mardi 15 septembre 2026

Mohsen Rezaei : ‘Nous avons la capacité de couler un porte-avions américain, le Hezbollah humiliera Israël’

 

Entretien intégral de Mohsen Rezaei, Secrétaire du Conseil Suprême de Sécurité Nationale, conseiller militaire du Guide Suprême et ancien commandant-en-chef des Gardiens de la Révolution, avec la télévision nationale iranienne, le 15 Shahrivar 1405 (6 septembre 2026), sur les derniers développements régionaux, la situation du détroit d’Ormuz et l’adoption de nouvelles stratégies pour contrer d’éventuels mouvements.

· L’Iran impose de nouvelles restrictions dans le détroit d’Ormuz

· La menace de couler des porte-avions américains

· Les conditions de la négociation avec les Etats-Unis

· Le Hezbollah, allié stratégique de l’Iran, décimera Israël

· Les menaces de Netanyahou et l’unité du peuple iranien

· Le djihad économique peut faire de l’Iran une puissance majeure

JOURNALISTE : Dans cette émission, nous allons nous entretenir avec le docteur Mohsen Rezaei, honorable Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale où il représente le Guide vénéré de la Révolution. Nous évoquerons son rôle au sein du Conseil suprême de sécurité nationale, la situation sur le terrain, le domaine de la diplomatie, la situation du détroit d’Ormuz, et bien sûr des prévisions sur les événements à venir. Monsieur le docteur, je vous salue.

REZAEI : Merci beaucoup de m’avoir de nouveau fourni cette occasion. Je suis à votre service pour mener cet entretien. Portez-vous bien.

L’Iran impose de nouvelles restrictions dans le détroit d’Ormuz

JOURNALISTE : Merci. Je suis au service de Votre Excellence. Je vous remercie beaucoup. Pour que nous menions cet entretien de manière très concrète et rapide, si vous êtes d’accord, commençons par le sujet du détroit d’Ormuz, pour savoir quelle est actuellement la situation du détroit d’Ormuz. Voyez-vous, les Américains et les conseillers du président américain affirment, dans de nombreuses interviews, que le détroit est ouvert et que le passage s’y déroule normalement. En est-il ainsi ?

REZAEI : Au nom de Dieu, le Tout Clément, le Tout Miséricordieux. Voyez-vous, après que M. Trump s’est retiré du protocole d’accord d’Islamabad, nous avons fait, en gros, un bilan d’environ un an de péripéties et d’affrontements, et nous sommes arrivés à la conclusion que nous devions adopter de nouvelles stratégies, de nouvelles approches, tant sur le plan de la guerre, sur le plan des négociations que sur le plan de la guerre économique. Par conséquent, le retrait de l’Amérique du protocole d’accord d’Islamabad nous a placés sur une voie tout à fait nouvelle.

Le premier changement qui s’est produit concerne la question du détroit d’Ormuz. Le détroit d’Ormuz est complètement fermé. C’est un grand mensonge que de dire le contraire. Pourquoi ? Parce qu’avant la fermeture du détroit d’Ormuz, avant ces guerres récentes, plus de cent navires par jour transitaient par ici. Plus de cent millions de tonnes de marchandises sortaient de cette région chaque jour. Des milliards de dollars transitaient par le détroit d’Ormuz.

Eh bien, aujourd’hui le détroit d’Ormuz ne voit transiter qu’environ 7 à 8 navires par jour, dont la plupart transportent des produits médicaux et des biens de première nécessité que nous importons nous-mêmes. Parce que, vous le savez, ce blocus maritime que les Américains ont mis en place n’a pas le droit d’interférer avec l’entrée de biens de première nécessité et de produits médicaux.

Oui, parfois les Américains viennent par des passages maritimes reliés à la côte d’Oman. Il y a là un passage, il y a un corridor. Ils ont mis à contribution une partie de leurs intermédiaires. Ils dépensent des sommes considérables. Ils essaient d’éteindre tous ces appareils [de géolocalisation] pendant la nuit. Ils font passer 5 ou 6 navires. En général, ceux-là se font intercepter. Bien sûr, nous n’avons pas encore décidé de les frapper, parce que ce sont des pétroliers, porteurs de matières pétrolières. Et si l’on venait à polluer tout le détroit d’Ormuz et le golfe Persique, cela nous créerait un problème à nous-mêmes. Mais aucun d’entre eux ne repart indemne. Ils finissent tous par subir un dommage. Un dommage leur est infligé. Mais cela ne signifie pas pour autant que le détroit d’Ormuz est ouvert.

Les centaines de navires, les millions de tonnes de marchandises, où sont-ils ? D’abord, nous-mêmes, sur ces 7 à 8 — ou 5, 6 navires — qui nous appartiennent, nous importons des biens de première nécessité. Nous importons des produits médicaux. C’est donc là un grand mensonge.

Nous sommes en train de changer la situation. Ainsi, à partir de maintenant, dans les jours et les semaines à venir, si Dieu le veut, nous annoncerons une zone interdite étendue en dehors du détroit d’Ormuz, qui commencera à partir de la ligne de blocus de la marine américaine, jusqu’à cette même zone du détroit d’Ormuz, et de là, elle ira à l’intérieur du golfe Persique.

Qu’est-ce que sera cette zone ? Nous déclarerons cette zone comme zone interdite. C’est-à-dire que tout navire qui entrera dans cette zone dans l’intention de transiter par le détroit d’Ormuz, et qui sera repéré, nous le placerons sur la liste des sanctions. Maintenant, que signifie « liste des sanctions » ? Nous avons dans le monde entier un point unique où nous pouvons imposer des sanctions à de nombreux pays, et c’est précisément cette zone du golfe Persique.

