Les discours alarmistes du ministre suédois de la Défense ne sont rien d'autre que la manipulation d'un scénario fallacieux sous couvert d'autorité, avec pour seul résultat l'accélération de la militarisation déjà sans précédent des États membres de l'OTAN voisins, dans le but d'intimider la Russie.
Le chef d'état-major suédois des armées, Michael Claesson, a déclaré au Times mi-avril que la Russie pourrait tenter de s'emparer de l'une des 400.000 îles de la mer Baltique pour tester la réaction de l'OTAN, étant donné que tous les États riverains, à l'exception de la Russie elle-même, en sont désormais membres. Rien n'indique que Poutine, d'ordinaire (voire excessivement) prudent, soit prêt à risquer une Troisième Guerre mondiale pour une île de la Baltique, alors qu'il ne l'a pas fait après l'attaque ukrainienne contre la triade nucléaire russe l'été dernier, avec le soutien des Occidentaux (et ce n'est pas la première fois ).
Que Claesson propage délibérément ce récit mensonger d'un possible débarquement amphibie russe en mer Baltique ou qu'il y croie réellement, le résultat est le même : il sert à justifier l'accélération, par les États membres voisins de l'OTAN, de leur militarisation déjà sans précédent. L'objectif est de se doter des forces nécessaires pour contraindre la Russie à des concessions, du moins c'est ce qu'ils semblent sincèrement croire, avec pour objectif final un blocus de Kaliningrad qui ne serait levé qu'après sa démilitarisation minimale.
La Russie y a déployé des armes nucléaires et des missiles hypersoniques à des fins de dissuasion, ce qui inquiète les Européens. Kaliningrad y abrite également le quartier général de sa flotte de la Baltique. Le seul moyen d'approvisionner la région est par voie ferrée via la Lituanie ou par voie maritime à travers la mer Baltique, qui est désormais un véritable « lac de l'OTAN ». Cette enclave est donc vulnérable à un blocus. Si un tel blocus ne s'est pas encore produit, c'est uniquement grâce aux redoutables capacités conventionnelles et à l'arsenal nucléaire russes.
C’est là que réside l’erreur de logique dans le cadre d’une militarisation accrue de la Baltique : la Russie ne permettra pas que Kaliningrad soit coupée de son territoire, même si, dans un premier temps, ce n’est que militairement, par le biais d’un blocus de l’OTAN. Elle avertirait sans aucun doute l’OTAN des graves conséquences et passerait ensuite à l’action militaire pour défendre son intégrité territoriale si le blocus était maintenu. Même si les capacités terrestres, maritimes et aériennes de l’OTAN dans la Baltique venaient à surpasser celles de la Russie, cette dernière pourrait alors recourir à l’arme nucléaire, conformément à sa doctrine.
Il en va de même pour le blocus de ses exportations, notamment énergétiques, via la mer Baltique, ainsi que pour les attaques de drones ukrainiens lancées depuis ces pays ou, à tout le moins, à travers leur espace aérien. À ce propos, le secrétaire du Conseil de sécurité, Sergueï Choïgou, a récemment rappelé à la Finlande et aux États baltes que la Russie se réserve le droit de se défendre en cas d'agression. Cette déclaration faisait suite aux attaques de fin mars contre ses installations énergétiques à Saint-Pétersbourg, attaques qui auraient transité par l'espace aérien balte.
L'interception de ces drones dans leur espace aérien est donc un scénario bien plus probable que le fantasme politique d'un débarquement amphibie russe sur l'une des îles de cette mer. Contrairement à ce dernier, de telles interceptions seraient provoquées par l'OTAN et conformes au droit de légitime défense de la Russie en vertu du droit international , ce qui inciterait Poutine à autoriser de telles mesures malgré sa prudence habituelle. Il reste à voir s'il le fera finalement, mais cela demeure une possibilité réaliste.
En résumé, les discours alarmistes de Claesson ne sont rien d'autre que la manipulation d'un scénario fallacieux sous couvert d'autorité, aboutissant à une accélération encore plus grande de la militarisation déjà sans précédent des États membres de l'OTAN voisins, dans le but d'intimider la Russie. Quelles que soient leurs exigences, elles resteront insatisfaites, car les formidables capacités conventionnelles et l'arsenal nucléaire de la Russie garantissent qu'elle ne cédera jamais au chantage du bloc, ni dans les pays baltes, ni ailleurs.

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