jeudi 27 décembre 2012

TUNISIE : du tourisme au… terrorisme




 

La Tunisie, prise au piège des islamistes d’ennahda, n’en finit plus de sombrer dans le chaos

Nos voisins de l’Est, à travers leurs malheureux choix politiques, se sont condamnés, eux-mêmes, à de sombres années, dont ils risquent de ne pas sortir indemnes.

La situation qui prévaut actuellement en Tunisie, et qui n’en finit plus de se dégrader et d’aller de mal en pis, n’est d’ailleurs pas sans rappeler ce qui prévalait en Algérie, durant les années 90, avant le déclenchement du terrorisme.

La Tunisie, prise au piège des islamistes dennahda, nen finit plus de sombrer dans le chaos, Du tourisme au… terrorismeÀ ceci près que la Tunisie ne dispose des moyens institutionnels, humains et politiques, qui avaient permis à l’Algérie de s’en sortir. Il s’agit d’une armée puissante et républicaine, comme en Algérie, soutenue par le peuple, ainsi qu’un pouvoir politique conscient des dangers et des enjeux en cours.

En effet, en Tunisie, le pouvoir suprême est déjà entre les mains d’islamistes "modérés", mais qui n’hésitent pas à s’allier à des salafistes, qui n’hésitent pas non plus à dénoncer la démocratie et à recourir à la violence, en toute impunité. Bref, la situation n’en finit plus de se dégrader et d’aller de mal en pis dans un pays qui, jadis, était devenu la capitale incontestable du tourisme de masses, avant de devenir aujourd’hui celle du terrorisme, tout court.
Ainsi donc, plusieurs régions de Tunisie ont été récemment le théâtre d’affrontements entre les groupes armés et les forces de l’ordre, en sus du démantèlement de groupes terroristes, « autant d’indices qui dénotent de la présence » de cellules armées activant dans ce pays, selon un analyste.
Dans des déclarations à la presse, le chercheur tunisien, spécialisé dans les groupes « djihadistes et armés », Dr Alaya Alani, a souligné que l’activité des éléments armés s’est intensifiée davantage après la « révolution des jasmins », profitant, a-t-il dit, de la période de perturbations qui avait marqué le pays. Il a ajouté que l’activité de ces cellules « s’est également intensifiée » depuis la chute du régime de Mâamar Kadhafi.
Il a, en outre, insisté sur la relation entre les membres des cellules dormantes et les éléments du courant djihadiste « qui se comptent par centaines » en Tunisie, d’autant que les dernières activités armées « leur ont été attribuées ». D’autre part, le chercheur a évoqué la relation entre le courant djihadiste en Tunisie et les éléments d’Al-Qaïda.
Les terroristes, dont les activités sont concentrées essentiellement dans les régions pauvres, « profiteront » de la crise économique pour recruter de nouveaux éléments, a-t-il mis en garde, appelant les gouvernement dans la région « à intensifier la coordination dans le domaine sécuritaire » et à développer les régions frontalières et isolées. Le plus grave c’est que le parti islamiste En-Nahda, au pouvoir, et prétendument modéré, se montre extrêmement laxiste avec ces extrémistes et salafistes.

Une vidéo a même filmé le leader charismatique de ce parti, Rachad Ghannouchi, promettant à des salafistes, à qui il accordait audience, que la charia finira par triompher, mais qu’il fallait pour cela agir discrètement, avant de finir d’éliminer tous les démocrates et les laïques qui occupent encore des postes de responsabilité, au sein des différentes institutions de ce pays.

Vendredi dernier, le ministre tunisien de l’Intérieur, Ali Larayedh, annonçait l’arrestation de 16 membres de deux groupes armés, opérant sur Jendouba et Kasserine, alors que 18 autres font toujours l’objet de recherches. Larayedh précisait que «les commandos armés de Fériana voulaient créer une branche d’Al-Qaïda en Tunisie».
Lors de sa conférence de presse, où ce ne sont pas tous les journalistes qui étaient les bienvenus, le ministre a précisé que «les groupes armés, munis de cartes militaires et de tenues militaires, visaient des édifices publics et sécuritaires et qu’ils s’apprêtaient à gagner l’Algérie, alors que le groupe de Kasserine se préparait à commettre des opérations en Tunisie, ajoutant que la préparation de ces opérations avait commencé depuis des mois».
Il a, en outre, confirmé qu’il y a un lien entre les groupes de Kasserine et de Jendouba et également avec les accrochages de Rouhia et Bir-Ali-Ben- Khalifa. On se rappelle que la presse tunisienne s’était fait, il y a quelques mois, l’écho de l’existence de bases terroristes en Tunisie et de la prolifération des armes dans ce pays des mille et une nuits touristiques.

Comme à son accoutumée et tout comme les ministères de l’Intérieur de Ben Ali, celui d’Ali Larayedh dément de manière catégorique, jusqu’à ce que tout le pays se réveille sur ces images qu’il croyait disparues avec la Révolution et avec la venue au pouvoir de ceux qui croyaient en Dieu, ceux qui se présentaient aux électeurs, en octobre 2011, au nom des valeurs d’un islam tolérant et ceux qui disaient qu’ils craignaient trop Le Seigneur pour faire du mal ou pour accepter qu’on fasse du mal à quiconque. En votant, les Tunisiens ont certainement fait le mauvais choix.
Plus aucune marche arrière n’est possible, ni permise. Ils boiront leurs choix (à défaut de boire autre chose, sachant que les bars ferment à qui mieux-mieux, en Tunisie) jusqu’à la lie !

Kamel Zaï
Le Courrier d'Algérie

Commentaire 

Le commerce (clandestin) d’armes de guerre est plus que jamais florissant en Tunisie et tout un chacun peut s’en procurer sans difficulté. Un pistolet de calibre 9mm équipé d’un silencieux coûte 3000 Dinars (1500 Euros), un fusil-mitrailleur Kalachnikov 2500 Dinars … On peut acheter n'importe quelle arme, même un lance-roquettes RPG provenant, comme la plupart des autres armes en circulation, de ce qui reste de l’arsenal du régime libyen déchu. Les armes  transitent par les postes frontaliers réguliers, à la faveur d’un déficit de contrôle évident,  ou à travers des pistes sahariennes éloignées et connues de tous…. sauf de l’armée et de la police.                                           Hannibal Genséric