C’est-à-dire que si nous constatons désormais que des navires, que ce soit du côté ouest du détroit d’Ormuz, ou du côté est du détroit, sont en mouvement, sans être encore entrés dans le détroit d’Ormuz, mais s’apprêtant à venir s’arrêter quelque part avant de transiter, nous lui donnerons l’ordre de s’arrêter là où il se trouve. S’il viole cette consigne, nous avons le nom du navire, nous avons le propriétaire du navire, celui qui a loué le navire — nous mettons cela sur la liste des sanctions, nous le lui annonçons, il aura des problèmes d’assurance, ses coûts d’assurance vont énormément augmenter, et par ailleurs il saura que s’il transite de nouveau par ici, ou s’il revient ici, il tombera entre nos mains. Beaucoup de ces navires — environ 80-90 % de ces navires — ne font pas qu’un seul passage pour repartir ensuite ; en général, quand ils entrent ou quand ils sortent, ils reviennent généralement, parce qu’une part énorme du commerce mondial, en particulier de pétrole et de gaz, se trouve ici. Par conséquent, le détroit d’Ormuz deviendra, dans cette région, un point de contrôle des navires sanctionnés par l’Iran.

JOURNALISTE : Sanctionné, cela signifie-t-il que même avec toute l’escorte (américaine), le navire n’aura plus la possibilité de circuler par la suite ?

REZAEI : S’ils n’en font qu’à leur tête, eh bien pourquoi pas ? Il se peut, par exemple, qu’ils viennent donner des explications ou avancer des arguments ; il se peut, par exemple, que sur 10-15 navires, ils en écartent certains, mais 90% resteront sur la liste. Alors, quelle est la différence par rapport à la situation actuelle ? Actuellement aussi, si un navire dit vouloir transiter, quelle est la différence avec le fait d’être sur la liste des sanctions ? C’est-à-dire qu’en dehors du périmètre du détroit d’Ormuz, à partir de la ligne de blocus des Américains, jusqu’à l’endroit où ils vont chercher la marchandise pour venir transiter. Ainsi, nous étendons ce domaine et ce champ, réellement : dans les faits, nous sommes en train de créer une nouvelle zone, complémentaire au détroit d’Ormuz, où il se peut que nous n’attaquions pas, que nous ne tirions pas de missile, mais nous mettrons tout navire qui s’y trouve sans autorisation sur la liste des sanctions. Nous disons « liste des sanctions », nous le mettons sur la liste des sanctions. « Liste des sanctions » signifie que nous sommes le seul point où nous pouvons réellement et effectivement sanctionner de nombreux pays, et c’est là, dans le détroit d’Ormuz ; par conséquent, toute violation, tout acte que nous considérerons comme criminel, nous pourrons le mettre sur notre propre liste de sanctions, et si un jour ils veulent transiter par le détroit d’Ormuz, nous les saisirons ici. Ici nous pouvons agir, pourquoi ne le ferions-nous pas ? Par rapport au passé, nous apportons des changements, tant du point de vue du durcissement —nous renforçons nos mesures — que du point de vue de la création d’une zone interdite et sanctionnée en dehors du détroit d’Ormuz, à l’ouest de la région.

Beaucoup de ceux qui travaillent dans la logistique et le transport maritime disent que l’effet de ces mesures est plus important que celui des missiles iraniens, et qu’ils ont observé et constaté que l’Iran, sans même tirer de missile, en mettant simplement un navire ou une compagnie sur sa propre liste de sanctions, empêche que ceux qui voudraient un jour transiter par le détroit d’Ormuz puissent le faire, ou bien nous devons leur ajouter des conditions. C’est cet interdit nouveau que nous sommes en train d’ajouter au détroit d’Ormuz, et cela aura une durée.

JOURNALISTE : Cette zone interdite, cela signifie-t-elle qu’elle est en place jusqu’à un certain moment ?

REZAEI : Oui, cette zone interdite durera aussi longtemps que dure le blocus naval américain, ainsi que les pressions ou les manquements que commettent les Américains. C’est là le premier changement. Donc, concernant le détroit d’Ormuz, contrairement à ce que dit Trump comme quoi il serait ouvert, il est complètement fermé ; et d’autre part, nous cherchons à faire peser une pression plus lourde sur l’Amérique, pour qu’elle reconnaisse le droit du peuple iranien. C’est là le premier changement que j’ai mentionné : nous sommes, depuis que l’Amérique s’est retirée du protocole d’accord d’Islamabad, en train de modifier entièrement nos comportements. Le premier changement, nous l’avons entamé dans le détroit d’Ormuz : cette semaine, nos pressions se sont considérablement alourdies envers ceux qui voudraient transgresser nos règles dans le détroit d’Ormuz ; et notre projet, que nous sommes en train d’élaborer actuellement, est de définir le système de circulation dans le golfe Persique et la mer d’Oman à l’intérieur de la nouvelle zone interdite.

JOURNALISTE : Et du fait de tous les événements qui pourraient survenir, une famine pourrait-elle se produire comme le prétendent certains ?

