Salutations aux martyrs et au peuple libanais
L’engagement de l’Iran pour le Liban
Une nouvelle génération aux commandes de l’Axe de la Résistance
L’évolution de la stratégie iranienne : d’une posture défensive à la prise d’initiative
La guerre économique : comment l’Iran répondra aux sanctions
La noblesse politique de Hassan Nasrallah et Yahya Sinouar et le règlement de comptes sanglant à venir
Unité islamique, accord de La Mecque et conclusion
Journaliste : Depuis la République islamique d’Iran, que la paix, la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions de Dieusoient sur vous. Bienvenue à cette rencontre spéciale avec le Secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, le général de division Mohsen Rezaei, avec qui nous aborderons les questions du moment.
La région est en ébullition, et nous ne sommes pas face à une guerre dont les trajectoires seraient tranchées, mais au cœur d’un affrontement ouvert à toutes les hypothèses. Qu’adviendra-t-il après le délai de soixante jours ? Les positions annoncées suggèrent que les portes de la négociation sont entièrement fermées.
Trump est revenu élever le ton de la menace, évoquant ce qu’il a qualifié de « jour du jugement économique », promettant des sanctions et une agression sans précédent dans l’histoire. En face, Téhéran affirme qu’une évolution s’est produite dans la stratégie défensive iranienne, qu’un changement interviendra dans la manière de conduire la guerre, et que les aiguilles de l’horloge ne reviendront jamais en arrière, du détroit d’Ormuz à la région tout entière.
Chers téléspectateurs : donc, guerre ou négociation ? Il sera aussi longuement question du Liban, de la Résistance, ainsi que des développements les plus marquants de notre région. Nous posons toutes ces questions à une personnalité qui, depuis de longues décennies, connaît intimement les champs de bataille et la prise de décision au sein de la République islamique d’Iran. Chers téléspectateurs, bienvenue à cet entretien.
Bienvenue, Général. Merci pour cet entretien, pour l’honneur que vous nous faites, à nous et à la chaîne Al-Manar.
Rezaei : Que la paix soit sur vous. Je vous remercie. Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
« Permission est donnée à ceux qui sont attaqués [de se défendre], parce qu’ils sont lésés — et Dieu est certes capable de les secourir —, ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, sans aucun droit, pour avoir simplement dit : “Notre Seigneur est Allah” » [Coran 22:39-40].
J’adresse mes salutations et la paix de Dieu, Sublime et Très-Haut, au peuple libanais héroïque, de toutes ses communautés et de toutes ses composantes, de l’ouest du Liban jusqu’à l’est, du nord du Liban jusqu’au sud. J’adresse mon salut ; et dans ces circonstances, je vous présente mes félicitations pour la commémoration de la naissance du Prophète très-glorieux et de son petit-fils l’imam Jaafar al-Sadiq, ainsi que pour la Semaine de l’unité, qui débute le 12 du mois (islamique) de Rabi’ al-awwal et s’achève le dix-sept de ce mois. Je félicite tous les musulmans du monde entier pour cette semaine [les sunnites considèrent que le Prophète est né le 12 du mois, tandis que les chiites considèrent que c’est le 17 ; plutôt que d’en faire un élément de discorde, l’Imam Khomeini a décidé d’en faire un point de rassemblement, faisant de cette semaine celle de l’unité islamique].
Que la paix et les salutations de Dieu soient sur les martyrs du Liban, sur les hommes et les femmes qui ont fait face au mal israélien de tout leur être, et qui ont donné leur vie pour l’islam, pour le Coran, pour leur terre et leur patrie. J’adresse la paix aux martyrs et aux habitants du Sud-Liban, ainsi que de Tyr et de Nabatiyeh, et aux communautés chrétiennes, sunnites et druzes qui se sont tenus à leurs côtés dans la défense de leur pays. J’adresse la paix à leurs martyrs. Je demande à Dieu, Sublime et Très-Haut, d’accorder au peuple libanais des victoires plus grandes et plus importantes encore.
Je tiens aussi à rappeler les chers martyrs du Hezbollah, depuis le début jusqu’à aujourd’hui : le regretté martyr cheikh Ragheb Harb, le martyr sayyed Abbas al-Moussawi, la grande figure du monde islamique le martyr Sayed Hassan Nasrallah, le martyr Sayed Hachem Safieddine, ainsi que tous les autres héros. Il convient également d’honorer la mémoire de l’imam Sayed Moussa al-Sadr, qui a fondé la Résistance au Liban, que Dieu le fasse revenir dans le bien, par Sa Grâce.
Je suis à votre service, je vous en prie.
Journaliste : Merci, Général, pour ce sentiment noble, pour cette salutation. Je commence par le Liban, puisque vous avez débuté par ces bons sentiments envers le peuple libanais. Je suis venue à Téhéran pour vous rencontrer, et les conditions de voyage sont difficiles : il n’y a pas de vol direct entre le Liban et Téhéran, et sur le plan politique il existe une grande division. Ce qui importe le plus au peuple libanais, c’est de comprendre où se situe l’Iran dans le soutien au Liban : où en est le protocole d’accord, et ce qui s’y rattache concernant le dossier libanais, car il y a beaucoup de confusion. Et il y a la voie de la négociation directe qu’a empruntée le gouvernement libanais avec l’entité ennemie. Permettez-moi donc de commencer par là : où en est le Liban aujourd’hui, où en est sa position dans la guerre, dans la paix, dans la négociation du point de vue de l’agenda de la République islamique d’Iran et des décideurs, vous qui occupez aujourd’hui cette position de haut niveau dans la République islamique d’Iran ?
