Le pilote
du vieux bombardier léger syrien Sukhoï Su-22 (« Fitter ») abattu par
des F/A-18E Super Hornet US pour protéger un convoi spécial d’anciens
combattants de Daech près d’Al-Raqqa, est parvenu à s’éjecter
à temps en évitant un premier missile. Il s’appelle Ali Fahd et est
père de trois enfants.
Des forces spéciales de l’armée syrienne
ont pénétré en pleine nuit dans la zone où l’appareil s’est abattu pour
tenter de le secourir. Une opération SAR du type le plus extrême car
les hordes de Daech et des mercenaires kurdes soutenus par des Navy
Seals US se sont lancées à ses trousses afin de le capturer ou le tuer.
Dans de telles conditions, les chances
de survie d’Ali Fahd sont minimes selon des analystes. Cependant, tout
demeure possible. Personne ne s’attendait qu’un vieil appareil comme le
Su-22, destiné principalement à l’attaque au sol puisse réussir à
esquiver une première salve de missile AA (Air-Air) de dernière
génération.
Le mystère demeure quant à savoir
pourquoi des F/A-18E US en provenance du Qatar se sont rués sur
l’appareil syrien pour protéger un convoi spécial de Daech évoluant au
sud de Tabaqa et fort éloigné des forces démocratiques kurdes (soutenues
par les US).
Washington a justifié cet acte
traduisant une extrême frustration par des règles d’engagement destinées
à protéger les alliés de la coalition dont les forces démocratiques
kurdes. Un prétexte qui ne tient pas du tout la route.
Selon certaines informations émanant de
sources très au fait de la guerre de l’ombre en Syrie, le convoi
transportait d’anciens combattants de Daech en phase de reconversion
pour servir au sein des Maghawir Al-Thawra (les « commandos de la
Révolution », un terme typiquement inventé par Washington) et avec eux
se trouvaient deux responsables du département des opérations de la CIA
et des agents arabisants du Mossad israélien.
Mise en garde russe : les avions U.S en Syrie sont des cibles
Moscou a diffusé une mise
en garde sévère aux États-Unis, à propos de leurs opérations en Syrie :
« Tout engin volant, y compris les avions et les drones appartenant à
la coalition internationale et opérant à l’ouest du fleuve de l’Euphrate
sera traqué dans le ciel et sur terre par les forces anti-aériennes
russes et traité comme une cible ».
Le Ministre russe de la Défense a
déclaré qu’il arrêtait toute communication avec les Etats-Unis visant à
éviter les incidents aériens.
Contribuant, de surcroît, à cette
escalade militaire, les frictions montent en flèche entre Israël et la
Jordanie, d’une part, et l’Iran et la Syrie de l’autre. Les missiles
balistiques de moyenne portée (700 kms) que les Gardiens de la
Révolution iranienne ont tiré dimanche depuis l’ouest de l’Iran, contre
les positions de Daesh à Deir Ez-Zor, dans l’Est de la Syrie, ont été
interprétés à Jérusalem et Amman comme un avertissement contre toute
ingérence : On leur a fait comprendre qu’il valait mieux qu’ils
n’interfèrent pas dans le cadre des actions militaires en cours dans le
Sud de la Syrie, sinon eux aussi se retrouveraient dans la ligne de mire
des missiles iraniens.
Israël et la Jordanie observent avec
anxiété les forces syriennes et iraniennes progresser dans le Sud de la
Syrie sous la direction de l’Iran. On les voit dangereusement arriver
très proche d’établir leur présence hostile sur leurs deux frontières.
Au lendemain de sa décision de suspendre toute coopération avec les États-Unis dans le cadre d’un accord sur la prévention des incidents et la sécurité des vols lors des opérations en Syrie, la Russie a commencé, ce mardi 20 juin, à déplacer ses systèmes de défense aériens en Syrie.
