mercredi 3 février 2016

Tunisie / France. Voici quelques bobards sur "la révolution de la brouette"

Nul n’a été aussi stigmatisé qu’elle. Accusée à tort et à raison de tous les maux du pays, Leila Ben Ali a été considérée comme étant le principal « talon d’Achille » de l’ancien président de la République, expression qu’elle utilise elle-même dans son livre « Ma vérité » paru en 2012. Si tout le monde connaît son côté détestable, beaucoup ignorent son côté bravoure ! Tunisie Secret, qui a précédemment critiqué l’épouse de Ben Ali, remet aujourd’hui les pendules à l’heure et rétablit les vérités occultées.
Exclusif: L'autre face cachée de Leila Ben Ali, par Nebil Ben Yahmed Dernière intox avant son départ toujours mystérieux et précipité pour l’Arabie Saoudite : Leila Ben Ali est passée à la Banque Centrale pour emporter dans son avion 1500 lingots d’or. Et les cons y ont cru ! Comme ils avaient cru à la mascarade du coffre-fort à Sidi Dhrif, à la légende du général félon Rachid Ammar « qui a dit non à Ben Ali », à l’autre légende « héroïque » du commandant transfuge et scélérat Samir Tarhouni, à la bande publicitaire « Ben Ali s’est enfui », au mensonge de la gifle de Fédia Hamdi à Mohamed Bouazizi, aux « diplômes universitaires» de ce clochard alcoolique qui n‘a jamais mis les pieds dans un lycée,… Et bien d’autres désinformations aussi grotesques et burlesques les unes que les autres.

Les lingots d’or, un conte pour des cons

Le conte pour enfants des lingots d’or remonte en réalité à décembre 2010, c’est-à-dire au début de la conspiration antitunisienne. Emise par les cybers-collabos formatés depuis 2007 par certains services américains, « l’information » a été bien évidemment relayée par la chaine des Frères musulmans, Al-Jazeera. Le 17 janvier 2011, elle a été reprise par le très sérieux quotidien islamo-atlantiste, Le Monde, financé notamment par le Qatar, sous la plume d’un certain Arnaud Leparmentier. L’article de ce petit journaleux était titré « Paris soupçonne l'épouse du président déchu d'avoir fui avec 1,5 tonne d'or », et on pouvait y lire qu’il s’agit d’une « supposition de l’Elysée, qui se fonde sur des recoupements des services secrets français » selon lesquels, « Leila Trabelsi, la femme du président, se serait rendue à la Banque centrale de Tunisie chercher des lingots d'or ».

Nous savons depuis que cette désinformation puisée dans les ragots de facebook (décembre 2010) émanait effectivement d’une cellule élyséenne, Nicolas Sarkozy ayant compris la signature anglo-américaine dans la « révolution du jasmin » et voulant être parmi les chantres de ce qui s’appellera plus tard le « printemps arabe ». C’est au nom de la même logique opportuniste qu’il vendra, deux jours auparavant (le 15 janvier 2011), à des journalistes français aux ordres de l’Elysée, une autre désinformation : « nous avons refusé l’atterrissage en France de l’avion de Ben Ali ». Et là aussi, les cons y ont cru !

Nous savons depuis, que cette « information » sur les lingots d’or a été catégoriquement démentie par le Gouverneur de la Banque centrale tunisienne à l’époque ainsi que par son successeur, qui avait d’ailleurs affirmé dans la même déclaration qu’entre décembre 2010 et janvier 2011, il n’y a eu aucun transfert d’argent de la Banque Centrale vers vers des comptes à l’étranger. Mieux encore, et TS a été le premier site d’information à le révéler à l’époque, Ben Ali a laissé dans les coffres de la BCT plus de 5 milliards de dinars comme réserve stratégique en devise. Comme nous l’écrivions le 30 décembre 2013, dans un article de Karim Zmerli, « Non seulement pas un lingot d’or n’a été embarqué dans l’avion qui a emporté Ben Ali et sa famille vers l’exil saoudien, mais ce dernier a laissé dans les coffres de la Banque centrale une réserve stratégique de 5480 millions, outre le budget de l’Etat pour 2010-2011. La moitié de cette somme a été dépensé, on ne sait où, par le gouvernement de Béji Caïd Essebsi et l’autre moitié par son successeur Hammadi Jebali, alias Hammadi McCain » (voir lien ci-dessous).  

Pour jouer à la morale, il faut avoir la culotte bien propre !