Rezaei : Pour commencer, je dois adresser deux remerciements. D’abord, je remercie mon cher frère Son Éminence le cheikh Naim Qassem, qui dirige et conduit [la Résistance] avec sagesse, prudence, conscience et courage, et qui a su combler le vide laissé par l’absence des grandes figures du Hezbollah ; il a orienté et guidé le front de la Résistance. Je remercie Son Eminence du fond du cœur. Et je remercie également notre frère militant, infatigable et inlassable, monsieur Nabih Berri (président du parlement libanais), qui s’est présenté avec force sur le terrain de la scène politique libanaise, en particulier ces dernières années, et a apporté sa contribution concernant le dossier du protocole d’accord avec l’Amérique.
Il y a certaines conditions parmi les conditions du protocole : que l’Amérique mette fin à la guerre dans toute l’étendue de l’Asie occidentale (Moyen-Orient), au Liban — et particulièrement au Liban — que la guerre y cesse, et qu’Israël se retire des territoires qu’il occupe, et que les terres libanaises soient libérées ; elles doivent être libérées. De même pour Gaza : la guerre doit y prendre fin. Et de même pour les attaques qu’Israël mène contre Damas, en Syrie : cet état de guerre doit cesser.
Quelle en est la raison ? La raison est que l’Asie occidentale ressemble à une chaîne reliée entre elle, et que ses conditions sont interdépendantes. Lorsque la sécurité est ébranlée dans une région d’Asie occidentale, cela se propage aux autres pays également, c’est-à-dire que l’insécurité se propage, ce qui fait grimper le coût de l’investissement, et le progrès économique de ces pays est aujourd’hui lié les uns aux autres. On ne peut pas voir la guerre éclater au Liban et les autres pays jouir du progrès économique. Il est tout à fait possible que ceux-là mêmes qui ont mené l’attaque contre le Liban attaquent aussi la Jordanie, attaquent aussi l’Arabie saoudite, ou attaquent d’autres pays comme l’Iran.
C’est pourquoi l’une de nos conditions dans l’entente avec l’Amérique est que la guerre cesse sur tous les fronts, et particulièrement au Liban. Nous sommes bien sûr sérieux sur ce dossier, parce que la relation qui nous lie au peuple libanais est une relation historique et très ancienne, qui remonte à de très longues années — près de deux cents ou trois cents ans depuis que les savants du Jabal Amel sont venus en Iran et ont joué un rôle marquant dans les développements qu’a connus l’Iran. C’est-à-dire que la relation qui nous unit au peuple libanais est une relation profondément historique, très ancienne, et nous défendons le Liban de toutes nos forces et lui apportons notre soutien.
Journaliste : Mais actuellement, même l’ambassadeur (iranine), il y a eu des démarches pour qu’il puisse rester au Liban en renouvelant sa résidence sous un statut non diplomatique. Jusqu’à quand cette rupture de la relation officielle entre le Liban et la République islamique va-t-elle durer ? D’autant plus que l’Amérique pousse dans cette direction pour empêcher cette relation entre Téhéran et Beyrouth.
Rezaei : Ces questions ne dureront pas longtemps. Les Américains se retirent progressivement de la région d’Asie occidentale ; c’est-à-dire qu’il n’y aura plus aucune trace des bases américaines dans les dix prochaines années. L’Amérique n’aura plus de présence tangible dans la région d’Asie occidentale. Naturellement, nous avons rencontré des difficultés au Liban, et il y a eu des difficultés en Iran également ; pourtant les perspectives d’avenir sont très prometteuses. De grandes victoires s’écriront dans l’avenir du Liban, de l’Iran et de la région d’Asie occidentale. Ce que nous observons aujourd’hui, c’est leur désarroi : Israël est aujourd’hui dans le désarroi. Mais il ne fait aucun doute que ces questions se règleront dans les mois à venir.
Journaliste : La République islamique d’Iran a, pour la première fois, riposté militairement contre un autre État, contre cette entité, en lien avec l’agression que le Liban a subie de la part de l’entité ennemie, en particulier après le ciblage survenu dans la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh). Certains demandent : cela pourrait-il se reproduire si l’ennemi renouvelle son agression et la poursuit, c’est-à-dire l’intervention militaire, la défense du Liban sur le plan militaire ? Cela est-il envisageable à ce stade, si l’entité renouvelle son agression contre Beyrouth de manière plus large qu’actuellement ?
Rezaei : Israël n’a plus les moyens d’avancer en direction de la Dahiyeh et de Beyrouth. La preuve en est que la résistance du Hezbollah a été une résistance exceptionnelle, et les pertes que le Hezbollah a infligées à Israël durant les trois ou quatre derniers mois ont été considérables : plus de mille blessés et plus de deux cents tués parmi eux, des dizaines de chars Merkava endommagés. Par ailleurs, la menace iranienne a produit son plein effet : la Dahiyeh et Beyrouth sont notre ligne rouge, et nul n’a le droit de s’y avancer. Nous surveillons donc les choses et les observons avec la plus grande sérieux, et Israël se retirera contraint et forcé de ces zones, tôt ou tard.
