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Entretien intégral de Mohsen Rezaei, Secrétaire du Conseil
Suprême de Sécurité Nationale, conseiller militaire du Guide Suprême et
ancien commandant-en-chef des Gardiens de la Révolution, avec la télévision
nationale iranienne, le 15 Shahrivar 1405 (6 septembre 2026), sur les
derniers développements régionaux, la situation du détroit d’Ormuz et
l’adoption de nouvelles stratégies pour contrer d’éventuels mouvements. · L’Iran impose de nouvelles restrictions dans le détroit d’Ormuz · La menace de
couler des porte-avions américains · Les
conditions de la négociation avec les Etats-Unis · Le Hezbollah,
allié stratégique de l’Iran, décimera Israël · Les menaces
de Netanyahou et l’unité du peuple iranien · Le djihad économique peut faire de l’Iran une puissance majeure JOURNALISTE :
Dans cette émission, nous allons nous entretenir avec le docteur Mohsen
Rezaei, honorable Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale où il
représente le Guide vénéré de la Révolution. Nous évoquerons son rôle au sein
du Conseil suprême de sécurité nationale, la situation sur le terrain, le
domaine de la diplomatie, la situation du détroit d’Ormuz, et bien sûr des
prévisions sur les événements à venir. Monsieur le docteur, je vous salue. REZAEI : Merci beaucoup de m’avoir de nouveau fourni
cette occasion. Je suis à votre service pour mener cet entretien. Portez-vous
bien. L’Iran impose de nouvelles restrictions dans le détroit
d’Ormuz JOURNALISTE :
Merci. Je suis au service de Votre Excellence. Je vous remercie beaucoup.
Pour que nous menions cet entretien de manière très concrète et rapide, si
vous êtes d’accord, commençons par le sujet du détroit d’Ormuz, pour savoir
quelle est actuellement la situation du détroit d’Ormuz. Voyez-vous, les
Américains et les conseillers du président américain affirment, dans de
nombreuses interviews, que le détroit est ouvert et que le passage s’y
déroule normalement. En est-il ainsi ? REZAEI : Au nom de Dieu, le Tout Clément, le Tout
Miséricordieux. Voyez-vous, après que M. Trump s’est retiré du protocole
d’accord d’Islamabad, nous avons fait, en gros, un bilan d’environ un an de
péripéties et d’affrontements, et nous sommes arrivés à la conclusion que
nous devions adopter de nouvelles stratégies, de nouvelles approches, tant
sur le plan de la guerre, sur le plan des négociations que sur le plan de la
guerre économique. Par conséquent, le retrait de l’Amérique du protocole
d’accord d’Islamabad nous a placés sur une voie tout à fait nouvelle. Le premier changement qui s’est produit
concerne la question du détroit d’Ormuz. Le détroit d’Ormuz est complètement
fermé. C’est un grand mensonge que de dire le contraire. Pourquoi ? Parce
qu’avant la fermeture du détroit d’Ormuz, avant ces guerres récentes, plus de
cent navires par jour transitaient par ici. Plus de cent millions de tonnes
de marchandises sortaient de cette région chaque jour. Des milliards de
dollars transitaient par le détroit d’Ormuz. Eh bien, aujourd’hui le détroit d’Ormuz
ne voit transiter qu’environ 7 à 8 navires par jour, dont la plupart
transportent des produits médicaux et des biens de première nécessité que
nous importons nous-mêmes. Parce que, vous le savez, ce blocus maritime que
les Américains ont mis en place n’a pas le droit d’interférer avec l’entrée
de biens de première nécessité et de produits médicaux. Oui, parfois les Américains viennent
par des passages maritimes reliés à la côte d’Oman. Il y a là un passage, il
y a un corridor. Ils ont mis à contribution une partie de leurs
intermédiaires. Ils dépensent des sommes considérables. Ils essaient
d’éteindre tous ces appareils [de géolocalisation] pendant la nuit. Ils font
passer 5 ou 6 navires. En général, ceux-là se font intercepter. Bien sûr, nous
n’avons pas encore décidé de les frapper, parce que ce sont des pétroliers,
porteurs de matières pétrolières. Et si l’on venait à polluer tout le détroit
d’Ormuz et le golfe Persique, cela nous créerait un problème à nous-mêmes.