Nous ne savons pas en revanche ce que sont devenus les tonnes d’or et les milliards de dollars libyens après l’assassinat politique de Kadhafi ! Monsieur Sarkozy pourrait peut-être nous éclairer ! Comme il pourrait s’expliquer sur les 50 millions d’euros que lui aurait offerts Kadhafi pour sa campagne présidentielle de 2007. Comme il pourrait nous dire par quel miracle son ministre Claude Guéant a-t-il pu vendre un tableau anodin à 500 000 euros, dont on a retrouvé la trace d’une banque malaisienne ! Comme il pourrait nous dire ce que faisait son ambassadeur Boris Boillon, le 31 juillet 2013, dans une gare parisienne (gare du Nord) avec une valise contenant 350 000 euros et 40 000 dollars en espèces ! Comme il pourrait nous expliquer par quelle opération du Saint esprit, le site Web de Carla Bruni a-t-il pu coûter aux contribuables français 410 000 euros, rien qu’entre 2011 et 2012 ! 
                           
On pourrait ainsi multiplier les exemples pour dire qu’avant de jouer à la morale, il faut avoir la culotte bien propre ! C’est pour dire aussi qu’en matière de corruption, l’Etat tunisien, présenté alors par les médias français comme étant le plus corrompu au monde, avait encore beaucoup à apprendre de l’Etat mitterrandien, de l’Etat chiraquien et de l’Etat sarkozien ! En matière d’intégrité et de moralité, les ministres et les ambassadeurs de Ben Ali pouvaient donner des leçons à certains ministres et ambassadeurs français de gauche comme de droite.

La revanche posthume de « La Régente de Carthage »

Ce torchon, « La régente de Carthage », on s’en souvient, a été un bestseller pour les cons. Ses auteurs, véritables sténographes d’un ramassis de mercenaires tunisiens à Paris, sont Nicolas Beau et Catherine Graciet. Tout ce qu’ils avaient raconté dans leur torchon n’était pas totalement faux. Leur victime expiatoire, Leila Ben Ali, a eu le courage de reconnaître dans son livre « Ma vérité », publié aux éditions du Moment en 2012 et méchamment commenté le 21 juin 2012 dans Le Monde par Isabelle Mandraud, la blanchisseuse du terroriste libyen Abdelhakim Belhadj, que sa famille a été « le talon d’Achille du Président ». « Nous (c’est-à-dire les Trabelsi) avons servi de repoussoir et avons fourni les motifs de dénigrement… Nous avons facilité la tâche aux ennemis de Ben Ali…Nous avons ainsi donné prise à la critique, à la médisance, lesquelles ont ensuite servi à lancer les rebellions », écrit-elle en pages 162-163 de son livre.

Le problème, c’est que là aussi, les auteurs ne sont pas si bien placés pour pouvoir donner des leçons de moralité à l’ancienne première Dame de Tunisie. En août 2015, on apprenait en effet que Catherine Graciet a été prise « la main dans le sac » dans une retentissante affaire de chantage contre le roi du Maroc et de tentative d’extorsion de fonds. Objet du chantage, un autre torchon pour cons, stigmatisant cette fois-ci Mohamed VI. Rançon exigée 3 millions d’euros en échange de la non-publication de ce torchon. La journaliste d’investigation, persécutrice des « dictateurs corrompus » et avocassière des peuples spoliés a été arrêtée puis relâchée en attendant son procès. C’est ça la différence entre les services secrets tunisiens et les services de sa Majesté !

« Coiffeuse », une invention de la bourgeoisie tunisoise

Bien avant la publication de son livre « Ma vérité », dans lequel elle accusait Kamel Eltaïef de lui avoir collé un métier qui n'a jamais été le sien, nous savions déjà que Leila Trabelsi épouse Ben Ali n’a jamais été coiffeuse, même si ce métier n’est déshonorant que pour les cons, et plus précisément pour certaines petites bourgeoises de Carthage et de La Marsa dont la moralité n’est pas à envier et qui avaient inventé la légende de l’épouse coiffeuse ! C’est que ces petites dames n’ont jamais supporté que Ben Ali épousât une femme du même milieu social que le sien. Elles auraient désiré qu’il suive l’exemple de Bourguiba lequel, en épousant Wassila Ben Ammar, escomptait le ralliement de la bourgeoisie tunisoise.

