lundi 1 novembre 2021

Non-sens écologique ou datcha salvatrice

Le 14 octobre 2021 le gouvernement français a annoncé son intention d’éradiquer la maison individuelle en France, que le ministre du logement Emmanuelle Wargon a qualifié de « non-sens écologique, économique et social », le gouvernement considérant désormais que « le modèle du pavillon avec jardin » n’est plus soutenable.

Ce qui devient de moins en moins supportable, c’est que le régime aux quarante ministères et secrétariats d’État se mêle de la vie quotidienne des citoyens et des peuples du pays, alors même qu’il néglige ou aliène ses quelques fonctions régaliennes détournant plus de 90% du budget public à des activités non étatiques, et qu’il se distingue par l’incompétence systématique dans tous ses domaines d’intervention. Personne n’a demandé à l’État central de soutenir « le modèle du pavillon avec jardin », la société civile (les propriétaires et accédants) se débrouillant très bien pour définir ses besoins et aspirations et l’économie (les constructeurs) se débrouillant très bien pour satisfaire la demande.

Il y a pourtant bien d’autres non-sens écologiques, économiques et sociaux plus criants, imposés ou tolérés par le régime.

Le commerce intercontinental sans entrave douanière est un non-sens écologique par la consommation énergétique et le gaspillage qu’il engendre. C’est aussi un non-sens social puisqu’au nom d’une libre-concurrence basée sur des structures de coûts non comparables il fait disparaître des emplois dignes dans un pays développé et policé comme la France en encourageant la multiplication de l’esclavage infantile (et autres abus) dans des pays socialement moins avancés comme la Chine (et d’autres pays asiatiques), comme on le dénonçait au moment de la pression étasunienne pour imposer l’admission de celle-ci à l’Organisation Mondiale du Commerce alors qu’elle n’en remplissait pas les conditions, contrairement d’ailleurs à des pays candidats européens simultanément bloqués par les États-Unis.

Les guerres à répétition contre divers pays (généralement amis) pour leur imposer des gouvernements ou des sécessions islamistes (Bosnie et Herzégovine, Serbie, Côte d’Ivoire, Syrie, demain Algérie) ou pour les punir de ne pas soutenir le dollar (Libye) sont un non-sens écologique. Au contraire l’acceptation tacite sans la moindre protestation ne serait-ce que diplomatique du projet, de l’annonce puis de la mise en œuvre de la pollution radioactive massive de l’océan Pacifique par le Japon, comme l’acceptation de sa pratique de ratissage indiscriminé des fonds océaniques à la recherche de toute forme de vie marine y compris protégée car menacée, sont aussi un non-sens écologique.

La construction quasi-systématique d’immeubles d’appartements tout-électriques ou tout-gaz en ville, alors que les maisons individuelles sont obligées par loi de recourir à au moins une énergie renouvelable, est aussi un non-sens écologique. La vente, en particulier aux citadins, de voitures individuelles de cylindrée largement supérieure au minimum nécessaire au déplacement de quatre personnes à la vitesse maximum autorisée, est un non-sens écologique. L’implantation massive de populations sans aucune conscience écologique ou civique, venues de pays sous-peuplés voire de sociétés de chasseurs-cueilleurs, est un non-sens écologique, économique et social.

La fermeture injustifiée (et non compensée) d’une centrale nucléaire produisant plus de 2% de l’électricité consommée en France, et ayant encore deux décennies d’exploitation devant elle, est un non-sens écologique. La fourniture à bas prix, subventionnée par les foyers français, d’électricité aux pays voisins afin de leur éviter de s’interroger sur leurs modèles énergétiques respectifs, tous plus polluants que la matrice française, est un non-sens écologique et économique.

Le tourisme, ou les congés annuels loin de chez soi, sont un total non-sens écologique, et accessoirement économique (même si certains en vivent comme de la construction de maisons individuelles) puisqu’il s’agit d’activités de consommation, pas de production, et non nécessaires. Depuis l’année dernière il est d’ailleurs officiel, et pas seulement en France, que les loisirs en général sont considérés par les politiciens comme une activité non essentielle, que l’on peut autoriser, prohiber ou rationner à discrétion. Mais c’est encore plus vrai pour les congés à l’étranger, à la montagne, à la mer ou à la campagne qui impliquent un transport des masses de vacanciers, ainsi que la transformation (dégradation) de milieux naturels et la consommation d’énergie sur place.

Le tabagisme, promu, fourni et abondamment taxé par l’État, est un scandaleux non-sens écologique, économique et social, pour ne pas dire aussi sanitaire, culturel et psychologique, qui coûte bien plus que la maison individuelle à la nature et à la société, y compris aux consommateurs dits passifs c’est-à-dire aux empoisonnés involontaires fiscalement mis à contribution pour soigner les empoisonneurs volontaires. Alors que le régime a su au siècle dernier interdire l’absinthe en raison de ses méfaits, et l’année dernière profiter de la sidération générale pour interdire en extérieur l’alcool (et le vin en dépit de ses bienfaits) afin de satisfaire les revendications mahométanes, il s’abstient obstinément d’interdire le tabac qui mine la santé et les comptes des citoyens et du pays, en plus d’être un non-sens écologique.