REZAEI : Eh bien, c’est un grand mensonge. Pourquoi ? Parce que notre gouvernement y songe depuis longtemps déjà, et nous disposons actuellement de réserves suffisantes de produits médicaux et de biens de première nécessité. Deuxièmement, ils disent par exemple que l’Iran ne peut pas vendre son pétrole : comment l’Iran ne pourrait-il pas vendre son pétrole ? Nous, dans cette même période où le blocus a été levé lors des négociations, dès la première semaine, nous avons vendu quatre-vingts millions de barils de pétrole ; chaque jour nous vendons un million, un million et demi de barils, comme si la production et le commerce pétroliers de l’Iran étaient à leur niveau habituel. Est-ce qu’avant nous vendions plus d’un million de barils par jour ? L’argent nous parvient-il ? L’argent nous parvient, nous n’avons aucun problème de ce côté. Donc, ce qu’on dit — que le pétrole iranien serait coupé — je ne sais pas d’où sort ce qu’ils disent, cela n’existe pas. Nous, dans toute cette période, en l’espace d’à peine une semaine, dès le début de l’accord signé, nous produisions quatre-vingts millions de barils de pétrole par semaine ; nous ne pouvions pas ne pas les produire ; nous avions acheté des navires, nous y avions stocké le pétrole. Depuis que le blocus a été levé, ces navires sont sortis. Où sont-ils ? Ils sont sur le lieu de vente. C’est là un sujet de débat : si le pétrole se vendait et que l’argent nous parvenait aussi, cela devrait ajuster un peu le prix de la devise et du dollar à l’intérieur du pays, les variations du taux de change ne devraient pas se produire ; je considère qu’une grande partie de cette affaire relève de la guerre psychologique que M. Trump a mise en place. Je suis en train de l’expliquer maintenant : donc, nos réserves de marchandises sont à leur place, et le pétrole aussi, que nous continuons à vendre comme prévu ; nous ne subissons aucun incident à cet égard.

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La menace de couler des porte-avions américains

Nous sommes en train de changer la manière de briser le blocus, et cela, bien sûr, se rattache aussi au changement dans notre comportement en matière de guerre. Cet exemple que je veux donner concerne également cela : avec la rupture du blocus, nous avons pu, pour la première fois depuis la guerre des douze jours jusqu’à maintenant — il y a de cela trente-huit heures —, tester notre premier missile anti-porte-avions au-dessus d’un porte-avions américain. Un véritable enfer s’est déclenché.

JOURNALISTE : Un missile balistique ?

REZAEI : Un missile spécial. Maintenant les porte-avions se sont enfuis. L’incident est d’une ampleur telle que le Central Command (CENTCOM) n’a pas pu le nier : il a reconnu ce fait. Et ils ont sauvagement réagi : ils sont venus attaquer deux de nos navires, dont l’un était vide et l’autre transportait du pétrole ; ils sont venus les attaquer. Nous avons annoncé que nous riposterions : voyez, telle est notre puissance ; alors, il vaut mieux que vous vous ressaisissiez, M. Trump, et que vous veniez accorder les droits de notre peuple. Parce que, Monsieur Trump, nous savons que des milliers d’Américains se trouvent à bord d’un porte-avions ; pour qu’ils croient à notre menace, nous avons procédé à ce tir. Alors, qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que le blocus maritime est vulnérable. Ce premier test que nous avons mené montre à la fois que notre guerre est en train de se transformer, et montre aussi que nous ne pouvons plus tolérer le blocus.

D’un autre côté, un autre changement qui s’est produit dans le temps est que, tant notre gouvernement que nos commerçants, sont maintenant sérieusement mobilisés pour se demander : pourquoi avons-nous rendu le commerce iranien dépendant uniquement de la mer ? Autour de l’Iran, il existe quinze pays voisins : c’est-à-dire que l’Iran fait partie des pays exceptionnels du monde qui ont le plus de voisins et le plus de connexions à l’est, à l’ouest, au nord, au sud, etc. Pour cette raison, des corridors, des routes, se forment rapidement, afin que nous puissions étendre largement nos exportations par des voies autres que le sud, et avancer précisément dans cette direction. Donc, sur la question du blocus économique aussi, nous faisons avancer nos affaires, et dans les jours et semaines à venir, notre position sera certainement meilleure, si Dieu le veut.

Les conditions de la négociation avec les Etats-Unis

JOURNALISTE : Votre Excellence a toujours souligné les changements nécessaires qui doivent survenir dans le domaine de la diplomatie. Comment est notre situation en diplomatie ? La diplomatie est-elle actuellement à l’arrêt ?

REZAEI : Nous avons aussi changé la diplomatie. Le grand problème que nous avons eu dans les négociations du protocole d’accord d’Islamabad était la garantie. Nous avions fait confiance aux intermédiaires pour l’Iran, mais dans la pratique, il s’est avéré qu’ils ne pouvaient pas fournir de garantie : c’est-à-dire notre confiance envers nos amis au Pakistan, ou au Qatar, ou à Oman ; eh bien, en effet, ceux-là sont venus comme intermédiaires, car l’une des fonctions du médiateur est que, si quelqu’un enfreint l’accord, on l’en empêche. Or, Monsieur Trump violait l’accord à répétition, mais personne n’est venu l’en empêcher. Ensuite, il s’est retiré du protocole d’accord. Il y avait même un comité de règlement des différends : si Trump avait une plainte, il devait en référer au Premier ministre du Pakistan et à l’émir du Qatar, car ces deux personnes présidaient le comité de règlement des différends. Il était donc clair que nous avions un problème en diplomatie : la garantie n’existait pas, pas même à un niveau minimum. Nous poursuivons maintenant la diplomatie en disposant d’une garantie : c’est-à-dire que, premièrement, nous avons posé une condition selon laquelle les Américains doivent nous prouver qu’on peut leur faire confiance ; tant que cette première condition n’est pas remplie, nous n’entrons pas dans la deuxième phase. Donc, l’une des garanties, c’est d’imposer l’établissement de la confiance.

JOURNALISTE : Maintenant, concrètement, en ce qui concerne l’établissement de la confiance, avons-nous réellement le droit de ne pas faire confiance à l’Amérique ? Pourquoi avons-nous ce droit ?

