vendredi 19 février 2016

La stratégie secrète de Poutine, ou comment faire tomber le « Mur » du coté occidental

Poutine a une vision Gaullienne et tsariste de son action. Il veut laisser une trace historique de son passage, au même titre que Pierre le grand et Catherine II. Et son action à lui sera de redonner à la Grande Russie sa gloire, sa puissance et son influence sur le reste du monde et surtout se venger de l’affront fait à la Grande Russie.
Mais pour cela, sa première tâche sera justement d’effacer les taches du passé. Et quand on parle de « tache » il ne s’agit pas des méfaits du communisme et son cortège de goulag, de famines et autres exactions politiques, mais bien de vexations, spoliations et autres brimades faites à la mère patrie.
Deux taches assombrissent le passé glorieux de son pays, la première c’est l’Afghanistan, et l’autre c’est l’éclatement de l’URSS. Attention ce qui est vexant ce n’est pas la chute du Mur et la disparition du communisme, mais bien la disparition de l’union des républiques et la course à l’indépendance des faux frères.
La première des vexations a été l’Afghanistan, dit le « Vietnam du communisme ». Cette défaite qui a marqué psychologiquement tant de jeunes recrues de l’armée russe au point de les faire ressembler aux milliers de « fous américains » revenus marqués à vie du Vietnam. Et Poutine en tant que soldat ne peut pas être insensible à ces ravages. Donc l’un des premiers combats de Vladimir sera de faire « oublier » l’Afghanistan en se vengeant de ceux qui ont, en douce, armé les rebelles et permis la défaite soviétique, à savoir les USA. Mais Poutine a aussi appris que jouer avec les afghans n’est pas aussi facile que cela. Ils sont imprévisibles et peu fiables, aussi ne tombera-t-il pas dans le même piège que les ricains, et donc il n’aidera pas les talibans. Lui son truc c’est d’abord d’assurer l’enlisement des occidentaux, puis un jour, de revenir là-bas en tant que libérateur. Il a le temps pour lui. Et puis l’idée de voir bloquée une partie des forces américaines dans ces coins reculés, ne lui déplait pas. Il se dit que cela fera toujours ça de moins chez lui, ou au pire, pompera une partie substantielle du budget de la défense américaine
Sa vision de la reconquête du prestige perdu va au delà d’un simple conflit local entre fous de Dieu et trafiquants de drogue, et accessoirement politiciens corrompus. Il veut le respect (voire la crainte) du reste du monde. Donc il attend son heure.
Sa deuxième tâche (dans les deux sens du terme) sera par contre tout à fait locale, c’est la restauration de l’empire perdu et surtout la vengeance de l’infamie que l’occident a fait subir au peuple russe a travers la chute du mur et surtout la déchéance des citoyens russe qui se sont retrouvé par milliers au bord de la faillite, à l’image d’un Eltsine alcoolique et ridicule. C’est cette phase que nous somme en train de voir actuellement.
Un petit rappel des causes de la chute du « mur de Berlin », pour bien comprendre la stratégie future du président russe. Les américains avaient concocté un plan diabolique pour faire tomber le régime soviétique. Ce plan était en 2 phases : premièrement pousser le régime à faire des dépenses de guerre de plus en plus faramineuses (voir Reagan et sa course à la « guerre des étoiles »). Deuxièmement, faire s’effondrer le prix du pétrole qui était la manne principale de l’URSS en matière de financement du pays. Ainsi au bout d’un moment, le régime se retrouvait obliger d’utiliser toutes les ressources tant humaines que matérielles et financières pour tenter de suivre la course aux armements sophistiqués, délaissant du coup, l’autre fonction de l’Armée Rouge à savoir le contrôle des états et des républiques satellites. Et il arriva ce que vous savez.
N’oublions pas que les ricains n’avaient pas de problèmes de financement puisque ce sont eux qui détiennent le dollar et donc peuvent imprimer des billets à tout va. Et visiblement ce stratagème a parfaitement réussi. Tellement même que Poutine va s’en inspirer pour monter sa vengeance.
A ce stade on peut déjà entrevoir les deux directions que va prendre Poutine. Une : pousser les américains à faire des guerres un peu partout, histoire non seulement de les occuper mais surtout de les pousser à la dépense pour mener toutes ces guerres. Deux : affaiblir le dollar. A cela on pourrait rajouter un troisième point, celui de la vengeance « tchétchène » à savoir engluer l’occident avec des terroristes islamiques ingérables et sanguinaires, pour un jour apparaître aux yeux de l’Europe comme seul recours pour nous sauver d’alqaida et autres aqmil.
Regardons plus en détail la stratégie russe
1 – Préambule :