La concentration de populations en centre-ville est un non-sens sanitaire, comme le savaient déjà tous les épidémiologistes et tous les éleveurs, comme l’ont appris à leurs dépens les peuples du monde entier, et comme l’ont certainement compris l’année dernière même les politiciens les plus cognitivement limités. La coupure de populations entières de tout contact animal autre que le poisson rouge et le moustique, et de tout contact végétal autre que le rameau de coléus sur un coin de bureau, est un non-sens écologique et éthique conduisant à la surconsommation carnée et au gaspillage massif des fruits et légumes à la moindre irrégularité d’aspect. L’entassement de populations dans les villes où elles ne peuvent vivre que de la nourriture produite intensivement par les campagnes, et où elles dépendent de la distribution physique des produits agricoles, est un non-sens écologique, comme ont dû le comprendre l’année dernière tous ceux qui n’avaient jamais eu le temps d’y penser auparavant. Nonobstant, si le gouvernement voulait sérieusement exproprier les Français et abattre un modèle de logement au prétexte du non-sens, c’est la résidence secondaire des citadins qui représente le principal non-sens en la matière.

Par contre le phénomène de la datcha, à l’origine un simple loisir, a littéralement sauvé les populations grand-russes, malorusses et biélorusses de bien des famines d’origine naturelle ou politique. En France le petit lopin cultivable temporairement attribué dans un allotissement communautaire non constructible n’est peut-être plus vraiment soutenable, ou du moins défendable face au pillage en cas de disette, dans le contexte d’ensauvagement popularisé par Gérald Darmanin ministre de l’intérieur du gouvernement qui installe donc des « sauvages » (un mot bien détourné de son sens en quelques siècles) en périphérie des villes. Cependant, la version contemporaine de la datcha, c’est-à-dire l’aménagement d’un potager autour de la maison ou la construction du logement dans le jardin, en remplacement d’un appartement en centre-ville, est un concept particulièrement bien adapté au mode de vie et de travail moderne notamment depuis la révélation forcée des possibilités du télétravail. Sans omettre les questions de santé (et de lien social), cela participe notamment à la restauration d’une certaine autonomie familiale et souveraineté alimentaire locale. De nombreuses expérimentations menées actuellement de par le monde concluent à la possibilité de la couverture d’une part significative des besoins familiaux en légumes frais, de l’ordre de 75% selon le Laboratoire sur l’Agriculture Urbaine de Montréal que l’on a présenté dans le Quatrième Cavalier.

Ainsi, le « modèle du pavillon avec jardin », c’est-à-dire la contribution des villes à leur propre alimentation par l’intégration du potager et du logement, n’est pas un « non-sens écologique » mais au contraire un schéma d’avenir, du moins si la priorité est la réduction de l’empreinte des villes sur la planète ainsi que le bien-être et l’autonomie des populations, plutôt que la facilité du contrôle politique d’un entassement de cages à lapins.

Stratediplo

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Énergie verte : le culte de l'avion-cargo

Les éoliennes et les panneaux solaires remplacent-ils les combustibles fossiles ? Beaucoup de gens semblent encore le croire, même après le récent flot de mauvaises nouvelles sur ce front, mais quelques personnes commencent déjà à soupçonner quelque chose...

Bien que certaines personnes prétendent que les parcs éoliens et solaires ont un EROEI (Energy Return on Energy Invested) de 5 ou même 7, il est trivial de prouver que ce n'est tout simplement pas le cas. Si, pour chaque kWh d'énergie investi dans leur conception, commercialisation, production, installation, maintenance, enlèvement et élimination en toute sécurité, ils restituaient 5 voire 7 kWh sur leur durée de vie utile optimisme de 20 ans, et en supposant une constante du coût de l'énergie (ajusté en fonction de l'inflation), ils produiraient au moins 400% de profit pur ! Comparez cela à un dépôt bancaire ou à un investissement à revenu garanti qui rapporte 3% sur l'inflation (si vous en trouvez un !). Au cours des mêmes 20 années, il ne produiraient réellement qu'un bénéfice de 80%, ce qui équivaut à un EROEI de seulement 1,8. Si les installations éoliennes et solaires étaient si lucratives, leurs promoteurs ne demanderaient pas de subventions gouvernementales, ils fuiraient les foules frénétiques d'investisseurs criant « Tais-toi et prends mon argent ! ». Un taux de rendement aussi énorme et garanti est une chose pour laquelle ou pourrait mourir, ou tout au moins risquer d'aller en prison.

