mercredi 4 novembre 2026

L’héritage de Trump sera finalement déterminé par l’issue de la troisième guerre du Golfe.

Si le conflit s'éternise ou s'il provoque l'Iran pour qu'il anéantisse l'infrastructure énergétique du Golfe en représailles à une attaque nucléaire, par exemple, alors la flambée du coût de la vie qui en résultera et qui est responsable du dernier bain de sang des Républicains reléguera le mouvement MAGA aux oubliettes de l'histoire en 2028.


Les démocrates ont repris le contrôle du Congrès lors d'une déroute électorale qui a décimé les républicains aux élections de mi-mandat. Nombreux étaient ceux qui l'avaient prédit, et ce n'est pas dû à l' ingérence canadienne récemment dénoncée par la Maison-Blanche, ni aux efforts d'autres pays, mais à la flambée du coût de la vie consécutive à la troisième guerre du Golfe déclenchée par Trump et Biden. La hausse des prix du pétrole s'est naturellement traduite par une hausse généralisée des prix, frappant de plein fouet les Américains moyens.


Trump avait auparavant menacé de devenir « Monsieur Veto » si les Républicains perdaient le contrôle du Congrès, expliquant que la Cour suprême avait récemment renforcé son pouvoir exécutif. Le partage sur les réseaux sociaux d'une photo d'une casquette rouge portant l'inscription « VETO » après l'annonce des résultats laisse penser qu'il est sérieux. C'est logique, car il serait illogique de sa part de laisser passer l'occasion d'opposer son veto aux lois contraires à son programme alors que les Démocrates ne disposent pas de la supermajorité des deux tiers dans les deux chambres pour passer outre son veto.

Les démocrates devront donc soit faire des compromis au cours des deux prochaines années, soit les États-Unis resteront paralysés sur le plan législatif, chaque camp rejetant la faute sur l'autre à l'approche des prochaines élections. Les démocrates pourraient également tenter une nouvelle procédure de destitution contre Trump, mais ils ne disposent pas de la supermajorité des deux tiers au Sénat nécessaire pour le destituer ; une telle procédure n'aurait donc qu'une valeur symbolique. Quoi qu'il en soit, si la politique intérieure est bloquée, Trump pourrait se tourner vers la politique étrangère, ce qui pourrait avoir des conséquences importantes pour de nombreux pays.

L'Iran est au cœur des préoccupations, car l'héritage de Trump dépendra en fin de compte de l'issue de la troisième guerre du Golfe. Chaque camp accuse l'autre d'entretenir le conflit depuis des mois, mais tout comme les Démocrates devront faire des compromis pour que leurs projets de loi soient adoptés, Trump devra lui aussi en faire avec l'Iran s'il veut préserver son héritage. La raison est simple : le maintien d'un coût de la vie élevé, conséquence de la hausse des prix du pétrole, condamnera les Républicains en 2028.

L'idée d'un président démocrate à la tête d'un Congrès à majorité démocrate sonnerait le glas de tout ce que Trump a accompli, tant sur le plan national qu'international, durant son second mandat. Ce scénario est d'ailleurs plausible, car les électeurs se soucient davantage de l'économie que de la politique étrangère ou des prétendues « guerres culturelles ». Par ailleurs, la victoire écrasante des démocrates n'aurait pas eu lieu sans l'abstention de certains républicains, ou sans leur vote pour les démocrates en signe de protestation, ce qu'ils ont fait en raison de la flambée du coût de la vie.

Cela ne signifie pas pour autant qu'ils ont « trahi » Trump ou les causes qu'ils soutenaient il y a deux ans à peine, car la plupart d'entre eux pensaient probablement que Trump jouerait le rôle de « veto » pour préserver ses acquis pendant au moins les deux années suivantes. Leur objectif était simplement de lui montrer que la hausse du coût de la vie, conséquence de la troisième guerre du Golfe – que beaucoup considèrent comme une guerre volontaire puisqu'ils ne croient pas que l'Iran était sur le point de se doter de l'arme nucléaire –, est inacceptable.

Par conséquent, rien ne galvaniserait davantage sa base électorale qu'un compromis rapide avec l'Iran, afin de leur montrer qu'il a bien compris leur message. Un tel compromis faciliterait une baisse progressive du coût de la vie, susceptible de relancer l'économie d'ici 2028 et de favoriser la victoire des Républicains. S'il s'enlise dans la crise du Golfe ou s'il provoque l'Iran en l'incitant à détruire les infrastructures énergétiques de la région en représailles à une attaque nucléaire, par exemple, alors le mouvement MAGA risque fort de sombrer dans l'oubli.

