mercredi 22 janvier 2020

Trump: Pirate ou Gangster ?


L'Histoire est décidément un éternel recommencement... Qu'un empire vienne à décliner et le vieux schéma reprend, invariable : perte de légitimité et de puissance, hystérie, corruption, cupidité et brigandages en tout genres.
A cet égard, l'Amérique de Donaldinho, sans masque et sans scrupules, fait très fort, portant un coup terrible au prestige de Washington, donc à sa légitimité internationale.
Certes, les administrations précédentes ne faisaient pas fondamentalement autre chose, mais subsistait toujours un vernis moral qui prétendait faire illusion, enrobé de belles phrases propres à convaincre la ménagère de moins de cinquante ans. Désormais, on ne prend plus de gants et la vérité crue apparaît aux yeux de tous.

Assad ne disait pas autre chose il y a quelques mois, lorsque l'occupant de la Maison Blanche sortait ses gros sabots et assurait benoîtement rester en Syrie pour le pétrole :
Trump est le meilleur président américain de l'histoire. Non pas que sa politique soit bonne mais parce qu'il est le plus transparent. Tous les présidents américains commettent des crimes. Ils finissent par remporter le prix Nobel et se posent en défenseurs des droits de l'homme alors qu'ils ne sont que des criminels représentant seulement les intérêts des lobbies pétroliers, d'armement ou autres. Trump, lui, dit clairement les choses : "Nous voulons le pétrole". Que pourrions-nous rêver de mieux qu'un ennemi transparent ?
On se rappelle que cette franchise d'ailleurs exagérée (le pétrole syrien n'est qu'un prétexte) avait mis mal à l'aise le Deep State impérial. Si ce dernier est évidemment d'accord sur le fond, il a toujours été très soucieux sur la forme, habitué qu'il est à habiller ses intrigues/invasions d'élégants concepts : liberté, démocratie etc. C'est avant tout une question de légitimité.  Si l'hyperpuissance US n'a pas fondamentalement été remise en cause durant des décennies malgré ses turpitudes, coréenne ou vietnamienne entre autres, c'est qu'elle conservait un certain magistère moral face à une URSS totalitaire. Cette bonne conscience est maintenant en train de s'écrouler et le monde entier assiste au spectacle d'un empire rapace et déclinant qui ne lutte plus que pour ses intérêts.
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L'on a vu dans le dernier billet que le parlement irakien avait voté le départ des troupes américaines et que la décision était entre les mains du gouvernement. Sentant le danger venir, Washington a pris les devants et proféré une folle menace qui relève carrément du grand banditisme : si Bagdad ordonne le retrait US, l'Irak n'aura plus accès à ses comptes de la Federal Reserve Banque de New York (la banque centrale américaine) où sont partiellement déposés ses revenus pétroliers ! De la piraterie à l'état pur...
Si, à court terme et localement, ce chantage peut rapporter, il est évidemment catastrophique à long terme pour le système financier des Etats-Unis, pilier incontournable de leur puissance. La force d'un empire réside dans la confiance qu'il inspire aux autres pays, qu'ils soient vassaux, alliés ou neutres. Celle-ci doit actuellement avoisiner le zéro absolu. Comme le disait Poutine dans un autre registre, à propos de la sanctionnite aiguë de Washington : « Ce n'est pas nous qui quittons le dollar, c'est le dollar qui nous quitte. Ceux qui prennent de telles décisions ne se tirent pas une balle dans le pied, mais plus haut. »
Source : Chroniques du Grand jeu

