lundi 13 décembre 2021

Les politiciens occidentaux et leurs sponsors détruisent les peuples, et ceux-ci sont contents. Par N. BONNAL

Créature instable et périlleuse, l’occident menace le monde en se menaçant lui-même. Il a tout détruit avec le capital et les bons sentiments qui vont avec. L’impérialisme américain en phase terminale mais hystérique veut exterminer russes, chinois, iraniens et sanctionner ce qui lui résiste. Les européens (petit cap de l’Asie ou de l’Amérique ?) suivent extatiques ou éteints.  En même temps l’occident s’autodétruit rageusement à coups d’oligarchie, d’écologie, de féminisme, d’antiracisme et d’humanitarisme ; il contaminera le reste du monde comme toujours.

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Golem dérangé ou marionnette folle, on ne l’arrêtera pas comme cela, cet occident. Sa matrice garde son pouvoir d’attraction étrange en plein Kali-Yuga : rappelons Spengler pour qui le triomphe de l’empire romain était déjà celui du pas grand-chose sur le vide. Ceux qui applaudissent le crépuscule américain oublient que l’on navigue dans la matrice américaine – dans un marécage de signes qui aura tout noyé, traditions, culture, spiritualités.

On sait ce que Guénon pensait de l’occident et de sa mission civilisatrice. On va rappeler le grand hindouiste de Ceylan Coomaraswamy (s’il voyait ce qu’on a fait de son île…) qui écrivait vers 1945 :

Parmi les forces qui font obstacle à une synthèse culturelle ou, pour mieux dire, à une entente commune indispensable en vue d’une coopération, les plus grandes sont celles de l’ignorance et du parti pris. L’ignorance et le parti pris sont à la base de la naïve présomption d’une «mission civilisatrice». Celle-ci apparaît, aux yeux des peuples «arriérés», contre qui elle est dirigée et dont elle se propose de détruire les cultures, comme une simple impertinence et une preuve du provincialisme de l’Occident moderne.

Mais il ne faut pas mépriser le provincialisme américain ou occidental. Car il est résilient, insatiable, protéiforme, infatigable, et il a depuis tout corrompu avec son confort et sa propagande. Coomaraswamy écrivait il y a presque un siècle… que de progrès accomplis depuis !

Et Coomaraswamy ajoute sur l’arrogance du blanc :

A vrai dire, si l’on veut qu’il y ait sur terre un peu plus de bonne volonté, l’homme blanc devra réaliser qu’il doit vivre dans un monde peuplé en grande partie de gens de couleur (et «de couleur» signifie habituellement, pour lui, «arriéré», c’est-à-dire différent de lui-même). Et le chrétien devra réaliser qu’il vit dans un monde à majorité non chrétienne. Il faudra que chacun prenne conscience de ces faits et les accepte, sans indignation ni regret.

Comme on sait, l’occident est aujourd’hui suffisamment civilisateur pour vouloir effacer et le reste de blancs et le reste de christianisme (le fils de Coomaraswamy lamenta le concile antichrétien de Vatican II) [1]. Coomaraswamy rappelle ce complexe de maître d’école (Chesterton parlait de crèche féministe) :

Avant même de pouvoir songer à un gouvernement mondial, il nous faut des citoyens du monde, qui puissent rencontrer leurs concitoyens sans se sentir gênés, comme entre gentlemen, et non en soi-disant maîtres d’école rencontrant des élèves que l’on instruit «obligatoirement» même si c’est aussi «librement». Il n’y a plus place dans le monde pour la grenouille dans le puits; elle ne prétend juger les autres que par sa propre expérience et ses propres habitudes.

Et de se montrer polémique sur les réactions à cet occident, à une époque où l’on compte sur l’islam :

Nous avons ainsi fini par réaliser que, comme l’a dit, il y a peu, El Glaoui, le pacha de Marrakech, «le monde musulman ne veut pas de l’inimaginable monde américain ou de son incroyable style de vie. Nous (les musulmans) voulons le monde du Qoran», et il en est de même, mutatis mutandis, pour la majorité des Orientaux. Cette majorité comprend non seulement tous ceux qui sont encore «cultivés et illettrés», mais aussi une fraction, bien plus importante qu’on ne le croit, de ceux qui ont passé des années à vivre et à étudier en Occident, car c’est parmi ceux-ci qu’il est possible de trouver bon nombre des «réactionnaires» les plus convaincus. Parfois, « plus nous voyons ce qu’est la démocratie et plus nous estimons la monarchie»; plus nous voyons ce qu’est l’« égalité », et moins nous admirons «ce monstre de la croissance moderne, l’État commercialo-financier» dans lequel la majorité vit de ses « jobs», où la dignité d’une vocation ou d’une profession est réservée au très petit nombre et où, comme l’écrit Éric Gill, «d’un côté, il y a l’artiste voué uniquement à s’exprimer, de l’autre l’ouvrier privé de tout “soi” à exprimer».