Mais aucun d’entre eux ne repart indemne. Ils finissent tous par subir un
dommage. Un dommage leur est infligé. Mais cela ne signifie pas pour autant
que le détroit d’Ormuz est ouvert. Les centaines de navires, les millions
de tonnes de marchandises, où sont-ils ? D’abord, nous-mêmes, sur ces 7 à 8 —
ou 5, 6 navires — qui nous appartiennent, nous importons des biens de
première nécessité. Nous importons des produits médicaux. C’est donc là un
grand mensonge. Nous sommes en train de changer la
situation. Ainsi, à partir de maintenant, dans les jours et les semaines à
venir, si Dieu le veut, nous annoncerons une zone interdite étendue en dehors
du détroit d’Ormuz, qui commencera à partir de la ligne de blocus de la
marine américaine, jusqu’à cette même zone du détroit d’Ormuz, et de là, elle
ira à l’intérieur du golfe Persique. Qu’est-ce que sera cette zone ? Nous
déclarerons cette zone comme zone interdite. C’est-à-dire que tout navire qui
entrera dans cette zone dans l’intention de transiter par le détroit d’Ormuz,
et qui sera repéré, nous le placerons sur la liste des sanctions. Maintenant,
que signifie « liste des sanctions » ? Nous avons dans le monde entier un
point unique où nous pouvons imposer des sanctions à de nombreux pays, et
c’est précisément cette zone du golfe Persique. C’est-à-dire que si nous constatons
désormais que des navires, que ce soit du côté ouest du détroit d’Ormuz, ou
du côté est du détroit, sont en mouvement, sans être encore entrés dans le
détroit d’Ormuz, mais s’apprêtant à venir s’arrêter quelque part avant de
transiter, nous lui donnerons l’ordre de s’arrêter là où il se trouve. S’il
viole cette consigne, nous avons le nom du navire, nous avons le propriétaire
du navire, celui qui a loué le navire — nous mettons cela sur la liste des
sanctions, nous le lui annonçons, il aura des problèmes d’assurance, ses
coûts d’assurance vont énormément augmenter, et par ailleurs il saura que
s’il transite de nouveau par ici, ou s’il revient ici, il tombera entre nos
mains. Beaucoup de ces navires — environ 80-90 % de ces navires — ne font pas
qu’un seul passage pour repartir ensuite ; en général, quand ils entrent ou
quand ils sortent, ils reviennent généralement, parce qu’une part énorme du
commerce mondial, en particulier de pétrole et de gaz, se trouve ici. Par
conséquent, le détroit d’Ormuz deviendra, dans cette région, un point de
contrôle des navires sanctionnés par l’Iran. JOURNALISTE :
Sanctionné, cela signifie-t-il que même avec toute l’escorte (américaine), le
navire n’aura plus la possibilité de circuler par la suite ? REZAEI : S’ils n’en font qu’à leur tête, eh bien pourquoi
pas ? Il se peut, par exemple, qu’ils viennent donner des explications ou
avancer des arguments ; il se peut, par exemple, que sur 10-15 navires, ils
en écartent certains, mais 90% resteront sur la liste. Alors, quelle est la
différence par rapport à la situation actuelle ? Actuellement aussi, si un
navire dit vouloir transiter, quelle est la différence avec le fait d’être
sur la liste des sanctions ? C’est-à-dire qu’en dehors du périmètre du
détroit d’Ormuz, à partir de la ligne de blocus des Américains, jusqu’à
l’endroit où ils vont chercher la marchandise pour venir transiter. Ainsi,
nous étendons ce domaine et ce champ, réellement : dans les faits, nous
sommes en train de créer une nouvelle zone, complémentaire au détroit
d’Ormuz, où il se peut que nous n’attaquions pas, que nous ne tirions pas de
missile, mais nous mettrons tout navire qui s’y trouve sans autorisation sur
la liste des sanctions. Nous disons « liste des sanctions », nous le mettons
sur la liste des sanctions. « Liste des sanctions » signifie que nous sommes
le seul point où nous pouvons réellement et effectivement sanctionner de
nombreux pays, et c’est là, dans le détroit d’Ormuz ; par conséquent, toute
violation, tout acte que nous considérerons comme criminel, nous pourrons le
mettre sur notre propre liste de sanctions, et si un jour ils veulent
transiter par le détroit d’Ormuz, nous les saisirons ici. Ici nous pouvons
agir, pourquoi ne le ferions-nous pas ? Par rapport au passé, nous apportons
des changements, tant du point de vue du durcissement —nous renforçons nos
mesures — que du point de vue de la création d’une zone interdite et
sanctionnée en dehors du détroit d’Ormuz, à l’ouest de la région. Beaucoup de ceux qui travaillent dans
la logistique et le transport maritime disent que l’effet de ces mesures est
plus important que celui des missiles iraniens, et qu’ils ont observé et
constaté que l’Iran, sans même tirer de missile, en mettant simplement un
navire ou une compagnie sur sa propre liste de sanctions, empêche que ceux
qui voudraient un jour transiter par le détroit d’Ormuz puissent le faire, ou
bien nous devons leur ajouter des conditions. C’est cet interdit nouveau que
nous sommes en train d’ajouter au détroit d’Ormuz, et cela aura une durée. JOURNALISTE :
Cette zone interdite, cela signifie-t-elle qu’elle est en place jusqu’à un
certain moment ? REZAEI : Oui, cette zone interdite durera aussi longtemps
que dure le blocus naval américain, ainsi que les pressions ou les
manquements que commettent les Américains. C’est là le premier changement.
Donc, concernant le détroit d’Ormuz, contrairement à ce que dit Trump comme
quoi il serait ouvert, il est complètement fermé ; et d’autre part, nous
cherchons à faire peser une pression plus lourde sur l’Amérique, pour qu’elle
reconnaisse le droit du peuple iranien. C’est là le premier changement que
j’ai mentionné : nous sommes, depuis que l’Amérique s’est retirée du
protocole d’accord d’Islamabad, en train de modifier entièrement nos
comportements. Le premier changement, nous l’avons entamé dans le détroit
d’Ormuz : cette semaine, nos pressions se sont considérablement alourdies
envers ceux qui voudraient transgresser nos règles dans le détroit d’Ormuz ;
et notre projet, que nous sommes en train d’élaborer actuellement, est de
définir le système de circulation dans le golfe Persique et la mer d’Oman à
l’intérieur de la nouvelle zone interdite. JOURNALISTE :
Et du fait de tous les événements qui pourraient survenir, une famine pourrait-elle
se produire comme le prétendent certains ? REZAEI : Eh bien, c’est un grand mensonge. Pourquoi ?
Parce que notre gouvernement y songe depuis longtemps déjà, et nous disposons
actuellement de réserves suffisantes de produits médicaux et de biens de
première nécessité. Deuxièmement, ils disent par exemple que l’Iran ne peut
pas vendre son pétrole : comment l’Iran ne pourrait-il pas vendre son pétrole
? Nous, dans cette même période où le blocus a été levé lors des
négociations, dès la première semaine, nous avons vendu quatre-vingts
millions de barils de pétrole ; chaque jour nous vendons un million, un
million et demi de barils, comme si la production et le commerce pétroliers
de l’Iran étaient à leur niveau habituel. Est-ce qu’avant nous vendions plus
d’un million de barils par jour ? L’argent nous parvient-il ? L’argent nous
parvient, nous n’avons aucun problème de ce côté. Donc, ce qu’on dit — que le
pétrole iranien serait coupé — je ne sais pas d’où sort ce qu’ils disent,
cela n’existe pas. Nous, dans toute cette période, en l’espace d’à peine une
semaine, dès le début de l’accord signé, nous produisions quatre-vingts
millions de barils de pétrole par semaine ; nous ne pouvions pas ne pas les
produire ; nous avions acheté des navires, nous y avions stocké le pétrole.
