Avant même que Trump ne descende de son avion présidentiel à Pékin, les Chinois envoyaient des signaux subtils mais clairs indiquant qu'ils le considéraient comme un dirigeant de seconde zone et que les relations restaient tendues.

Le China Daily a d'abord minimisé l'importance de la rencontre à venir entre Xi et Trump, titrant sur des discussions entre Xi et le dirigeant tadjik. La rencontre avec Trump a été reléguée dans un encadré intitulé « Xi gère les relations sino-américaines dans un contexte d'incertitude mondiale ».

Deuxièmement, les sites web de CCTV et de XINHUA — en date du 12 mai 2026 — ne mentionnaient rien de la rencontre à venir avec Trump.


Troisièmement, avant l’arrivée de Trump, l’ambassade de Chine à Washington a publié une liste de quatre « lignes rouges » que « Washington ne devrait pas remettre en question ». Les voici :
La question taïwanaise,
Démocratie et droits de l'homme en Chine
Le système politique,
Les droits de Pékin au développement.
Message de la Chine à Trump : la Chine n’acceptera aucune critique de Trump ou de sa délégation sur ces questions. Toute critique à ce sujet sera perçue comme une insulte à la Chine.
Quatrièmement, à son arrivée à Pékin, l'avion de Trump a été accueilli à l'aéroport par le vice-Premier ministre chinois (ou le vice-président, selon certaines sources) et d'autres hauts responsables chinois, et non par le président Xi Jinping en personne ; des représentants diplomatiques américains et chinois ainsi qu'une garde d'honneur étaient également présents. Il s'agissait de la même configuration qui avait accueilli Trump en novembre 2017 lors de son premier voyage en Chine.
Comparons cela aux honneurs accordés à Vladimir Poutine. Xi Jinping l'a personnellement accueilli à son arrivée, au lieu de déléguer cet accueil à des fonctionnaires de rang inférieur. Selon les comptes rendus des visites d'État de Poutine en 2024 et lors d'autres visites, Xi l'a reçu avec tous les honneurs protocolaires (cérémonie d'accueil ou réception au Palais de l'Assemblée du Peuple) et l'a rencontré dès son arrivée à Pékin.
Lors de sa première allocution publique à l'occasion de la rencontre des délégations respectives, Xi Jinping a déclaré :
« Les relations entre la Chine et les États-Unis doivent reposer sur le bénéfice mutuel.
La confrontation ne peut qu'engendrer des dommages mutuels ; il est nécessaire d'être partenaires, et non rivaux. »
▪️La Chine et les États-Unis devraient surmonter le « piège de Thucydide »* et construire un nouveau paradigme de relations.
Le « piège de Thucydide » est un concept politique selon lequel une puissance montante menace un État dominant, rendant ainsi un conflit armé quasi inévitable. Ce concept est souvent utilisé pour décrire les relations sino-américaines.
Concernant la question de Taïwan, Xi a déclaré que :
Une approche inadéquate de la question taïwanaise pourrait mener à un conflit entre la Chine et les États-Unis. La paix dans le détroit de Taïwan est un facteur clé des relations sino-américaines.
L'une des questions qui sera probablement abordée en privé, à l'abri des caméras, est celle des sanctions. Juste avant le départ du président Trump pour Pékin (13 mai 2026), l'Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor américain a annoncé, le 11 mai 2026, des sanctions visant 12 personnes et entités (3 personnes physiques et 9 entreprises) pour avoir facilité les ventes et les livraisons de pétrole iranien à la Chine.
Auparavant, le 24 avril 2026, les États-Unis avaient imposé des sanctions à cinq grandes raffineries chinoises, dites « raffineries en théière » (dont Hengli Petrochemical (Dalian) Refining Co. et des producteurs plus petits du Shandong et du Hebei), pour avoir acheté des milliards de dollars de pétrole brut iranien. Cette décision a déclenché la première application par la Chine de ses « règles de blocage » (annonce n° 21 du 2 mai), interdisant aux entités chinoises de se conformer à ces sanctions américaines. Par la suite, le 8 mai 2026, l’administration Trump a annoncé des sanctions supplémentaires contre des entreprises chinoises (par exemple, des sociétés de technologie satellitaire comme MizarVision/Chang Guang) accusées d’aider l’Iran dans ses efforts militaires et de renseignement.
Je suis certain que le président Xi abordera directement ces mesures avec Trump lors de leur entretien privé prévu vendredi. Si Trump et son équipe de sécurité nationale espéraient que ces actions inciteraient la Chine à réduire son soutien à l'Iran, ces espoirs seront déçus et la Chine insistera sur le fait que de telles actions sont incompatibles avec l'amitié. Reste à savoir si Trump lèvera ces sanctions.
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