samedi 16 mai 2026

Araghchi : l'Iran est prêt à une guerre totale

Conférence de presse de Sayed Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, à la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS, New Delhi, 15 mai 2026.

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 ARAGHCHI : Au nom de Dieu, le Tout Clément, le Miséricordieux. Bonjour à tous. Merci beaucoup d’être venus cet après-midi. Je suis désolé pour le léger retard. Je suis très heureux d’être avec vous cet après-midi, et je serai heureux de partager avec vous quelques-unes de nos réflexions et de répondre à vos questions.

Eh bien, comme vous le savez, je suis ici pour la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS. Avant toute chose, je dois saluer la chaleureuse hospitalité dont ont fait preuve à mon égard et à l’égard de ma délégation le gouvernement indien et mon très bon ami, le ministre [des Affaires extérieures indien] Jaishankar, avec qui j’entretiens de très bonnes relations personnelles et de travail. Nous avons été en contact ces deux derniers mois, alors que la guerre se poursuivait — ou pour mieux dire, l’acte d’agression contre mon pays se poursuivait. Nous avons été en contact étroit et nous nous sommes consultés mutuellement.

Je dois également remercier le gouvernement indien pour l’excellente organisation de cette importante réunion des BRICS et pour le succès de cette réunion.

Nous attachons une grande importance à nos relations avec l’Inde. L’Iran et l’Inde sont deux civilisations anciennes qui ont toujours entretenu de très bonnes relations, et nous avons échangé nos valeurs culturelles. Nous avons toujours eu une très bonne coopération commerciale et économique, et de très bonnes relations et consultations politiques. Et nous sommes certainement déterminés à poursuivre nos relations amicales et bonnes avec l’Inde, dans l’intérêt des deux parties et sur la base d’un respect mutuel.

Comme vous le savez, mon pays a été victime d’un acte d’agression — une agression non provoquée — de la part des États-Unis et du régime israélien, qui s’est produit en plein milieu de négociations que nous avions avec les Américains. Et c’était en réalité la deuxième fois que nous entamions des négociations avec les États-Unis, et en plein milieu des négociations, en plein milieu de la diplomatie, ils ont décidé de nous attaquer. Et c’était très regrettable.

Nous apprécions tous les pays qui ont condamné cette attaque. Nous apprécions le gouvernement et le peuple indiens qui ont exprimé leur solidarité et leur sympathie envers le peuple iranien. Et nous apprécions l’aide humanitaire qui nous a été apportée par le gouvernement indien en signe de solidarité. Et nous en sommes très heureux.

Comme vous le savez tous, nous sommes maintenant dans un état de cessez-le-feu. Bien qu’il soit très fragile, nous essayons de le maintenir afin de donner une chance à la diplomatie, pour qu’une solution diplomatique et une solution négociée puissent être trouvées.

En fait, il n’existe pas de solution militaire à quoi que ce soit qui concerne l’Iran. Ils nous ont mis à l’épreuve maintes et maintes fois. Nous ne nous inclinons jamais devant aucune pression ou menace. Et nous résistons à toute agression, à toute pression. Nous résistons également à toute sanction. Depuis plus de 40 ans, mon pays a été la cible — notre peuple a en réalité été la cible — de sanctions brutales imposées par les États-Unis contre nous. Mais cela n’a pas changé notre détermination. Cela n’a pas changé nos politiques.

Le peuple iranien ne répond qu’au langage du respect, comme nous l’avons fait par le passé : chaque fois qu’ils nous ont abordés avec le langage du respect, qu’ils ont proposé la diplomatie, proposé la négociation, nous avons répondu dans le même langage et avons répondu positivement à toute solution diplomatique.

Maintenant, après 40 jours de guerre, lorsque les États-Unis se sont retrouvés sans espoir d’atteindre quelque objectif que ce soit dans leur agression contre l’Iran, ils ont proposé des négociations. Nous sommes intéressés par les négociations, mais seulement si l’autre partie est sérieuse et s’inscrit dans le cadre de véritables négociations.