Pourquoi ? Parce que le territoire libanais est rebelle à la mainmise et à l’occupation ; il ne peut pas être encerclé. C’est-à-dire qu’on peut soutenir et appuyer les combattants de la Résistance dans leur combat contre Israël depuis trois directions : du nord au sud, de l’ouest à l’est, et de l’est à l’ouest ; leur soutien est possible depuis trois directions, sur les lignes arrière. Par conséquent, on ne peut ni les encercler ni contrôler ces territoires, c’est-à-dire que la forteresse du Liban est rebelle à l’occupation.
Je pose la question aux analystes du monde entier : Gaza était encerclée des quatre côtés, et Israël, depuis plus de deux ans et quelques mois, a été incapable de faire grand-chose face à une terre encerclée des quatre côtés. Comment pourrait-il en faire davantage sur un territoire aussi vaste que le territoire libanais, où les combattants peuvent circuler du nord au sud, de l’ouest à l’est et de l’est à l’ouest, sans qu’on puisse ni l’encercler ni en assurer le contrôle complet ? Telle est la situation du Liban. Il n’a donc d’autre voie que le retrait ; il n’a d’autre voie que le retrait. Cela est pour moi aussi clair que le soleil : il se retirera contraint et forcé du sud du Liban, avec de lourdes pertes et des défaites cinglantes.
Journaliste : Mais Trump menace toujours le Liban, c’est-à-dire qu’il demanderait précisément à la Syrie, au nouveau régime, de participer à une attaque contre le Hezbollah. Je ne dis pas ce que la Syrie voudrait faire ; je dis que c’est une menace que Trump formule de temps à autre.
Rezaei : Non, le gouvernement syrien fait face à de nombreux problèmes, et il est parvenu à cette conclusion qu’Israël a piétiné tous les accords que Joulani a conclus avec l’Amérique. Qu’est-ce qui pousse Israël à attaquer Damas, ses environs et les aéroports syriens ? Depuis que M. Joulani a tendu la main de l’amitié à Trump, Israël a avancé de plusieurs kilomètres en direction de Damas. Par conséquent, l’équation qui mènerait la Syrie à s’engager contre le Liban n’est pas une équation disponible.
Journaliste : Général, y a-t-il une coordination avec le commandement de la Résistance, sur le plan militaire et politique, entre la République islamique d’Iran et le Hezbollah dans les circonstances actuelles ? Car durant la guerre, l’expression « front unifié de la Résistance » a été employée, et il existe plusieurs théâtres de résistance dans la région.
Rezaei : Nous avons toujours adopté une politique de non-ingérence dans les affaires intérieures du Liban ; par conséquent notre relation avec les dirigeants du Hezbollah a été, et demeure, une relation stratégique et globale. Mais nous n’entrons pas dans les détails de la structure militaire du Hezbollah. Certes, nous menions autrefois certains entraînements, ou nous fournissions certains moyens aux fronts du Hezbollah ; mais nous n’entrons pas dans le détail des décisions que prend le Hezbollah. La raison en est que le Hezbollah est aujourd’hui devenu grandiose et sage, et que ses membres sont capables de prendre eux-mêmes leurs décisions militaires. La deuxième et la troisième génération du Hezbollah sont aujourd’hui descendues sur le terrain, et nous sommes pleinement convaincus de l’existence, en son sein, de personnalités compétentes et avisées : ce sont de jeunes cadres militaires qui tiennent aujourd’hui les rênes des affaires au sein du Hezbollah, grâce à Dieu.
Journaliste : Général, vous-même avez pris le commandement du [Corps des] Gardiens [de la Révolution] à l’âge de 26 ans, et c’est comme si l’histoire se répétait aujourd’hui avec de jeunes dirigeants. Comment regardez-vous cette phase ? Certains la qualifient de menace plutôt que d’opportunité ! que dites-vous, depuis votre expérience personnelle ?
Rezaei : La Révolution islamique en Iran a prouvé que les jeunes de tout peuple sont une élite d’anges, et que les élans, les énergies, les talents et la créativité atteignent des niveaux très élevés chez les jeunes générations. Sur cette base, nous sommes convaincus que les jeunes du Liban libéreront le Liban tout entier et combleront le vide laissé par l’absence des grandes figures du Liban. Je n’en doute absolument pas.
Comme vous l’avez rappelé, j’avais 27 ans lorsque je suis devenu commandant des Gardiens de la Révolution islamique, et le Hajj Qassem Soleimani avait environ 21 ans. Je lui avais alors confié le commandement d’un bataillon à Kerman. Il en allait de même pour Hossein Kharrazi, Ahmad Kazemi et Ahmad Motevaselian : ils avaient tous entre 21 et 23 ans. Je les avais alors découverts, tous, et j’en avais fait des commandants de bataillon ; ils se sont montrés capables d’accomplir de grandes actions et se sont admirablement comportés. Et les fondateurs des Gardiens de la Révolution islamique d’aujourd’hui sont ces mêmes jeunes d’hier ; certains sont encore en vie, d’autres ont obtenu la grâce du martyre. Il faut donc absolument éviter la peur de confier des missions aux jeunes ; il faut éviter la peur et leur accorder confiance. Bien sûr, l’essentiel réside dans l’encadrement et la formation, c’est-à-dire qu’on peut confier une mission au jeune, le prendre par la main et l’élever ; cette élévation se fait par la formation. Ainsi, les commandants de la force révolutionnaire ne sont pas de simples commandants, mais des formateurs, des maîtres et des enseignants. Dans quelle université ? L’université du jihad, c’est-à-dire que la terre du jihad a constitué la plus grande université pour former les cadres révolutionnaires.