Le gangster Al Capone-Trump 

Voici le   le récit (non diffusé à la télévision) du Premier ministre irakien Abdul-Mahdi, qui, sous les menaces physiques de Trump-Al-Capone, a démissioné...
Résultats de recherche d'images pour « caricature trump gangster »» “Ce sont les Américains qui ont détruit le pays et qui l'ont ravagé. Ils ont refusé de terminer la construction du système électrique et les projets d'infrastructure. Ils ont négocié la reconstruction de l'Irak en échange de l’abandon par l’Irak de 50 p. 100 des importations de pétrole. J’ai donc refusé et j’ai décidé d’aller en Chine et de conclure avec elle une entente importante et stratégique. Aujourd'hui, Trump essaie d'annuler cet important accord.”
» Abdul-Mahdi a poursuivi ses remarques, notant que la pression exercée par l'administration Trump sur ses négociations et ses transactions ultérieures avec la Chine s'est considérablement accrue au fil du temps, entraînant même des menaces de mort contre lui-même et son ministre de la Défense :
» “Après mon retour de Chine, Trump m'a appelé et m’a demandé d'annuler l'accord, j'ai également refusé, et il a annoncé sous forme de menace [qu'il y aurait] des manifestations massives pour me renverser. En effet, les manifestations ont commencé, puis Trump a appelé de nouveau, menaçant d’une escalade en cas de non-coopération et de refus de ses demandes, expliquant que des éléments extérieurs [présumés être des mercenaires ou des soldats américains] tireraient pour tuer à la fois des manifestants et des forces de sécurité du haut des plus hauts bâtiments et de l'ambassade américaine, pour faire pression sur moi, pour me soumettre à ses souhaits et annuler l'accord avec la Chine”. 
Résultats de recherche d'images pour « caricature trump capone »» ”Je n'ai pas répondu et j'ai remis ma démission, et les Américains insistent encore aujourd'hui pour obtenir l’annulation de l'accord avec la Chine. Quand le ministre de la défense a dit que ceux qui avaient tué les manifestants étaient des éléments extérieurs, Trump m'a appelé immédiatement et m'a menacé physiquement, ainsi que le ministre de la défense, au cas où l’on parlerait encore de ces éléments extérieurs”.
» Très peu de médias de langue anglaise ont rapporté les commentaires d'Abdul-Mahdi. Tom Luongo, un analyste indépendant basé en Floride et éditeur de la Lettre d’Information The Gold Goats’n Guns, a déclaré à MintPress que les raisons probables du “surprenant” silence médiatique à propos des affirmations d'Abdul-Mahdi venaient de fait que “cela n'a jamais vraiment été diffusé sur les chaînes officielles...” en raison de la coupure du flux vidéo pendant la session parlementaire irakienne et aussi du fait que “c’est très gênant et quant aux médias...  [ils se taisent] puisque Trump fait ce qu'ils veulent qu’il fasse, c’est-à-dire l’affrontement avec l’Iran et la protection des intérêts d’Israël là-bas”. 
» “Ils ne vont pas le gêner sur ce point [l’Irak] s’il joue leur jeu”, a ajouté Luongo, avant de poursuivre que les médias “garderont néanmoins [ces informations] pour une utilisation future... Si cela se fait, ils l’utiliseront contre lui plus tard s’il tente de quitter l’Irak.” “A Washington, tout est utilisé comme levier [de chantage]”, a-t-il ajouté. »
C’est un sentiment qui va se généraliser : l’action contre Soleimani montre que les USA ne reculent désormais devant aucune action extrême de liquidation, – et l’on peut conjecturer que cela vaudra certainement pour leurs “alliés”, y compris les vertueux Européens, –  sans aucun souci des lois internationales et de la légalité, et en revendiquant hautement ces actes, au plus haut niveau de ce qui ne peut être nommé en aucune façon un État,  – pour que chacun sache exactement ce qu’il risque...
Il s’agit d’une “brutalisation” extrême de la diplomatie US qui n’est plus aujourd’hui qu’une activité de gangstérisme le plus cru : au-delà de la “militarisation” de la diplomatie qu’on constate depuis des années, il s’agit de la “gangstérisation” de toute l’activité extérieure US (diplomatie dans son sens le plus large, économie et commerce, forces militaires et guerres extérieures, etc..). 
Nous  voulons mettre en évidence la radicalisation extrême, quasiment au plus extrême possible, des méthodes du gangstérisme le plus illégal et le plus sauvage possible en ce qui concerne ce qu’on ne peut plus nommer en aucun cas la “diplomatie” US (et tout le reste de l’action extérieure). Cela ne signifie pas non plus une orientation particulière de Trump (belliciste, neocon ou pas), cela signifie que dans les circonstances qui lui conviennent et comme il est le partisan convaincu de ces méthodes, il est l’exécutant idéal. Il n’a aucune crainte de “se mouiller” à cet égard, ce qui intronise le fait de la brutalisation absolue du Système et des méthodes complètes de gangstérisme. Le “crime organisé” règne, de façon officielle et affirmée.
Dans le cas irakien, son attitude très dure, voire l’assassinat de Soleimani également [en plus d’un acte anti-iranien], constituent un avertissement pour ceux qui n’exécuteraient pas ses consignes, notamment en Irak, et dans ce cas c’est dans la logique du personnage Trump qui a pris la Chine comme cible principale et adversaire mortel de la puissance US, alors que l’Irak veut se tourner vers la Chine... Rien d’idéologique, tout du businessman qui emploie évidemment les méthodes du crime organisé qui constitue l’organisation parfaite pour le businessman. Bien entendu, tout cela ne présage rien d’apaisé on s’en doute, à terme plus ou moins rapproché, pour ce qui est de la situation des relations entre les USA et l’Irak, et plus particulièrement de la situation des forces militaires US en Irak.)
Source : Dedefensa.org


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Hannibal GENSERIC

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