Interrogé pour savoir si Moscou optera pour une nouvelle position après que Washington a décidé de repositionner ses avions dans le ciel syrien, le correspondant de la chaîne de télévision libanaise Al-Mayadeen à Moscou, Salam al-Obaidi, a répondu qu’aucune nouvelle position n’avait été formellement annoncée, car le communiqué, émis hier lundi par le ministère russe de la Défense, était assez transparent :
« L’avertissement, lancé par la Russie, était tout à fait transparent et il a apparemment été à l’origine de la décision de Washington de repositionner ses avions dans le ciel syrien et de la décision de l’Australie de suspendre ses frappes aériennes contre la Syrie. Il semble que la coalition internationale dirigée par les États-Unis ait bien reçu l’avertissement lancé par Moscou, d’autant plus que la Russie a déjà commencé à déplacer ses systèmes S-300 et S-400, déjà déployés en Syrie. Le déplacement de ces systèmes montre que les Russes comptent couvrir, par leurs radars et systèmes antiaériens, la superficie la plus large possible dans l’espace aérien de la Syrie. En plus, les avions de combat russes effectueront un nombre plus grand de vols dans le ciel syrien pour pouvoir intercepter les avions de chasse de la coalition, notamment dans les régions où sont présents les avions de la force aérienne syrienne. Les démarches pratiques ont été donc déjà entreprises sur le terrain et c’est en général les démarches militaires et sur le terrain qui sont d’abord entreprises avant même que des décisions politiques ne soient annoncées. »
Fini de jouer
La Russie repositionne ses S-300 et S-400
Au lendemain de sa décision de suspendre toute coopération avec les États-Unis dans le cadre d’un accord sur la prévention des incidents et la sécurité des vols lors des opérations en Syrie, la Russie a commencé, ce mardi 20 juin, à déplacer ses systèmes de défense aériens en Syrie.
Interrogé pour savoir si Moscou optera pour une nouvelle position après que Washington a décidé de repositionner ses avions dans le ciel syrien, le correspondant de la chaîne de télévision libanaise Al-Mayadeen à Moscou, Salam al-Obaidi, a répondu qu’aucune nouvelle position n’avait été formellement annoncée, car le communiqué, émis hier lundi par le ministère russe de la Défense, était assez transparent :
« L’avertissement, lancé par la Russie, était tout à fait transparent et il a apparemment été à l’origine de la décision de Washington de repositionner ses avions dans le ciel syrien et de la décision de l’Australie de suspendre ses frappes aériennes contre la Syrie. Il semble que la coalition internationale dirigée par les États-Unis ait bien reçu l’avertissement lancé par Moscou, d’autant plus que la Russie a déjà commencé à déplacer ses systèmes S-300 et S-400, déjà déployés en Syrie. Le déplacement de ces systèmes montre que les Russes comptent couvrir, par leurs radars et systèmes antiaériens, la superficie la plus large possible dans l’espace aérien de la Syrie. En plus, les avions de combat russes effectueront un nombre plus grand de vols dans le ciel syrien pour pouvoir intercepter les avions de chasse de la coalition, notamment dans les régions où sont présents les avions de la force aérienne syrienne. Les démarches pratiques ont été donc déjà entreprises sur le terrain et c’est en général les démarches militaires et sur le terrain qui sont d’abord entreprises avant même que des décisions politiques ne soient annoncées. »
Fini de jouer
Pour la deuxième fois, et sans doute la dernière, la Russie a annulé son accord avec les Etats-Unis sur la prévention d'incidents aériens dans le ciel syrien. On se rappelle qu'une rupture
avait déjà eu lieu en avril après la vrai-fausse attaque de tomahawks
sur la base de Chayrate, ce qui avait fort troublé le Pentagone à
l'époque.
Moscou remet ça et il y a des chances pour que ça dure plus longtemps cette fois. Concrètement, les communications sont coupées avec le Centcom et tout avion US à l'ouest de l'Euphrate sera suivi et considéré comme une cible potentielle. Cela ne signifie pas qu'il sera automatiquement descendu mais les Américains y réfléchiront désormais à deux fois avant de jouer les cowboys du désert. Ils auront les S400 rivés sur eux...
Car, après les trois bombardements de cohortes loyalistes dans le sud de mai-juin autour d'Al Tanaf, c'est une nouvelle provocation états-unienne qui est à l'origine de la crise. Hier, un F18 de l'USS George HW Bush, sis en Méditerranée, a survolé le territoire syrien avec la bénédiction russe (on imagine que le prétexte était le bombardement de positions de l'EI) pour finalement abattre un sukhoi 22 syrien au sud de Tabqa. Ce n'est pas la première fois que l'aigle roule l'ours, c'est peut-être la dernière. Moscou a immédiatement qualifié l'événement d'acte d'agression et logiquement suspendu l'accord.