Andrew Korybko

L’establishment balayé

La vague de fond a fini en tsunami, plus sévère que nous l’avions imaginé. En France, le chœur des gallo-ricains va se déchaîner - en vain.

Vous allez voir que tous les caciques que comptent la gauche et le bloc central vont exulter : “Victoire! Trump a été battu! On a gagné! Enfin, pas nous mais eux, mais eux c’est un peu nous aussi. Donc nous allons gagner en 2027.” Nous allons tous les voir se dandiner sur les plateaux - enfin, ceux d’entre nous assez fous pour allumer une télévision.

A gauche comme à droite, la France compte tant de décérébrés, de gallo-ricains qui depuis plus de 80 ans polluent le débat public en singeant ce qui se fait outre-atlantique, oublieux que la France, ben, c’est pas l’Amérique - et que de l’Amérique ils n’entendent rien. Ils seront sans doute balayés l’année prochaine, comme Trump et sa clique viennent de l’être aujourd’hui, pour l’exacte même raison: la trahison du peuple.

Produire du journalisme exigeant demande beaucoup de travail. Pour soutenir celui de

Ces gallo-ricains oublient une chose: les classes populaires ne votent plus pour eux depuis belle lurette et elles attendent en silence d’avoir leur mot à dire, mot qu’elles ont déjà choisi et que rien ni personne ne pourra altérer. Tenez, comme les américains viennent de le faire. Et ils oublient une deuxième chose: rien n’est résolu aux USA. Il va falloir attendre la prochaine présidentielle pour voir si ce pays va enfin s’extirper de la tenaille de deux partis corrompus jusqu’à la moelle, qui ne peuvent être réformés de l’intérieur. En attendant, les Républicains sont toujours à la Maison Blanche: pas d’inflexion majeure de politique étrangère à prévoir, à part peut-être la fin de quelques guerres si on est optimiste.

Jusqu’à preuve du contraire, Donald Trump reste à la Maison Blanche. Il pourra opposer son veto à toute législation votée par les démocrates, la renvoyant sine die dans sa chambre d’origine. Les Etats-Unis seront dans une situation comparable à celle qui surviendrait en France avec un gouvernement en affaires courantes - deux ans durant. Ce qui signifie que la campagne pour la présidentielle de 2018 vient vraiment de commencer.

La question n’est pas démocrates contre républicains. Cela fait un certain temps déjà que nous l’avançons. Les Américains n’en peuvent plus d’un système politique où leur vote se change rien, puisqu’une fois élus, députés et sénateurs s’empressent de ne servir que les intérêts particuliers de ceux, infime minorité, cette “classe Epstein”, qui ont financé leur campagne. Gageons qu’il n’en sera pas autrement cette fois-ci et que le grand ménage sera fait en 2028, comme il sera peut-être fait en France l’année prochaine.

Le populisme qui a permis à Donald Trump d’effectuer le plus grand retour politique de l’histoire des Etats-Unis et qu’il s’est empressé de trahir pour enrichir le gang de mafieux dont il s’est entouré, vient de lui péter au museau.

Donald Trump ne finira pas son mandat. Soit il sera poussé à la démission contre une grâce lui évitant des poursuites judiciaires (cette fois-ci amplement méritées), soit il sera destitué par la Chambre et condamné par le Sénat, donc finira en prison, où lui et les siens appartiennent. A moins que le conserver éructant seul dans le Bureau Ovale et à Mar-a-Lago ne serve à la fois les démocrates et les républicains, donc l’establishment, pour encore deux ans.

Comme le souligne Trita Parsi, le patron du Quincy Institute, que ce soit du côté républicain ou démocrate, c’est d’abord le parti opposé à la guerre qui a gagné. Malheur à ceux qui, riches à crever et si peu nombreux, ont fait passer les intérêts d’un pays étranger insignifiant, Israël, devant ceux des USA.

Le vote d’aujourd’hui n’est pas un vote partisan d’adhésion, note avec raison Thomas Massie. C’est le vote d’un peuple qui fait payer l’une des pires trahisons de son histoire. La promesse non tenue de la liberté pèsera toujours plus lourd que les chaînes de la servitude.

Nous l’avons écrit il y a un an: le pouvoir de l’argent ne joue presque plus en politique aux Etats-Unis. Tant pis pour Wall Street, la Silicon Valley, le complexe militaro-industriel et les mafias en col blanc. Il reste peut-être des places dans la fusée pour Mars d’Elon Musk.

En France, c’est le pouvoir de la bêtise qui nous plombe. Nous verrons l’année prochaine si, comme le disait Guy Debord, le peuple pense.

Pascal Clérotte

nov. 4

 

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