Depuis que le blocus a été levé, ces navires sont sortis. Où sont-ils ? Ils
sont sur le lieu de vente. C’est là un sujet de débat : si le pétrole se
vendait et que l’argent nous parvenait aussi, cela devrait ajuster un peu le
prix de la devise et du dollar à l’intérieur du pays, les variations du taux
de change ne devraient pas se produire ; je considère qu’une grande partie de
cette affaire relève de la guerre psychologique que M. Trump a mise en place.
Je suis en train de l’expliquer maintenant : donc, nos réserves de
marchandises sont à leur place, et le pétrole aussi, que nous continuons à
vendre comme prévu ; nous ne subissons aucun incident à cet égard. Ce blog est le fruit d’un travail
bénévole. Pour le soutenir, devenez un abonné gratuit ou payant. La menace de couler des porte-avions américains Nous sommes en train de changer la
manière de briser le blocus, et cela, bien sûr, se rattache aussi au
changement dans notre comportement en matière de guerre. Cet exemple que je
veux donner concerne également cela : avec la rupture du blocus, nous avons pu,
pour la première fois depuis la guerre des douze jours jusqu’à maintenant —
il y a de cela trente-huit heures —, tester notre premier missile
anti-porte-avions au-dessus d’un porte-avions américain. Un véritable enfer
s’est déclenché. JOURNALISTE :
Un missile balistique ? REZAEI : Un missile spécial. Maintenant les porte-avions
se sont enfuis. L’incident est d’une ampleur telle que le Central Command
(CENTCOM) n’a pas pu le nier : il a reconnu ce fait. Et ils ont sauvagement
réagi : ils sont venus attaquer deux de nos navires, dont l’un était vide et
l’autre transportait du pétrole ; ils sont venus les attaquer. Nous avons
annoncé que nous riposterions : voyez, telle est notre puissance ; alors, il
vaut mieux que vous vous ressaisissiez, M. Trump, et que vous veniez accorder
les droits de notre peuple. Parce que, Monsieur Trump, nous savons que des
milliers d’Américains se trouvent à bord d’un porte-avions ; pour qu’ils
croient à notre menace, nous avons procédé à ce tir. Alors, qu’est-ce que
cela signifie ? Cela signifie que le blocus maritime est vulnérable. Ce
premier test que nous avons mené montre à la fois que notre guerre est en
train de se transformer, et montre aussi que nous ne pouvons plus tolérer le
blocus. D’un autre côté, un autre changement qui
s’est produit dans le temps est que, tant notre gouvernement que nos
commerçants, sont maintenant sérieusement mobilisés pour se demander :
pourquoi avons-nous rendu le commerce iranien dépendant uniquement de la mer
? Autour de l’Iran, il existe quinze pays voisins : c’est-à-dire que l’Iran
fait partie des pays exceptionnels du monde qui ont le plus de voisins et le
plus de connexions à l’est, à l’ouest, au nord, au sud, etc. Pour cette
raison, des corridors, des routes, se forment rapidement, afin que nous
puissions étendre largement nos exportations par des voies autres que le sud,
et avancer précisément dans cette direction. Donc, sur la question du blocus
économique aussi, nous faisons avancer nos affaires, et dans les jours et
semaines à venir, notre position sera certainement meilleure, si Dieu le
veut. Les conditions de la négociation avec les Etats-Unis JOURNALISTE :
Votre Excellence a toujours souligné les changements nécessaires qui doivent
survenir dans le domaine de la diplomatie. Comment est notre situation en
diplomatie ? La diplomatie est-elle actuellement à l’arrêt ? REZAEI : Nous avons aussi changé la diplomatie. Le grand
problème que nous avons eu dans les négociations du protocole d’accord
d’Islamabad était la garantie. Nous avions fait confiance aux intermédiaires
pour l’Iran, mais dans la pratique, il s’est avéré qu’ils ne pouvaient pas
fournir de garantie : c’est-à-dire notre confiance envers nos amis au
Pakistan, ou au Qatar, ou à Oman ; eh bien, en effet, ceux-là sont venus
comme intermédiaires, car l’une des fonctions du médiateur est que, si
quelqu’un enfreint l’accord, on l’en empêche. Or, Monsieur Trump violait
l’accord à répétition, mais personne n’est venu l’en empêcher. Ensuite, il
s’est retiré du protocole d’accord. Il y avait même un comité de règlement
des différends : si Trump avait une plainte, il devait en référer au Premier
ministre du Pakistan et à l’émir du Qatar, car ces deux personnes présidaient
le comité de règlement des différends. Il était donc clair que nous avions un
problème en diplomatie : la garantie n’existait pas, pas même à un niveau
minimum. Nous poursuivons maintenant la diplomatie en disposant d’une
garantie : c’est-à-dire que, premièrement, nous avons posé une condition
selon laquelle les Américains doivent nous prouver qu’on peut leur faire
confiance ; tant que cette première condition n’est pas remplie, nous
n’entrons pas dans la deuxième phase. Donc, l’une des garanties, c’est
d’imposer l’établissement de la confiance. JOURNALISTE :
Maintenant, concrètement, en ce qui concerne l’établissement de la confiance,
avons-nous réellement le droit de ne pas faire confiance à l’Amérique ?
Pourquoi avons-nous ce droit ? REZAEI : Parce que, depuis que les Américains sont venus
remplacer les Britanniques dans la politique étrangère de l’Iran,
c’est-à-dire après les coups d’État contre M. Mossadegh et le mouvement de
nationalisation du pétrole, qu’ils ont anéanti, à ce moment-là, les
Américains sont venus s’installer dans la politique étrangère de l’Iran.
