Un projet de mémorandum américano-iranien en 14 points laisse entrevoir des concessions sans précédent avant un accord final.
Un protocole d'accord, dont la publication a été rendue publique, énonce des conditions générales, notamment un retrait de la marine américaine, un déblocage financier massif et la réouverture du détroit d'Ormuz, alors que le président américain suspend les frappes militaires pour tenter de réaliser une percée.
ERBIL (Kurdistan24) - Un projet de mémorandum d'entente (MoU) confidentiel de 14 articles entre l'Iran et les États-Unis aurait été préparé, décrivant un cadre potentiel pour une cessation permanente des hostilités et une voie vers un règlement diplomatique global.
Selon un rapport publié par l'agence de presse Mehr (MNA), qui cite une source proche de l'équipe de négociation iranienne, le projet de texte global propose de profondes concessions stratégiques de part et d'autre.
Bien que les autorités iraniennes n'aient pas finalisé le texte, les termes rapportés suggèrent que les négociations officieuses sont allées bien au-delà d'un simple cessez-le-feu, tentant de restructurer fondamentalement l'équilibre géopolitique dans le golfe Persique.
La divulgation du projet de document coïncide avec une désescalade nette de la part de Washington.
D'après un reportage de Jon Gambrell et Aamer Madhani de l'Associated Press, le président américain Donald Trump a opéré un revirement spectaculaire jeudi, annulant de nouvelles frappes militaires et renonçant à sa menace de s'emparer du principal terminal pétrolier iranien de l'île de Kharg.
Au lieu de cela, Trump a annoncé depuis le Bureau ovale qu'il avait obtenu un « excellent accord » et qu'il s'attendait à un accord formel dans les jours qui suivaient.
Si les termes rapportés par MNA reflètent fidèlement l'état actuel des négociations, cet accord-cadre représente un pari diplomatique extrêmement ambitieux et politiquement explosif.
À l'intérieur du projet de mémorandum
Le protocole d'accord en 14 articles décrit une approche progressive de la désescalade, liant directement le retrait militaire au dégel des avoirs iraniens et à la reprise du commerce mondial de l'énergie.
Au fond, le projet de loi appelle à une « cessation immédiate et permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban ».
Ce lien explicite constitue une victoire diplomatique cruciale pour Téhéran, qui a toujours exigé que tout accord avec Washington limite également les opérations militaires israéliennes contre son allié, le Hezbollah.
En échange de l'arrêt de la guerre, le document détaille, selon certaines sources, d'importantes concessions américaines concernant sa posture militaire au Moyen-Orient.
Selon MNA, les États-Unis s'engageraient à respecter une politique de non-ingérence, la souveraineté iranienne et lèveraient complètement leur blocus naval dans un délai de 30 jours.
De plus, Washington accepterait de retirer ses forces militaires de la « périphérie immédiate » de l'Iran, tandis que le contrôle de la réouverture et de la sécurité du détroit d'Ormuz, d'une importance stratégique vitale, serait entièrement assuré par des accords iraniens.
Les volets financiers du projet de loi présenté sont tout aussi importants.
Le protocole d'accord propose la suspension immédiate des sanctions américaines visant la vente de pétrole et de produits pétrochimiques iraniens.
Au cours d'une période de 60 jours ultérieure, désignée pour les négociations finales, 24 milliards de dollars de fonds iraniens bloqués seraient débloqués, dont la moitié serait mise à la disposition de Téhéran avant même le début des pourparlers.
Plus controversé encore, MNA rapporte que le projet de loi stipule que les États-Unis et leurs alliés doivent fournir des plans de reconstruction pour l'Iran d'un montant minimum de 300 milliards de dollars.
En contrepartie, le protocole d'accord exigerait que l'Iran réaffirme son engagement envers le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et s'engage explicitement à ne pas produire d'armes nucléaires.
Durant cette période de négociation de 60 jours, les deux parties s'engageraient à un gel de l'escalade, les États-Unis s'abstenant d'augmenter leurs effectifs militaires ou d'imposer de nouvelles sanctions.
L'accord final serait finalement ratifié par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Point crucial, le rapport de l'agence MNA indique que la portée des négociations finales se limitera strictement au statut des matières enrichies, à la levée des sanctions et à la reconstruction économique.
Le projet exclut délibérément toute discussion concernant le programme de missiles balistiques iraniens et son soutien aux groupes armés régionaux, sujets qui ont traditionnellement été au cœur des exigences sécuritaires des États-Unis.
Projet de mémorandum d'entente en 14 articles entre l'Iran et les États-Unis
1- Cessation immédiate et permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban.
2- L'engagement des États-Unis à ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures de l'Iran et à respecter la souveraineté nationale de la République islamique d'Iran.
3- Levée totale du blocus naval dans un délai de 30 jours.
4- L’engagement des États-Unis à retirer leurs forces militaires de la périphérie immédiate de l’Iran.
5- Réouverture du détroit d'Ormuz dans les 30 jours, régie par les accords de sécurité iraniens.
6- Suspension des sanctions sur la vente de pétrole, de produits pétrochimiques et de dérivés, ainsi que l'octroi à l'Iran d'un accès complet à ses ressources financières.