Nous n’avons aucune confiance dans les Américains. C’est un fait. Et c’est le principal obstacle sur la voie de tout effort diplomatique. Je pense que vous savez tous que nous avons toutes les raisons de ne pas faire confiance aux Américains, alors qu’ils n’ont aucune raison de ne pas nous faire confiance.

En 2015, nous avons conclu un accord nucléaire avec les Américains, en association avec les autres membres du Conseil de sécurité et l’Allemagne — le soi-disant P5+1. Nous avons négocié pendant plus de deux ans, presque deux ans et demi. Et nous sommes parvenus à un très bon accord. Et le monde entier a salué cela comme une réussite de la diplomatie. Mais seulement un an après sa conclusion, la nouvelle administration américaine — qui était le premier mandat de l’administration Trump — s’est retirée de cet accord sans justification, sans raison, alors que l’Iran respectait pleinement toutes ses obligations dans cet accord, connu sous le nom de JCPOA.

Et puis en 2025, en juin, nous avons de nouveau entamé des négociations avec eux. Après cinq cycles de négociations, ils ont décidé de nous attaquer. Et nous avons eu 12 jours de guerre l’année dernière.

Cette année, ils ont de nouveau proposé des négociations. Et nous avons eu trois cycles de négociations — d’abord à Mascate [Oman], puis deux fois à Genève. Le dernier cycle s’est tenu le 26 février. Et le ministre omanais des Affaires étrangères, mon cher ami Badr Al-Busaidi, qui a servi de médiateur dans ces négociations — il a publié un tweet en disant que nous avions réalisé des progrès significatifs. Je suis sûr que vous avez vu son tweet. Et il est intéressant de noter qu’avant de publier son tweet, il l’a montré aux deux délégations, les délégations iranienne et américaine. Et la délégation américaine a confirmé que oui, nous avons réalisé des progrès significatifs aujourd’hui, et qu’il est à espérer que nous puissions conclure un accord très prochainement. Mais seulement deux jours après, le 28 février, ils ont commis une agression contre mon peuple, conjointement avec les Israéliens.

Donc, la question la plus importante en ce moment est celle de la confiance. Nous ne pouvons pas du tout faire confiance aux Américains. Aussi, tout doit être exact. Tout doit être défini très clairement avant que nous puissions conclure un accord.

Nous avons résisté dans une guerre très brutale contre mon peuple. Ils n’ont pu atteindre aucun de leurs objectifs. Et il est évident que ce qu’ils n’ont pas été en mesure d’atteindre militairement, ils ne peuvent pas l’atteindre à la table des négociations, à moins qu’une solution gagnant-gagnant ne soit trouvée. Donc, la négociation actuelle souffre du manque de confiance. Elle souffre également des messages contradictoires que nous recevons des Américains. Chaque jour est différent de l’autre. Un tweet aujourd’hui est différent du tweet d’hier. Parfois, en une seule journée, nous recevons deux messages différents. Et c’est là le problème. Et cela s’ajoute à la question de la méfiance.

Nous savons qu’il existe également des saboteurs qui tentent de faire dérailler la diplomatie. C’est un fait. Les va-t-en-guerre qui veulent entraîner les États-Unis à nouveau dans une autre guerre. Et j’espère que la sagesse et la diplomatie finiront par l’emporter, et que nous nous engageons dans la voie de la diplomatie pour trouver une solution négociée. Il n’y a pas d’autre solution qu’une solution négociée. C’est un fait.

Donc, avec ces brèves observations, je suis à l’écoute pour toute question.

JOURNALISTE : [Inaudible]

ARAGHCHI : Alors, quelle est la question ?

JOURNALISTE : [Inaudible]

ARAGHCHI : Eh bien, je — la voix n’est pas très bonne, donc — l’Inde entretient des relations avec tellement de pays, et c’est en réalité à l’Inde de décider de ses relations. Ce qui compte pour nous, ce sont les bonnes relations qui existent entre nous et l’Inde. Et comme je l’ai dit, elles sont ancrées dans l’histoire et dans les vieilles relations politiques, économiques et culturelles que nous avons toujours eues. Et nous sommes déterminés à poursuivre nos bonnes relations avec l’Inde.