REZAEI : Parce que, depuis que les Américains sont venus remplacer les Britanniques dans la politique étrangère de l’Iran, c’est-à-dire après les coups d’État contre M. Mossadegh et le mouvement de nationalisation du pétrole, qu’ils ont anéanti, à ce moment-là, les Américains sont venus s’installer dans la politique étrangère de l’Iran. Depuis ce moment-là jusqu’à aujourd’hui, les Américains n’ont jamais respecté leurs engagements ; ils ont toujours été contre notre peuple. Même le Shah, qui s’était réfugié en Amérique sous la pression de la Révolution, ils l’ont forcé de quitter leur pays [pour l’Egypte] ; si ce Shah était retourné aux Etats-Unis, vous auriez vu, deux ou trois mois plus tard, quel sort ils lui auraient réservé, bien qu’il ait été leur propre créature. Pourquoi ? Parce qu’ils ont une politique, en ce qui concerne l’Iran et le peuple iranien, qui veut que l’Iran et le peuple iranien soient entièrement entre leurs mains, et là il s’agit d’un genre de servitude : quoi qu’ils disent, il ne faut rien faire d’autre que cela. Rien d’autre que cela : c’est ce qu’ils ont toujours voulu. Après la Révolution, ils sont devenus encore pires. Après la Révolution, ils ont fait un coup d’État, ils ont mené une guerre contre nous [via Saddam Hussein]. Nous avons le droit de nous méfier de l’Amérique. Nous avons négocié, nous avons une diplomatie, mais nous avons le droit de mener notre propre diplomatie.

Maintenant, les Américains eux-mêmes disent aussi qu’on ne peut pas faire confiance à l’Iran. Or ils mentent. Nous sommes, en termes de confiance dans le monde, parmi les premiers. Pourquoi ? Parce que jusqu’à présent nous n’avons attaqué aucun pays ; aucune frontière politique d’un autre pays n’a été remise en question par nous ; nous avons respecté tous nos engagements internationaux. Qui s’est retiré du JCPOA [accord sur le nucléaire iranien] ? L’Amérique s’est retirée. Qui a rompu le protocole d’accord d’Islamabad, un simple document qu’ils avaient eux-mêmes signé ? Alors pourquoi les Américains disent-ils qu’ils n’ont pas confiance en l’Iran ? Parce que ce qu’ils entendent par « faire confiance », c’est faire capituler l’Iran : ils appellent « digne de confiance » un Iran soumis. Ils veulent un Iran serviteur. Ils assimilent la confiance à la servilité, c’est-à-dire que si l’Iran leur sert de serviteur, ils diront que c’est un pays de confiance. Ce qu’ils veulent, en réalité, c’est que tout objectif matériel, politique et géopolitique qu’ils poursuivent se réalise en Iran, sans que personne ne s’y oppose ; s’il y a opposition, ils disent que ce pays n’est pas digne de confiance. Avec ces antécédents et cette expérience que nous avons de la part des Américains, sommes-nous vraiment optimistes que les Américains prendront des mesures de renforcement de la confiance ? Non. Par conséquent, tant qu’ils n’auront pas pris de mesures de confiance, nous n’entrerons pas dans les étapes suivantes. L’une des premières questions que nous changeons dans la diplomatie est celle-ci : qu’ils commencent et agissent en prenant des mesures concrètes d’instauration de la confiance.

JOURNALISTE : Est-ce là la même précondition qui existait auparavant, ou non ?

REZAEI : Il y a quatre ou cinq préconditions ; il se peut que deux d’entre elles aient changé, c’est-à-dire qu’il se peut que certains points aient été ajoutés, mais mon modèle, ce que je veux dire, c’est que le débat porte sur ceci : la confiance. La question de la confiance est entrée dans notre diplomatie. Le deuxième sujet est la garantie. Maintenant, si nous avons fait confiance, il nous faut de nouveau une garantie. Cette garantie, c’est d’abord le détroit d’Ormuz : si nous rouvrons le détroit d’Ormuz et qu’ils recommencent à violer l’accord, eh bien, nous le refermerons de nouveau. Nous ne nous engageons à laisser le détroit d’Ormuz ouvert que s’ils ne commettent pas de sabotage, ne nous menacent pas, n’attaquent pas l’Iran. Par conséquent, le détroit d’Ormuz lui-même reste désormais plus sérieusement sous notre gestion. C’est pour cette raison que nous sommes venus, pour fixer concrètement cette garantie, nous asseoir avec Oman, durant deux, trois mois de réunions prolongées avec nos frères omanais. Il y a eu beaucoup d’allers-retours, mais finalement nous avons finalisé l’accord. Nous avons désormais défini, sur nos propres eaux et sur les eaux frontalières communes avec Oman, un corridor pour l’entrée dans le golfe Persique et la sortie du golfe Persique, et notre gestion de cette entrée et sortie est maintenant en place, que ce soit pour l’entrée ou la sortie ; bien sûr, les Omanais aussi sont impliqués pour la sortie du détroit, mais nous sommes impliqués à la fois pour l’entrée et la sortie. La carte de cela est désormais déterminée, elle a fait l’objet d’un accord ; il ne reste plus qu’à la signer ces jours-ci.

Par conséquent, les jours à venir seront les jours où ce nouveau corridor international, dans lequel l’Iran a une gestion, sera mis en place. Ce sera une garantie. Maintenant, avec ces garanties, la diplomatie recommencera véritablement dans les jours et semaines à venir ; la diplomatie recommencera donc elle aussi. Voilà donc pour le changement en diplomatie.

