mardi 21 décembre 2021

Yémen vs Arabie saoudite — Pour qui sonne le glas?

L’Arabie saoudite, le plus grand et le plus riche pays arabe, mène, simultanément, une guerre militaire contre le Yémen, le plus pauvre pays arabe, et une guerre économique contre le Liban, le plus petit pays arabe, sans que le résultat en soit garanti pour ce 5eme client de l’armement mondial, ni pour ce géant de l’économie mondiale, membre du G 20.
Mais dans cette épreuve de force, le chef de file de l’Islam sunnite fait face en fait à un adversaire redoutable, une personnalité charismatiques au palmarès militaire infiniment plus prestigieux que le sien:  Abdel Malik Al Houthi, chef des Ansar Allah, relevant de ce que le wahhabite considère comme l’Islam schismatique.

Vers la constitution d’un réduit saoudo américain au Sud-Yémen.

Le baptême de feu du Roi Salmane Ben Abdel Aziz au Yémen, le 25 Mars 2015, deux mois après son accession au trône, se voulait une démonstration de force et de vigueur du monarque, au terme de dix ans de léthargie induite par son prédécesseur le nonagénaire Abdallah.

Œuvre de son fils, Mohamad Ben Salmane, le prince héritier, l’expédition punitive de ce monarque octogénaire, de surcroît pâtissant d’une maladie handicapante (Alzheimer), contre le plus pauvre pays arabe, a tourné au cauchemar. La promenade de santé a viré au voyage au bout de l’enfer.
Le souverain, prudent, avait pourtant pris toutes les précautions: Pour la première guerre frontale de la dynastie wahhabite depuis la fondation du Royaume il y a près d’un siècle, une coalition de sept pays avait été mise sur pied alignant 150. 000 soldats et 1.500 avions. Une task force secondée par des mercenaires des compagnies militaires privées du type Blackwater de sinistre mémoire et la connivence tacite des «Grandes Démocraties Occidentales».

Le châtiment se devait être exemplaire et dissuader quiconque se dresserait contre l’hégémonie saoudienne dans la zone, particulièrement les Houthistes, secte schismatique de l’Islam orthodoxe sunnite, d’autant que la dynastie wahhabite considère comme sa chasse gardée absolue, son sas de sécurité, le Yémen, ce pays situé à la droite (Yamine) sur le chemin de La Mecque, selon sa signification étymologique. Mais «La tempête de la fermeté» s’est révélée catastrophique, malgré le blocus naval de la Ve flotte américaine de la zone (Golfe persique-Océan Indien), en dépit du puissant coup de main de la France à un mini-débarquement de troupes loyalistes à Aden, depuis la base militaire française de Djibouti.

Malgré l’encadrement français des troupes des Émirats Arabes Unis assuré par le contingent de la Légion Étrangère stationné sur la base française d’Abou Dhabi, «Zayed Military City»; Malgré l’aménagement d’une base arrière saoudienne dans le ville portuaire d’Assab (Érythrée), sur la Mer Rouge, pour le recrutement et la formation des cadres de l’armée loyaliste pro saoudienne.

Un désastre absolu en dépit de la présence de pilotes mercenaires français et américains, opérant dans les rangs saoudiens, alléchés par des primes de l’ordre de 7.500 dollars par sortie aérienne. Avec en surprime, une Bentley offerte par le prince Walid Ben Talal pour chacun des 100 pilotes saoudiens participant au bombardement du Yémen. Sans doute une façon très personnelle de développer le patriotisme, le sens du devoir et le goût du sacrifice au sein des forces armées saoudiennes.

Au fil du temps, la coalition s’est toutefois disloquée: Le Qatar, suivi du Maroc et du Soudan se sont retirés de cette alliance monarchique, alors que les grandes puissances militaires musulmanes (Pakistan, Égypte, Turquie, Algérie) déclinaient l’offre de se lancer dans cette aventure qu’elles jugeaient à tous égards aventureuse.

Fait sans précédent dans les annales de la stratégie mondiale, une coalition pétro monarchique, fermement soutenue par trois puissances occidentales, –membres permanents du Conseil de sécurité, disposant du Droit de veto, supposés veiller au maintien de la paix dans le Monde–, maîtres des cieux et de la mer, se sont livrés, en toute impunité, à une agression caractérisée contre le plus pauvre pays arabe, face à des adversaires furtifs à l’équipement rudimentaire, sans avoir enregistré le moindre succès militaire notable.