Depuis ce moment-là jusqu’à aujourd’hui, les Américains n’ont jamais respecté
leurs engagements ; ils ont toujours été contre notre peuple. Même le Shah,
qui s’était réfugié en Amérique sous la pression de la Révolution, ils l’ont
forcé de quitter leur pays [pour l’Egypte] ; si ce Shah était retourné aux
Etats-Unis, vous auriez vu, deux ou trois mois plus tard, quel sort ils lui
auraient réservé, bien qu’il ait été leur propre créature. Pourquoi ? Parce
qu’ils ont une politique, en ce qui concerne l’Iran et le peuple iranien, qui
veut que l’Iran et le peuple iranien soient entièrement entre leurs mains, et
là il s’agit d’un genre de servitude : quoi qu’ils disent, il ne faut rien
faire d’autre que cela. Rien d’autre que cela : c’est ce qu’ils ont toujours
voulu. Après la Révolution, ils sont devenus encore pires. Après la
Révolution, ils ont fait un coup d’État, ils ont mené une guerre contre nous
[via Saddam Hussein]. Nous avons le droit de nous méfier de l’Amérique. Nous
avons négocié, nous avons une diplomatie, mais nous avons le droit de mener
notre propre diplomatie. Maintenant, les Américains eux-mêmes
disent aussi qu’on ne peut pas faire confiance à l’Iran. Or ils mentent. Nous
sommes, en termes de confiance dans le monde, parmi les premiers. Pourquoi ?
Parce que jusqu’à présent nous n’avons attaqué aucun pays ; aucune frontière
politique d’un autre pays n’a été remise en question par nous ; nous avons
respecté tous nos engagements internationaux. Qui s’est retiré du JCPOA
[accord sur le nucléaire iranien] ? L’Amérique s’est retirée. Qui a rompu le
protocole d’accord d’Islamabad, un simple document qu’ils avaient eux-mêmes
signé ? Alors pourquoi les Américains disent-ils qu’ils n’ont pas confiance
en l’Iran ? Parce que ce qu’ils entendent par « faire confiance », c’est
faire capituler l’Iran : ils appellent « digne de confiance » un Iran soumis.
Ils veulent un Iran serviteur. Ils assimilent la confiance à la servilité,
c’est-à-dire que si l’Iran leur sert de serviteur, ils diront que c’est un
pays de confiance. Ce qu’ils veulent, en réalité, c’est que tout objectif
matériel, politique et géopolitique qu’ils poursuivent se réalise en Iran,
sans que personne ne s’y oppose ; s’il y a opposition, ils disent que ce pays
n’est pas digne de confiance. Avec ces antécédents et cette expérience que
nous avons de la part des Américains, sommes-nous vraiment optimistes que les
Américains prendront des mesures de renforcement de la confiance ? Non. Par
conséquent, tant qu’ils n’auront pas pris de mesures de confiance, nous
n’entrerons pas dans les étapes suivantes. L’une des premières questions que
nous changeons dans la diplomatie est celle-ci : qu’ils commencent et
agissent en prenant des mesures concrètes d’instauration de la confiance. JOURNALISTE :
Est-ce là la même précondition qui existait auparavant, ou non ? REZAEI : Il y a quatre ou cinq préconditions ; il se peut
que deux d’entre elles aient changé, c’est-à-dire qu’il se peut que certains
points aient été ajoutés, mais mon modèle, ce que je veux dire, c’est que le
débat porte sur ceci : la confiance. La question de la confiance est entrée
dans notre diplomatie. Le deuxième sujet est la garantie. Maintenant, si nous
avons fait confiance, il nous faut de nouveau une garantie. Cette garantie,
c’est d’abord le détroit d’Ormuz : si nous rouvrons le détroit d’Ormuz et
qu’ils recommencent à violer l’accord, eh bien, nous le refermerons de
nouveau. Nous ne nous engageons à laisser le détroit d’Ormuz ouvert que s’ils
ne commettent pas de sabotage, ne nous menacent pas, n’attaquent pas l’Iran.
Par conséquent, le détroit d’Ormuz lui-même reste désormais plus sérieusement
sous notre gestion. C’est pour cette raison que nous sommes venus, pour fixer
concrètement cette garantie, nous asseoir avec Oman, durant deux, trois mois
de réunions prolongées avec nos frères omanais. Il y a eu beaucoup
d’allers-retours, mais finalement nous avons finalisé l’accord. Nous avons
désormais défini, sur nos propres eaux et sur les eaux frontalières communes
avec Oman, un corridor pour l’entrée dans le golfe Persique et la sortie du
golfe Persique, et notre gestion de cette entrée et sortie est maintenant en
place, que ce soit pour l’entrée ou la sortie ; bien sûr, les Omanais aussi
sont impliqués pour la sortie du détroit, mais nous sommes impliqués à la
fois pour l’entrée et la sortie. La carte de cela est désormais déterminée,
elle a fait l’objet d’un accord ; il ne reste plus qu’à la signer ces
jours-ci. Par conséquent, les jours à venir
seront les jours où ce nouveau corridor international, dans lequel l’Iran a
une gestion, sera mis en place. Ce sera une garantie. Maintenant, avec ces
garanties, la diplomatie recommencera véritablement dans les jours et
semaines à venir ; la diplomatie recommencera donc elle aussi. Voilà donc
pour le changement en diplomatie. Maintenant, le troisième sujet : le
changement dans la guerre. Nous avons aussi changé notre manière de mener la
guerre. Et notre premier changement s’est manifesté dans cette récente
attaque américaine, où M. Trump est venu annoncer : « Je mènerai une guerre
de dix jours, très dure et très lourde, contre l’Iran. » Eh bien, pourquoi
cette guerre de dix jours s’est-elle terminée en un jour ? Pourquoi
s’est-elle terminée en un jour ? Il avait lui-même annoncé la guerre et dit :
« Je vais lancer les attaques les plus lourdes. » La raison en est qu’il ne savait pas
que nous avions identifié certaines cibles, mais que nous ne les frappions
pas. Il pensait que nous n’en avions pas connaissance. C’est pourquoi nous
avons frappé, pour la première fois, deux ou trois bases où se trouvaient des
officiers américains, nous avons tiré précisément, exactement. D’ailleurs,
l’une d’elles n’avait pas de défense aérienne. Nous avons frappé très
fortement la base en question, la caserne des Marines américains en Jordanie,
connue sous le nom de Camp Titan. Et ensuite Erbil, une base américaine à
Erbil qu’ils croyaient secrète. Là aussi, nous avons frappé fermement. C’est
pourquoi la guerre de dix jours de M. Trump est devenue une guerre d’un jour.