Maintenant, le troisième sujet : le changement dans la guerre. Nous avons aussi changé notre manière de mener la guerre. Et notre premier changement s’est manifesté dans cette récente attaque américaine, où M. Trump est venu annoncer : « Je mènerai une guerre de dix jours, très dure et très lourde, contre l’Iran. » Eh bien, pourquoi cette guerre de dix jours s’est-elle terminée en un jour ? Pourquoi s’est-elle terminée en un jour ? Il avait lui-même annoncé la guerre et dit : « Je vais lancer les attaques les plus lourdes. »

La raison en est qu’il ne savait pas que nous avions identifié certaines cibles, mais que nous ne les frappions pas. Il pensait que nous n’en avions pas connaissance. C’est pourquoi nous avons frappé, pour la première fois, deux ou trois bases où se trouvaient des officiers américains, nous avons tiré précisément, exactement. D’ailleurs, l’une d’elles n’avait pas de défense aérienne. Nous avons frappé très fortement la base en question, la caserne des Marines américains en Jordanie, connue sous le nom de Camp Titan. Et ensuite Erbil, une base américaine à Erbil qu’ils croyaient secrète. Là aussi, nous avons frappé fermement. C’est pourquoi la guerre de dix jours de M. Trump est devenue une guerre d’un jour. C’était le premier test de cette nouvelle tournure.

Sur le plan terrestre, nous sommes venus tester ce missile anti-porte-avions également, juste au-dessus d’un porte-avions, exactement au-dessus. Ceux-là, terrifiés, ont pris la fuite. Voyez donc : nous avons aussi changé sur le plan du blocus, et cela continuera. C’est-à-dire que nos changements continueront. Nous avons changé tant en diplomatie qu’en guerre. En voici la raison.

La raison en est que les Américains, contrairement à l’engagement et à la signature qu’ils avaient donnés selon lesquels la guerre prendrait fin, que l’Amérique reconnaîtrait la souveraineté de l’Iran, et qu’elle ne coopérerait en aucune façon avec les ennemis de la Révolution, etc., c’était la première condition qu’ils avaient signée, n’ont cessé de violer leurs engagements. Quand cela s’est reproduit pour la énième fois, nous avons désormais changé notre approche à cet égard. Ce n’est pas que nous ne voulons pas avoir de diplomatie. Sommes-nous belliqueux ? C’est l’Amérique qui est belliqueuse. Nous recherchons la fin des guerres, pas seulement en Iran, mais dans toute la région. Nous disons : pourquoi devrait-il y avoir la guerre au Liban ? Pourquoi devrait-il y avoir la guerre à Gaza ? Pourquoi faudrait-il attaquer la Syrie ? Pourquoi faudrait-il menacer l’Irak ? Pourquoi d’autres pays ? Nous sommes une seule famille, appelée l’Asie occidentale [le Moyen-Orient] ; tout pays qui est menacé fait entrer l’ensemble du commerce régional en fluctuation. Tout pays qui subit une agression voit l’insécurité s’étendre à toute la région. Par conséquent, c’est l’autre camp qui est belliqueux. C’est pour cette raison que nous avons planifié à la fois sur le plan de la diplomatie, sur le plan de la rupture du blocus, et sur le plan de la guerre. Notre gouvernement est mobilisé. Nos ministres sont mobilisés. Nos forces armées sont mobilisées. Et notre peuple bien-aimé est dans les rues, sur les places. Par conséquent, nous poursuivrons cette voie et nous continuerons à avancer.

JOURNALISTE : Avec ces changements que Votre Excellence a évoqués, pensez-vous que l’on puisse prévoir une réaction de Trump, des Américains, à l’égard de notre pays ?

REZAEI : Voyez-vous, ils avaient déjà planifié cela. C’est-à-dire qu’après s’être retirés du protocole d’Islamabad, ils avaient déjà planifié la suite. D’abord, ils sont venus mener une guerre de 17 jours pendant le mois de Muharram, qu’ils ont commencée en même temps que les funérailles du Guide vénéré de la Révolution [Ali Khamenei]. Cela a duré 17 jours. Nous avons répondu ; ils sont revenus mener une guerre de dix jours, mais nous l’avons étouffée dans l’œuf, la guerre de dix jours a été étouffée dans l’œuf. Maintenant ils reviennent, avec, cette fois, le conseil de Netanyahou, qui était allé à Washington parler avec Trump, suggérant de recourir de nouveau aux troubles, aux manifestations, etc. en Iran, et avec la vaste propagande qu’ils mènent actuellement, prétendant par exemple que l’Iran n’a plus de ressources, que l’Iran est soumis à un blocus économique, etc. Tout cela est dû au fait qu’ils ont vu qu’ils avaient échoué dans la guerre, qu’ils avaient échoué dans le blocus maritime, qu’ils avaient échoué sur le plan international, bien qu’ils aient réussi à faire adopter des résolutions contre l’Iran au Conseil de sécurité des Nations unies pour que d’autres pays viennent se joindre à eux dans la guerre contre l’Iran, mais eux aussi ont échoué. Par conséquent, ils cherchent maintenant à concocter une combinaison qui pourrait éventuellement reproduire des coups d’État semblables à ceux du 19 Dey [la « révolution de couleur » manquée début janvier 2026], alors que ces événements du 19 Dey n’avaient d’autre soutien que ceux qui ont déclenché la guerre des 12 jours, tandis que nous avons le soutien du peuple, et que nous avons été victorieux dans la guerre des 40 jours ; ils veulent perpétrer d’autres tentatives de coups d’État en Iran, mais cette tentative sera elle aussi vaine, cette tentative aussi ne débouchera sur rien d’autre qu’un effort désespéré et voué à l’échec. Bien sûr, sensibiliser notre peuple est très important à cet égard : accepter les pressions économiques dues à l’inflation, etc. Le gouvernement de notre peuple doit, si Dieu le veut, contrôler la situation afin qu’aucun prétexte ne tombe entre les mains des Américains. Mais eux, ils sont venus, avec cette propagande de guerre psychologique, essayer de créer une capacité interne, afin qu’une attaque puisse se produire de l’intérieur contre le régime, sous forme de coup d’État ou autre, tout en l’attaquant aussi de front ; mais, grâce à Dieu, nous serons sereins face à ces deux menaces, si Dieu le veut.

