Les démocrates ont repris le contrôle du Congrès lors d'une déroute électorale qui a décimé les républicains aux élections de mi-mandat. Nombreux étaient ceux qui l'avaient prédit, et ce n'est pas dû à l' ingérence canadienne récemment dénoncée par la Maison-Blanche, ni aux efforts d'autres pays, mais à la flambée du coût de la vie consécutive à la troisième guerre du Golfe déclenchée par Trump et Biden. La hausse des prix du pétrole s'est naturellement traduite par une hausse généralisée des prix, frappant de plein fouet les Américains moyens.
Trump avait auparavant menacé de devenir « Monsieur Veto » si les Républicains perdaient le contrôle du Congrès, expliquant que la Cour suprême avait récemment renforcé son pouvoir exécutif. Le partage sur les réseaux sociaux d'une photo d'une casquette rouge portant l'inscription « VETO » après l'annonce des résultats laisse penser qu'il est sérieux. C'est logique, car il serait illogique de sa part de laisser passer l'occasion d'opposer son veto aux lois contraires à son programme alors que les Démocrates ne disposent pas de la supermajorité des deux tiers dans les deux chambres pour passer outre son veto.
Les démocrates devront donc soit faire des compromis au
cours des deux prochaines années, soit les États-Unis resteront paralysés sur
le plan législatif, chaque camp rejetant la faute sur l'autre à l'approche des
prochaines élections. Les démocrates pourraient également tenter une nouvelle
procédure de destitution contre Trump, mais ils ne disposent pas de la
supermajorité des deux tiers au Sénat nécessaire pour le destituer ; une
telle procédure n'aurait donc qu'une valeur symbolique. Quoi qu'il en soit, si
la politique intérieure est bloquée, Trump pourrait se tourner vers la
politique étrangère, ce qui pourrait avoir des conséquences importantes pour de
nombreux pays.
L'Iran est au cœur des préoccupations, car l'héritage de
Trump dépendra en fin de compte de l'issue de la troisième guerre du Golfe.
Chaque camp accuse l'autre d'entretenir le conflit depuis des mois, mais tout
comme les Démocrates devront faire des compromis pour que leurs projets de loi
soient adoptés, Trump devra lui aussi en faire avec l'Iran s'il veut préserver
son héritage. La raison est simple : le maintien d'un coût de la vie
élevé, conséquence de la hausse des prix du pétrole, condamnera les
Républicains en 2028.
L'idée d'un président démocrate à la tête d'un Congrès à
majorité démocrate sonnerait le glas de tout ce que Trump a accompli, tant sur
le plan national qu'international, durant son second mandat. Ce scénario est
d'ailleurs plausible, car les électeurs se soucient davantage de l'économie que
de la politique étrangère ou des prétendues « guerres culturelles ».
Par ailleurs, la victoire écrasante des démocrates n'aurait pas eu lieu sans
l'abstention de certains républicains, ou sans leur vote pour les démocrates en
signe de protestation, ce qu'ils ont fait en raison de la flambée du coût de la
vie.
Cela ne signifie pas pour autant qu'ils ont « trahi »
Trump ou les causes qu'ils soutenaient il y a deux ans à peine, car la plupart
d'entre eux pensaient probablement que Trump jouerait le rôle de « veto » pour
préserver ses acquis pendant au moins les deux années suivantes. Leur objectif
était simplement de lui montrer que la hausse du coût de la vie, conséquence de
la troisième guerre du Golfe – que beaucoup considèrent comme une guerre
volontaire puisqu'ils ne croient pas que l'Iran était sur le point de se doter
de l'arme nucléaire –, est inacceptable.
Par conséquent, rien ne galvaniserait davantage sa base
électorale qu'un compromis rapide avec l'Iran, afin de leur montrer qu'il a
bien compris leur message. Un tel compromis faciliterait une baisse progressive
du coût de la vie, susceptible de relancer l'économie d'ici 2028 et de
favoriser la victoire des Républicains. S'il s'enlise dans la crise du Golfe ou
s'il provoque l'Iran en l'incitant à détruire les infrastructures énergétiques
de la région en représailles à une attaque nucléaire, par exemple, alors le
mouvement MAGA risque fort de sombrer dans l'oubli.
L’establishment balayé
La vague de fond a fini
en tsunami, plus sévère que nous l’avions imaginé. En France, le chœur des
gallo-ricains va se déchaîner - en vain.
Vous allez voir que tous les
caciques que comptent la gauche et le bloc central vont exulter : “Victoire!