C’était le premier test de cette nouvelle tournure. Sur le plan terrestre, nous sommes
venus tester ce missile anti-porte-avions également, juste au-dessus d’un
porte-avions, exactement au-dessus. Ceux-là, terrifiés, ont pris la fuite.
Voyez donc : nous avons aussi changé sur le plan du blocus, et cela
continuera. C’est-à-dire que nos changements continueront. Nous avons changé
tant en diplomatie qu’en guerre. En voici la raison. La raison en est que les Américains,
contrairement à l’engagement et à la signature qu’ils avaient donnés selon
lesquels la guerre prendrait fin, que l’Amérique reconnaîtrait la
souveraineté de l’Iran, et qu’elle ne coopérerait en aucune façon avec les
ennemis de la Révolution, etc., c’était la première condition qu’ils avaient
signée, n’ont cessé de violer leurs engagements. Quand cela s’est reproduit
pour la énième fois, nous avons désormais changé notre approche à cet égard. Ce
n’est pas que nous ne voulons pas avoir de diplomatie. Sommes-nous belliqueux
? C’est l’Amérique qui est belliqueuse. Nous recherchons la fin des guerres,
pas seulement en Iran, mais dans toute la région. Nous disons : pourquoi
devrait-il y avoir la guerre au Liban ? Pourquoi devrait-il y avoir la guerre
à Gaza ? Pourquoi faudrait-il attaquer la Syrie ? Pourquoi faudrait-il
menacer l’Irak ? Pourquoi d’autres pays ? Nous sommes une seule famille,
appelée l’Asie occidentale [le Moyen-Orient] ; tout pays qui est menacé fait
entrer l’ensemble du commerce régional en fluctuation. Tout pays qui subit
une agression voit l’insécurité s’étendre à toute la région. Par conséquent,
c’est l’autre camp qui est belliqueux. C’est pour cette raison que nous avons
planifié à la fois sur le plan de la diplomatie, sur le plan de la rupture du
blocus, et sur le plan de la guerre. Notre gouvernement est mobilisé. Nos
ministres sont mobilisés. Nos forces armées sont mobilisées. Et notre peuple
bien-aimé est dans les rues, sur les places. Par conséquent, nous
poursuivrons cette voie et nous continuerons à avancer. JOURNALISTE :
Avec ces changements que Votre Excellence a évoqués, pensez-vous que l’on
puisse prévoir une réaction de Trump, des Américains, à l’égard de notre pays
? REZAEI : Voyez-vous, ils avaient déjà planifié cela.
C’est-à-dire qu’après s’être retirés du protocole d’Islamabad, ils avaient
déjà planifié la suite. D’abord, ils sont venus mener une guerre de 17 jours
pendant le mois de Muharram, qu’ils ont commencée en même temps que les
funérailles du Guide vénéré de la Révolution [Ali Khamenei]. Cela a duré 17
jours. Nous avons répondu ; ils sont revenus mener une guerre de dix jours,
mais nous l’avons étouffée dans l’œuf, la guerre de dix jours a été étouffée
dans l’œuf. Maintenant ils reviennent, avec, cette fois, le conseil de
Netanyahou, qui était allé à Washington parler avec Trump, suggérant de
recourir de nouveau aux troubles, aux manifestations, etc. en Iran, et avec
la vaste propagande qu’ils mènent actuellement, prétendant par exemple que
l’Iran n’a plus de ressources, que l’Iran est soumis à un blocus économique,
etc. Tout cela est dû au fait qu’ils ont vu qu’ils avaient échoué dans la
guerre, qu’ils avaient échoué dans le blocus maritime, qu’ils avaient échoué
sur le plan international, bien qu’ils aient réussi à faire adopter des
résolutions contre l’Iran au Conseil de sécurité des Nations unies pour que
d’autres pays viennent se joindre à eux dans la guerre contre l’Iran, mais
eux aussi ont échoué. Par conséquent, ils cherchent maintenant à concocter
une combinaison qui pourrait éventuellement reproduire des coups d’État
semblables à ceux du 19 Dey [la « révolution de couleur » manquée début
janvier 2026], alors que ces événements du 19 Dey n’avaient d’autre soutien
que ceux qui ont déclenché la guerre des 12 jours, tandis que nous avons le
soutien du peuple, et que nous avons été victorieux dans la guerre des 40
jours ; ils veulent perpétrer d’autres tentatives de coups d’État en Iran,
mais cette tentative sera elle aussi vaine, cette tentative aussi ne
débouchera sur rien d’autre qu’un effort désespéré et voué à l’échec. Bien
sûr, sensibiliser notre peuple est très important à cet égard : accepter les
pressions économiques dues à l’inflation, etc. Le gouvernement de notre
peuple doit, si Dieu le veut, contrôler la situation afin qu’aucun prétexte
ne tombe entre les mains des Américains. Mais eux, ils sont venus, avec cette
propagande de guerre psychologique, essayer de créer une capacité interne,
afin qu’une attaque puisse se produire de l’intérieur contre le régime, sous
forme de coup d’État ou autre, tout en l’attaquant aussi de front ; mais,
grâce à Dieu, nous serons sereins face à ces deux menaces, si Dieu le veut. Le Hezbollah, allié stratégique de l’Iran, décimera
Israël Autre sujet en lien avec le Liban, qui
figurait également parmi les priorités de la République islamique d’Iran dans
le protocole d’accord d’Islamabad : les événements en cours dans les hauteurs
d’Ali Taher (sud-Liban), où la situation semble s’être stabilisée entre le
régime sioniste et le Hezbollah. Or, après cette consolidation de la
stratégie iranienne fondée sur l’unité et la fermeté — et après la frappe que
la République islamique d’Iran a menée, pour la première fois, contre Israël en
réponse à l’agression du régime sioniste contre le Hezbollah — il semble que
ce même régime cherche désormais à brouiller cette stratégie d’unité entre le
Hezbollah et la République islamique d’Iran. JOURNALISTE :
L’Iran laissera-t-il le régime sioniste faire cela ? Aurons-nous une réaction
face à cette action ? REZAEI : D’abord, dans toutes les guerres du monde, c’est
une règle admise que, dans aucune guerre, la victoire ne suit toujours la
victoire, ni la défaite la défaite. Les guerres ont des hauts et des bas.
