Interview intégrale de Hizam al-Assad, membre du Bureau politique d’AnsarAllah, par la chaine Al-Mayadeen, 10 septembre 2026.
Présentateur : Depuis Al-Mayadeen, nous vous saluons où que vous soyez, chers téléspectateurs. Des développements s’accélèrent, et plus précisément sur la côte occidentale du Yémen, où les gains ne se mesurent pas à la seule superficie du terrain, mais à sa position sur la route de Bab al-Mandab, de Hays à Al-Khokha à Al-Mokha en passant par Al-Wazi’iyah, les forces armées yéménites annoncent l’extension de leur contrôle sur toute la longueur de la côte occidentale, englobant les camps militaires de Khaled et de Jabal al-Nar, parallèlement au ratissage des îles situées en face. Une avancée qu’une intense campagne de frappes saoudiennes n’a pas réussi à stopper. Le porte-parole des forces armées yéménites, le général de brigade Yahya Sari’, affirme que des missiles sol-air de fabrication locale ont contraint une formation de combat saoudienne à se retirer de Ta’iz. À Al-Khokha, les images de l’hôpital Mohammed ben Zayed ont révélé un autre visage du retrait : des blessés abandonnés sans soins par les forces soutenues par l’Arabie saoudite. Dans quelle mesure cette avancée modifie-t-elle les calculs de Riyad sur le terrain ? Et que signifie le rapprochement des forces de Sanaa de Bab al-Mandab pour les équilibres en mer Rouge ? Dans ce volet de notre couverture de terrain, nous recevons depuis la capitale yéménite un membre du Bureau politique du mouvement AnsarAllah, M. Hizam al-Assad. Bienvenue parmi nous, M. Hizam. Nous serons également rejoints au cours de cette émission par le général de brigade en retraite et expert militaire et stratégique Ali Abi Raad, depuis la capitale libanaise, Beyrouth. Commençons par les vastes développements sur le terrain à la côte occidentale, à la suite de la libération par les forces armées yéménites des districts de Hays et d’Al-Khokha, et de la ville côtière d’Al-Mokha, sur une superficie dépassant 2 550 kilomètres carrés. Des effondrements rapides dans les rangs des forces soutenues par l’Arabie saoudite, malgré un appui aérien intensif. Reportage de notre correspondant au Yémen, Ahmed Zabiba. Une percée majeure sur la côte occidentale
Hizam al-Assad, membre du Bureau politique d’Ansar Allah, Sanaa : Que Dieu vous garde. Je vous salue ainsi que les chers téléspectateurs, et nous rendons grâce à Dieu le Très-Haut pour la grande victoire qu’Il a accordée à notre peuple par les mains de nos forces armées. En vérité, ces régions sont des régions yéménites, et il est du droit des fils du peuple yéménite, représentés par leurs forces armées, de les récupérer et de les libérer de l’emprise et de l’occupation saoudienne. Et certes, Dieu le Tout-Puissant et le Très-Haut a permis à nos forces armées de libérer ces vastes terres, dont la superficie est peut-être comparable à celle de beaucoup de pays du Golfe ou de la région. Et il y a certes une importance stratégique très, très grande en ce qui concerne la région de la côte occidentale en général, et la région d’Al-Khokha, la région de Hays, ainsi que la région d’Al-Mafqa jusqu’à Dhabab et Miyyun, ainsi que les îles yéménites en mer Rouge. Ces zones revêtent une très grande importance, tant sur le plan géopolitique que du point de vue de ce sur quoi des grandes puissances misaient pour soumettre et faire plier le peuple yéménite. Et également dans le sens de ce que recèle cette terre, notamment en raison de la nature et de la composition de sa population, qui rejette l’envahisseur et l’occupant. De plus, il y avait une tentative de créer une forme de dissociation sociale de la part du régime saoudien dans ces régions, que ce soit par leur « daéchisation », ou par l’exacerbation de nombreux particularismes régionaux, sectaires et confessionnels, ainsi que de nombreuses questions et problèmes qu’il soulevait. Mais en y rétablissant l’autorité de l’État, en les libérant, l’harmonie entre les fils du peuple yéménite sera certainement rétablie. Comme nous l’avons constaté lors de l’entrée de l’armée yéménite dans ces régions, il y a eu un accueil immense, une joie débordante, depuis la descente de l’armée de la zone d’Al-Kadaha jusqu’à Hays, puis Al-Khokha, et ainsi de suite tout le long de la côte, à Yakhtul auparavant, dans Wadi al-Malik, jusqu’à Al-Mokha et au-delà. Toutes ces régions, les fils de ce cher pays ont accueilli avec joie nos forces armées et ont été ravis de les voir, d’autant plus qu’ils avaient souffert de l’injustice, de l’oppression, de l’occupation, de l’arbitraire, des prisons — des prisons qui regorgeaient de détenus injustement emprisonnés pour s’être opposés à cette occupation et avoir résisté à cet occupant. Présentateur : Mais qu’en est-il des rapports qui circulaient selon lesquels les forces armées de Sanaa