condamnant les deux accusé à une peine d’une année de prison ferme et une amende forfaitaire d’une valeur de 50.000 dinars. Il a été indiqué que les chefs d’inculpation retenus à l’encontre des deux accusés dans cette affaire sont : possession de drogue et agression physique contre des agents de police en faction, possession d’arme blanche prohibée sans aucune raison légale valable.