Regardez les guerres du début de l’islam. La bataille de Badr est une grande
victoire, mais la bataille d’Uhud est une défaite cuisante ; le Prophète de
Dieu, qui était sous la protection divine, a subi une défaite, mais il
triomphe de nouveau. Puis, à Tabouk [Mohsen Rezaei fait référence à la
première expédition contre les Byzantins, la bataille de Mu’ta], ils
subissent de nouveau une défaite. Mais dans l’ensemble de ces combats,
que s’est-il passé ? L’islam a fini par dominer toute l’Asie [le Moyen-Orient
tout entier]. Regardons ces vingt dernières années. Nous ne devons pas nous
limiter à regarder seulement la situation actuelle, alors que durant ces
vingt dernières années, la main du dessus a toujours été celle du Hezbollah,
et qu’Israël a subi de lourdes défaites. En 1982, Israël est allé à Beyrouth
et l’a même prise. Il n’y avait pas de Hezbollah à l’époque. Le Hezbollah
n’est né qu’après la chute de Beyrouth. Il s’est constitué. C’est-à-dire que
des jeunes pieux du Hezbollah se sont levés, et l’Iran leur a également
apporté formation et soutien. C’est ainsi qu’est né le Hezbollah. Et ensuite,
en l’an 2000, ils ont libéré tout le Liban. Qui l’a libéré ? C’est le
Hezbollah. Le Hezbollah, c’est-à-dire le Liban, a été le premier pays à
réussir à vaincre Israël. Ni l’Égypte n’y est parvenue, ni la Jordanie, ni la
Syrie. Le premier pays arabe qui a réussi à reprendre à Israël la totalité de
ses terres, c’est le Liban. Cela est inscrit dans l’histoire. Et ensuite, de même. Ensuite est venu
un autre coup : par exemple la guerre de 33 jours, où Israël a de nouveau
attaqué. Dans la guerre de 33 jours, Israël voulait de nouveau atteindre
Beyrouth. De nouveau, le Hezbollah a violemment repoussé Israël. Très bien.
Maintenant, Israël, pour des raisons que nous expliquerons plus tard, a
réussi à s’emparer d’un lieu. Cela ne signifie pas que le Hezbollah est
terminé, ou que le Liban est terminé. La guerre a des hauts et des bas. En
fait, la seule guerre où, jusqu’à présent, bien sûr, où un camp a toujours
été victorieux et un camp toujours vaincu, c’est notre combat contre les
Américains. Dans la guerre des douze jours, dans la guerre des quarante
jours, dans la guerre des dix-sept jours, nous avons été victorieux.
L’Amérique a été vaincue. Mais les guerres du monde ne se déroulent pas de
telle sorte que, dans toutes les opérations ou à toutes les étapes, ce soit
toujours la victoire ou toujours la défaite. Je suis certain que le Liban relèvera
de nouveau la tête. Et cette fois-ci, il n’agira plus comme par le passé.
Cette fois-ci, cette noblesse politique qu’ils avaient face à Tel-Aviv et
Haïfa, situées à 30-40 kilomètres, ils auraient pu, s’ils avaient tiré des
centaines de missiles, ne rien laisser d’Haïfa et de Tel-Aviv. Cette fois-ci,
cette grande colère qui s’est formée dans le cœur des Libanais, si cette
colère se déclenche, ne laissera plus rien subsister d’Israël. Par
conséquent, cette question du Liban, à mon avis, relève des vicissitudes de
la guerre. Les guerres ont des hauts et des bas. Mais le Liban n’est même
pas, du point de vue géographique, comparable à Gaza. Parce que le Liban a
une profondeur stratégique, il est ouvert sur le monde de trois côtés. Les
habitants de Gaza, que Dieu les protège, ont été et sont encerclés des quatre
côtés. Ainsi, désormais, atteindre Gaza est difficile, mais depuis près de
trois ans, ils résistent. Il n’existe même pas de couloir d’accès et de
sortie à Gaza. Mais les Libanais peuvent aller du nord au sud, ils peuvent
aller de l’ouest à l’est, et ils peuvent se déplacer de l’est à l’ouest. Le
Liban n’est pas encerclé. C’est pourquoi le Liban restera en place, et, si
Dieu le veut, ils trouveront leur propre organisation et infligeront à Israël
des coups durs et douloureux. Si Dieu le veut. Les menaces de Netanyahou et l’unité du peuple iranien JOURNALISTE :
Récemment, Netanyahou a soulevé un point. Voyez-vous,
après la guerre des quarante jours, qui a été davantage un échange de tirs et
des affrontements entre l’Iran et les bases américaines dans les pays de la
région, il a déclaré que l’Iran, pendant cette période, a pris pour cible les
pays arabes, et qu’en raison de sa connaissance des capacités militaires du
régime sioniste, il craint que celui-ci n’engage une attaque contre nous.
Avez-vous une réponse pour le premier ministre du régime sioniste ? REZAEI : D’abord, je dirais ceci : les Américains ont mené
une attaque contre la cérémonie de mariage de nos sœurs et frères ; ils ont
ensanglanté cette fête de mariage. Nous nous réservons le droit de répondre.
