La côte ouest du Yémen n'est plus seulement un front militaire dans la longue guerre yéménite, mais est devenue l'un des points les plus sensibles de la géopolitique du Moyen-Orient. La bande de terre qui s'étend d'Hodeïda à Bab el-Mandeb tire son importance non seulement de sa situation géographique au Yémen, mais aussi de sa connexion directe à l'un des passages maritimes les plus importants au monde, où se croisent les intérêts de sécurité régionaux et les flux commerciaux, énergétiques et économiques mondiaux.
La bataille actuelle revêt une importance accrue car elle survient à un moment où le théâtre yéménite s'inscrit dans le conflit plus large opposant l'Iran aux États-Unis et à leurs alliés.
Après que le détroit d'Ormuz soit devenu l'épicentre de l'affrontement, Bab el-Mandeb est apparu comme un second point de pression susceptible de déplacer les répercussions du conflit du Golfe à la mer Rouge et de faire du Yémen un acteur influent dans des dynamiques qui dépassent ses capacités économiques et politiques.
Le
détroit de Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d'Aden et à l'océan
Indien. Un volume considérable de marchandises et d'énergie y transite sur la
route entre l'Asie et l'Europe via le canal de Suez. Par conséquent, toute
perturbation de la navigation dans ce détroit a des répercussions non seulement
sur la région, mais aussi sur le transport maritime, les tarifs d'assurance,
les temps de trajet, les chaînes d'approvisionnement et les marchés de
l'énergie.
Les
récents développements ont montré que le danger ne se limite pas à une
fermeture complète du détroit. Même une menace accrue suffit à contraindre les
navires à modifier leurs routes ou à prendre des précautions supplémentaires,
augmentant ainsi le coût du commerce mondial. En juillet dernier, le groupe
houthi a annoncé une interdiction de navigation pour les navires liés à
l'Arabie saoudite, tandis que des analystes internationaux avertissaient qu'une
fermeture plus large du détroit de Bab el-Mandeb aggraverait la situation déjà
instable du détroit d'Ormuz.
La
côte occidentale du Yémen n'est plus seulement un front militaire dans une
longue guerre yéménite, mais est devenue l'un des points les plus sensibles de
la géopolitique du Moyen-Orient.
La côte ouest : une bataille qui s'étend au-delà du Yémen
Le
contrôle de la côte ouest revêt une importance capitale. Al Hudaydah, Al Salif,
Ras Isa et Al Mukha, ainsi que les îles proches de Bab el-Mandeb, ne sont pas
de simples localités yéménites, mais font partie d'un système géographique qui
contrôle l'accès à l'un des passages maritimes internationaux les plus
importants.
Cette
équation est particulièrement flagrante à Mocha. Cette ville, historiquement
liée au commerce du café, est devenue un carrefour stratégique grâce à sa
proximité avec le détroit de Bab el-Mandeb. Contrôler ou menacer Mocha ne
signifie pas contrôler le détroit, mais confère à son détenteur un point
d'appui stratégique sur la côte ouest et lui permet d'approcher Dhubaneswar,
les zones reliées au détroit et les îles stratégiques environnantes.
Les
Houthis ne contrôlent pas actuellement le littoral donnant directement sur le
détroit, ce qui explique en partie l'importance des combats en cours.
L'établissement d'une tête de pont côtière plus proche de Bab el-Mandeb pourrait
étendre la portée de leur menace maritime et accroître leur capacité à exercer
une pression sur la navigation, faisant ainsi de la bataille sur la côte ouest
un élément d'une lutte plus vaste pour le contrôle des zones maritimes.
L'attaque en direction de Bab al-Mandab
Les
combats actuels sur la côte ouest ne peuvent être compris indépendamment de
l'offensive houthie, qui a commencé à s'étendre vers l'ouest de Taïz et le sud
d'Hodeïda. Depuis fin août, les affrontements se sont considérablement intensifiés,
avant que les forces gouvernementales ne lancent des frappes aériennes contre
les positions houthies à Taïz et Hodeïda, marquant ainsi l'une des plus
importantes escalades depuis la rupture du fragile cessez-le-feu en 2022. Des
dizaines de combattants des deux camps et de civils ont été tués ces derniers
jours, tandis que l'objectif géographique le plus sensible est devenu
l'approche des zones menant à Bab el-Mandeb.