Poutine semble avoir comme règle de base de ne jamais jouer le premier coup, mais de se baser sur les coups de l’adversaire et s’appuyer sur la force générée pour l’utiliser justement contre l’adversaire. C’est le principe de base de l’aikidohttp://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AFkido
Ensuite on peut constater que sa stratégie s’est affinée au fur et à mesure
2 – Stratégie des mini guerres locales et implications dans le printemps arabe.
En dehors de l’Afghanistan et peut-être d’autres pays dont on ignore l’implication réelle des russes (surtout en Iran), on peut considérer que la stratégie de Poutine a été mise en place avec le début du Printemps arabe. Toutefois il est indéniable que la guerre libyenne a été un semi échec pour le président russe. Echec parce qu’il n’a pas pu sauver Khadafi et donc il a été chassé des ressources et des contrats du pays, mais réussite car il a obligé l’occident a le faire rentrer dans le jeu, même si c’était uniquement pour voter le bombardement de Tripoli. Pour lui le plus important c’est que par la suite les ricains devront traîner le boulet russe dans leur stratégie. Et avec la Syrie, cela va peser très lourd.
Pour la Syrie la stratégie a été plus délicate, car elle interdit la défaite de type libyenne pour les russes. En plus de liens historiques avec la famille Hassad, la Syrie représente pour la Russie, surtout un port sur la Méditerranée et donc une présence militaire dans cette zone. Mais on peut aussi considérer que l’occident a fait les erreurs prévues par Poutine, à savoir d’abord s’allier avec le diable islamiste, ensuite créer un front au nord d’Israël, et donc affaiblir ce dernier si l’envie lui prenait d’attaquer l’Iran. Israël, contrairement aux USA, n’a pas les capacités de gérer ces 2 fronts en même temps.
En tout cas, dans cette affaire syrienne, Poutine a enregistré ses deux premières victoires, l’une diplomatique avec le fait de devenir le passage obligé à toute résolution du conflit, et l’autre militaire en empêchant les américains de bombardé la Syrie après la fausse affaire du gaz. En plus on en connaît pas l’exacte étendue de cette victoire militaire, puisque certains parlent même de tir de missiles US détruits par les russes. Aujourd’hui il apparaît que la victoire de Poutine se dessine de façon de plus en plus précise. Cette victoire attendue pourrait bine être même l’origine du déclenchement rapide de l’affaire ukrainienne par l’occident.
3 – Ukraine ou le jeu étrange de Poutine
Pour comprendre la position du président russe, il faut d’abord réaliser que nous assistons, avec l’affaire ukrainienne, à un retournement complet de la stratégie américaine, qui a décider d’attaquer de front son ennemie congénital (l’anti-communisme atavique et obscurantiste des américains est toujours aussi présent).
Cette attaque se fait sur 2 fronts, l’un guerrier, et l’autre économique au travers de sanctions décidées unilatéralement sans aucun fond juridique.
Or cette situation va permettre à Poutine d’abattre son second volet, à savoir celui de l’attaque financière de l’occident. Et aujourd’hui nous somme au début de cette stratégie. Elle se fait selon plusieurs points :
1 – Mettre a mal l’économie de l’Ukraine, obligeant l’occident à investir des sommes importantes dans ce puits sans fond.
2 – Obliger l’Europe a prendre position contre la stratégie économique des USA envers la Russie
3 – Apparaître comme affaibli, c’est-à-dire martyr victime de l’impérialisme américain afin de faire peur aux pays de la BRICS (surtout la Chine) et les pousser à se détacher de façon plus visible de l’hégémonie du dollar.
4 – Faire peur aux occidentaux pour les pousser à se réfugier dans l’or. Cette stratégie sera la plus catastrophique pour les américains car ces derniers ont triché avec les réserves d’or en délivrant plus de certificats qu’ils ne possèdent de lingots. Et quand on sait que la Russie est la première réserve minière d’or au monde.
Sur le plan militaire, la Russie joue la force tranquille. Elle est chez elle, elle possède une puissance militaire 20 fois supérieure à celle de l’Ukraine. Mais en même temps elle ne peut intervenir qu’en position de sauveur du peuple et non en tant que force occulte de séparatistes. Donc elle est obligé d’attendre et surtout d’attendre un drame majeur.
A moins bien sur qu’entre temps les USA se retrouvent en difficulté financière suffisante pour abandonner l’Europe aux mains des russes. Et c’est bien ce qui va se passer.

  maria luis

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Source : http://documentinterdit.com/news/la-strategie-secrete-de-poutine-ou-comment-faire-tomber-le-mur-du-cote-occidental/

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