Disons-le nûment, l’idéal occidental c’est du point de vue traditionnel le degré zéro de l’humain.

Coomaraswamy ajoute qu’il est bon de résister au commerce :

M. Brailsford objecte que «les seuls obstacles à l’accroissement du commerce intérieur sur une échelle gigantesque sont la pauvreté des villages et l’autarcie qui est propre à leurs plus anciennes traditions… Il existe encore maint village, où les artisans héréditaires, qui servent pour une ration de grains ou quelques arpents de terre franche, tisseront les étoffes dont il aura besoin, forgeront ses houes et tourneront ses pots».

Malheureusement, «l’accroissement du commerce intérieur sur une échelle gigantesque » n’est aucunement l’une de nos ambitions principales. Nous tenons encore (avec Philon, De Decalogo, 69) pour vérité patente que l’artisan est de valeur supérieure au produit de son métier, et nous avons conscience que c’est avant tout dans les sociétés industrielles que cette vérité est ignorée.

Le monde traditionnel est plus « démocratique » (Bernanos et Chesterton l’ont aussi compris, à propos de notre moyen âge des communes et des cités) :

…le gouvernement traditionnel de l’Inde est bien moins centralisé et bien moins bureaucratique que n’importe quelle forme de gouvernement connue des démocraties modernes. On pourrait même dire que les castes sont la citadelle d’un gouvernement autonome bien plus réel que ce qu’on pourrait réaliser par le décompte de millions de voix prolétaires. Dans une très large mesure, les diverses castes coïncident avec les corps de métier.

Et de défendre le modèle corporatif (la révolution libératrice supprima comme on sait cent jours fériés et chômés en France) :

On pourrait dire que si l’Inde ne fut pas, au sens chinois ou islamique, un pays démocratique, elle fut néanmoins la terre aux multiples démocraties, c’est-à-dire aux groupes autonomes maîtrisant pleinement toutes les questions qui sont réellement dans leur compétence, et que peut-être aucun autre pays au monde n’a été mieux formé pour l’autonomie. Mais, comme l’a dit sir George Birdwood, «sous la domination britannique en Inde, l’autorité des corporations s’est nécessairement relâchée»; la nature d’une telle «nécessité» ne supportera guère l’analyse.

Puis Coomaraswamy décrit l’horreur économique et militariste (et humanitaire, car tout vient avec dans le paquet-cadeau occidental,le bandage avec les bombes, comme dit le capitaine Villard dans le film Apocalypse now) :

La simple existence de ces grands agrégats prolétariens dont les membres, qui s’exploitent les uns les autres, prolifèrent dans des «capitales» – lesquelles n’ont plus aucun rapport organique avec les corps sociaux sur lesquels elles croissent, mais dépendent des  débouchés mondiaux qui doivent être créés par des «guerres de pacification» et sans cesse stimulés par la «création de nouveaux besoins» au moyen d’une publicité suggestive – est fatale aux sociétés traditionnelles les plus fortement différenciées, dans lesquelles l’individu possède un statut déterminé par sa fonction et, en aucune manière, uniquement par la richesse ou la pauvreté; leur existence ruine automatiquement l’individu dont l’« efficacité » le ravale au niveau de producteur de matières premières, destinées à être transformées dans les usines du vainqueur; et on s’en débarrasse en les vendant à bas prix aux mêmes peuples «arriérés» qui doivent accepter leur quantité annuelle de gadgets, si l’on veut que les affaires prospèrent.

Guénon aussi perçoit à cette époque que l’orient va craquer bien aidé par les guerres dites mondiales puis par la décolonisation (voyez notre texte sur Burckhardt).