L’Arabie saoudite, traumatisée par l’attaque des installations pétrolières de l’ARAMCO par les va nu pieds houthistes, le 14 septembre 2019, -en représailles à des bombardements aériens massifs saoudiens contre le Yémen-, vit dans un état de panique à l’idée de la perte de Ma’rib, l’ancienne capitale du Royaume de Saba et de la mythique Reine de Saba; une hypothèse dont elle redoute d’en être la risée universelle.

Le Yémen fragmenté après six ans de guerre 

Quatre mois après la chute de Kaboul, la chute de Ma’rib au Yémen non seulement ternirait durablement le prestige tant des chefs de file de la contre révolution arabe, –l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis– que de leurs parrains occidentaux (États-Unis, Royaume Uni, France), mais constituerait, en même temps, un puissant signal de motivation aux contestataires de l’hégémonie israélo-américaine dans la zone, renforçant la position de l’Iran dans les négociations sur le nucléaire iranien, fragilisant les pays arabes ayant pactisé avec Israël.

Pour conjurer un sort fatal, les Occidentaux ont fermé l’œil sur la mobilisation aux côtés des forces pétro-monarchiques d’Al-Qaida et des combattants du parti Al Islah, la branche yéménite des Frères musulmans- pourtant tous deux inscrits sur la liste noire des organisations terroristes.
[On retrouve ici aussi, ce que l’on a vu et que l’on voit encore  partout dans les pays musulmans ciblés par l'Occident "libre et démocratique" (Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Syrie, Irak, Afghanistan, Pakistan, Tchétchénie/Russie, Xinjiang/Chine…) : les Occidentaux sont les patrons  qui arment et financent ces "idiots utiles" que sont les Frères musulmans. Les diatribes d’un Zemmour ou d’un Trump contre les musulmans ne sont que de la poudre aux yeux de leurs concitoyens malheureux car ils sont exploités jusqu'à par l’élite mondialiste multimilliardaire, et à qui on désigne un bouc émissaire].

Une piste atterrissage américaine à Rayyan , dans le Hadramaout

Et, parallèlement à l’aménagement d’un centre d’espionnage britannique en vue de surveiller les communications téléphoniques des Houthistes, les Américains ont procédé à l’encadrement des troupes assaillantes et entrepris d’agrandir l’aéroport de Rayyan dans le district de Moukalla, dans la province du Hadramaout, au sud du Yémen, à 480 km d’Aden, en vue d’accueillir des avions gros porteurs C 130.
La piste d’atterrissage a été construite, comme il fallait s’y attendre, aux frais des saoudiens, avec en titre de bonus la réception à Riyad d’une délégation de 20 personnalités de la communauté juive américaine, en grande pompe. Un geste destiné à perméabiliser l’opinion conservatrice saoudienne à une normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite.
Ainsi donc sans craindre la contradiction, mais dans un sursaut de survie, l’Arabie saoudite, le plus intransigeant ennemi d’Israël sur le plan théorique, s’apprête à intégrer le nouvel ordre régional sous l’imperium israélien. [L’auteur se trompe  ici. La dynastie saoudienne, depuis sa prise du pouvoir, a toujours été pro-sioniste, pour la simple raison qu’elle est elle-même cryptojuive.]

En cohérence avec la position constante de la dynastie wahhabite, qui aura opéré le plus grand détournement du combat arabe, soutenant l’Irak contre l’Iran dans la plus longue guerre conventionnelle de l’histoire contemporaine (1979-1988), le détournant du champ de bataille principal, la Palestine, déversant des milliards de dollars, et, surtout, déroutant la jeunesse arabe et musulmane vers l’Afghanistan, à des milliers de km du champ de bataille palestinien, contre un ennemi athée certes mais allié des Arabes, l’Union soviétique, le principal fournisseur d’armes de pas moins de six pays arabes (Syrie, Irak, Algérie, Libye, Soudan et Yémen), un utile contrepoids en somme à l’hégémonie américaine.

A noter que la piste d’atterrissage de 300 mètres pour des avions-cargos américains est destinée, non à ravitailler une population assiégée depuis 6 ans et sinistrée par la pandémie du Covid et les destructions massives infligées aux infrastructures du pays par leurs agresseurs, mais à transporter du matériel d’urgence à déverser directement sur le champ de bataille.

Tout ce passe comme si les Saoudiens et les Américains paraissent devoir faire leur deuil du Nord-Yémen, désormais sous contrôle dans sa quasi-totalité des Houthistes pour se concentrer sur le sud Yémen qui apparaît ainsi comme ayant vocation à faire office d’ultime réduit pétro monarchique, face au désastre militaire qui se profile.