JOURNALISTE : Hier, Trump et Xi Jinping se sont rencontrés. Trump a déclaré que l’Iran ne peut pas posséder d’arme nucléaire, et que la Chine et l’Amérique s’accordent sur le fait que le détroit d’Ormuz devrait être ouvert. Qu’avez-vous à dire à ce sujet ?

ARAGHCHI : Eh bien, nous partageons le même avis. L’Iran n’a jamais voulu d’arme nucléaire. Et nous l’avons prouvé lorsque nous avons signé l’accord en 2015. Et nous avons dit maintes et maintes fois que nous ne voulons pas d’arme nucléaire, et ce n’est pas notre politique. Nous avons un programme nucléaire pacifique. Et nous avons toujours été prêts à — à instaurer la confiance que ce programme est pacifique et le restera.

Sur le détroit d’Ormuz, c’est également notre souhait qu’il soit pleinement rouvert. En ce qui nous concerne, le détroit d’Ormuz est ouvert et tous les navires peuvent le traverser, à l’exception des navires appartenant aux pays qui sont en guerre avec nous, qui se battent contre nous. Ces navires qui souhaitent passer doivent évidemment se coordonner avec nos forces militaires, en raison des mines et des obstacles qui existent. Donc, nous les guiderons pour qu’ils passent, comme nous l’avons fait pour un certain nombre de navires indiens. Et nous les avons aidés à passer. Le passage en toute sécurité de tous les navires est notre politique et est dans notre intérêt. Et nous sommes prêts à aider ceux qui souhaitent passer en toute sécurité.

C’est notre politique. En même temps, nous avons le blocus des États-Unis. Nous avons l’insécurité dans la région en raison de l’agression américaine. Donc, la situation n’est évidemment pas comme par le passé. Mais une fois l’agression terminée, je suis sûr que tout redeviendra normal. Et nous veillerons à prendre des dispositions pour le passage en toute sécurité de tous les navires par le détroit d’Ormuz, conjointement avec Oman.

Comme vous le savez tous, l’Iran et Oman sont deux pays côtiers sur les deux rives du détroit d’Ormuz. Le détroit est situé dans les eaux territoriales de l’Iran et d’Oman. Il n’y a pas d’eaux internationales entre les deux. Donc, tout doit être géré par l’Iran et Oman. Et c’est ce sur quoi nous nous consultons mutuellement en ce moment, pour faire en sorte qu’il y ait une bonne gestion du détroit d’Ormuz à l’avenir, qui garantisse le passage en toute sécurité de tous les navires.

JOURNALISTE : Ma question porte sur la déclaration commune des BRICS, dans laquelle Israël a été mis en cause pour son agression à Gaza et en Cisjordanie, et son occupation illégale en Cisjordanie. Mais il est mentionné qu’un État membre avait des réserves sur ce paragraphe. Peut-on savoir quel État membre c’est ? Et aussi, nous n’avons pu voir aucune référence à l’agression américano-israélienne contre l’Iran. Pourquoi ?

ARAGHCHI : Eh bien, vous devez poser la question au président de cette réunion pour répondre à cette question. Je ne suis pas en charge de répondre à ces questions. Mais je pense que tout le monde sait quel pays a bloqué quoi que ce soit contre Israël [les Émirats]. Et c’était très regrettable. Le même pays a aidé les États-Unis et Israël dans leur attaque, dans leur agression contre l’Iran. Le même pays a fourni aux forces américaines et israéliennes son espace aérien, ses territoires, ses bases militaires. Et en ce qui nous concerne, ils sont une partie directe à cette agression et doivent en être tenus responsables.

JOURNALISTE : Quelle conversation avez-vous eue avec le ministre indien des Affaires extérieures aujourd’hui ? Quelle conversation était au premier plan, notamment au vu du fait que des navires indiens se trouvent encore dans le Détroit d’Ormuz ? Leur permettra-t-on de se déplacer dès que possible, car cela a un impact sur les prix de l’énergie ici en Inde ?