Le Hezbollah, allié stratégique de l’Iran, décimera Israël

Autre sujet en lien avec le Liban, qui figurait également parmi les priorités de la République islamique d’Iran dans le protocole d’accord d’Islamabad : les événements en cours dans les hauteurs d’Ali Taher (sud-Liban), où la situation semble s’être stabilisée entre le régime sioniste et le Hezbollah. Or, après cette consolidation de la stratégie iranienne fondée sur l’unité et la fermeté — et après la frappe que la République islamique d’Iran a menée, pour la première fois, contre Israël en réponse à l’agression du régime sioniste contre le Hezbollah — il semble que ce même régime cherche désormais à brouiller cette stratégie d’unité entre le Hezbollah et la République islamique d’Iran.

JOURNALISTE : L’Iran laissera-t-il le régime sioniste faire cela ? Aurons-nous une réaction face à cette action ?

REZAEI : D’abord, dans toutes les guerres du monde, c’est une règle admise que, dans aucune guerre, la victoire ne suit toujours la victoire, ni la défaite la défaite. Les guerres ont des hauts et des bas. Regardez les guerres du début de l’islam. La bataille de Badr est une grande victoire, mais la bataille d’Uhud est une défaite cuisante ; le Prophète de Dieu, qui était sous la protection divine, a subi une défaite, mais il triomphe de nouveau. Puis, à Tabouk [Mohsen Rezaei fait référence à la première expédition contre les Byzantins, la bataille de Mu’ta], ils subissent de nouveau une défaite.

Mais dans l’ensemble de ces combats, que s’est-il passé ? L’islam a fini par dominer toute l’Asie [le Moyen-Orient tout entier]. Regardons ces vingt dernières années. Nous ne devons pas nous limiter à regarder seulement la situation actuelle, alors que durant ces vingt dernières années, la main du dessus a toujours été celle du Hezbollah, et qu’Israël a subi de lourdes défaites. En 1982, Israël est allé à Beyrouth et l’a même prise. Il n’y avait pas de Hezbollah à l’époque. Le Hezbollah n’est né qu’après la chute de Beyrouth. Il s’est constitué. C’est-à-dire que des jeunes pieux du Hezbollah se sont levés, et l’Iran leur a également apporté formation et soutien. C’est ainsi qu’est né le Hezbollah. Et ensuite, en l’an 2000, ils ont libéré tout le Liban. Qui l’a libéré ? C’est le Hezbollah. Le Hezbollah, c’est-à-dire le Liban, a été le premier pays à réussir à vaincre Israël. Ni l’Égypte n’y est parvenue, ni la Jordanie, ni la Syrie. Le premier pays arabe qui a réussi à reprendre à Israël la totalité de ses terres, c’est le Liban. Cela est inscrit dans l’histoire.

Et ensuite, de même. Ensuite est venu un autre coup : par exemple la guerre de 33 jours, où Israël a de nouveau attaqué. Dans la guerre de 33 jours, Israël voulait de nouveau atteindre Beyrouth. De nouveau, le Hezbollah a violemment repoussé Israël. Très bien. Maintenant, Israël, pour des raisons que nous expliquerons plus tard, a réussi à s’emparer d’un lieu. Cela ne signifie pas que le Hezbollah est terminé, ou que le Liban est terminé. La guerre a des hauts et des bas. En fait, la seule guerre où, jusqu’à présent, bien sûr, où un camp a toujours été victorieux et un camp toujours vaincu, c’est notre combat contre les Américains. Dans la guerre des douze jours, dans la guerre des quarante jours, dans la guerre des dix-sept jours, nous avons été victorieux. L’Amérique a été vaincue. Mais les guerres du monde ne se déroulent pas de telle sorte que, dans toutes les opérations ou à toutes les étapes, ce soit toujours la victoire ou toujours la défaite.

Je suis certain que le Liban relèvera de nouveau la tête. Et cette fois-ci, il n’agira plus comme par le passé. Cette fois-ci, cette noblesse politique qu’ils avaient face à Tel-Aviv et Haïfa, situées à 30-40 kilomètres, ils auraient pu, s’ils avaient tiré des centaines de missiles, ne rien laisser d’Haïfa et de Tel-Aviv. Cette fois-ci, cette grande colère qui s’est formée dans le cœur des Libanais, si cette colère se déclenche, ne laissera plus rien subsister d’Israël. Par conséquent, cette question du Liban, à mon avis, relève des vicissitudes de la guerre. Les guerres ont des hauts et des bas. Mais le Liban n’est même pas, du point de vue géographique, comparable à Gaza. Parce que le Liban a une profondeur stratégique, il est ouvert sur le monde de trois côtés. Les habitants de Gaza, que Dieu les protège, ont été et sont encerclés des quatre côtés. Ainsi, désormais, atteindre Gaza est difficile, mais depuis près de trois ans, ils résistent. Il n’existe même pas de couloir d’accès et de sortie à Gaza. Mais les Libanais peuvent aller du nord au sud, ils peuvent aller de l’ouest à l’est, et ils peuvent se déplacer de l’est à l’ouest. Le Liban n’est pas encerclé. C’est pourquoi le Liban restera en place, et, si Dieu le veut, ils trouveront leur propre organisation et infligeront à Israël des coups durs et douloureux. Si Dieu le veut.

Les menaces de Netanyahou et l’unité du peuple iranien

JOURNALISTE : Récemment, Netanyahou a soulevé un point. Voyez-vous, après la guerre des quarante jours, qui a été davantage un échange de tirs et des affrontements entre l’Iran et les bases américaines dans les pays de la région, il a déclaré que l’Iran, pendant cette période, a pris pour cible les pays arabes, et qu’en raison de sa connaissance des capacités militaires du régime sioniste, il craint que celui-ci n’engage une attaque contre nous. Avez-vous une réponse pour le premier ministre du régime sioniste ?