L'importance
de cette évolution réside dans le fait qu'elle transforme le conflit, d'une
lutte pour le contrôle des villes et des ports à une tentative de modifier
l'équilibre des forces sur le terrain, à proximité d'un des points de passage
maritimes les plus stratégiques au monde. Si les Houthis parviennent à étendre
leur influence vers le sud et l'ouest, ils n'auront pas besoin de contrôler
directement le détroit pour en renchérir le coût ; il leur suffira
d'accroître la probabilité que les navires et les compagnies d'assurance soient
pris pour cible ou contraints de modifier leur itinéraire.
Le
contrôle de la côte ouest revêt une importance capitale. Hodeidah, Salif, Ras
Issa et Mocha ne sont pas de simples localités yéménites, mais font partie d'un
système géographique qui contrôle l'accès à l'une des routes maritimes
internationales les plus importantes.
D'Hormuz à Bab el-Mandeb
L'aspect le plus important des développements actuels est la possibilité que le conflit passe d'une utilisation séparée des détroits à leur intégration dans une seule et même équation.
L'Iran
considère le détroit d'Ormuz comme un atout dans les négociations avec le
Golfe, tandis que ses alliés houthis disposent des moyens d'exercer une
influence à Bab el-Mandeb. De ce fait, ces derniers mois, des analyses ont
évoqué un « lien entre les deux détroits » : il s'agirait non
plus de traiter Ormuz et Bab el-Mandeb comme des théâtres d'opérations
distincts, mais d'utiliser la pression exercée sur l'un pour renforcer celle
exercée sur l'autre.
Il
ne s'agit pas uniquement d'une question militaire. Si le détroit d'Ormuz est
maintenu sous pression d'un côté, et le détroit de Bab el-Mandeb de l'autre,
l'économie mondiale se trouve confrontée à une situation différente : deux
voies maritimes stratégiques, situées aux extrémités opposées de la péninsule
arabique, sont simultanément menacées. Des analyses récentes indiquent que
Téhéran pourrait instrumentaliser son soutien aux Houthis pour accroître la
pression sur Washington et menacer les flux commerciaux et énergétiques hors du
Golfe.
C’est
là que réside l’importance de l’ambition iranienne, si elle se maintient :
son objectif n’est pas nécessairement de paralyser définitivement le commerce
mondial, car cela pourrait se retourner contre l’Iran. La force de cette
stratégie réside plutôt dans la gestion d’un niveau de risque et d’incertitude
suffisant pour renchérir le coût du commerce et de l’énergie et contraindre ses
adversaires à disperser leurs ressources militaires et politiques sur plusieurs
théâtres d’opérations.
L'économie mondiale est au cœur de l'équation
La
perturbation survenue au détroit de Bab el-Mandeb a coïncidé avec une baisse du
trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, exacerbant les inquiétudes
économiques. Les données maritimes du 9 septembre ont révélé une diminution du
trafic dans les deux détroits par rapport aux moyennes des jours précédents,
alors même que le prix du pétrole avait dépassé les 100 dollars le baril.
Ici,
le Yémen passe du statut de pays ravagé par la guerre civile à celui d'acteur incontournable
de l'économie mondiale. La question n'est plus de savoir qui contrôle une ville
yéménite, mais plutôt qui peut influencer une route commerciale internationale,
qui peut faire grimper le coût du transport de l'énergie et qui a le pouvoir de
menacer l'un des points névralgiques dont le commerce mondial ne peut se
passer.
C’est
ce qui permet à l’Iran, par le biais de ses alliés et de son réseau d’influence
régional, d’exercer une pression indirecte sur ses adversaires. Face à
l’expansion de la menace maritime, les États-Unis et leurs alliés doivent
répartir leurs capacités entre le Golfe et la mer Rouge, plutôt que de les
concentrer sur un seul théâtre d’opérations.
Le
Yémen, qui a payé un lourd tribut à sa guerre civile, possède désormais, de par
sa situation géographique, la capacité d'influencer des questions qui dépassent
le cadre de son économie et de ses propres capacités.