Que les Américains sachent que nous nous réservons le droit de répondre.
Deuxièmement, Israël, Netanyahou, cherchent violemment à rassembler des voix.
Ils commencent cette propagande électorale. « Je fais ceci contre l’Iran, je
fais cela ». Il cherche par tous les moyens à obtenir, s’il le peut, un
nouveau mandat de Premier ministre d’Israël, à l’issue des élections
israéliennes. Par conséquent, nous sommes attentifs. Pour répondre à ce qu’il
dit, notre programme est également en place, à sa place. Et en particulier,
concernant cet entretien, si vous me le permettez, je voudrais aborder le
dernier message du Guide vénéré de la Révolution, voyez-vous, dans les jours
de l’Unité islamique (semaine commémorant la naissance du Prophète), adressé
au peuple, où il a soulevé trois dualités importantes. JOURNALISTE :
J’aimerais que Votre Excellence développe ce message, et voir quelles sont
ces dualités importantes qu’il a soulevées. REZAEI : Oui. Il me semble que c’est une expression très
appropriée. Les dualités importantes, c’est-à-dire les dualités qui n’ont
aucune réalité. Elles ressemblent à un mirage. Et certains, en fabriquant des
mirages, cherchent à créer une scission au sein du peuple iranien. Et l’un
des moyens que les Américains envisagent aujourd’hui pour sortir de leur
isolement, c’est de briser complètement cette unité et cette cohésion du
peuple. Fragmenter le peuple. Diviser le peuple. Eh bien, aucun de ceux qui
sont attachés à la Révolution, attachés à la République islamique, ni même
attachés à l’Iran, ne devrait entrer dans cette fabrication de dualités. Bien sûr, il existe une réalité : la
nature de la vie politico-sociale de l’Iran comporte en elle-même une
tendance à la fabrication de dualités. Regardez depuis la Constitution [le
mouvement constitutionnel de 1905-1911]. En général, il y a toujours une
compétition entre une série de valeurs différentes au sein de la société, et
l’ennemi vient s’appuyer sur ces compétitions. Pourquoi le mouvement
constitutionnel a-t-il échoué ce jour-là ? À cause de la discorde. Pourquoi
la nationalisation du pétrole s’est-elle déroulée ainsi ? À cause du
différend qui s’était formé entre M. Mossadegh et M. Kashani [1951-1953] ?
Mais durant la Révolution islamique, malgré le fait que, tout au long de ces
années, on ait maintes et maintes fois essayé de faire vaciller la Révolution
par la discorde et la division, cela ne s’est pas produit. Pourquoi ? Parce
qu’il s’est passé quelque chose. Un changement s’est produit par rapport à la
Constitution et à cette nationalisation du pétrole : un repère est apparu
entre-temps, et tous ceux qui regardent ce repère contrôlent leurs
différends. Cela ne dégénère pas en affrontement. Et ce repère vient de nouveau
relier cette société. Ce repère, c’est le Velayat-e Faqih [la tutelle du
jurisconsulte], à savoir le rôle du Guide Suprême. Du temps de l’Imam
Khomeini aussi, des différends très sérieux se sont formés. Mais l’Imam a
complètement apaisé de nouveau cette mer agitée. Ces grandes vagues se sont
calmées, et l’unité a été préservée. Bien sûr, certains ont été blessés dans
le processus. Certains se sont retirés. C’était leur propre choix. Du temps
de l’Imam martyr [Khamenei, en tant que Président de la République, avant de
devenir Guide suprême] aussi, il en a été de même. Ces quatre, cinq
gouvernements que l’Imam martyr a dirigés, il n’y a eu aucun gouvernement où
ces dualités ne se soient pas formées. Mais l’affaire de la Constitution ne
s’est plus reproduite. L’affaire de la nationalisation du pétrole ne s’est
plus reproduite. Eh bien, donc, nous avons trouvé un repère. L’unité, avec ce
repère, devient l’unité. Mais si nous voulons faire l’unité avec
nous-mêmes, faire l’unité autour de nos propres objectifs et de nos propres
interprétations, cela ne s’appelle pas de l’unité. Car, pour que nous ayons
réellement l’unité, la première condition est de regarder vers le Guide. Nous
avons actuellement ce troisième Guide [Sayed Mojtaba Khamenei], que nous
servons désormais. Mon expérience politique me dit ceci : tout type de
désaccord en dehors du cadre du Guide n’a jamais eu d’autre résultat que la
perte des individus eux-mêmes et le préjudice porté au peuple et à l’Iran.
Voilà donc un repère ; nous devons nous ajuster nous-mêmes sur ce repère. Le second repère est celui-ci : ceux
qui parlent d’unité et ceux qui parlent de fermeté et de dignité doivent se
rapprocher. C’est-à-dire quoi ? C’est-à-dire qu’il y a un groupe de jeunes
révolutionnaires, réellement révolutionnaires. Ceux-là pensent que la dignité
est bafouée, ils commencent à critiquer [le gouvernement réformiste de
Pezeshkian], et cela peut ensuite se transformer en insulte et en manque de
respect. En face, au lieu d’accepter ces critiques et de ne pas s’opposer à
ces réactions vives, ceux d’en face viennent se positionner contre eux.
L’ennemi, lui, qui a pénétré dans tous les groupes, a une influence dans tous
les groupes, à chaque fois vient créer un affrontement entre ces deux camps.
