mercredi 12 août 2026

Pire que la haine. La peur tue l'esprit.

Je me demandais s'il y avait quelque chose d'utile à dire actuellement sur les aspects plus larges de la crise ukrainienne. L'Iran a naturellement détourné l'attention de l'Ukraine pour le moment, bien qu'il existe un large consensus sur la situation sur le terrain : les Russes progressent lentement sur le champ de bataille et lancent des attaques de plus en plus violentes contre les infrastructures ukrainiennes. Pendant ce temps, les nations européennes et l'UE continuent d'agir (et dans certains cas semblent croire) comme si une victoire ukrainienne restait possible. C'est sur ce dernier point que je souhaite me concentrer aujourd'hui, car je crois qu'il y a beaucoup à dire sur les origines du comportement européen, et par conséquent sur les raisons pour lesquelles l'Europe tente désespérément d'éviter le pire, et sur la manière dont elle gérera les conséquences d'une défaite. Tant que l'Ukraine existera, ces problèmes pourront être évités. J'aborderai également très brièvement certains des problèmes auxquels la Russie devra faire face après la fin des combats. L'histoire peut, comme souvent, nous éclairer, si nous lui posons des questions pertinentes.

Les historiens eux-mêmes débattront des intentions des Européens avant et après février 2022 : qui pensait quoi, qui a écrit quoi, qui a suggéré quoi. C’est le rôle des historiens. Les conclusions seront complexes, car l’Ukraine (et d’ailleurs la Russie) n’était qu’une priorité parmi d’autres pour les gouvernements occidentaux ; pour certains, elle n’en était même pas une. Mais compte tenu du chaos qui règne depuis 2022, des sommes colossales engagées, de la solidité persistante du système politique russe et des dégâts causés aux économies occidentales, sans parler de la multitude d’autres problèmes contemporains, sans lien apparent, auxquels sont confrontés les gouvernements occidentaux, l’obsession persistante de leurs dirigeants pour l’Ukraine et la chute du gouvernement russe semble inexplicable. Et elle l’est effectivement si l’on s’en tient aux clichés habituels des relations internationales et de la science politique sur la manière dont les gouvernements élaborent et mettent en œuvre leurs politiques. Ce qui nous invite à chercher d’autres pistes. Malheureusement, des explications plus convaincantes et plus sérieuses suggèrent que les gouvernements européens se comportent de manière de plus en plus irrationnelle, et qu'ils sont susceptibles de le devenir encore davantage, ce que je trouve inquiétant : je ne sais pas pour vous.

AURÉLIEN

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