Puis Coomaraswamy cite le fameux et si peu lu Dr Schweitzer :

Albert Schweitzer caractérise les conséquences économiques de l’exploitation commerciale (le «commerce mondial»): «Chaque fois que le commerce du bois marche bien, une famine permanente règne dans la région de l’Ogooué.» Lorsque ainsi «le commerce élit domicile dans chaque arbre», les conséquences spirituelles sont encore plus dévastatrices; la «civilisation» peut détruire les âmes aussi bien que les corps de ceux quelle contamine.

Malheureusement il y a les premiers convertis à la matrice (la jeunesse orientale nage et navigue dedans) :

Bien entendu, je n’ignore pas qu’il existe une foule d’Orientaux occidentalisés qui sont tout à fait disposés et même impatients de recevoir les dona ferentes de l’industrie sans s’attarder à examiner un seul instant ces «chevaux» donnés…

A l’époque, on résiste dans le cadre de la décolonisation (dont les effets furent pervers) :

Qu’avez-vous exactement à nous offrir, vous qui êtes si pénétrés de votre «mission civilisatrice»? N’êtes-vous point étonnés «qu’il n’y ait plus de peuple dans toute l’Asie qui ne regarde l’Europe avec crainte et soupçon», comme l’a dit Rabindranath Tagore, ou que nous redoutions la perspective d’une alliance des puissances impérialistes dont la «Charte de l’Atlantique» ne devait pas s’appliquer à l’Inde et ne s’appliquera pas à la Chine si on peut l’éviter?

Depuis on a progressé et tout a été balayé ou presque, même quand on prétend résister au nom du monde soi-disant multipolaire. Ni la Russie ni aucun pays oriental (pauvre Corée du Nord…) ne proposent de modèle alternatif. La Chine est bien compliquée – et combien peu attirante. Quant à Cuba ou au Venezuela…

Un peu de Debord pour compléter le maître, car le monde des années 2020 (ou 1980) est certainement plus effarant que celui des années quarante, hors-zone de guerre occidentale :

Hormis un héritage encore important, mais destiné à se réduire toujours, de livres et de bâtiments anciens, qui du reste sont de plus en plus souvent sélectionnés et mis en perspective selon les convenances du spectacle, il n’existe plus rien, dans la culture et dans la nature, qui n’ait été transformé, et pollué, selon les moyens et les intérêts de l’industrie moderne.

Et Debord de dénoncer justement les « inconséquents » qui croient que quelque chose du monde ancien a (ou aurait pu) subsisté :

Non seulement on fait croire aux assujettis qu’ils sont encore, pour l’essentiel, dans un monde que l’on a fait disparaître, mais les gouvernants eux-mêmes souffrent parfois de l’inconséquence de s’y croire encore par quelques côtés.

Lucien Cerise conclura logiquement :

Pour Baudrillard, la véritable apocalypse n’était pas la fin réelle du monde, sa fin physique, matérielle, assumée, mais son unification dans ce qu’il appelait le « mondial », ce que l’on appelle aujourd’hui le mondialisme, et qui signait la vraie fin, le simulacre ultime, le « crime parfait », c’est-à-dire la fin niant qu’elle est la fin, la fin non assumée, donnant l’illusion que ça continue. La Matrice, comme dans le film, si vous voulez.

Nicolas Bonnal




Sources
  • Ananda K. Coomaraswamy, Les illusions de la démocratie, in suis-je le gardien de mon frère (the bugbear of literacy), Pardes.
  • Lucien Cerise, gouverner par le chaos
  • Debord – Commentaires
  • Jean Baudrillard – La guerre du golfe n’a pas eu lieu (Galilée)

Source

Irlande : Conor McGregor s’en prend à l’UE et déclare que “la vaccination forcée est un crime de guerre”.

McGregor

Conor McGregor, légende de l’UFC, a qualifié la vaccination “forcée” de “crime de guerre” et a critiqué l’UE et ses “chiens de salon” au sein du gouvernement irlandais.

M. McGregor, premier champion du monde de l’UFC à être simultanément champion du monde des deux poids, a fait cette déclaration après que Neale Richmond, un politicien du Fine Gael, le parti au pouvoir en Irlande, a tenté de l’attaquer sur Twitter pour avoir déclaré qu’il était “temps de parler de la sortie de l’Irlande de l’Union européenne”, en essayant de retourner contre lui son célèbre slogan “You’ll do nuttin'”.