L'Arabie saoudite est confrontée à une équation différente
Pour
l'Arabie saoudite, l'enjeu ne se limite pas à la guerre au Yémen. La menace
renouvelée qui pèse sur sa côte ouest et le détroit de Bab el-Mandeb est
directement liée à la sécurité de la mer Rouge, à la capacité du Royaume
d'exporter de l'énergie par ses voies maritimes occidentales et à ses projets
économiques qui dépendent de la stabilité de cette mer. Les récentes attaques
houthies contre le sud du pays et ses installations pétrolières ont confirmé
l'imbrication des tensions maritimes et terrestres. Riyad est confrontée à une
situation encore plus complexe, car les routes énergétiques et commerciales du
Golfe et de la mer Rouge sont simultanément menacées.
Par
conséquent, cette escalade devrait inciter le Royaume à renforcer son soutien
aux forces yéménites opposées aux Houthis, non seulement pour reconquérir le
territoire yéménite, mais aussi pour empêcher que la côte occidentale ne
devienne une plateforme de pression permanente sur la sécurité de la mer Rouge.
Une bataille locale aux dimensions internationales
Les
forces « légitimes » opposées aux Houthis sont dispersées le long de la côte ouest et
dans la région de Taïz, formant de nombreuses unités. De ce fait, l'unification
des opérations militaires et leur coordination sont cruciales pour la phase à
venir. Par ailleurs, la reprise des frappes aériennes et l'escalade des combats
au sol témoignent d'une intensification du conflit après des années de calme
relatif.
Mais
la géographie à elle seule ne décidera pas de l'issue de la bataille. Chaque
avancée sur la côte ouest sera interprétée à Téhéran, Riyad et Washington comme
un élément de la lutte plus vaste pour le contrôle des routes maritimes. Par
conséquent, le risque d'escalade de la confrontation restera tout aussi
étroitement lié à l'évolution de la situation dans le détroit d'Ormuz qu'aux
événements de Mocha, Hodeidah et Taïz.
Yémen : Des marges du conflit à son centre
Paradoxalement,
le Yémen, qui a payé un lourd tribut à sa guerre civile, possède désormais, de
par sa situation géographique, la capacité d'influer sur des enjeux qui
dépassent largement le cadre de son économie et de ses ressources. La côte
ouest et le détroit de Bab el-Mandeb font désormais partie d'un réseau
stratégique s'étendant du golfe Persique à la mer Rouge et au canal de Suez.
Par
conséquent, le conflit actuel ne se limite pas à une simple tentative de
modification des lignes de contrôle au Yémen. Il s'agit d'une lutte pour la
place du Yémen dans le nouvel ordre régional et pour la capacité d'exploiter sa
situation géographique maritime comme un atout de puissance.
En
définitive, l’aspect le plus dangereux de la situation actuelle n’est peut-être
pas la fermeture effective du détroit de Bab el-Mandeb, mais plutôt l’émergence
d’une nouvelle équation où la simple possibilité de cette fermeture devient un
moyen de pression. Si
l’idée de « relier les deux détroits » s’enracine, l’Iran et ses
alliés auront déplacé le conflit du cadre de la confrontation régionale au cœur
même des flux mondiaux d’échanges commerciaux et énergétiques.
C’est
précisément là que réside l’importance de la côte ouest yéménite : la bataille qui semble locale à Mocha ou
à Taïz peut, dans une perspective plus large, être une bataille pour l’une des
clés de l’économie mondiale.
Amin Kamouria
11/09/2026 Source
----------------------------------------------------------
Les Houthis atteignent la mer — et Washington demande à Riyad de se battre seul.

Après plus d'une décennie de guerre, les Houthis sont parvenus à leurs fins, là où une coalition soutenue par une superpuissance a passé dix ans et dépensé des dizaines de milliards de dollars pour tenter de les empêcher. Ils contrôlent désormais le détroit de Bab el-Mandeb, un point de passage maritime crucial à l'échelle mondiale, et bombardent à nouveau les villes saoudiennes avec des missiles et des drones. Et lorsque Riyad a appelé Washington cette semaine pour demander de l'aide, la réponse fut négative.
La progression vers le détroit
Les combats qui ont repris au Yémen fin août et début septembre 2026 sont les plus graves depuis le cessez-le-feu décrété par les Nations Unies en avril 2022, qui avait gelé le front. Les Houthis, soutenus par l'Iran et qui contrôlent depuis des années la capitale Sanaa et la majeure partie du nord peuplé du Yémen, ont lancé une offensive de grande envergure contre les forces du Conseil présidentiel, soutenu par l'Arabie saoudite et agissant pour le compte du gouvernement internationalement reconnu. Les premiers jours de l'offensive auraient fait des centaines de morts.