Shabwa, l’ancienne capitale de la région du Hadramaout, devrait être le théâtre de la prochaine confrontation. L’ancienne Sobota, selon Pline, a été une étape essentielle de la route de l’encens, entre la Méditerranée, l’Inde et l’Égypte.

En transformant leur bastion du Sud Yémen, à l’intersection de la Mer rouge, de l’Océan Indien et du Golfe persique, les Américains espèrent ainsi, à défaut de renverser le cours de la guerre, en retarder l’issue finale alors qu’un bras de fer oppose les Américains et l’Iran à propos du nucléaire iranien. Le retrait précipité des troupes pro monarchiques du périmètre du port de Hodeida, unique débouché maritime du Nord-Yémen, désormais sous contrôle houthi, simultanément au retrait des troupes d’Abou Dhabi de leurs principales positions militaires du Sud du Yémen, plaide en faveur de cette thèse.

Ryad et Abou Dhabi redoutent, en fait, un effet domino, comparable au schéma afghan, qui entraînerait une chute en cascade de leurs positions militaires tant au Nord Yémen que dans de larges portions du Sud Yémen, les privant de toute possibilité de négociations d’une sortie honorable de leur bourbier yéménite. La chute de Ma’arib, placerait le Nord Yémen sous le contrôle des Houthistes, et placerait ce pays, au positionnement hautement stratégique, sous la zone d’influence tacite de l’Iran.

En fait, les Américains paraissent sceptiques sur l’issue de la guerre et se livrent à un combat d’arrière garde en fortifiant le Sud Yémen pour tenter de calmer les ardeurs de leur alliés pétro monarchiques et surtout de raisonner le «conducteur ivre», selon l’expression du diplomate américain Robert Malley à la revue Foreign Policy, qui a conduit au désastre yéménite: le prince héritier saoudien.

Sur les enjeux de la chute de Ma’rib, cf le lien suivant:

·        https://www.madaniya.info/2021/05/07/al-qaida-vole-au-secours-de-larabie-saoudite-dans-la-bataille-de-marib-yemen/

·        https://www.madaniya.info/2021/10/18/royaume-uni-yemen-espionnage/

Le Sud Yémen, jadis unique pays du Monde arabe sous un régime de république marxiste, a été forcé à la fusion avec le Nord Yémen, sous la pression conjuguée saoudo-américaine, dans la foulée de l’implosion de l’Union soviétique, dans la décennie 1990. Il devrait en être à nouveau détaché par ce tandem, à tout le moins la zone d’Aden, du fait de leurs déboires militaires dans la péninsule arabique.

·        https://www.renenaba.com/la-lutte-pour-le-pouvoir-dans-le-sud-yemen-prosovietique/

Yémen: Un polygone de tir

Marchés, stations essence, champs, hôpitaux, y compris les centres de santé Médecins Sans Frontières, le Yémen a été transformé, depuis longtemps en un polygone de tirs, sans susciter la moindre protestation encore moins de sanctions occidentales, au contraire. Rien n’a été épargné. Toutes les cibles sont licites.

Les bombardements tous azimuts ont provoqué d’importantes restrictions dans les importations, une pénurie des produits de première nécessité et une inflation corrélative, notamment le carburant et les médicaments.
L’ampleur de la crise est immense dans ce pays où l’accès des acteurs humanitaires est extrêmement restreint. Et dans ce pays de 46 millions d’habitants, les fossoyeurs sont débordés par les morts du Covid-19.
A la sixième année de la guerre, la coalition s’est réduite comme une peau de chagrin, désormais limitée aux duo belliqueux du Golfe, les princes héritiers d’Arabie saoudite, Mohamad Ben Salmane, et d’Abou Dhabi, Mohamad Ben Zayed. C’est dire l’ampleur de la déconvenue, qui explique l’extrême irritabilité du Royaume saoudien.

