mardi 31 mars 2015

Élections ... piège à cons !!


« "Élections... Piège à cons". Le slogan a fait ses preuves en 68. On pourrait peut-être le ressortir de la naphtaline aujourd’hui, l’aérer et en profiter pour se poser des questions pas vraiment inutiles au vu de l’usage qu’on fait un peu partout dans le monde de ce mode d’expression pour lequel l’humanité s’est tant battue. » Patrick Adam
Que de crimes n-a-t-on pas commis ces derniers temps au nom d’une démocratie qu’on prétend vouloir imposer aux « Arabes et autres sous-développés ». On nous dit qu’une démocratie est un régime politique dans lequel les décisions sont prises en fonction de la volonté du peuple. Mais qu’est-ce que la volonté du peuple ? En d’autres termes, quelle est la bonne façon de tenir compte des préférences de chaque individu pour en déduire la préférence collective ? Depuis quelques décennies, les mathématiciens se sont penchés sur ces questions, et sont arrivés à des conclusions... surprenantes !
Le principe de démocratie existe depuis environ 2600 ans.
La démocratie athénienne est réputée pour être l'ancêtre des démocraties modernes. Le mot démocratie vient de deux mots grecs : dêmos (le peuple) et kratos (le pouvoir). À la même époque que la démocratie grecque, un autre type de démocratie était appliqué à Carthage.  L’organisation politique de Carthage était louée par de nombreux auteurs antiques qui mettaient en avant sa « réputation d’excellence » [Polybe, Histoires, VI, 43.]. Aristote (-384 ; -322)   la dépeint comme un modèle de constitution « mixte », équilibrée et présentant les meilleures caractéristiques des divers types de régimes politiques, c’est-à-dire mêlant des éléments des systèmes monarchique (suffètes), aristocratique (Sénat) et démocratique (assemblée du peuple). 

Qu’en pensaient les anciens ?

-      Platon (entre  -427 ; -347) avait écrit, dans La République, qu’à son avis, la « démocratie apparaît lorsque les pauvres, ayant emporté la victoire sur les riches, massacrent les uns, bannissent les autres, et partagent également avec ceux qui restent le gouvernement et les charges publiques ; et le plus souvent ces charges sont tirées au sort. » Ainsi, voter pour élire un président ou des représentants n’est pas, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, une garantie de vie en démocratie.

-      Pourtant Aristote, le père de la philosophie, écrivait déjà dans Les politiques que : «  Le choix judicieux est l’affaire des gens de savoir : par exemple le choix d’un géomètre appartient à ceux qui sont versés dans la géométrie, et le choix d’un pilote à ceux qui connaissent l’art de gouverner un navire. Car, en admettant même que, dans certains travaux et certains arts, des profanes aient voix au chapitre, leur choix en tout cas n’est pas meilleur que celui des hommes compétents. Par conséquent, en vertu de ce raisonnement, on ne devrait pas abandonner à la masse des citoyens la haute main sur les élections de magistrats. ». Aristote était donc contre la démocratie comme nous l’entendons et sa conception de l’État se rapprochait plus d’une dictature que d’une démocratie, mais d’une dictature dirigée par des hommes de savoir : des dictateurs éclairés.

Le théorème d’Arrow

Pour « gouverner » tout d’abord, il faut à un moment ou à un autre faire des choix et trancher entre plusieurs alternatives. Comme dans une démocratie c’est le « peuple » qui dirige, ces choix devront être réalisés collectivement. Or ces choix collectifs ne sauraient être réalisés à partir d’autre chose que les choix des individus composant le peuple. Il va donc falloir, d’une manière ou d’une autre, agréger les choix individuels en un choix collectif.

Justement, le vote est le moyen d’agréger les convictions personnelles de chacun en un choix collectif unique.

Depuis cette époque lointaine, une multitude de méthodes de vote ont vu le jour sans que jamais aucune ne semble forcément surpasser les autres.

Dans les années 1970, l’Américain Kenneth Arrow (prix Nobel d’économie) énonça et démontra son théorème dont le résultat est pour le moins surprenant et qui passe pour le théorème le plus important de ce siècle en théorie du choix social.

Ce "théorème d'impossibilité" s'énonce ainsi (en simplifiant, car il s'agit d'un théorème mathématique de théorie des ensembles qui réclame une démonstration élaborée) :

« Il n'existe pas de fonction de choix social (un système de vote) qui puisse convertir des préférences individuelles en une décision agrégée cohérente, hormis dans le cas où la fonction de choix social coïncide avec les choix d'un seul individu ("dictateur"), indépendamment du reste de la population. » 

La dictature éclairée serait-elle plus démocratique que la démocratie ?