Je suis empli d’un grand espoir, et je crois en la capacité des jeunes du Liban à accomplir de grandes réalisations. Je dois dire ici que le Liban a su, sur quatre décennies [passage inaudible du fait de la superposition du persan et de la traduction arabe]. Depuis 1982, je n’aurais pas cru que, de l’intérieur du peuple libanais, [le Hezbollah] deviendrait une si grande richesse, deviendrait de si grands groupes, aurait un tel rayonnement dans le monde arabe, dans le monde islamique — c’est une grande fierté pour le Liban. Je ne doute pas que les générations futures en tireront toujours fierté — dans 20 ans, dans 30 ans, dans 40 ans, l’histoire du Liban restera marquée par des témoignages de courage et de résistance, devenue une fierté rayonnante pour le monde arabe et le monde islamique. Et je félicite les générations du Liban pour cette grande fierté qu’elles obtiendront dans l’histoire de l’islam.
Journaliste : Nous savons que l’opinion publique attend maintenant que je vous interroge directement sur les sanctions, sur l’Amérique, sur ce qui se passe, mais il y a cette idée que vous avez évoquée, celle des jeunes dirigeants aujourd’hui : le chef de la révolution en Iran, l’imam Sayed Mojtaba Khamenei, que Dieu le préserve, cette direction jeune également, en raison de l’amour du peuple et du désir du peuple d’entendre tout ce qui peut le rassurer sur cette direction, qu’en dites-vous ? Vous avez écrit un message pour le Sayed Mojtaba lors de votre nomination à votre nouveau poste, et le Guide avait également des recommandations pour vous ? Si vous le permettez, j’aimerais que nous abordions cette question.
Rezaei : Oui, il est vrai que Son Éminence l’ayatollah Sayed Mojtaba al-Hosseini al-Khamenei est jeune [56 ans ; Ali Khamenei avait 49 ans quand il a succédé à l’Imam Khomeini] ; néanmoins il a accompagné son illustre père pendant plus de vingt ans, son père, qui était le père de l’Iran, et il s’est formé sous sa tutelle, y a acquis l’expérience politique, et durant ces vingt dernières années, aucun événement politique ou militaire ne s’est produit sans que notre cher Guide n’en soit informé. C’est pourquoi Son Éminence a pris aujourd’hui les rênes de la direction en jouissant d’une pleine préparation. Et bien que Son Éminence traverse un immense chagrin, ayant perdu son père, qui était le père de l’Iran, ayant perdu plusieurs membres de sa famille, la fille de sa sœur et sa sœur elle-même [le sort de son épouse n’est pas clair], et alors qu’une guerre acharnée sévit depuis des mois, Son Éminence a néanmoins dirigé cette guerre avec force et habileté. On peut, à travers la gestion de la guerre par ce jeune dirigeant, percevoir un avenir prometteur pour l’Iran, et nous assisterons à la réalisation de victoires encore plus grandes pour le peuple iranien à l’avenir, si Dieu le veut, sous la conduite de notre cher Guide. Nous sommes les soldats de Son Éminence, moi et tous mes frères des Gardiens de la Révolution islamique et des forces armées ; nous sommes ses soldats, et nous sommes fiers de cette allégeance et d’être au service de Son Éminence.
Journaliste : Général, vous avez évoqué il y a quelque temps le changement de la stratégie iranienne, défensive et offensive, et nous parlons maintenant de l’imam Sayed Mojtaba Khamenei : quels sont les contours de cette stratégie à ce stade ? Comment pourriez-vous la décrire ? Y a-t-il vraiment aujourd’hui un passage de la défense à l’offensive, à la prise de vitesse de l’ennemi, ou quoi d’autre ?
Rezaei : Depuis le début, dès le déclenchement de la guerre, nous avons cherché à maîtriser le périmètre de la guerre de manière progressive. Par exemple, dans la guerre des douze jours, lorsqu’Israël nous a attaqués, nous n’avons mené aucune attaque contre les bases américaines : nous n’avons pas attaqué les bases américaines dans les pays du Golfe persique, jusqu’à ce que nous le fassions dans la guerre des quarante jours. De même, dans la guerre des dix-sept jours qui a éclaté durant le mois de Muharram, nous avons frappé durement, pour la première fois, les bases américaines en Jordanie, et le commandement central des États-Unis s’est ainsi replié du Qatar vers la Jordanie, puis de la Jordanie vers Israël.
Il y a une philosophie derrière cela : nous voulons prouver au monde que tout ce qui s’est produit dans la région est lié à la stupidité de Trump ; et si nous avions choisi d’élargir soudainement le périmètre de la guerre, l’opinion publique mondiale nous aurait condamnés. Mais l’opinion publique mondiale se tient aujourd’hui à nos côtés, de même que l’opinion publique au sein de notre propre peuple. Ainsi, bien que cette guerre soit une guerre militaire, nous avançons en tenant compte de l’opinion publique mondiale et locale.