Pour être tout à fait honnête, le jet en question n'avait peut-être pas décollé pour pulvériser du Daech mais bombardait des positions kurdes, même si les rapports sont contradictoires. Car devant l'inexorable avancée de l'armée syrienne et des milices pro-gouvernementales vers l'est, le système impérial est entré en mode panique et a lancé les Kurdes, désormais à peu près vendus aux intérêts américains et saoudiens (voir le Rojava proto-marxiste faire des ronds de jambe au régime wahhabite fondamentaliste des Seoud n'est pas la moindre des ironies de cette guerre...) Objectif : tenter de bloquer la progression loyaliste qui contourne Tabqa par le sud et ouvre la porte du grand est. De sérieux échanges de tir ont eu lieu.
Peine perdue. Les Tiger forces ne se sont pas arrêtées en si bon chemin et ont enlevé
sans coup férir le carrefour stratégique de Resafa, tout près du lieu
du crash du jet. Désormais, toutes les routes ou presque mènent à Deir
ez Zoor... Avant cela, le saillant daéchique sera scellé puisque des
troupes avancent également à partir d'Ithriya pour faire la jonction.
En filigrane : l'arc chiite, évidemment. Cette problématique était l'une des causes majeures de la guerre syrienne et sera à sa conclusion (la question des pipelines pétromonarchiques, elle, a été évacuée). Désormais, la MSN impériale s'en émeut ouvertement.
Et pour bien montrer qu'il est partie prenante de toute cette affaire, l'Iran a déversé à partir de son territoire une volée de missiles à moyenne portée Zolfaqar sur l'EI à Deir ez-Zoor. L'attaque ayant suivi de peu l'incident du sukhoi, il n'aura échappé à personne que le message subliminal s'adressait aux Américains et à leurs supplétifs kurdes et "modérés".
Trois grands fronts loyalistes se mettent en place dans la marche vers la frontière : nord - centre - sud.
Au nord, on l'a vu, l'armée avance rapidement. Plutôt que de se mêler de la bataille de Raqqa, elle serait bien avisée de continuer droit sur Deir ez-Zoor, empêchant par-là même toute retraite aux petits hommes en noir.
Au centre, à partir de Palmyre, la marche est plus lente quoique réelle. La résilience de Daech y est plus forte qu'ailleurs et se concentre désormais devant Soukhna, dernier grand verrou avant Deir ez-Zoor.
Au sud, le magistral blitz a, nous l'avons montré plusieurs fois, coupé l'herbe sous le pied de Washington dont les proxies sont maintenant bloqués dans le désert. L'envoi de batteries de missiles à Al Tanaf peut aussi bien être une opération de com' visant à sauver la face que les prémices d'une dangereuse et absurde escalade voulue par certains Follamour. A voir...
Mattis, le bulldog à cernes du Pentagone, a fait quelques confidences il y a une semaine sur l'offensive éclair Damas-Moscou vers la frontière. Des soldats russes étaient bien présents et les généraux américains ne s'attendaient pas à cela. Dans ce même article du toujours excellent Moon of Alabama, on peut lire que la Russie fait actuellement débarquer en Syrie des équipements de pontage en vue de traverser l'Euphrate.
De fait, des infos non encore confirmées font état d'une progression le long de la frontière syro-irakienne. De l'autre côté, les Unités de Mobilisation Populaire chiites suivent le mouvement (flèches roses) tandis que leurs consoeurs du nord descendent vers le sud. La grande jonction devrait se faire à Al Qaïm, sur l'Euphrate. Jour de deuil à Riyad et à Tel Aviv...
Fait intéressant, l'EI a lancé une attaque surprise contre les kurdes dans le nord-est (rectangle noir). Or, depuis que les "modérés" d'Al Tanaf sont coincés, c'est le seul point sur lequel l'empire pouvait encore appuyer pour tenter d'amincir au maximum le corridor chiite est-ouest. Si l'offensive daéchique prend de l'ampleur, on pourrait assister à un reflux des hommes de paille US vers le nord pendant que les UMP irakiennes et les loyalistes syriens continueraient au contraire leur marche et consolideraient leur prise en main de la frontière.
Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/06/fini-de-jouer.html
Moscou remet ça et il y a des chances pour que ça dure plus longtemps cette fois. Concrètement, les communications sont coupées avec le Centcom et tout avion US à l'ouest de l'Euphrate sera suivi et considéré comme une cible potentielle. Cela ne signifie pas qu'il sera automatiquement descendu mais les Américains y réfléchiront désormais à deux fois avant de jouer les cowboys du désert. Ils auront les S400 rivés sur eux...