Si on posait la question aux Irakiens, aux Syriens ou aux Libyens, la réponse serait  évidente. La vie sous la dictature de Saddam Hussein, de Bachar Al-Assadou de Mouammar Kadhafi, est infiniment préférable, non seulement à la démocratie que voudrait leur imposer l’Occident à coup de bombes, mais aussi aux sinistres et obscurantistes dictatures des rois islamo-fainéants. De même, pour la grande majorité des Tunisiens, la vie quotidienne sous le « dictateur » Ben Ali était, de loin, préférable à la « démocratie islamise » (oxymore) qui a suivi son renversement, et qui leur a été imposée par la France et les USA. Pourquoi ? Parce que sous le régime « dictatorial » de Ben Ali, la démocratie ne signifiait certes pas « élections libres », mais signifiait : sécurité (la première des libertés),  égalité homme femme, propreté, bien-être, chômage réduit, etc. Toutes choses disparues avec la « démocratie » d’hier (sous les islamiste) et d’aujourd’hui (avec les compromissions de partage des pouvoirs entre islamo-terroristes et bourgeoisie compradore). 

Il semble a priori, qu’une dictature éclairée soit un oxymore, au même titre que qu’un qu’un « islamiste modéré » ou qu'un "gentil terroriste". Car, être dictateur signifierait prendre les décisions (et en assumer les conséquences) pour son peuple, et être éclairé signifierait à la fois avoir les capacités et les compétences lui permettant de faire les bons choix pour son peuple en toute connaissance de cause (Voir Aristote ci-dessus).

Le dilemme des Alliérins (par Rémi Peyre)

Suite à une révolution, le département de l’Allier est devenu indépendant. La Constitution du nouvel État prévoit que des élections démocratiques soient organisées pour désigner sa capitale. Il se trouve que l’Allier présente la particularité d’avoir trois villes principales de tailles comparables, villes que nous noterons par leur dernière lettre : Montluçon (N), Moulins (S) et Vichy (Y). Chacune des ces villes a déposé une candidature pour devenir capitale, et chaque citoyen souhaite naturellement que la future capitale soit la plus proche possible de chez lui. Ainsi [voir la carte ci-dessous], les habitants de N, à défaut de voir leur ville choisie, préfèreraient S à Y, les habitants de S préfèreraient Y à N, et les habitants de Y préfèreraient S à N. (Nous négligerons ici les citoyens n’habitant aucune des trois villes).
Carte de l’Allier montrant les trois villes et les distances les séparant.
Si la Constitution dit bien que c’est par une élection démocratique que doit être désignée la capitale, elle ne précise en revanche pas quelle méthode électorale doit être suivie. Plusieurs méthodes concurrentes, toutes clairement démocratiques, ont été proposées. Nous n’en montrons que trois :

·         Méthode A : Chaque électeur vote pour une ville ; la ville qui reçoit le plus de suffrages gagne.

·         Méthode B : Dans un premier tour, chaque électeur vote pour une ville, puis un second tour est organisé entre les deux villes ayant reçu le plus de suffrages au premier tour ; la ville qui reçoit le plus de suffrages au second tour gagne.

·         Méthode C : Chaque électeur vote contre une ville ; la ville qui reçoit le moins de suffrages gagne.

Diantre, que de possibilités ! Mais bon, vu que ces méthodes sont toutes démocratiques, peut-être donnent-elles en fait la même ville vainqueure... Hélas, non. Imaginons par exemple que 40 % des électeurs habitent N, 35 % habitent Y et 25 % habitent S. Alors :

·      Suivant la méthode A, N gagne par 40 % des suffrages contre 35 % pour Y et 25 % pour S.

·     - Suivant la méthode B, Y gagne au second tour contre N par 60 % des suffrages contre 40 %, vu que les habitants de S se reportent sur Y au second tour.

·      -   Suivant la méthode C, S gagne par 0 % des suffrages contre 40 % pour Y et 60 % pour N, vu que les habitants de S et de Y votent contre N et que ceux de N votent contre Y.

La conclusion qu’on tire de cet exemple simplifié, c’est que le concept de “volonté du peuple” se révèle ambigu, dans la mesure où plusieurs définitions a priori raisonnables de cette volonté sont en fait contradictoires... Par conséquent, le concept de démocratie, en tant que régime politique dans lequel les décisions sont prises en fonction de la volonté du peuple, est trompeur ! Aussi bien Aristote que Platon avaient raison. Ainsi, derrière l’idée “naturelle” de démocratie, se pose le délicat problème suivant : comment déterminer la volonté du peuple à partir des préférences individuelles ? Y a-t-il des méthodes qui soient meilleures que d’autres, et si oui lesquelles ?


Le paradoxe de Condorcet

En démocratie, on dit souvent « la majorité a toujours raison », ce qui paraît très simple à première vue. Ainsi, si le choix doit se faire entre 2 options seulement (ce que nous appellerons un référendum), les trois méthodes que nous avons données dans le « dilemme des Alliérins » se confondent en une seule et même méthode : c’est l’option que la majorité des électeurs préfèrent à l’autre, qui gagne ! 
 
