dimanche 2 décembre 2012

Une autre fatwa porno d’Al-Qaradawi




Cheikh al-Qaradawi est d'abord un produit de la chaîne panarabe al-Jazeera, sur laquelle il officie chaque semaine dans son émission La Charia et la Vie . Le télévangéliste sunnite y analyse les rapports entre l'islam et la société contemporaine. Ses avis sur des sujets aussi divers que le crédit, Internet ou les relations entre hommes et femmes sont suivis par des millions de musulmans. 
Ghannouchi et son maître à penser, le vieux lubrique Al-Qaradawi

Mais le personnage est controversé. Tenant du double langage, comme la plupart des islamistes, Cheikh al-Qaradawi est jugé «égaré» par les fondamentalistes en raison de propos trop complaisants à l'égard des femmes. Il ne cesse d'alimenter la polémique, y compris lorsqu'il congédie sa jeune épouse par une simple lettre l'avertissant de son divorce… avant d'essayer de la reconquérir l'année suivante. Cela fait tout de même mauvais genre quand on se pare de la gandoura d'un père la vertu. Al-Qaradawi ne fait pas non plus dans la dentelle lorsqu'il édicte une fatwa appelant au meurtre du colonel libyen Mouammar Kadhafi en février 2011, pour le bénéfice de l'OTAN, de la France et du Qatar, son prodigue employeur.

Dans un numéro de la revue Aqidati ["Ma foi"], le cheikh Al-Qaradawi, ami et guide suprême des islamistes tunisiens (qui l'ont invité en Tunisie début 2012 pour une série de conférences), a promulgué une fatwa concernant les principes moraux de la jouissance entre époux. Nous avons vu, par ailleurs, que ce cheikh s'est déjà illustré par des fatwas scélérates.

Au premier paragraphe de la présente fatwa, il écrit : "A l'époque où vivaient encore les compagnons du Prophète, il arriva que l'un de ceux-ci, alors qu'il cajolait sa femme, lui suça le sein et la téta, c'est-à-dire qu'il en aspira un peu de lait. Il s'en alla alors consulter Abou Moussa al-Achaari, qui lui dit : ' 'Tu es fautif ; cela t'est interdit.' Puis il alla prendre l'avis d'Abdallah ibn Massoud, qui lui répondit : 'Tu n'as pas commis de faute, l'allaitement ne concerne que les deux premières années, car, comme l'a précisé le Prophète, les mères allaiteront leurs enfants deux années. Cela veut dire que téter sa femme n'est une faute que durant les deux premières années de l'enfant. Au-delà, il n'y a pas de faute. L'homme peut donc téter sa femme, c'est un moyen parmi d'autres de jouir, et il n'y a aucune honte à cela.'" 

Si nous considérons généralement que le baiser sur les seins est une affaire entendue, le passage sur l'allaitement nous paraît fort douteux et, loin de dépendre de l'opinion d'un cheikh es-sexe, relève plutôt du pédiatre et d'une solution de sevrage !

Le second paragraphe de la fatwa, lui, est bien plus "chaud" et autrement plus excitant ; notre Guide Wahhabite  s'est surpassé. 

Il affirme : "Les théologiens de l'islam ont autorisé le baiser génital (entendez : la caresse bucco-génitale, ou la sucette clitoridienne), aussi bien celui de la femme pour son mari (la fellation) que celui du mari pour sa femme, et il n'y a aucune honte à cela. Pourtant, si le but de ce baiser est l'éjaculation (entendez : s'il s'agit d'une fellation ou d'un cunnilingus), alors on peut en ressentir de la répugnance, mais je n'irai pas jusqu'à l'interdire car il n'existe aucune preuve [écrite] de son interdiction. On n'est pas en présence d'un orifice sale comme l'anus... Si une personne prend son plaisir par la bouche, c'est un comportement qui sort de l'ordinaire, mais on ne peut l'interdire, surtout si c'est avec l'accord de la femme et qu'elle aussi y prend du plaisir... Dieu seul le sait.

Nous tenons là, de toute évidence, la partie la plus clairement porno de la fatwa qui, si elle émanait dans les mêmes termes d'un professeur de faculté dans le huis clos d'une salle de cours, aurait pour conséquence son arrestation immédiate, sous l'inculpation d'atteinte à la pudeur. Ne parlons pas du cas de la fille violée par des flics à Tunis, et poursuivie pour attentat à la pudeur. Mais, puisque cette fatwa "strip-tease" sort d'une tête barbue et enturbannée, elle peut traverser sans danger le champ de mines de toutes les censures islamistes.

Lors d'une émission sur la chaîne Al-Jazira traitant des rapports conjugaux, le cheikh Al-Qaradawi a abordé les préliminaires de l'acte sexuel en les incluant dans "l'obscénité" qui est nécessaire selon lui quand les conjoints ne se trouvent pas au même degré de désir : "Supposez que l'envie de l'homme soit déjà aiguillonnée, mais que la femme, elle, ne soit pas prête et qu'elle ait besoin de temps ; c'est à lui de la préparer par des attouchements, des caresses et des mots qui l'incitent à rejoindre son désir." 

Le cheikh poursuit en faisant le distinguo entre les mœurs des Juifs, qui ne connaissaient jadis qu'une seule position sexuelle, dite du missionnaire, et celles de la tribu des Qurayshites [à laquelle appartenait Mahomet], dont les hommes prenaient leurs femmes par-devant, en levrette, sur le côté, etc. On croit lire le kama-soutra. Mais, lui, Al-Qaradawi, déconseille la prise en levrette, car, dit-il, la femme n'apprécie guère cette position, car elle n'y prendrait aucun plaisir (sic) !

A propos des films porno - que des fatwas d'autres religieux avaient autorisé à regarder -, le vénérable cheikh déclare qu'il est facile de les remplacer par des moyens que les gens ont découverts par eux-mêmes. "Aujourd'hui, assure-t-il, l'homme peut exciter sa femme par la parole, le baiser ou les attouchements. De son côté, la femme peut émoustiller son mari par un parfum, un timbre de voix, de la lingerie..." L'animateur informe alors le cheikh que la majorité des messages qui parviennent à l'émission demandent qu'il s'exprime sur le plaisir buccal, et voilà notre vénérable cheikh reparti dans son domaine d'expertise, avec moult détails. Ensuite, il déclare licites les relations sexuelles dans lesquelles l'homme et la femme sont tout nus, envers et contre tous les hadiths du Prophète, affirmant que la nudité engendre faiblesse et oubli...

Il termine en conseillant à la femme d'emprunter aux "filles publiques", c'est-à-dire aux prostituées, tout leur art pour séduire et satisfaire son mari. Il en parle, probablement, en expert es-prostitution. 

Décidément, islamisme et obsession sexuelle cohabitent dans l'allégresse généralisée.       


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