“Un partenariat économique ne devrait pas signifier une capitulation politique. Nous avons été renfloués et enfermés, et cela a été fait sans problème. Lenihan a été menacé et a plié. Le syndrome de Stockholm me vient à l’esprit”, a déclaré l’Irlandais à propos des partisans de l’UE dans son pays, faisant référence aux tristement célèbres lettres de Trichet qui ont révélé que la Banque centrale européenne (BCE) avait forcé le ministre des finances de l’époque, Brian Lenihan, à accepter un plan de sauvetage punitif en 2010.

“Le vaccin forcé est un crime de guerre”, a ajouté M. McGregor pour faire bonne mesure.

Il a développé ce point après avoir cité sur Twitter un utilisateur anonyme qui l’avait accusé de dire “des bêtises complètes” et lui avait dit de “s’en tenir à la MMA”.

“Vous pensez que forcer les gens à s’injecter quelque chose dans leur corps n’est pas un crime ? Les gens doivent avoir le droit de choisir”, a insisté McGregor.

“Une tentative de rendre le vaccin obligatoire arrive, selon le chef de l’UE. Je ne peux pas accepter cela. Je sais que nos toutous au pouvoir feront ce qu’on leur dit.”

L’ancien champion du monde poids plume et poids léger faisait probablement référence aux récents commentaires de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, protégée d’Angela Merkel, lorsqu’elle a déclaré aux journalistes : “Comment pouvons-nous encourager et potentiellement penser à une vaccination obligatoire au sein de l’Union européenne, cela doit être discuté.”

Angela Merkel elle-même a déjà verrouillé les non-vaccinés et approuvé l’idée de rendre la vaccination obligatoire, et a révélé que le Parlement allemand voterait prochainement sur son imposition. Son futur successeur, le chancelier désigné Olaf Scholz, du parti social-démocrate de gauche (SPD), soutient également cette mesure.

L’Autriche voisine, quant à elle, rend déjà les vaccins obligatoires, tandis que la Grèce les rend obligatoires pour les plus de 60 ans. Techniquement, ceux qui refusent ne seront pas “forcés” à “injecter quelque chose dans leur corps” – mais ils seront soumis à un verrouillage indéfini, à des amendes et à une éventuelle peine de prison pour ne pas s’y conformer.

Après un certain temps, M. McGregor a supprimé ses premiers tweets contre la vaccination forcée, les remplaçant par une déclaration un peu plus douce : “Forcer quelqu’un à s’injecter quelque chose dans son corps qu’il ne souhaite pas est odieusement mauvais. Je ne suis pas contre les vaccins, je suis contre le fait de ne pas avoir le choix. Que Dieu bénisse ceux qui pensent autrement.”

Plus tard, ce tweet a également été supprimé, mais il a ensuite partagé un article de son site Web, The Mac Life, qui cite plusieurs de ses déclarations sur Twitter.

Auparavant, McGregor a expliqué qu’il “tweete et supprime” les déclarations controversées parce qu’il n’aime “pas garder la négativité sur mes chaînes.”

“Je dirai toujours ce que j’ai besoin de dire, cela est rapporté/répandu, puis je le supprime de ma page. C’est fait et c’est terminé”, a-t-il déclaré.

Source : https://www.breitbart.com/europe/2021/12/06/conor-mcgregor-slams-eu-declares-forced-vaccine-is-a-war-crime/

NOTES de H. Genséric

L'Occident a été (et continue à être) un expert de la "civilisation" judéo-chrétienne qui se traduit souvent par le génocide des populations à civiliser et à christianiser. Il serait inutile de rappeler tous les pays et continents dont les populations ont été massacrées jusqu'au dernier, pour les remplacer par des blancs. Aujourd'hui, dès qu'on parle d'immigration, les mêmes blancs poussent des cris de vierges effarouchées en invoquant le Grand Remplacement. Ils oublient un peu vite qu'ils sont et ont été les SEULS à pratiquer cette politique génocidaire à travers les siècles.  Les immigrés noirs ou arabes n'ont pas, à ma connaissance, l'intention de massacrer les populations européennes.  Les vaccins obligatoires tueront sans distinction blancs et non blancs, immigrés et aborigènes . H.G.

L'origine de cette pratique de destruction systématique d’un groupe ethnique constitue  l’une des caractéristiques de la civilisation occidentale. Selon de nombreux historiens, depuis l’antiquité, l’extermination d’un groupe d’adversaires (combattants ou non) et parfois de toute une communauté ethnique, dans les heures ou les jours qui suivent la bataille, est un des usages les plus habituels des collisions armées en Occident.