Toutefois, cette belle simplicité s’écroule dès qu’il y a au moins 3 options ! La découverte de ce phénomène est due au mathématicien français du XVIIIe siècle Nicolas de Condorcet, qui fut le plus important précurseur de l’étude mathématique de la démocratie avec son Essai sur l’application de l’analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix écrit en 1785. Dans cet ouvrage, Condorcet démontre que la méthode de la majorité peut aboutir à des incohérences, et que donc il n’est pas raisonnable de poser que « la majorité ait toujours raison » :

Paradoxe de Condorcet (1785) : « Il existe des situations où les préférences majoritaires des électeurs sont incohérentes, au sens où on peut trouver trois options X, Y et Z telles qu’une majorité d’électeurs préfèrent X à Y, une majorité d’électeurs préfèrent Y à Z, mais pourtant une majorité d’électeurs préfèrent Z à X. »

Ce qu'en dit le philosophe  Michel Onfray

Aujourd’hui on se moque bien des avis de la base. A rebours de ce qu’elle prétend, la classe politique ne l’entend ni ne l’écoute, mais tâche par ses consultations de lui donner l’illusion qu’elle escompte. En fait, on la néglige, on la méprise et, en plus, on lui demande le silence. Les élections sont désormais une farce qui singe l’idéal démocratique, elles laissent croire à la vérité d’un mécanisme pourtant cassé depuis longtemps. Elles sont des parodies qui se servent des grands mots – Démocratie, Peuple, Nation, République, Souveraineté [islam, arabe, Allah, Prophète]-, mais qui cachent mal le cynisme des gouvernants : il s’agit pour eux d’installer et de maintenir en place une tyrannie soft qui produit un homme unidimensionnel – le consommateur abruti et aliéné [l'arabo-musulman, un sujet soumis]– comme jamais aucune dictature n’a réussi à en produire…[Sauf chez les arabo-musulmans des royaumes, émirats, et autres califats disparus ou actuels].
Piège à cons, ces élections le sont car on sait bien avant les résultats que l’on aura bientôt un président libéral [soit-disant laïque, amis qui commence ou finit ses discours par des citations coraniques absconses, ainsi parlait BCE]. Peu importe qu’il provienne de la droite ou de la gauche [islamiste ou non)]  le libéralisme [l'islamisme] est toujours de droite. Quid, donc, des leçons de ces élections ? L’abstentionnisme considérable, le mépris des votes blancs ou nuls (soit, avec ces deux options, la moitié des électeurs…) ; la profusion de petits candidats protestataires, l’indigence de la plupart de leurs programmes; la démobilisation du second tour à cause du mépris pur et simple des désirs émis au premier, le désintérêt lorsqu’il ne reste plus qu’à choisir entre la peste et le choléra – voilà l’étendue des dégâts.
Une fois le président élu, les hommes de parti, droite et gauche confondues [islamistes ou non], replieront dans leurs bagages de magicien cette machinerie électorale coûteuse, démagogique, méprisable et méprisante, ce théâtre qui absorbe l’énergie médiatique, intellectuelle, culturelle, politique pendant des mois et des mois. Une fois dégrisés, il nous restera à découvrir les conséquences de ces parodies électorales : l’impuissance des gouvernants crispés sur la seule gestion libérale [islamique] du politique générera comme convenu les violences urbaines, les manifestations dans les rues, les revendications catégorielles, elle créera un boulevard pour les démagogues à même de cristalliser ces désespoirs. Situation idéale pour fomenter des guerres civiles ou des régimes autoritaires. »

Conclusion (provisoire)

La problématique de déterminer la volonté du peuple à partir des préférences individuelles n’a pas de solution parfaite et indiscutable, en particulier à cause du fait que les électeurs ont la possibilité de manipuler le scrutin en exprimant une opinion mensongère afin de mieux faire triompher leur camp. Quand il n’y a que 2 options en lice, la méthode de la majorité surmonte cette difficulté et s’impose comme la méthode la plus convenable ; mais dès qu’il y a au moins 3 options, le paradoxe de Condorcet sur l’incohérence des préférences majoritaires empêche l’existence d’une telle méthode “parfaite”.

C’est pour cela que, quelque soit le mode de scrutin, et quel que soit le pays, les électeurs « gagnants » ont, a posteriori, souvent l’impression de s’être « fait avoir ». Pourquoi ? Parce que la véritable démocratie :

-    Est celle des travailleurs et des petites gens, elle n’est pas le droit de voter pour celui qui durant plusieurs années servira de chef de file aux oligarchies dirigeantes et d’un appareil d’État, qui eux n’ont été choisis et ne sont révocables par personne.

-    Ne consiste pas à cacher la réalité de la lutte des classes qui fait qu’une infime minorité accapare toutes les richesses.

-       Doit être organisée par et pour les classes opprimées et non pour les classes exploiteuses.

-       ne cherche pas à camoufler la nature de classe de l’État (État populaire ou État bourgeois) mais au contraire à la rendre consciente.

-       c’est quand des millions d’opprimés font de la politique et chassent les oligarques et leurs valets qui tiennent les rênes du pouvoir afin de les enrichir toujours plus .

« J’ai la mémoire hémiplégique
Et les souvenirs éborgnés
Quand je me souviens de la trique
Il ne m’en vient que la moitié
Et vous voudriez que je cherche
La moitié d’un cul à botter ?
Dans ces temps on ne voit pas lerche...
Ils n’ont mêm’ plus d’cul les Français ! »
Léo Ferré - Ils ont voté... et puis après ?

 Hannibal GENSERIC

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