vendredi 11 mars 2016

France. Al-Baghdadi demande la Légion d'Honneur

Deux photos d’identité, une photocopie de son passeport (américain ou israélien, les deux sont acceptés), une photocopie du reçu d’achat gratuit de 1500 missiles TOW américains, et de 70.000 fusils d’assaut, une lettre de recommandation du roi Salman d’Arabie saoudite, et une lettre de motivation « ne dépassant pas 1000 mots ». Tel est le dossier présenté par l’emblématique (et non moins hypothétique) dirigeant de Daech, l’organisation terroriste la plus en vogue du moment, en vue de l’obtention de la plus haute décoration honorifique française : la Légion d’honneur. Nous conseillons à Ghannouchi d'en faire de même; pistonné par le Qatar, il a toutes ses chances.

Abu bakr al baghdadiCette candidature surprise, déposée le mercredi 9 mars auprès du secrétariat de l’ordre national de la Légion d’honneur, à Paris, survient à peine quelques jours après la très polémique Légion d’honneur remise par le président François Hollande à Mohamed ben Nayef, prince héritier d’Arabie saoudite [1].
Loin d’être un hasard du calendrier, il semble plutôt que Abou Bakr al-Baghdadi [2] compte surfer sur la vague de générosité du « pays des droits de l’Homme » pour avoir, lui aussi, sa « part de reconnaissance », comme il l’a laissé entendre dans sa lettre de motivation, dont nous nous sommes procuré une copie.
Dans cette lettre de neuf cent trente-cinq mots, qui vient compléter un dossier déjà bien garni, le dirigeant terroriste rappelle ses relations toujours « très chaleureuses » avec ses « frères occidentaux » et insiste sur les « services rendus » par son organisation à la France et aux « valeureuses causes » qu’elle soutient. Al-Baghdadi s’estime d’autant plus légitime à recevoir la Légion d’honneur, de par son statut de « fils spirituel » des al-Saoud, fidèles serviteurs des intérêts occidentaux des lieux saints de l'Islam wahhabite, et monarchie maquerelle des pays arabes.
Ainsi, qu’il s’agisse d’une simple provocation ou d’un réel désir de reconnaissance de la part de l’État français, on voit mal comment l’ordre national de la Légion d’honneur pourrait refuser cette distinction à Abou Bakr al-Baghdadi, son dossier étant de loin plus solide que celui de bon nombre de ses illustres prédécesseurs : Benito Mussolini, Nicolae Ceaucescu, Ali Bongo, Zine el-Abidine Ben Ali, ou plus récemment, Mohamed ben Nayef.


Source :  10/03/2016
https://el-manchar.com/