Le gouvernement n'est pas resté passif. Le PLC a lancé sa propre contre-offensive, arguant de la reprise de Sanaa, et a revendiqué des avancées à Taïz, la prise de Yatma à Al-Jawf et des gains à Al-Bayda. Mais le mouvement stratégiquement décisif s'est déroulé dans l'autre sens. Le long de la côte de la mer Rouge, les forces gouvernementales se sont retirées de Hays et d'Al Khawkhah à Hodeïda, ainsi que du port de Mocha à l'ouest de Taïz, se repliant vers Dhubab à l'embouchure du détroit de Bab el-Mandeb. Les Houthis ont attaqué directement Mocha, puis – selon leurs propres dires et les premiers rapports – se sont emparés de l'île de Mayyun (Perim), au milieu du détroit, ainsi que de Dhubab, se plaçant ainsi en position de menacer cette voie maritime par laquelle transite désormais une part croissante du pétrole saoudien.
Ce dernier point est crucial au-delà des frontières du Yémen. Le détroit d'Ormuz étant déjà perturbé par le conflit opposant l'Iran à la coalition israélo-américaine, Riyad s'est tourné vers la mer Rouge comme voie d'exportation alternative. La présence des Houthis à Bab el-Mandeb resserre l'étau : le même mouvement qui, en 2023 et 2024, a attaqué la navigation commerciale en mer Rouge, progresse désormais physiquement vers ce point de passage stratégique. De plus, les Houthis ont repris leurs frappes directes sur le Royaume, touchant Khamis Mushait, Abha, Jizan et Najran à l'aide de drones et de missiles, faisant de nombreux blessés et endommageant des installations pétrolières. L'Arabie saoudite a riposté par des dizaines de frappes aériennes, notamment sur l'aéroport de Sanaa.
Les reportages sur le terrain méritent la prudence habituelle : nombre d’affirmations précises proviennent d’un seul camp et sont difficiles à vérifier en temps réel, et la situation évolue quotidiennement. Mais la direction des combats ne fait guère de doute.
Le refus de Washington
Dans ce contexte, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, aurait appelé le président Trump à deux reprises dans la même journée pour lui demander des frappes américaines directes contre les Houthis. Trump a refusé. Selon Axios, qui a révélé l'information, des responsables américains ont déclaré que l'administration n'envisageait pas d'action militaire directe contre les Houthis « pour le moment ».
Il ne s'agit pas d'un abandon total, et il convient de préciser ce qui est et n'est pas. Washington continue de fournir à Riyad des renseignements sur les Houthis et des données de ciblage, et environ 200 militaires américains sont déjà déployés dans le Royaume pour apporter ce que les autorités qualifient de soutien non cinétique. Le commandant du Commandement central américain, l'amiral Brad Cooper, s'est rendu en Arabie saoudite pour une coordination urgente. Ce que les États-Unis ont refusé, c'est précisément ce que le prince héritier Mohammed ben Salmane avait demandé : des bombardements américains sur des cibles houthies, et l'engagement à durée indéterminée qui en aurait découlé.
La justification, telle que rapportée par des responsables américains, est une gestion délibérée des forces. La directive de Trump viserait à concentrer l'effort militaire américain sur l'Iran et la protection du détroit d'Ormuz, et à éviter l'ouverture d'un second front au Yémen. Cette prudence s'explique également par des précédents récents. En mai 2025, après des mois de frappes aériennes américaines et britanniques coûteuses et infructueuses pour vaincre les Houthis, l'administration Trump a accepté un cessez-le-feu négocié par Oman. Aux termes de cet accord, les États-Unis ont cessé de bombarder le Yémen en échange de l'arrêt des attaques des Houthis contre les navires américains. Cet accord excluait délibérément Israël et l'Arabie saoudite. Reprendre le combat maintenant reviendrait à remettre en cause un accord qui a permis de mettre les navires américains à l'abri des Houthis, pour mener une guerre que Washington a déjà conclu ne pas pouvoir gagner par les airs.
Riyad se retrouve donc dans une situation qu'elle redoutait le plus : de nouveau engagée dans un conflit armé avec les Houthis, sans le soutien militaire américain sur lequel elle comptait depuis dix ans. Il est à noter que l'Arabie saoudite affirmait encore en juillet qu'elle pouvait gérer seule la situation face aux Houthis. Cette confiance est aujourd'hui mise à rude épreuve.