Naturellement, si la guerre est menée à nouveau… Les Américains sont parvenus à la conclusion que la guerre militaire seule n’est pas efficace, et ils ont entrepris de lancer une guerre économique et des pressions économiques, selon leur propre expression ; cela, dans leurs déclarations, indique qu’ils désespèrent de la guerre militaire seule ; et nous sommes en train de nous préparer à cette phase. Nos attaques seront différentes de ce qu’elles ont été jusqu’ici ; je ne souhaite pas entrer maintenant dans les détails, mais nos attaques seront différentes, et nous porterons aux Américains des coups stupéfiants que nous n’avons pas encore portés jusqu’à aujourd’hui. Nous nous sommes préparés pour cette nouvelle phase, et quoi qu’il arrive, la source en sera l’Amérique, c’est-à-dire que tout événement dans la région et au-delà aura l’Amérique pour principal accusé. Nous nous défendons ; nous gérons donc la guerre et la conduisons selon une trajectoire progressive. Cela a naturellement un coût ; c’est vrai et il est approprié de le déplorer ; mais nous ne pensons pas encore, à ce stade, à la seule victoire militaire ; nous œuvrons à ce que nos victoires bénéficient d’un soutien au niveau régional et mondial, et qu’elles jouissent d’un niveau de légitimité plus élevé, et nous prenons en compte, toujours davantage, les aspects humanitaires.
Oui, comme vous l’avez indiqué, notre prochaine guerre sera nécessairement d’un autre type. Bien sûr, nous ne recherchons pas la guerre, nous ne sommes absolument pas partisans de la guerre ; c’est nous qui faisons face à ceux qui la recherchent. Le Hezbollah a-t-il déclenché cette guerre ? Qui prétend que le Hezbollah a déclenché la guerre ? Le Hezbollah, en 1980, était présent dans les rues d’un Beyrouth occupé, dans un Sud-Liban occupé ; c’était des jeunes qui se sont levés pour défendre le Liban. Qui prétend que le Hezbollah cherchait la guerre et l’a déclenchée ? Ce sont là des déclarations totalement irréalistes. Le Hezbollah est né de la défense, il s’est fondamentalement constitué dans un cadre défensif, et il défend son pays et son peuple.
Et dans le contexte de ces derniers événements, de la guerre qui a éclaté récemment, une partie du territoire libanais avait été occupée, et les Israéliens contrôlaient une certaine bande [de territoire] ; le Hezbollah a alors jugé que la voie la plus adaptée était d’œuvrer à libérer son territoire en coopération avec le Liban et l’Iran, et il a estimé devoir engager la guerre lui-même, car s’il ne l’avait pas engagée, il est probable qu’Israël aurait avancé jusqu’à Beyrouth et la Dahiyeh. Et si Israël s’est arrêté aujourd’hui, cela tient à deux raisons : l’entrée du Hezbollah dans l’affrontement avec Israël et les pertes considérables qu’il lui a infligées ; et la seconde raison, ce sont les missiles iraniens, les missiles iraniens et la menace iranienne contre Israël. L’entrée du Hezbollah dans la guerre a conduit à leur incapacité d’avancer vers Beyrouth. Sans cela, Israël avait bien l’intention d’avancer jusqu’à Beyrouth, et ce qui l’a fait s’arrêter, c’est l’initiative préalable du Hezbollah. Qu’est-ce qui les pousse alors à dire que le Hezbollah a déclenché la guerre ? Ils seraient allés jusqu’à Beyrouth, et l’auraient contrôlée, si le Hezbollah n’avait pas résisté.
Journaliste : C’est-à-dire que de l’Iran au Liban, vous êtes dans une position de ne pas vouloir la guerre, celle-ci ayant été imposée ; mais dans l’équation que vous avez évoquée, les bases américaines dans le Golfe seront-elles visées seulement dans le Golfe ? C’est-à-dire, qu’en serait-il en cas d’attaque plus large ? Il existe certaines bases, peut-être en Europe ; on a parlé d’un comportement hostile venant de Bulgarie, résultant aussi d’une participation à une activité pouvant devenir, à l’avenir, hostile envers l’Iran. Pourriez-vous clarifier, Général, la position sur cette question ?
Rezaei : Quel que soit l’État d’où décollent les avions de chasse américains pour venir bombarder l’Iran, quel que soit l’État d’où partent les missiles américains pour bombarder l’Iran, nous le considérerons comme un ennemi. Pour nous, il n’y a aucune différence entre la coopération des pays du Golfe persique avec l’Amérique et la coopération des autres États militaires avec l’Amérique. C’est pour cette raison que certains États, après avoir perçu nos menaces, ont fait sortir de leur territoire les avions de chasse américains qui y étaient stationnés : ils leur ont demandé de quitter leur pays, considérant qu’il était probable que l’Iran les attaque.
Journaliste : Général, peut-être que sur le plan militaire, les choses sont claires maintenant. L’Amérique affirme avoir lancé et déclenché ce qu’elle a appelé, par la voix de Trump, un « jour du jugement économique » contre l’Iran, des sanctions sans précédent visant l’Iran et tout État susceptible de coopérer avec l’Iran. Comment allez-vous affronter cette phase aujourd’hui ? Il sera interdit à l’Iran d’exporter son pétrole, et il y aura des sanctions pour tout transport ou mouvement, même indirect, avec l’Iran, tout ce dont a parlé le secrétaire au Trésor américain et d’autres.