Parlons-en de Wassila Ben Ammar précisément ! Si Leila Ben Ali a été au lycée Monfleury et qu’elle a échoué à trois reprises à l’épreuve du baccalauréat avant d’obtenir un diplôme de sténo-dactylo, Wassila Ben Ammar s’est arrêtée aux études primaires. Si Wassila Ben Ammar n’a jamais travaillé de sa vie, Leila Trabelsi a dû abandonner ses études secondaires pour s’occuper de sa famille prolétaire. Si Leila Trabelsi a favorisé sa famille en laissant ses membres sévir outrageusement, Wassila Ben Ammar n’a pas fait mieux avec son oligarchie. Si Leila Ben Ali a commis la faute mortelle de s’immiscer parfois dans les affaires politiques du pays, Wassila Ben Ammar, la « Majda » (vénérable) a été jusqu’à son divorce en 1986 la véritable présidente de la Tunisie…

Pourquoi donc l’une a été honnie par l’histoire et l’autre auréolée ? Tout simplement parce que la première a été bourgeoise et la seconde prolétaire. Tout simplement par haine de classe, comme diraient les marxistes ! Au fait, au cas où on l’aurait pas encore compris, Leila Ben Ali n’a jamais été coiffeuse mais secrétaire de direction au sein de l’entreprise « Le Bâtiment ». Il existait bien une Leila Trabelsi coiffeuse, mais ceci est encore une autre histoire.   

Une femme décomplexée et insoumise

Dans son très jésuite témoignage intitulé « Mes années Ben Ali », publié en 2011 aux éditions Cérès de l’affairiste Karim Ben Smaïl, l’ancien ambassadeur de France en Tunisie, Yves Aubin de La Messuzière, relate un « incident » qui se serait produit au cours de la visite d’Etat de Jacques Chirac en décembre 2003 : « A la fin de son séjour, Jacques Chirac et son épouse me prirent à part dans l’un des salons de la résidence des hôtes pour m‘interroger sur le manque de chaleur de l’accueil du couple Ben Ali. Cela concernait plus particulièrement Leila Trabelsi qui, contrairement à ce qui était prévu, s’est abstenue d’accompagner Bernadette Chirac dans sa visite d’une association prenant en charge des enfants autistes, soutenue par mon épouse et moi-même. Je trouvais une explication, liée au programme dont je savais qu’il n’avait pas satisfait le Palais de Carthage, notamment le dîner avec la société civile et le choix de l’association caritative, alors même que Leila Ben Ali en présidait une autre, systématiquement visitée par les épouses des chefs d’Etat étrangers ».

Que cet « incident » soit authentique ou imaginé qu’importe. Toujours est-il que Leila Ben Ali n’a pas toujours été docile et servile à l’égard de ses invitées, si illustres et puissantes soient-elles, ce qui dénote un certain sens de l’estime de soi et une certaine personnalité. Elle n’a pas voulu rencontrer la redoutable Condoleezza Rice, venue en Tunisie une année avant de quitter le Département d’Etat,  pour dire à Ben Ali de ne pas se représenter aux élections présidentielles, ce qui lui a valu d’être élégamment reconduite par le chef du protocole du Palais de Carthage. Ben Ali avait signé ce jour là son acte de mort politique.

Autre « incident » rapporté par la LETTRE HEBDOMADAIRE D'INFORMATIONS STRATÉGIQUES, dans son numéro  606 en date du 4 juin 2009, concernant cette fois-ci Hillary Clinton. On y lit que « Lorsqu’elle n’était que “First Lady”, en 1999, Hillary Clinton avait rencontré à Tunis l’épouse du Président, Leïla Ben Ali, et a pu mesurer son influence. Elle se souvient sans doute que son avion avait dû tourner près de trois quarts d'heure dans le ciel tunisien avant d'atterrir, car Leïla Ben Ali n'était pas à l'heure pour l'accueillir à l’aéroport. Et durant son séjour, elle avait dû se résoudre à réduire au minimum ses rencontres avec des femmes démocrates tunisiennes ».

L'information n'était pas inexacte, sauf que Madame Clinton n'était plus First Lady lorsqu'elle a visité la Tunisie. Ainsi agissait l’ex première Dame de Tunisie avec les puissants de ce monde ! A plus forte raison avec la bédouine de Doha, celle qu’on appelle « cheikha » Moza, qui règne encore aujourd’hui sur l’oligarchie mafieuse du Qatar.

Hillary Clinton s’est bien vengée depuis. Après le coup d’Etat islamo-atlantiste, elle est arrivée à Tunis en libératrice pour livrer aux traîtres et aux mercenaires sa feuille de route. Lors da sa conférence de presse au siège du ministère des Affaires Etrangères, les journalistes et les diplomates tunisiens n’ont pu y accéder qu’après avoir été fouillé par les services de sécurité américains et reniflé par des chiens dressés à cet effet ! Un acte banal au pays de la « révolution » de la dignité !!!

Au fait, c'est Yves Aubin de La Messuzière qui écrit dans son livre déjà cité que "C'est bien cela que lui reprochait une bourgeoisie tunisoise privée de ses privilèges d'antan, marginalisée par la nouvelle classe moyenne, qui la qualifiait avec un mépris condescendant de coiffeuse alors même qu'elle n'a probablement jamais exercé ce métier". Un ambassadeur français, il faut bien le croire n'est ce pas!!!