REZAEI : D’abord, je dirais ceci : les Américains ont mené une attaque contre la cérémonie de mariage de nos sœurs et frères ; ils ont ensanglanté cette fête de mariage. Nous nous réservons le droit de répondre. Que les Américains sachent que nous nous réservons le droit de répondre. Deuxièmement, Israël, Netanyahou, cherchent violemment à rassembler des voix. Ils commencent cette propagande électorale. « Je fais ceci contre l’Iran, je fais cela ». Il cherche par tous les moyens à obtenir, s’il le peut, un nouveau mandat de Premier ministre d’Israël, à l’issue des élections israéliennes. Par conséquent, nous sommes attentifs. Pour répondre à ce qu’il dit, notre programme est également en place, à sa place. Et en particulier, concernant cet entretien, si vous me le permettez, je voudrais aborder le dernier message du Guide vénéré de la Révolution, voyez-vous, dans les jours de l’Unité islamique (semaine commémorant la naissance du Prophète), adressé au peuple, où il a soulevé trois dualités importantes.

JOURNALISTE : J’aimerais que Votre Excellence développe ce message, et voir quelles sont ces dualités importantes qu’il a soulevées.

REZAEI : Oui. Il me semble que c’est une expression très appropriée. Les dualités importantes, c’est-à-dire les dualités qui n’ont aucune réalité. Elles ressemblent à un mirage. Et certains, en fabriquant des mirages, cherchent à créer une scission au sein du peuple iranien. Et l’un des moyens que les Américains envisagent aujourd’hui pour sortir de leur isolement, c’est de briser complètement cette unité et cette cohésion du peuple. Fragmenter le peuple. Diviser le peuple. Eh bien, aucun de ceux qui sont attachés à la Révolution, attachés à la République islamique, ni même attachés à l’Iran, ne devrait entrer dans cette fabrication de dualités.

Bien sûr, il existe une réalité : la nature de la vie politico-sociale de l’Iran comporte en elle-même une tendance à la fabrication de dualités. Regardez depuis la Constitution [le mouvement constitutionnel de 1905-1911]. En général, il y a toujours une compétition entre une série de valeurs différentes au sein de la société, et l’ennemi vient s’appuyer sur ces compétitions. Pourquoi le mouvement constitutionnel a-t-il échoué ce jour-là ? À cause de la discorde. Pourquoi la nationalisation du pétrole s’est-elle déroulée ainsi ? À cause du différend qui s’était formé entre M. Mossadegh et M. Kashani [1951-1953] ? Mais durant la Révolution islamique, malgré le fait que, tout au long de ces années, on ait maintes et maintes fois essayé de faire vaciller la Révolution par la discorde et la division, cela ne s’est pas produit. Pourquoi ? Parce qu’il s’est passé quelque chose. Un changement s’est produit par rapport à la Constitution et à cette nationalisation du pétrole : un repère est apparu entre-temps, et tous ceux qui regardent ce repère contrôlent leurs différends. Cela ne dégénère pas en affrontement. Et ce repère vient de nouveau relier cette société. Ce repère, c’est le Velayat-e Faqih [la tutelle du jurisconsulte], à savoir le rôle du Guide Suprême. Du temps de l’Imam Khomeini aussi, des différends très sérieux se sont formés. Mais l’Imam a complètement apaisé de nouveau cette mer agitée. Ces grandes vagues se sont calmées, et l’unité a été préservée. Bien sûr, certains ont été blessés dans le processus. Certains se sont retirés. C’était leur propre choix. Du temps de l’Imam martyr [Khamenei, en tant que Président de la République, avant de devenir Guide suprême] aussi, il en a été de même. Ces quatre, cinq gouvernements que l’Imam martyr a dirigés, il n’y a eu aucun gouvernement où ces dualités ne se soient pas formées. Mais l’affaire de la Constitution ne s’est plus reproduite. L’affaire de la nationalisation du pétrole ne s’est plus reproduite. Eh bien, donc, nous avons trouvé un repère. L’unité, avec ce repère, devient l’unité.

Mais si nous voulons faire l’unité avec nous-mêmes, faire l’unité autour de nos propres objectifs et de nos propres interprétations, cela ne s’appelle pas de l’unité. Car, pour que nous ayons réellement l’unité, la première condition est de regarder vers le Guide. Nous avons actuellement ce troisième Guide [Sayed Mojtaba Khamenei], que nous servons désormais. Mon expérience politique me dit ceci : tout type de désaccord en dehors du cadre du Guide n’a jamais eu d’autre résultat que la perte des individus eux-mêmes et le préjudice porté au peuple et à l’Iran. Voilà donc un repère ; nous devons nous ajuster nous-mêmes sur ce repère.

Le second repère est celui-ci : ceux qui parlent d’unité et ceux qui parlent de fermeté et de dignité doivent se rapprocher. C’est-à-dire quoi ? C’est-à-dire qu’il y a un groupe de jeunes révolutionnaires, réellement révolutionnaires. Ceux-là pensent que la dignité est bafouée, ils commencent à critiquer [le gouvernement réformiste de Pezeshkian], et cela peut ensuite se transformer en insulte et en manque de respect. En face, au lieu d’accepter ces critiques et de ne pas s’opposer à ces réactions vives, ceux d’en face viennent se positionner contre eux. L’ennemi, lui, qui a pénétré dans tous les groupes, a une influence dans tous les groupes, à chaque fois vient créer un affrontement entre ces deux camps. La meilleure recette, c’est la tolérance, c’est-à-dire que nos hommes politiques se tolèrent les uns les autres. Par exemple, pourquoi dirait-on, dans les circonstances actuelles, que le détroit d’Ormuz est un détroit de guerre, que le détroit ne devrait pas être en guerre ? Le détroit d’Ormuz est maintenant le détroit de la dignité de l’Iran. C’est le détroit qui contraint l’Amérique à accepter ces droits du peuple iranien. C’est-à-dire, voyez-vous, que parfois ces propos vifs et acérés créent une dispute de l’autre côté, et ensuite ceux-là s’en emparent. On dit une chose de ce côté, et cela suscite une instrumentalisation de l’autre.