Car, après les trois bombardements de cohortes loyalistes dans le sud de mai-juin autour d'Al Tanaf, c'est une nouvelle provocation états-unienne qui est à l'origine de la crise. Hier, un F18 de l'USS George HW Bush, sis en Méditerranée, a survolé le territoire syrien avec la bénédiction russe (on imagine que le prétexte était le bombardement de positions de l'EI) pour finalement abattre un sukhoi 22 syrien au sud de Tabqa. Ce n'est pas la première fois que l'aigle roule l'ours, c'est peut-être la dernière. Moscou a immédiatement qualifié l'événement d'acte d'agression et logiquement suspendu l'accord.
Pour être tout à fait honnête, le jet en question n'avait peut-être pas décollé pour pulvériser du Daech mais bombardait des positions kurdes, même si les rapports sont contradictoires. Car devant l'inexorable avancée de l'armée syrienne et des milices pro-gouvernementales vers l'est, le système impérial est entré en mode panique et a lancé les Kurdes, désormais à peu près vendus aux intérêts américains et saoudiens (voir le Rojava proto-marxiste faire des ronds de jambe au régime wahhabite fondamentaliste des Seoud n'est pas la moindre des ironies de cette guerre...) Objectif : tenter de bloquer la progression loyaliste qui contourne Tabqa par le sud et ouvre la porte du grand est. De sérieux échanges de tir ont eu lieu.
En filigrane : l'arc chiite, évidemment. Cette problématique était l'une des causes majeures de la guerre syrienne et sera à sa conclusion (la question des pipelines pétromonarchiques, elle, a été évacuée). Désormais, la MSN impériale s'en émeut ouvertement.
Et pour bien montrer qu'il est partie prenante de toute cette affaire, l'Iran a déversé à partir de son territoire une volée de missiles à moyenne portée Zolfaqar sur l'EI à Deir ez-Zoor. L'attaque ayant suivi de peu l'incident du sukhoi, il n'aura échappé à personne que le message subliminal s'adressait aux Américains et à leurs supplétifs kurdes et "modérés".
Au nord, on l'a vu, l'armée avance rapidement. Plutôt que de se mêler de la bataille de Raqqa, elle serait bien avisée de continuer droit sur Deir ez-Zoor, empêchant par-là même toute retraite aux petits hommes en noir.
Au centre, à partir de Palmyre, la marche est plus lente quoique réelle. La résilience de Daech y est plus forte qu'ailleurs et se concentre désormais devant Soukhna, dernier grand verrou avant Deir ez-Zoor.
Au sud, le magistral blitz a, nous l'avons montré plusieurs fois, coupé l'herbe sous le pied de Washington dont les proxies sont maintenant bloqués dans le désert. L'envoi de batteries de missiles à Al Tanaf peut aussi bien être une opération de com' visant à sauver la face que les prémices d'une dangereuse et absurde escalade voulue par certains Follamour. A voir...
Mattis, le bulldog à cernes du Pentagone, a fait quelques confidences il y a une semaine sur l'offensive éclair Damas-Moscou vers la frontière. Des soldats russes étaient bien présents et les généraux américains ne s'attendaient pas à cela. Dans ce même article du toujours excellent Moon of Alabama, on peut lire que la Russie fait actuellement débarquer en Syrie des équipements de pontage en vue de traverser l'Euphrate.
De fait, des infos non encore confirmées font état d'une progression le long de la frontière syro-irakienne. De l'autre côté, les Unités de Mobilisation Populaire chiites suivent le mouvement (flèches roses) tandis que leurs consoeurs du nord descendent vers le sud. La grande jonction devrait se faire à Al Qaïm, sur l'Euphrate. Jour de deuil à Riyad et à Tel Aviv...
Fait intéressant, l'EI a lancé une attaque surprise contre les kurdes dans le nord-est (rectangle noir). Or, depuis que les "modérés" d'Al Tanaf sont coincés, c'est le seul point sur lequel l'empire pouvait encore appuyer pour tenter d'amincir au maximum le corridor chiite est-ouest. Si l'offensive daéchique prend de l'ampleur, on pourrait assister à un reflux des hommes de paille US vers le nord pendant que les UMP irakiennes et les loyalistes syriens continueraient au contraire leur marche et consolideraient leur prise en main de la frontière.
Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/06/fini-de-jouer.html
Hannibal GENSERIC