ARAGHCHI : Hier, j’ai eu une très bonne et brève discussion avec le Premier ministre Modi et aujourd’hui une longue réunion avec le ministre Jaishankar. Nous avons discuté de presque tout, y compris du détroit d’Ormuz et de la situation dans la région du golfe Persique. Je dois dire que nous avons des positions plus ou moins proches et que nous avons les mêmes préoccupations et les mêmes intérêts dans cette région importante. Donc, nous continuons à nous coordonner avec nos collègues indiens.

Comme je l’ai dit, la situation dans le détroit d’Ormuz est très compliquée en ce moment. Et nous essayons d’aider les navires à passer en toute sécurité. Tout redeviendra normal une fois que l’acte d’agression sera totalement et complètement terminé.

JOURNALISTE : Il y a une grande préoccupation concernant le flux de pétrole et de gaz du golfe Persique vers l’Inde. L’Iran n’est-il pas prêt à conclure un accord avec New Delhi pour permettre le mouvement soutenu des navires indiens du golfe Persique vers l’Inde ?

ARAGHCHI : Eh bien, l’Inde a été cliente du pétrole iranien dans le passé. Et cela a été interrompu par l’Inde en raison des sanctions américaines — des sanctions unilatérales illégales américaines. Donc, nous sommes évidemment intéressés à poursuivre notre commerce pétrolier, notre commerce énergétique. Et nous sommes prêts à vendre notre pétrole à l’Inde. Bien entendu, nous comprenons leurs considérations. Et nous comprenons les conséquences des sanctions imposées par les États-Unis. Donc, nous n’avons aucun problème. C’est au gouvernement indien de décider.

Mais je crois qu’une fois les sanctions levées, nous reviendrons immédiatement au même volume d’échanges que nous avions l’un avec l’autre. Avant ces sanctions, nous avions plus de 20 milliards de dollars d’affaires et d’échanges commerciaux avec l’Inde. Pour l’instant, c’est beaucoup moins, mais c’est encore en milliards de dollars. Donc, l’Iran et l’Inde ont toujours entretenu de bonnes relations commerciales. Je suis sûr que la capacité entre les deux est vraiment élevée. Et nous pouvons revenir au même volume que nous avions — voire plus — dès que les sanctions seront levées.

JOURNALISTE : [Question sur la possibilité de transférer l’uranium enrichi iranien vers la Russie]

ARAGHCHI : Hier j’ai eu une très bonne réunion avec Sergueï Lavrov. Je dois dire que nous avons toujours consulté nos amis russes. Nous avons une très bonne relation, un partenariat stratégique, et nous nous sommes toujours consultés mutuellement sur toutes les questions internationales, régionales et bilatérales. J’ai rencontré le président Poutine à Saint-Pétersbourg il y a environ dix jours, il y a moins de deux semaines. Et nous avons tout discuté, y compris la question que vous avez mentionnée.

Nous sommes reconnaissants à nos amis russes pour leur offre et pour leur intention d’aider à résoudre ce problème. Bien sûr, c’est quelque chose que nous devons décider dans le cadre des négociations. La question de notre matériau enrichi est très compliquée, et nous en avons maintenant conclu avec les Américains que, puisque c’est très difficile — nous sommes presque dans une impasse sur cette question particulière — reportons-la aux étapes ultérieures de nos négociations. Donc, pour l’instant, elle n’est pas en discussion. Elle n’est pas en négociation, mais nous aborderons ce sujet lors des étapes ultérieures. Et lorsque nous en arriverons à ce stade, nous aurions évidemment plus de consultations avec la Russie et nous verrons si l’offre russe peut aider ou non. Ce n’est pas quelque chose pour l’instant.