Ainsi, par exemple, pour Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.), disciple d’Aristote et modèle classique de l’homme d’État éclairé, « la stratégie de la guerre signifiait non pas la défaite de l’ennemi (…) mais, comme son père le lui avait enseigné, l’anéantissement de tous les combattants et la destruction de la culture même qui avait osé s’opposer à sa domination impériale. (…) Les carnages sur lesquels on est le mieux renseigné sont ceux de Tyr et de Gaza en Phénicie. (…) Après un siège de deux mois, Alexandre laissa ses troupes massacrer la population [de Gaza] à volonté. Tous les hommes furent exterminés. Près de 10 000 Perses et Arabes périrent. Les milliers de femmes et d’enfants capturés furent vendus en esclavage. Alexandre fit ligoter Baïtis, le gouverneur de Gaza, lui fit percer les chevilles pour y passer des lanières et le fit traîner autour de la cité, à la manière d’Achille, jusqu’à expiration de la victime suppliciée.  »

Dans la Bible, l’un des livres fondateurs de la civilisation judéo-chrétienne, Josué, successeur de Moïse et conquérant de la Terre promise, fait preuve d’une semblable dureté lors de la prise de Jéricho : « Le peuple monta vers la ville, chacun devant soi, et ils s’emparèrent de la ville. Puis ils vouèrent à l’anathème tout ce qui était dans la ville, depuis l’homme jusqu ’à la femme, depuis le jeune jusqu ’au vieux, et jusqu ’au bœuf, au mouton, à l’âne, passant tout au fil de l’épée. (…) Alors on brûla tout par le feu, la ville et tout ce qui avait en elle.  »

Josué et ses troupes se montrent aussi impitoyables à l’égard des habitants de Aï : « Ils les battirent au point de ne leur laisser ni un survivant, ni un réchappé. » Quand ils eurent achevé de « tuer tous les habitants de Aï, dans la campagne, dans le désert où ceux-ci les avaient poursuivis, et qu ’eux tous, jusqu ’à extinction, furent retombés sous le fil de l’épée, alors [ils] revinrent vers Aï et la frappèrent au fil de l’épée. Le total de ceux qui tombèrent en ce jour-là, tant hommes que femmes, fut de douze mille, tous gens de Aï . » Puis ils s’emparent « de tout le pays de Qadès-Barnêa jusqu’à Gaza, de Goshén jusqu’à Gabaon ». A chaque fois, c’est l’abattoir, l’étripage, l’hécatombe car il s’agit de faire place nette pour les nouveaux arrivants : « Toutes les dépouilles de ces villes et le bétail [ils] les prirent comme butin pour eux ; mais ils battirent tous les hommes au fil de l’épée jusqu ’à les exterminer, ils ne laissèrent aucun être animé   »

Si même les héros grecs et ceux de la Bible, références des hommes de la Renaissance, peuvent avoir un tel comportement, pourquoi les guerriers occidentaux du XVIe siècle ne se montreraient-ils pas aussi impitoyables ? Surtout face à des « sauvages » dont on se demande même s’ils ont une âme et s’ils relèvent du genre humain. C’est ce que se disent les conquistadors espagnols et portugais en partant à l’assaut des civilisations du Nouveau Monde qu’ils vont démolir dans une sorte de boucherie universelle.

Ces peuples d’Amérique livrés aux cruautés les plus barbares et les plus raffinées soulèveront l’indignation de Las Casas  et de Montaigne. Saisi d’une immense pitié pour les victimes, celui-ci dénoncera : « Tant de villes rasées, tant de nations exterminées, tant de millions de peuples passez au fil de l’espée et la plus riche et belle partie du monde bouleversée pour la négociation des perles et du poivre.  »

La conquête des Indes préfigure l’expansion coloniale  des États européens qui s’accompagnera d’exterminations multiples. Elle relancera au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, à une échelle hallucinante, le trafic d’esclaves africains vers les plantations des Caraïbes et des Etats-Unis. En termes quantitatifs, la traite constitue la plus cruelle extermination d’êtres humains de l’histoire. On estime à 20 millions le nombre d’Africains victimes de la traite, vendus comme esclaves. Et pour chaque esclave parvenu en Amérique, il faut en compter cinq tués dans les chasses à l’homme en Afrique ou morts en mer.