Rezaei : Qu’est-ce que l’Amérique peut faire de nouveau ? Que peuvent-ils faire qu’ils n’aient déjà fait ? Nous croulons sous le poids de l’embargo depuis plus de 15 ans, on nous impose un embargo sévère, et on nous a imposé un blocus maritime depuis plus d’un mois : que vont-ils faire de plus ? Que fera l’Amérique d’autre que cela ? Nous vivons sous embargo, un embargo sévère qui n’a jamais, au cours de l’histoire, été imposé à aucun pays comme il l’a été à l’Iran durant ces dix ou quinze dernières années ; et nous sommes également soumis à un blocus maritime. C’est pourquoi une grande partie de ces déclarations relève de la propagande et de la guerre psychologique.
Supposons que certains États coopèrent avec l’Amérique, ou que l’Amérique décide d’entreprendre de nouvelles mesures économiques contre nous : l’Amérique possède de très grandes entreprises dans la région, des compagnies pétrolières et des entreprises de forage, tout le long de nos frontières : il en existe peut-être des dizaines, des entreprises chargées de travaux comme l’aménagement d’infrastructures et d’aéroports, d’autres chargées de l’extraction du pétrole ; et nous n’avons entrepris, jusqu’à aujourd’hui, aucune action contre les intérêts économiques américains dans la région. C’est elle qui entre dans la guerre économique, et nous entrerons, nous aussi, dans cette guerre économique, et vous verrez qui subira le plus grand volume de dommages économiques. Il ne fait aucun doute qu’ils seront les grands perdants. Trump a annoncé à maintes reprises (la réouverture du détroit d’Hormuz), il a parlé du « détroit de la liberté », puis il a fait naviguer trois navires du côté d’Oman, de nuit, en éteignant même leurs appareils de fréquence, et nous avons pris pour cible les trois navires, et après quarante-huit heures il a dit : « Je ne poursuivrai plus l’affaire du détroit de la liberté. » Ou par exemple, ils ont donné à leur première attaque le nom d’« attaque du lion » [guerre israélienne de juin 2025], et dès le douzième jour de la guerre ils suppliaient pour un cessez-le-feu. Eh bien, qu’est-ce qui vous a fait devenir des renards, alors que vous étiez des lions, et que vous vous êtes souillés par la fuite ? C’est donc, dans une très large mesure, une guerre psychologique. Certes, ils pourraient entreprendre des mesures économiques hostiles, et nous entreprendrons nous aussi des mesures de ce type ; nous ne resterons pas les bras croisés.
Journaliste : C’est donc un propos explicite : vous menacez les intérêts économiques américains si vous êtes menacés ou si vous êtes attaqués, comme le dit Trump. Y a-t-il une menace sur les intérêts économiques ?
Rezaei : Cent pour cent, et nous frapperons avec force et vigueur ; nous frapperons avec force.
Journaliste : Vous parlez de blocus maritime, vous exportez le pétrole maintenant, vous dites que vous parvenez à contourner ce blocus : y a-t-il des chiffres ? Pourriez-vous nous en parler ?
Rezaei : Oui. Durant la période de cessez-le-feu, nous avons brisé le blocus et exporté près de soixante-dix à quatre-vingts millions de barils de pétrole, que nous avons injectés sur les marchés. Nous vendons donc quotidiennement le pétrole, dans la même quantité que nous le vendions auparavant, parce que nous avions stocké le pétrole dans des navires de transport, et dès la levée du blocus, des dizaines de navires ont franchi l’anneau du blocus. C’est pourquoi nous disposons de grandes quantités de pétrole dans les mers et les océans, et nous les vendons. En plus de cela, nous avons trouvé une autre voie, et bien que la quantité de pétrole que nous transportons par cette voie soit faible, nous en augmentons les volumes de manière progressive.
Journaliste : Comment voyez-vous la Chine, vos amis, la Turquie… Il y a des États avec lesquels vous traitez actuellement, et Trump menace de sanctions : pensez-vous que ces États vont maintenant céder et cesser de traiter avec l’Iran, sur le plan financier, économique, pétrolier ?
Rezaei : La Chine a annoncé qu’elle ne coopérera absolument pas avec l’Amérique [contre nous], et nos amis en Turquie, nous entretenons avec eux des relations privilégiées ; tout au long de la guerre de huit ans imposée par Saddam à l’Iran, la Turquie a constitué une voie commerciale [pour nous]. Nos relations commerciales avec la Turquie, et les relations commerciales de la Turquie avec nous, sont des relations très profondes, et j’exclus que la Turquie exerce une pression économique sur l’Iran.
Journaliste : Général, le chef de l’armée pakistanaise était aussi à Téhéran, ainsi que le ministre des Affaires étrangères du sultanat d’Oman : que se passe-t-il ? Y a-t-il du nouveau au niveau de la négociation ? Ont-ils porté des messages de la part des Américains ? Je commence précisément par la visite du chef de l’armée pakistanaise.
Rezaei : Ces messieurs sont venus voir quelles sont les conditions de l’Iran pour l’ouverture du détroit d’Ormuz ; ils nous ont demandé de rappeler les conditions afin de les transmettre aux Américains, et nous préparons la liste des conditions pour la leur communiquer. La première étape, actuellement, c’est le détroit d’Ormuz, et que l’Amérique déclare la nécessité de l’arrêt de la guerre dans toutes les régions d’Asie occidentale, et au Liban en particulier.