JOURNALISTE : [Inaudible]

ARAGHCHI : Je pense avoir déjà répondu à cette question. La question la plus importante est celle de la méfiance — ou du manque de confiance de notre côté envers les Américains, et j’ai expliqué les raisons de cette méfiance. Un autre problème, comme je l’ai dit, ce sont les messages contradictoires, qui nous ont rendus réticents quant aux véritables intentions des Américains dans ces négociations. Nous doutons de leur sérieux. Mais dès le moment où nous aurons le sentiment qu’ils sont sérieux et prêts pour un accord juste et équilibré, nous nous engagerons certainement dans le cours des négociations.

JOURNALISTE : [Inaudible]

ARAGHCHI : Eh bien, en fait, la déclaration finale de la réunion ministérielle des BRICS a été bloquée — ou certaines parties en ont été bloquées — par un État membre qui entretient ses propres relations particulières avec Israël. Et c’est très regrettable. Nous n’avons aucune difficulté avec ce certain pays. Il n’a pas été notre cible dans la guerre en cours. Nous avons uniquement frappé des bases militaires américaines et des installations militaires américaines qui se trouvent malheureusement sur leur sol. Donc, la seule raison pour laquelle ils ont bloqué la déclaration finale, c’est leur soutien à Israël et aux États-Unis dans leur agression contre l’Iran, ce qui est très, très regrettable.

J’espère que d’ici la tenue du sommet, ils parviendront à bien comprendre que l’Iran est un voisin. Nous devons vivre les uns avec les autres. Ils ont coexisté pendant des siècles et ils devront coexister pendant des siècles à venir. Les Israéliens ne peuvent pas les protéger. Les Américains ne peuvent pas les protéger. Cela a été prouvé pendant cette guerre. Les bases militaires américaines, leur relation avec Israël, sont devenues une source d’insécurité au lieu de devenir une source de sécurité. Au lieu de les protéger, c’était une source d’insécurité pour eux.

Ce sont donc là les réalités qu’ils doivent comprendre. Et je suis sûr que s’ils suivent la voie de la sagesse, ils trouveront en l’Iran un bon voisin et un bon partenaire.

JOURNALISTE : Hier, le président Donald Trump a déclaré dans une interview qu’il avait discuté de la question du détroit d’Ormuz et de la question iranienne avec le président chinois Xi Jinping. Il a ensuite dit que le président chinois est prêt à aider à servir de médiateur pour une solution quelconque. Êtes-vous ouvert à ce processus, alors que le processus de solution avec médiation pakistanaise a jusqu’à présent échoué ? Et une question connexe : quelles mesures sont prises par l’Iran pour faciliter le mouvement plus important ou plus rapide des navires bloqués dans le golfe Persique, dont onze navires indiens ?

ARAGHCHI : Eh bien, le processus de médiation par le Pakistan n’a pas encore échoué, mais il suit un cours très difficile, principalement en raison du comportement des Américains et de la méfiance qui existe entre nous. Nous apprécions tout pays qui a la capacité d’aider, en particulier la Chine. La Chine a été utile par le passé dans la reprise des relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Nous avons de très bonnes relations avec la Chine — nous sommes des partenaires stratégiques l’un pour l’autre. Et nous savons que les Chinois ont de bonnes intentions. Donc, tout ce qui peut être fait par eux pour aider la diplomatie serait le bienvenu par la République islamique d’Iran.

Nous espérons qu’avec l’avancement des négociations, nous parviendrons à une bonne conclusion. Ainsi, le détroit d’Ormuz serait complètement sécurisé, et nous pourrons accélérer la normalisation du trafic dans ce détroit.

JOURNALISTE : [Inaudible]

ARAGHCHI : Eh bien, le port de Chabahar est l’un des symboles de la coopération entre l’Iran et l’Inde. Et nous sommes très heureux que les Indiens aient joué un rôle important dans le développement de ce port. Il est maintenant en quelque sorte ralenti en raison des sanctions américaines, mais je suis confiant que ce port sera comme une porte dorée pour l’Inde pour accéder à l’Asie centrale, au Caucase, puis à l’Europe par cette voie de transit — et aussi pour les Européens, les Asiatiques centraux et d’autres pour accéder à l’océan Indien. C’est un port très stratégique, important à la fois pour nous, pour l’Inde et pour de nombreux autres pays. Donc, j’espère que les Indiens continueront leur travail dans le port de Chabahar, afin qu’il soit pleinement développé au service des intérêts de l’Inde et des autres pays environnants.