La meilleure recette, c’est la tolérance, c’est-à-dire que nos hommes
politiques se tolèrent les uns les autres. Par exemple, pourquoi dirait-on,
dans les circonstances actuelles, que le détroit d’Ormuz est un détroit de
guerre, que le détroit ne devrait pas être en guerre ? Le détroit d’Ormuz est
maintenant le détroit de la dignité de l’Iran. C’est le détroit qui contraint
l’Amérique à accepter ces droits du peuple iranien. C’est-à-dire, voyez-vous,
que parfois ces propos vifs et acérés créent une dispute de l’autre côté, et
ensuite ceux-là s’en emparent. On dit une chose de ce côté, et cela suscite
une instrumentalisation de l’autre. Le peuple est en train de tracer son
propre chemin. Les forces armées se tiennent fermement. La diplomatie est
poursuivie avec sérieux. Est-ce que les responsables iraniens sont partisans
de la guerre ? Est-ce que Monsieur le Président de la République, ou le Chef
du pouvoir judiciaire, ou le Président du Parlement, ou le Guide de la
Révolution, ou les forces armées, est-ce que ceux-là sont partisans de la
guerre ? Ils disent : « Monsieur, notre expérience de deux cents ans
d’histoire de l’Iran a montré que partout où nous avons cédé sur nos droits,
l’ennemi a avancé davantage. » C’est-à-dire qu’il nous a aussi pris d’autres
droits. Très bien, dès le début de la Révolution, nous sommes arrivés à cette
conclusion, dans cette direction : d’abord, préservons notre unité.
Préservons notre dignité. Marchons derrière le Guide de la Révolution. Disons
aussi notre mot légitime, notre revendication légitime. Et bien sûr, sans
puissance et sans progrès économique, nous ne pourrons pas faire triompher
notre revendication légitime. Il faut à la fois de la puissance, et il faut
aussi du progrès économique. Le djihad économique peut faire de l’Iran une puissance
majeure C’est pourquoi je juge nécessaire de
recommander, une fois de plus — je l’ai dit lors de l’entretien précédent —
c’est vrai, nous sommes actuellement sous sanctions économiques. Il existe
des pressions économiques hostiles. Mais cela peut être une occasion de
renouveau et de transformation dans l’économie iranienne. Comme, par exemple,
nous sommes en train, actuellement, au sein du Secrétariat du Conseil suprême
de sécurité nationale, de rédiger un document de sécurité économique, avec la
participation de 18 grandes entreprises employant plus de cinq mille
personnes chacune, que j’ai réunies. Elles nous font part de leurs
préoccupations. Ce document de sécurité économique pourra à la fois attirer
les capitaux des Iraniens de l’étranger, lorsqu’ils constateront qu’il existe
réellement une sécurité économique, et donner davantage de dynamisme aux
entrepreneurs eux-mêmes, qui verront un avenir meilleur ; cela s’applique, à
commencer par cela, jusqu’à nos propres ministères, qui doivent s’efforcer
d’entraîner le peuple vers le travail. Par exemple, j’ai donné cet exemple
lors de la réunion précédente : nous pouvons même produire dans les foyers,
comme le font Taïwan [référence au modèle des usines-salons, phénomène
central dans son décollage économique des années 1960-80] et Singapour.
J’avais entendu, parmi les réponses qu’ils avaient données, des objections du
genre : « Comment est-ce possible, produire dans un appartement ? » Ce n’est
pas possible dans un appartement, disaient-ils, il n’y a pas de place pour
cela. Mais à Taïwan, à Singapour, en Malaisie, les gens, chez eux, produisent
des composants électroniques, d’ordinateurs, de téléviseurs ; chaque matin,
un camion vient devant les maisons, les habitants remettent ces composants au
camion, et le camion les emmène dans les usines qui font l’assemblage final.
Quel est le problème ? La Chine fonctionne de cette façon aussi : j’ai donné
l’exemple des petites entreprises. Donc, on peut vraiment créer un grand
dynamisme économique, tant dans le gouvernement, que dans la société, et chez
les artisans, et obtenir ainsi le progrès économique. J’ai toujours réfléchi à ceci : comment
se fait-il que le Japon et l’Allemagne — l’Iran aussi — durant la Seconde
Guerre mondiale, aient été véritablement détruits ? L’Allemagne a été coupée
en deux ; le Japon a reçu la bombe atomique ; en Iran, il y a eu une famine :
pendant plusieurs années, l’Iran était dans cet état. Mais que s’est-il passé
ensuite ? Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon ont
réussi à devenir des puissances économiques mondiales. Ces pays, qui avaient
été à ce point détruits. Pourquoi ? Parce qu’il y existait une volonté, une
volonté qui n’existait pas chez les hommes d’État iraniens. Quelle était
cette volonté ? Cette volonté était que l’Allemagne et le Japon avaient
attaqué le monde, voulu s’emparer du monde par le canon, le char et l’avion,
et ils avaient échoué. Ils se sont dit, après cet échec : « Nous allons
conquérir le monde par l’économie. » Le moment est venu, en Iran, pour qu’un
véritable djihad économique se produise, pour que nous remplissions de
nombreux marchés régionaux, des marchés mondiaux, de produits iraniens.
N’était-ce pas le cas à l’époque safavide ? À l’époque safavide, les produits
d’Ispahan, de Yazd et de Tabriz étaient la première marque des pays
européens. L’Iran a réellement la capacité, en réponse à ces pressions
économiques, de mener un grand djihad économique, et nous pouvons précisément
bâtir notre économie dans ces conditions difficiles, de même que le Japon et
l’Allemagne ont réussi, après toute cette destruction, en l’espace d’environ
trois décennies, à devenir la deuxième et la troisième économie mondiale. Nous demandons à tout notre cher peuple
de prier pour les combattants et les forces armées, car vos enfants, de tout
leur être et sans compter, mettent leur vie en jeu : ils défendent, en ce
moment, la totalité du territoire iranien, toute la dignité de l’Iran, tout
le rang de l’Iran dans le monde. Si Dieu le veut, priez pour eux. Que la paix
soit sur vous. JOURNALISTE :
Je vous remercie beaucoup, et je remercie chaleureusement les chers
téléspectateurs qui nous ont accompagnés jusqu’à cette heure dans cet
entretien. Bonne soirée à vous, et que Dieu vous garde. Source : khabarpu.com Traduction : lecridespeuples.substack.com 15 septembre |
Merci infiniment l'Iran.
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