Au lieu de cela, les secteurs de l'énergie éolienne et solaire se sont transformés en de gigantesques éponges à subventions publiques. Non seulement ils ont gaspillé de l'argent et des ressources naturelles, mais ils sont devenus un casse-tête majeur pour les opérateurs de réseau, car ils ont réussi à imposer des réglementations obligeant les opérateurs de réseau à accepter toute l'électricité qu'ils produisent, quelle que soit la demande. Cependant, il y a généralement peu de risques qu'elles ne produisent trop d'électricité; par exemple, les parcs éoliens pour toute l'année 2021, pour toute l'Allemagne, n'ont produit que 20 % de leur capacité nominale et les parcs solaires à peine plus de 10 %. Dans tous les cas, tout ce qu'ils ont à montrer, pour plusieurs milliers de milliards de dollars de fonds publics gaspillés et d'immenses étendues de terre et de mer dévastées par leurs installations, ce sont des tarifs d'électricité beaucoup plus élevés. En Russie, qui a jusqu'ici évité ce fléau vert et s'est plutôt concentré sur le développement des capacités de production hydroélectrique et nucléaire, les tarifs de l'électricité sont 10 (dix !) fois inférieurs à ceux de l'Occident. Ainsi, le véritable EROEI de l'éolien et du solaire n'est ni de 5 ni même de 7 mais bien inférieur à zéro : c'est un gaspillage net d'énergie !

Bien qu'une analyse aussi simple soit suffisante pour démontrer que les parcs éoliens et solaires ne sont pas seulement non rentables, mais un gaspillage net d'énergie, un examen plus approfondi révélerait qu'ils imposent également des coûts exorbitants au reste du réseau électrique. Autrement dit, si les installations éoliennes et solaires étaient entièrement gratuites, leur raccordement au réseau électrique imposerait des coûts aux autres producteurs d'énergie, car leur production fluctue aléatoirement, en fonction de la disponibilité du vent et de la lumière du soleil, au lieu d'être ajustés à la véritable demande d'électricité. Cela oblige d'autres producteurs d'électricité à gaspiller du carburant, que ce soit en tournant au ralenti ou en augmentant et en diminuant rapidement leur production, afin de compenser. À son tour, cela fait fluctuer énormément les taux d'énergie (dans certains cas, ils deviennent négatifs les jours frais, ensoleillés et venteux tout en montant dans la stratosphère par temps froid ou chaud, couvert et sans vent), rendant impossible pour les entreprises énergivores de planifier leur production, afin d'éviter des pertes financières.

Le problème de la production désastreuse d'énergie à partir de l'éolien et du solaire, qui est inégalée par rapport à la demande d'énergie en temps réel, pourrait être résolu par l'introduction du stockage d'énergie de masse, mais le stockage d'électricité n'existe pas, à l'exception de quelques applications en boutique, qui en étant étendues ne ferait qu'aggraver le gaspillage global d'énergie. Il n'y a que quelques endroits sur Terre qui pourraient raisonnablement être utilisés pour le stockage électrique de masse : ce sont les lieux où il y a un lac, à une altitude élevée, à proximité immédiate d'un lac à une altitude inférieure, qui pourrait être reliés entre eux à l'aide de pipelines, de pompes et de turbines; toutes les autres idées de stockage de masse de l'électricité se sont jusqu'à présent avérées ratées et, compte tenu de la physique du problème, le resteront probablement. Ainsi, il serait globalement beaucoup plus rentable et économe en énergie de maintenir les parcs éoliens et solaires déconnectés du réseau électrique; mais ce ne serait pas aussi bien que de ne jamais les construire du tout, ce serait un pas important dans la bonne direction. Pour ce qui est d'en construire d'autres, voici une donnée intéressante : les prix spot du silicium polycristallin, un ingrédient majeur des panneaux solaires, ayant atteint un plus bas historique de 6,30 $/kg à la mi-2020 ont depuis augmenté de 600 % pour atteindre 36 $/kg et devraient maintenant continuer d'augmenter avec le temps.

Ainsi, l'EROEI efficace des parcs éoliens et solaires est comparable à celui d'un culte classique de l'avion-cargo, dans lequel les tribus indigènes, qui se sont endurcies à l'indignité des ponts aériens réguliers leur fournissant une aide humanitaire, sous forme, par exemple, de bière et de pizza, lorsqu'ils sont soudainement privés de cet affront à leur dignité d'origine, se mettent à construire de fausses pistes d'atterrissage avec de fausses tours de contrôle et des feux de joie à la place des feux de piste, dans l'espoir d'attirer plus d'avions de transport chargés des bières et des pizzas susmentionnées. Les indigènes s'assoient alors et attendent que des avions de transport atterrissent, restant affamés et sobres. Finalement, la raison revient et ils errent dans la jungle à la recherche de quelque chose à manger. En ce qui concerne les énergies renouvelables, nous n'en sommes pas encore là, mais il est peut-être temps d'essayer de faire avancer les choses, parce qu'avec plus de ces absurdités, beaucoup de gens finiront par avoir très froid et très faim – et seront très en colère aussi !

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2 commentaires:

  1. Très bonne description de la situation réelle de l'écologie.

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  2. L'armement et les manoeuvres militaires ne sont jamais évaluées en pollution. Imaginez les conséquences seulement des guerres en Irak, Syrie et Yémen. Le déboisement permanent de l'amazonie, la consommation des ordinateurs pour surveiller la population mondiale. Les pesticides et le plastique polluent, c'est juste vous et moi qui sommes désignés responsables.

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