Journaliste : Le détroit d’Ormuz est lié à la fin de la guerre, et particulièrement au Liban ? Pourriez-vous préciser davantage, Général ?
Rezaei : Oui, il en est bien ainsi : la question du détroit d’Ormuz est liée à la fin de la guerre dans toute la région, et au Liban et à Gaza en particulier ; et si les Américains cherchent à faire ouvrir le détroit d’Ormuz, ils doivent s’engager à respecter ces conditions. Notre politique, dans notre nouvelle diplomatie, consiste à ne plus marcher derrière les Américains ni à leurs côtés, mais c’est l’Amérique qui doit nous rattraper et marcher derrière nous, c’est-à-dire qu’ils doivent s’y conformer ; nous en avons suffisamment parlé à ce sujet. Nous annonçons nos conditions ; s’ils les acceptent, le détroit sera rouvert. Ils doivent accepter des conditions et les mettre en œuvre. L’une de ces conditions consiste précisément dans la fin de la guerre dans toute la région, et au Liban en particulier, ainsi qu’à Gaza : la guerre doit cesser, et les Américains doivent le déclarer.
Journaliste : Quelle est la situation du détroit ? Comment sera-t-il à l’avenir ? Il a notamment été annoncé qu’un accord avait été trouvé sur un couloir provisoire entre vous et le sultanat d’Oman, en particulier après la visite du ministre des Affaires étrangères : pourriez-vous développer ce point ?
Rezaei : Oui, nous avons accepté qu’un couloir provisoire soit ouvert pour l’entrée et la sortie des navires par le milieu du détroit d’Ormuz : une partie se trouve dans nos eaux, l’autre dans les eaux d’Oman, et nous gérons cette opération d’entrée et de sortie de manière conjointe. Cela a été fixé, et l’emplacement de ce couloir est tout à fait clairement déterminé. Eh bien, si les Américains exécutent nos conditions et s’y conforment, et qu’après leur mise en œuvre le détroit s’ouvre, les navires viendront transiter par ce nouveau tracé, le nouveau tracé qui se situe précisément au milieu du détroit d’Ormuz.
Journaliste : Donc le couloir sud ne peut pas être utilisé de manière isolée ?
Rezaei : Non, aucun des deux ne peut être utilisé isolément, ni le nord, ni le sud ; tout le monde transitera par le milieu.
Journaliste : Maintenant, la négociation est complètement arrêtée avec l’Amérique ; et le protocole d’accord, quel est son sort ?
Rezaei : Tout est lié et conditionné à l’application, par l’Amérique, des conditions ; elle doit accepter nos conditions et les appliquer, pour qu’une confiance se construise, car entre nous et l’Amérique s’étend un gouffre profond de défiance.
Journaliste : Général, le gouvernement ennemi ne cesse de planifier et de répéter ses tentatives de mener une nouvelle agression contre l’Iran. Que dites-vous aujourd’hui à Netanyahou, au gouvernement ennemi, qui poursuivent leurs menaces publiques et leurs efforts pour tenter de répéter la guerre et l’agression contre l’Iran ?
Rezaei : Nous enverrons, si Dieu le veut et par la grâce du Créateur, Puissant et Majestueux, Netanyahou en enfer, et nous prouverons que les fautes graves de Netanyahou ont accéléré la fin de l’existence de l’entité israélienne. La raison en est qu’une colère immense et sacrée est en train de se former dans le monde islamique, une colère immense et d’une sainteté profonde ; cette colère immense et sacrée émergera un jour et se déchaînera dans la réalité concrète, et les choses seront différentes de ce qu’elles étaient auparavant.
Israël et l’Amérique ont exploité deux particularités du front de la Résistance. La première est la noblesse politique : qu’est-ce qui a poussé notre cher frère, le grand héros au Liban [Nasrallah], à fixer l’équation des sept kilomètres ? Pourquoi n’a-t-il pas frappé Tel-Aviv ? Pourquoi n’a-t-il pas frappé Haïfa ? Il était capable de frapper Haïfa et Tel-Aviv avec des dizaines de missiles, il était capable de frapper les colonies du nord de la Palestine avec des dizaines de missiles, mais Son Éminence ne souhaitait pas tuer un grand nombre d’êtres humains, même parmi les juifs ; il ne souhaitait pas tuer un grand nombre d’êtres humains. C’est pourquoi il a fixé l’équation des sept kilomètres, pour que les colons du nord de la Palestine émigrent, qu’ils émigrent et fassent pression sur Israël. Mais en sera-t-il de même dans la prochaine guerre ? Y aura-t-il des limites, des « sept kilomètres », dans les batailles à venir ? Ce temps-là est révolu. La colère qui se forme dans le monde islamique ne connaîtra plus aucune limite, et ils poursuivront les sionistes jusqu’au dernier d’entre eux ; même s’ils entrent dans leurs abris, on les en fera sortir de force.
Ainsi, l’Amérique et Israël ont exploité la noblesse politique du camp de la Résistance, et nous ont pris par surprise. 24 heures avant le martyre de Hassan Nasrallah, les Américains avaient envoyé une lettre visant à empêcher le déclenchement d’une guerre (totale contre Israël), et des négociations ou des contacts se poursuivaient entre l’Amérique et le représentant du Sayed jusqu’à une heure avant l’assassinat de ce dernier. Il a cru en la diplomatie jusqu’au bout, illustrant ainsi sa noblesse politique.