7- Aide à la reconstruction : Les États-Unis et leurs alliés doivent fournir des plans de reconstruction pour l'Iran d'un montant minimum de 300 milliards de dollars.
8- Une fenêtre de négociation de 60 jours pour parvenir à un accord final centré sur les questions nucléaires et l'abrogation complète des sanctions américaines primaires et secondaires, ainsi que de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l'ONU et du Conseil des gouverneurs de l'AIEA.
9- Réaffirmation de l’engagement de l’Iran envers le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) concernant la non-production d’armes nucléaires.
10- Gel de l'escalade : Pendant la période de négociation, les États-Unis s'engagent à ne pas augmenter leurs effectifs militaires dans la région et à s'abstenir d'imposer de nouvelles sanctions.
11- Déblocage des avoirs gelés : 24 milliards de dollars de fonds iraniens bloqués doivent être débloqués durant la période finale de négociations de 60 jours. La moitié de cette somme doit être mise à la disposition de l’Iran avant le début des pourparlers.
12- Mise en place d’un mécanisme de suivi pour superviser la mise en œuvre de l’accord.
13- Approbation du Conseil de sécurité de l'ONU : L'accord final devra être ratifié par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies.
14- Conditions préalables et portée : Les négociations finales ne débuteront qu’après le déblocage de la moitié des avoirs gelés, la suspension des sanctions pétrolières et la levée du blocus naval. L’accord final portera exclusivement sur le statut des matières enrichies et les activités d’enrichissement, la levée des sanctions et le programme de reconstruction économique. Point essentiel, les discussions relatives au programme balistique iranien et à son soutien aux groupes de résistance ont été définitivement exclues de l’ordre du jour.
Une stratégie diplomatique en dents de scie
L'apparition de ce projet de protocole d'accord apporte un éclairage essentiel sur les messages publics erratiques du président Trump.
Comme l'a rapporté l'AP, le revirement brutal de Trump, passant de la menace de frapper l'Iran « TRÈS FORT » à la déclaration d'une percée diplomatique, souligne une stratégie de négociation à haut risque et à pression maximale qui a failli déclencher une guerre régionale à grande échelle.
Le conflit, qui a éclaté le 28 février suite à des frappes conjointes américano-israéliennes contre l'Iran, a gravement perturbé l'approvisionnement énergétique mondial. L'agence Associated Press a noté que le blocage de facto du détroit d'Ormuz par l'Iran a paralysé les chaînes d'approvisionnement, fait flamber les prix internationaux des carburants et renchéri le coût des denrées alimentaires à l'échelle mondiale.
Parallèlement, l'armée américaine a imposé un blocus strict aux ports iraniens, une campagne qui a récemment entraîné la mort de trois marins indiens lorsque les forces américaines ont frappé un navire marchand accusé de contourner le blocus, selon l'AP.
Pour Washington, la prolongation du fragile cessez-le-feu instauré en avril offre un temps crucial pour négocier les conditions du programme nucléaire iranien, principal argument avancé par Trump pour justifier le déclenchement de la guerre. Cependant, le contexte diplomatique demeure extrêmement instable.
L'agence AP a rapporté que le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a explicitement déclaré qu'Israël n'est pas partie prenante à l'accord en cours de négociation entre les États-Unis et l'Iran, ce qui soulève des questions quant à la manière dont la composante libanaise du protocole d'accord pourrait être appliquée.
La voie à suivre
Bien que le projet de protocole d'accord publié suggère une piste de paix viable, la réalité diplomatique demeure très incertaine. L'agence MNA a souligné que le texte de 14 articles est encore soumis à l'examen et à la finalisation des instances dirigeantes iraniennes.
Par ailleurs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a reconnu à la télévision d'État que le texte était « quasiment finalisé », mais a averti que les contradictions dans la position américaine avaient provoqué des turbulences dans le processus, selon l'AP.
Si les termes énoncés dans le projet sont finalement adoptés, l'accord marquerait un tournant majeur dans la politique américaine au Moyen-Orient, privilégiant l'endiguement nucléaire et le rétablissement des marchés mondiaux de l'énergie plutôt que le démantèlement du réseau militaire régional iranien.
Cependant, comme l'ont démontré l'escalade et la désescalade soudaines de la semaine dernière, la transformation d'un projet de mémorandum en un accord de paix multilatéral durable demeure un défi de taille dans une région où des erreurs de calcul militaires peuvent anéantir instantanément les progrès diplomatiques.
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Sources :
https://ghostarchive.org/archive/qIT1D
14 juin 2026, article publié par Eric Zuesse .
Combien de temps avant que l'entité occupante de la Palestine ne bombarde de nouveau le sud Liban ? Ou ne pratique un "faux drapeau" aux USA pendant la coupe du monde de foot ? Bref ne torpille d'une façon ou d'une autre, dont il ont le secret, le timide mémorendum (traduire par mode d'emploi préliminaire pour savoir de quoi on peut discuter) .
RépondreSupprimerOn verra bien. J'espère me tromper, mais ces malades sont capable de tout. Surtout du pire.