Le peuple est en train de tracer son propre chemin. Les forces armées se tiennent fermement. La diplomatie est poursuivie avec sérieux. Est-ce que les responsables iraniens sont partisans de la guerre ? Est-ce que Monsieur le Président de la République, ou le Chef du pouvoir judiciaire, ou le Président du Parlement, ou le Guide de la Révolution, ou les forces armées, est-ce que ceux-là sont partisans de la guerre ? Ils disent : « Monsieur, notre expérience de deux cents ans d’histoire de l’Iran a montré que partout où nous avons cédé sur nos droits, l’ennemi a avancé davantage. » C’est-à-dire qu’il nous a aussi pris d’autres droits. Très bien, dès le début de la Révolution, nous sommes arrivés à cette conclusion, dans cette direction : d’abord, préservons notre unité. Préservons notre dignité. Marchons derrière le Guide de la Révolution. Disons aussi notre mot légitime, notre revendication légitime. Et bien sûr, sans puissance et sans progrès économique, nous ne pourrons pas faire triompher notre revendication légitime. Il faut à la fois de la puissance, et il faut aussi du progrès économique.

Le djihad économique peut faire de l’Iran une puissance majeure

C’est pourquoi je juge nécessaire de recommander, une fois de plus — je l’ai dit lors de l’entretien précédent — c’est vrai, nous sommes actuellement sous sanctions économiques. Il existe des pressions économiques hostiles. Mais cela peut être une occasion de renouveau et de transformation dans l’économie iranienne. Comme, par exemple, nous sommes en train, actuellement, au sein du Secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale, de rédiger un document de sécurité économique, avec la participation de 18 grandes entreprises employant plus de cinq mille personnes chacune, que j’ai réunies. Elles nous font part de leurs préoccupations. Ce document de sécurité économique pourra à la fois attirer les capitaux des Iraniens de l’étranger, lorsqu’ils constateront qu’il existe réellement une sécurité économique, et donner davantage de dynamisme aux entrepreneurs eux-mêmes, qui verront un avenir meilleur ; cela s’applique, à commencer par cela, jusqu’à nos propres ministères, qui doivent s’efforcer d’entraîner le peuple vers le travail. Par exemple, j’ai donné cet exemple lors de la réunion précédente : nous pouvons même produire dans les foyers, comme le font Taïwan [référence au modèle des usines-salons, phénomène central dans son décollage économique des années 1960-80] et Singapour. J’avais entendu, parmi les réponses qu’ils avaient données, des objections du genre : « Comment est-ce possible, produire dans un appartement ? » Ce n’est pas possible dans un appartement, disaient-ils, il n’y a pas de place pour cela. Mais à Taïwan, à Singapour, en Malaisie, les gens, chez eux, produisent des composants électroniques, d’ordinateurs, de téléviseurs ; chaque matin, un camion vient devant les maisons, les habitants remettent ces composants au camion, et le camion les emmène dans les usines qui font l’assemblage final. Quel est le problème ? La Chine fonctionne de cette façon aussi : j’ai donné l’exemple des petites entreprises. Donc, on peut vraiment créer un grand dynamisme économique, tant dans le gouvernement, que dans la société, et chez les artisans, et obtenir ainsi le progrès économique.

J’ai toujours réfléchi à ceci : comment se fait-il que le Japon et l’Allemagne — l’Iran aussi — durant la Seconde Guerre mondiale, aient été véritablement détruits ? L’Allemagne a été coupée en deux ; le Japon a reçu la bombe atomique ; en Iran, il y a eu une famine : pendant plusieurs années, l’Iran était dans cet état. Mais que s’est-il passé ensuite ? Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon ont réussi à devenir des puissances économiques mondiales. Ces pays, qui avaient été à ce point détruits. Pourquoi ? Parce qu’il y existait une volonté, une volonté qui n’existait pas chez les hommes d’État iraniens. Quelle était cette volonté ? Cette volonté était que l’Allemagne et le Japon avaient attaqué le monde, voulu s’emparer du monde par le canon, le char et l’avion, et ils avaient échoué. Ils se sont dit, après cet échec : « Nous allons conquérir le monde par l’économie. »

Le moment est venu, en Iran, pour qu’un véritable djihad économique se produise, pour que nous remplissions de nombreux marchés régionaux, des marchés mondiaux, de produits iraniens. N’était-ce pas le cas à l’époque safavide ? À l’époque safavide, les produits d’Ispahan, de Yazd et de Tabriz étaient la première marque des pays européens. L’Iran a réellement la capacité, en réponse à ces pressions économiques, de mener un grand djihad économique, et nous pouvons précisément bâtir notre économie dans ces conditions difficiles, de même que le Japon et l’Allemagne ont réussi, après toute cette destruction, en l’espace d’environ trois décennies, à devenir la deuxième et la troisième économie mondiale.

Nous demandons à tout notre cher peuple de prier pour les combattants et les forces armées, car vos enfants, de tout leur être et sans compter, mettent leur vie en jeu : ils défendent, en ce moment, la totalité du territoire iranien, toute la dignité de l’Iran, tout le rang de l’Iran dans le monde. Si Dieu le veut, priez pour eux. Que la paix soit sur vous.

JOURNALISTE : Je vous remercie beaucoup, et je remercie chaleureusement les chers téléspectateurs qui nous ont accompagnés jusqu’à cette heure dans cet entretien. Bonne soirée à vous, et que Dieu vous garde.

Source : khabarpu.com

Traduction : lecridespeuples.substack.com

15 septembre

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