L’équilibre de la dissuasion

A l’automne 2021, les Houthistes ont inauguré une nouvelle stratégie fondée sur «l’équilibre de la dissuasion». En réplique aux raids massifs aériens pétro monarchiques contre leurs positions pour leur briser le siège de Ma’arib, les Houthistes ont simultanément attaqué à l’aide de drones, le 20 novembre 2021, la base militaire du Roi Abdallah à Ryad, (à l’aide de 4 drones), l’annexe militaire de l’aéroport civile du Roi Abdallah à Djeddah, de même que la raffinerie pétrolière de l’ARAMCO dans cette ville portuaire située sur la Mer Rouge, enfin des objectifs militaires dans les provinces de Jazane et Najrane, deux anciennes provinces yéménites provinces annexées par le Royaume dans la décennie 1930

A l’intention du locuteur arabophone, pour plus de détails sur l’équilibre de la dissuasion, cf ce lien

La guerre du Yémen se déroule à huis clos. Aucune voix de la grande conscience humaine, pas plus Bernard Kouchner, fondateur de «Médecins sans frontières», que Bernard Henry Lévy, le théoricien du botulisme, pourtant tous deux prompts à s’égosiller l’un pour le Darfour, l’autre pour le Kurdistan irakien, n’ont pris la peine de dénoncer ce massacre en circuit fermé. Encore moins la troisième grande conscience, l’héritier Raphaël Glucksman, le nouveau venu dans la vocifération humanitariste pro Ouïghours.

Indice complémentaire de la connivence judéo-occidentale, le nouveau président d’Interpol, l’organisation de coordination des polices du monde, est un tortionnaire réputé issu d’un régime aux obsessions sécuritaires. Le général Ahmed Nasser al-Raisi, inspecteur général du ministère de l’Intérieur des Émirats arabes unis (EAU), a en effet été élu à la tête de l’agence qui regroupe les services de police de 194 pays

Par René Naba | 21 décembre 2021 

Les ajouts dans cette couleur sont de H. Genséric

3 commentaires:

  1. Livre de l'Apocalypse au chapitre 18 : BABYLONE EST TOMBEE

    HORACIO VILLEGAS : « Nous vivons les derniers jours de l'empire moderne de Babylone. Poutine vient d'avertir aujourd'hui l'OTAN que si elle ne respecte pas les propositions sécuritaires avancées par la Russie et, comme je le dis sur ce site depuis des jours, des mois, des années, les nations modernes de Dan / Babylone (l'Occident dirigé par le monde Anglo-saxon tiré de l'ancienne tribù d'Israel de DAN (le chef de l'Otan est par hasard un DANois), ils n'ont qu'un seul but à l'ordre du jour : une guerre contre la Russie, la Chine et l'Iran.

    Dans mon livre de 2012 au chapitre 31, je souligne fondamentalement, à travers des aperçus prophétiques du passé et ma propre analyse, et j'indique où la Russie attaquera l'Occident.

    L'Ukraine est le "déclencheur" ou l'étincelle ou l'origine flagrante, pour ainsi dire, mais ce n'est pas là que les principales armes de la Russie seront déployées. Leurs attaques, en coordination avec la Chine et l'Iran, couvriront plusieurs fronts en meme temps et se produiront très rapidement.

    Toutes les prophéties disent que les Russes arriveront en France dans le tour de quelques jours et que le Royaume-Uni sera touché par les armes du tsunami, qui détruira les villes côtières. La même chose se produira à New York et dans d'autres villes côtières des États-Unis.

    Au cours des 16 dernières années, j'ai décrit en détail dans tous mes livres comment cela va se passer. Les armes nucléaires seront utilisées essentiellement dans une période de trois jours, vers la fin de la guerre, il y aura en suite les Trois jours de ténèbres. Cela se produira en hiver, selon les avertissements de plusieurs voyants qui parlent d'une période froide de l'année et invitent à faire provisions de nourriture, d'eau, de bougies bénies et de prière constante.

    Poutine et Xi sont les « hommes noirs » actuels du Mainstream. Les pandémies ont été créées pour cibler les masses, mais aussi en tant que tactique militaire pour mettre en œuvre de nouvelles mesures pendant ces lockdowns, en vue d'une guerre mondiale.

    Comme je l'ai toujours dit, l'Occident reste silencieux sur tout cela, car le diable, qui contrôle la plupart des gouvernements et des médias, veut capturer autant d'âmes que possible en etat d'impenitence finale et obtenir une bonne récolte dès le début de la.guerre.

    Le point fondamental de tout ce truc diabolique est: une massive capture d'âmes.

    Priez et jeûnez.
    Que Dieu vous bénisse"

    http://prophecyinthemaking.blogspot.com/2021/12/in-one-hour.html

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  2. Frères musulmans, quel faux nom !!!

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  3. tant qu les usa ne sont pas encore disloqués comme le fut l'ex URSS le monde ne connaîtra pas de paix

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