Le second sujet, c’est que nous avons reçu une grande leçon, une grande leçon : nous ne devons laisser à l’ennemi aucune occasion, nous ne devons lui laisser aucune marge. Notre cher frère [Yahya] Sinouar, pourquoi est-il resté dans sa captivité, pourquoi est-il retourné à Gaza (après le 7 octobre) ? Parce qu’il pensait pouvoir mettre Israël sous siège et faire bouger les Palestiniens ; et si Sinouar n’était pas retourné à Gaza, il aurait pu faire tuer plus de 20 000 sionistes. Pourquoi n’a-t-il pas fait cela ? Parce qu’il avait une noblesse politique, il ne souhaitait même pas tuer des juifs. Mais en sera-t-il de même à l’avenir ? Les successeurs de Yahya Sinouar et Hassan Nasrallah sont animés par une grande colère qui atteindra tous les sionistes, et ils verront la malédiction que Netanyahou a déversée sur eux. Aucun dirigeant israélien n’avait réalisé une faute si lourde avant lui, tuant les femmes et les enfants par dizaines de milliers.
Journaliste : Netanyahou affirme que vous vouliez cibler son fils, et Trump aussi : maintenant, en Amérique, on dit qu’il existe un plan pour viser Barron, le fils de Trump. Qu’en est-il ? Avez-vous un commentaire sur ces propos ?
Rezaei : Ce sont là de grands mensonges. Netanyahou a réussi à tromper Trump avec cela. Si nous avions pris cette décision, rien ne nous en aurait empêchés, mais ce sont des mensonges que Netanyahou invente ; il a effrayé Trump, qui est venu en Turquie dans ce grand avion, et Netanyahou lui a dit que les Iraniens s’apprêtaient à l’assassiner, alors on l’a fait monter dans un camion de restauration et on l’a fait fuir comme un ouvrier, et Trump a cru cela, alors que nous n’avions absolument aucune intention de le faire.
Journaliste : L’accord de La Mecque… je voudrais juste, sur ce point, Général : où êtes-vous par rapport à l’accord conclu par la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan ? Pourquoi n’y avez-vous pas participé ? Pourriez-vous le rejoindre ? Car vous aviez une position : soit être fondateurs de cet accord, soit quoi ? Pourriez-vous clarifier cette idée ?
Rezaei : Nous saluons toute unité dans le monde islamique, mais cette unité doit être globale [inclusive]. Si deux ou trois États entreprennent de rédiger quelque chose et le signent, puis demandent aux autres de l’approuver, une telle démarche n’est pas envisageable. Naturellement, nous ne nous y opposons pas, mais nous n’avons pas donné notre accord parce que nous voulions connaître les objectifs. Par exemple, nous nous attendions à ce que ces trois États prennent l’initiative, dès le premier jour, d’émettre une déclaration contre Israël et exigent son retrait et son repli du sud du Liban, du sud de la Syrie et de Gaza. Ces trois grandes personnalités du monde islamique auraient dû émettre immédiatement une déclaration et exiger le retrait d’Israël du sud du Liban, du sud de la Syrie et de Gaza. C’est pourquoi nous œuvrons véritablement pour l’unité, et nous demandons à tous les États de s’asseoir ensemble de manière équitable. Par exemple, l’Iran et l’Égypte ne peuvent pas se contenter d’un rôle de spectateurs rejoignant l’accord en tant qu’approbateurs : ils doivent être parmi les fondateurs ; de même que ces trois États jouent un rôle fondateur, l’Iran et l’Égypte doivent y adhérer en tant qu’États fondateurs.
Journaliste : Général... je ne sais pas si, en guise de conclusion, peut-être un dernier mot… Nous avons commencé par le Liban et nous terminons avec le peuple libanais. L’Iran a beaucoup aidé le Liban, et la guerre a été cruelle. Que dites-vous au peuple libanais concernant le rôle futur de l’Iran, si Dieu le veut, dans la reconstruction ?
Rezaei : En ma qualité de serviteur de l’islam, je suis fier de la résistance du peuple libanais, et je m’incline véritablement devant elle. Je connais l’ampleur des difficultés que vous traversez, et de nombreuses familles n’ont toujours pas pu louer un logement ; il y a beaucoup de déplacés et de blessés, et les blessés des bipeurs souffrent encore. Vous avez inscrit une immense fierté (dans l’histoire), et je suis convaincu que votre avenir sera extrêmement radieux, avec patience et fermeté. Vous êtes présents au plus profond de nos cœurs, et nous ne reconnaissons aucune frontière ni aucune distance vis-à-vis du peuple libanais ; nous œuvrerons certainement, en coopération avec les États islamiques et l’aide de l’Iran, à compenser ces dommages, et les maisons détruites seront reconstruites, si Dieu le veut.
Journaliste : Général, Mohsen Rezaei, merci beaucoup pour cet entretien, à vous, Secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, merci beaucoup. Ce sont bien sûr de nombreuses prises de position ; nous aurions souhaité vous poser davantage de questions, mais le temps et les circonstances nous en empêchent. Merci de nous avoir honorés de votre présence sur les écrans d’Al-Manar.
Rezaei : Merci à vous, et merci à la chaîne Al-Manar, la voix de la Résistance. Dieu merci, vous transmettez les informations au public avec précision et professionnalisme.
Source : Al-Manar 30 août
Traduction : lecridespeuples.substack.com
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