Je pense que l’Inde, avec sa bonne réputation, peut jouer un rôle plus important dans cette région pour aider la diplomatie, pour aider la paix, et pour promouvoir la paix et la sécurité. L’Inde est amie avec presque tous les pays du golfe Persique, dans le nord de ce golfe et dans la partie sud. Donc, nous apprécions tout rôle positif et constructif joué par l’Inde dans cette région.

[Question et réponse en persan que nous ne sommes pas en mesure de traduire]

JOURNALISTE : Le conflit a déclenché des perturbations économiques à grande échelle dans le monde. Dans l’état actuel des choses, êtes-vous optimiste quant à un règlement négocié, ou y a-t-il une possibilité que le conflit se prolonge et également un risque de reprise des hostilités militaires entre les deux parties ?

ARAGHCHI : Eh bien, les deux possibilités existent. Tout d’abord, ce n’est pas notre guerre. Nous n’avons pas initié cette guerre. Elle a été lancée par les Américains et les Israéliens. C’était un acte d’agression. Et ce que nous faisons — et ce que nous avons fait en réalité — était un acte de légitime défense. Donc, toutes les conséquences pour l’économie internationale, au niveau régional et international, ne sont pas de notre faute. C’est le résultat de l’agression des Américains.

Comme je l’ai dit, la chance d’un règlement diplomatique ou d’un retour à une guerre totale existe. Je ne peux pas dire 50-50. En tant que diplomate, je suis optimiste qu’une solution diplomatique peut l’emporter, mais nous ne devons pas ignorer la possibilité d’un retour à une guerre totale. Nous, en tant que République islamique d’Iran, sommes préparés aux deux scénarios. Nous sommes prêts à retourner au combat et nous savons comment nous défendre, et nous l’avons prouvé durant ces 40 jours de guerre. Et nous sommes également prêts pour la diplomatie et une solution diplomatique, et nous savons également ce que nous voulons, ce que nous pouvons faire et ce que nous pouvons obtenir.

JOURNALISTE : On dit que Trump a déclaré qu’il était à bout de patience. Quelle serait votre réponse à cela ?

ARAGHCHI : Eh bien, ce n’est pas ma faute s’il est à bout de patience. C’est à lui de répondre. Vous savez, ce n’est pas une question de patience ou non. Nous traitons d’une question très, très sérieuse. C’est une question de guerre et de paix. Donc, s’ils veulent négocier une solution, ils doivent être patients, car il faut des négociations complexes et détaillées pour parvenir à une solution juste. S’ils veulent retourner à la guerre, c’est à eux de décider. Ils nous ont mis à l’épreuve. Ils peuvent encore nous mettre à l’épreuve, mais le résultat ne sera pas différent.

JOURNALISTE : [Inaudible]

ARAGHCHI : Eh bien, il y a encore de l’espoir. Nous n’avons pas pu parvenir à un accord à Islamabad lorsque nous nous sommes rencontrés, principalement en raison des positions maximalistes des États-Unis et de leur comportement bien connu : ils déplacent toujours les poteaux de but à la toute fin des négociations. Donc, nous sommes familiers de ces tactiques. Et nous ne pouvons pas accepter quoi que ce soit en deçà d’un accord juste et équilibré. C’est pourquoi nous n’avons pas pu parvenir à un accord à Islamabad. Et nous sommes toujours en cours de pourparlers, mais un accord ne peut être obtenu que lorsque nos conditions sont remplies.

JOURNALISTE : [Inaudible]

ARAGHCHI : Eh bien, je pense que sur la coopération énergétique, tout est clair. Nous sommes prêts à fournir à l’Inde des ressources énergétiques si l’Inde est prête à faire affaire avec nous.

Eh bien, merci à tous. Merci beaucoup. J’espère que vous avez apprécié.

Source : YouTube

Transcription : lecridespeuples.substack.com

 

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