Dix ans se sont écoulés jusqu'à présent.
Rien de tout cela n'est compréhensible sans le contexte qui l'a engendré. Les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa en septembre 2014. En mars 2015, une coalition dirigée par l'Arabie saoudite – armée, ravitaillée et soutenue en renseignements par les États-Unis sous différentes administrations – a lancé l'opération Tempête décisive pour contrer cette prise de contrôle et rétablir le gouvernement. Ce qui a suivi n'a pas été une victoire, mais une impasse : plus de dix ans de bombardements qui ont ravagé une grande partie du pays, provoqué ce que l'ONU a qualifié à maintes reprises de pire catastrophe humanitaire au monde, et causé la mort directe de plus de cent mille personnes, sans compter les nombreuses victimes de la faim et des maladies.
La coalition n'a jamais repris le contrôle du nord. En 2022, une Arabie saoudite épuisée a signé un cessez-le-feu de l'ONU et, au cours des deux années suivantes, a œuvré à un retrait discret, conformément à une stratégie de désescalade encouragée par son rapprochement avec l'Iran en 2023. Les Houthis, quant à eux, ont transformé leur survie en force. Lorsque la guerre israélienne à Gaza a débuté en octobre 2023, ils ont ouvert le front de la mer Rouge, attaquant la navigation via Bab el-Mandeb et entraînant les États-Unis et le Royaume-Uni dans une campagne aérienne qui s'est poursuivie jusqu'en 2025 et s'est conclue, comme indiqué, par un cessez-le-feu que les Houthis ont légitimement considéré comme une victoire.
La leçon que les Houthis semblent avoir tirée est la bonne : ils ont tenu bon face à tous. Ils ont survécu à une décennie de domination aérienne saoudienne, encaissé les meilleures frappes de la marine et de l’armée de l’air américaines, et en sont ressortis en contrôlant toujours la capitale et en tentant désormais de s’emparer du détroit. La leçon que Riyad a tirée est que le Yémen est un bourbier dans lequel elle s’est enfoncée en 2015 et dont elle cherche à se sortir depuis. Et la leçon que Washington a tirée est que les Houthis ne justifient pas l’ouverture d’un troisième front simultané alors que l’Iran et le détroit d’Ormuz sont prioritaires.
En résumé
Le tableau qui se dessine est celui de la montée en puissance des Houthis face au repli américain, l'Arabie saoudite se retrouvant prise en étau. Le mouvement qu'une coalition de superpuissances s'était engagée à anéantir en 2015 progresse, en 2026, vers l'une des voies maritimes les plus importantes au monde et frappe à sa guise les infrastructures pétrolières saoudiennes. Les États-Unis, n'ayant pas réussi à le vaincre par voie aérienne et refusant de retenter l'expérience, se contentent de transmettre des renseignements et des coordonnées de ciblage depuis la touche. Pour une monarchie du Golfe qui a passé une décennie à croire que la puissance américaine serait présente en cas de besoin, le message de cette semaine est sans équivoque.
Il faudra observer si la position des Houthis sur Mayyun et Dhubab se traduira par une interdiction effective du trafic en mer Rouge, et si le refus de Trump tiendra si les exportations de pétrole saoudiennes – ou les prix du pétrole, déjà supérieurs à 100 dollars dans le contexte de la guerre contre l'Iran – sont directement menacés. La frontière entre un soutien non militaire et l'ouverture d'un troisième front est plus ténue que Washington ne veut bien l'admettre.
Par
L'économie mondiale ne fait que subir en marge les effets secondaires des multiples causes de frictions et guerres dans la région.AUSSI faut il se souvenir de la présence aventureuse des troupes de Nasser dans cette partie du Yémen, se souvenir qu'un temps il y avait DEUX Yémen, Se souvenir il t a un certain temps déjà des prétentions des Saoudiens à contrôler puis à vouloir occuper TOUT le Yémen.....Puis les Saouds associés aux EAU initièrent encore une guerre d'occupation, Les intérêts des uns et des autres sont motivés par LES positions du Yémen sur l' océan Indien et la Mer Rouge , ainsi que par BEAUCOUP de PÉTROLE et de GAZ déjà prouvés et plus encore à venir.....Voilà semble t'il les FACTEURS de FOND...le reste n'est que conjoncturel....
RépondreSupprimer