On put un instant penser qu’avec l’évolution des mœurs et les progrès du droit - Habeas corpus prohibition de la torture, déclaration des droits de l’homme et du citoyen, abolition de l’esclavage, conventions de Genève (la première fut signée en 1864…) -, ces pratiques d’extermination cesseraient. Il n’en fut rien. Et des historiens ont même pu qualifier le XXe siècle de « siècle des génocides ». 
Source :
Le Monde diplomatique , septembre 2004.

 

6 commentaires:

  1. Merci Hannibal : regardez cette vidéo sur la confiscation immobilière en occident.
    https://www.youtube.com/watch?v=OMxzZt7jvfQ

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  2. J'ai trouvé sur le net :
    https://pedopolis.com/2020/03/17/le-viol-rituel-le-sacrifice-denfants-et-lutilisation-de-ladrenochrome-sont-ils-une-theorie-du-complot/

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  3. oui Hannibal c le theme de la CULTURE DU CARNAGE. Voir livre homonyme.

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    1. Russie : « Si l'OTAN ne donne pas de garanties de sécurité, notre réponse sera militaire » Le chef d'état-major général des forces armées russes ETRANGEMENT a annoncé aujourd'hui que "95 % des forces nucléaires russes sont prêtes à être utilisées au combat".

      Russia: "If NATO Fails to Give Security Guarantees, Our Response will be Military"
      Chief of General Staff of Russian Armed Forces STRANGELY announced today "95% of Russian nuclear forces are ready for combat use."
      https://halturnerradioshow.com/index.php/en/news-page/world/russia-if-nato-fails-to-give-security-guarantees-our-response-will-be-military

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    2. J'avais abordé ce sujet dans :

      Les premiers promoteurs historiques du Génocide en sont les seuls bénéficiares

      Delenda est Carthago, « Carthage doit être détruite ! » pourrait être la première incitation au génocide enregistrée par l’histoire. Ce furent les mots de Caton le Censeur (Marcus Porcius), dans l'un de ses derniers discours au Sénat en 149 avant J.C. devant une délégation de Carthage.
      Le premier génocide historiquement prouvé : Carthage, 146 A.J.C.
      Delenda est Carthago, « Carthage doit être détruite ! » pourrait être la première incitation au génocide enregistrée par l’histoire.
      Ce furent les mots de Caton le Censeur (Marcus Porcius). Un de ses derniers discours au Sénat en -149, devant une délégation de Carthage, fut crucial : « Qui sont ceux qui ont souvent violé le traité ? ... Qui sont ceux qui ont fait la guerre de la manière la plus cruelle ? ... Qui sont ceux qui ont ravagé l’Italie ? Les Carthaginois. Qui sont ceux qui demandent le pardon ? Les Carthaginois. Voyez comment il convient d’accueillir leur demande. ». Les délégués carthaginois n’ont pas eu le droit de réponse. Rome a bientôt entrepris un siège de la cité la plus riche du monde qui a duré trois ans. Sur une population de 200.000, au moins 150.000 Carthaginois ont péri. Polybe, qui a participé à la campagne, a confirmé que « le nombre des morts était incroyablement élevé » et les Carthaginois « totalement exterminés ». En -146, les légions romaines conduites par Scipion Émilien, l’allié de Caton et beau-frère de son fils, ont rasé la cité, et envoyé en esclavage les 55.000 survivants, dont 25.000 femmes. Plutarque conclut : « L’annihilation de Carthage ... a été essentiellement due à l’avis et aux conseils de Caton». Carthage est détruite et brûle pendant dix jours. La cité est rasée la même année que Corinthe. Son emplacement est maudit et l’on a longtemps affirmé que du sel y aurait été rituellement déversé pour stériliser le sol. L’ordre sénatorial était : « Il est décidé que les villes qui se sont alliées de manière constante avec l’ennemi doivent être détruites » (Appien, Histoire romaine, 8.135). Par conséquent, les Romains ont rasé cinq cités alliées de Carthage et ont exterminé leurs populations : Tunis, Bizerte, Hermaea (El-Haouaria), Néapolis (Nabeul) et Aspis (Kélibia) (STRABON, 17.3.16).

      https://numidia-liberum.blogspot.com/2014/03/le-genocide-est-une-vieille-tradition.html#more

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  4. Zola lui-même constate dans le Bonheur des dames le facile conditionnement de la masse occidentale moderne : https://nouveau-monde.ca/vaccination-universelle-emile-zola-et-le-conditionnement-moderne/

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