Trump a été battu! On a gagné! Enfin, pas nous mais eux, mais eux c’est un peu
nous aussi. Donc nous allons gagner en 2027.” Nous allons tous les voir se
dandiner sur les plateaux - enfin, ceux d’entre nous assez fous pour allumer
une télévision.
A gauche comme à droite, la France compte tant de décérébrés, de
gallo-ricains qui depuis plus de 80 ans polluent le débat public en singeant ce
qui se fait outre-atlantique, oublieux que la France, ben, c’est pas l’Amérique
- et que de l’Amérique ils n’entendent rien. Ils seront sans doute balayés
l’année prochaine, comme Trump et sa clique viennent de l’être aujourd’hui,
pour l’exacte même raison: la trahison du peuple.
Produire du journalisme exigeant demande beaucoup de travail.
Pour soutenir celui de
Ces gallo-ricains oublient une chose: les classes populaires ne
votent plus pour eux depuis belle lurette et elles attendent en silence d’avoir
leur mot à dire, mot qu’elles ont déjà choisi et que rien ni personne ne pourra
altérer. Tenez, comme les américains viennent de le faire. Et ils oublient une
deuxième chose: rien n’est résolu aux USA. Il va falloir attendre la prochaine
présidentielle pour voir si ce pays va enfin s’extirper de la tenaille de deux
partis corrompus jusqu’à la moelle, qui ne peuvent être réformés de
l’intérieur. En attendant, les Républicains sont toujours à la Maison Blanche:
pas d’inflexion majeure de politique étrangère à prévoir, à part peut-être la
fin de quelques guerres si on est optimiste.
Jusqu’à preuve du contraire, Donald Trump reste à la Maison
Blanche. Il pourra opposer son veto à toute législation votée par les
démocrates, la renvoyant sine die dans sa chambre
d’origine. Les Etats-Unis seront dans une situation comparable à celle qui
surviendrait en France avec un gouvernement en affaires courantes - deux ans
durant. Ce qui signifie que la campagne pour la présidentielle de 2018 vient
vraiment de commencer.
La question n’est pas démocrates contre républicains. Cela fait
un certain temps déjà que nous l’avançons. Les Américains n’en peuvent plus
d’un système politique où leur vote se change rien, puisqu’une fois élus,
députés et sénateurs s’empressent de ne servir que les intérêts particuliers de
ceux, infime minorité, cette “classe Epstein”, qui ont financé leur campagne.
Gageons qu’il n’en sera pas autrement cette fois-ci et que le grand ménage sera
fait en 2028, comme il sera peut-être fait en France l’année prochaine.
Le populisme qui a permis à Donald Trump d’effectuer le plus
grand retour politique de l’histoire des Etats-Unis et qu’il s’est empressé de
trahir pour enrichir le gang de mafieux dont il s’est entouré, vient de lui
péter au museau.
Donald Trump ne finira pas son mandat. Soit il sera poussé à la
démission contre une grâce lui évitant des poursuites judiciaires (cette
fois-ci amplement méritées), soit il sera destitué par la Chambre et condamné
par le Sénat, donc finira en prison, où lui et les siens appartiennent. A moins
que le conserver éructant seul dans le Bureau Ovale et à Mar-a-Lago ne serve à
la fois les démocrates et les républicains, donc l’establishment, pour encore
deux ans.
Comme le souligne Trita Parsi, le patron du Quincy Institute,
que ce soit du côté républicain ou démocrate, c’est d’abord le parti opposé à
la guerre qui a gagné. Malheur à ceux qui, riches à crever et si peu nombreux,
ont fait passer les intérêts d’un pays étranger insignifiant, Israël, devant
ceux des USA.
Le vote d’aujourd’hui n’est pas un vote partisan d’adhésion,
note avec raison Thomas Massie. C’est le vote d’un peuple qui fait payer l’une
des pires trahisons de son histoire. La promesse non tenue de la liberté pèsera
toujours plus lourd que les chaînes de la servitude.
Nous l’avons écrit il y a un an:
le pouvoir de l’argent ne joue presque plus en politique aux Etats-Unis. Tant
pis pour Wall Street, la Silicon Valley, le complexe militaro-industriel et les
mafias en col blanc. Il reste peut-être des places dans la fusée pour Mars
d’Elon Musk.
En France, c’est le pouvoir de la bêtise qui nous plombe. Nous
verrons l’année prochaine si, comme le disait Guy Debord, le peuple pense.
nov. 4


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