et des autres villes auraient un agenda extérieur et ne représenteraient pas l’ensemble des Yéménites ? Comment Sanaa répond-elle à ceux qui tiennent ce discours ? Hizam al-Assad : Premièrement, la terre est yéménite. Deuxièmement, la cause portée par le gouvernement de Sanaa et l’administration ou la direction du pays à Sanaa est une cause qui concerne le peuple yéménite dans son ensemble : d’abord parce que la demande de la direction de lever le blocus sur les fils du peuple yéménite ne se limite pas à un périmètre géographique donné, et n’implique pas de cadres internationaux ou régionaux. Ce blocus ne revendique même pas des questions de nature onusienne : il s’agit d’un blocus imposé par l’ennemi saoudien sur le peuple yéménite. Elle défend donc cette logique et cette revendication, qui est une revendication juste. De même, les créances de l’agression imposée à notre peuple depuis 12 ans et qui se poursuit — c’est une revendication légitime, garantie et fondée pour les fils du peuple yéménite dans son ensemble, du nord au sud, y compris dans les régions qui sont encore sous occupation. Ainsi le volet militaire et l’avancée de nos forces armées jusqu’où elles sont parvenues, sur ce long et étendu littoral côtier, sont des terres yéménites, et il n’y a aucune justification, aucun levier permettant à l’ennemi — qu’il soit saoudien ou qu’il s’agisse de ses instruments et mercenaires — d’affirmer qu’il y aurait des agendas extérieurs dans ce contexte, alors qu’eux-mêmes parlent depuis les hôtels de Riyad, au nom de Ben Salmane et de la direction de l’ennemi saoudien. Tandis que notre logique est la logique du peuple yéménite : les combattants sont les fils du peuple yéménite, les fils des forces armées ; ceux qui les ont accueillis dans ces régions sont les citoyens qui ont été soumis à l’occupation, à l’injustice, à l’oppression, à l’arbitraire, aux prisons et à toutes les formes de torture. La cause est donc une cause yéménite nationale pure dans ce contexte. Présentateur : Mais M. Hizam, comme vous le savez, certains tentent d’effrayer le peuple yéménite — les habitants des autres régions du Yémen — face à cette entrée des forces armées dans ces zones aujourd’hui. Comment Sanaa peut-elle rassurer ceux qui ont peur, surtout dans le contexte des tentatives de propager la peur ? Comment peut-il y avoir une forme de réassurance ? Que dites-vous aujourd’hui à vos frères au Yémen, dans les différents gouvernorats, à propos de l’entrée des forces armées yéménites dans ces régions ? Hizam al-Assad : Évidemment, cette démarche d’intimidation et d’inquiétude, et ainsi de suite, émane naturellement des trompettes de l’agression. Mais sur le plan du terrain, sur le plan social, cette inquiétude n’existe pas. C’est tout le contraire. Des millions de personnes ont vu cet accueil grandiose de la part des habitants du district d’Al-Khokha, de Hays, et d’Al-Mokha également — ce joyeux accueil réservé aux héros de nos forces armées. Il y a également l’initiative de la direction, incarnée par Son Excellence le frère président Mahdi al-Mashat, qui a émis un décret de grâce générale en faveur des personnes condamnées, ainsi que ses instructions au gouvernement de descendre sur le terrain pour fournir des services, et également ses directives aux autorités locales de Hudaydah et de Ta’iz de descendre sur le terrain et d’apporter des services à la communauté. La société connaît également le vrai modèle concret de nos forces armées dans de nombreuses régions, en plus de la substance, du contenu et de la méthodologie de notre direction dans ce contexte. C’est pourquoi l’état d’harmonie existe entre les fils du peuple yéménite, et il n’y a aucune divergence sinon dans les médias de l’ennemi et ce qu’il propage. Mais dans le cadre réel, il n’y a rien de tel. L'effondrement instantané des forces pro-saoudiennesPrésentateur : M. Hizam, dans quelle mesure Sanaa a-t-elle été surprise par la rapidité de l’effondrement des lignes chez la partie adverse dans les zones de la côte occidentale ? Y avait-il des estimations à Sanaa que la chute, ou les retraits, ou la défaite seraient aussi rapides pour l’autre partie ? Ou bien la rapidité de l’effondrement a-t-elle dépassé les attentes de la capitale yéménite ? Hizam al-Assad : Nous avions bien sûr des estimations que l’occupant tomberait dans ces régions de l’intérieur, en raison de ses pratiques arbitraires, de son injustice, de son arrogance envers les fils de la communauté. Nous estimions que la communauté se soulèverait et l’expulserait. En réalité, il gouvernait ces régions à la force du fer et du feu, par les pratiques arrogantes, par des opérations sécuritaires brutales et criminelles. Aussi, lorsque nos forces armées ont approché les abords de la zone, de nombreuses régions se sont effondrées. Le retrait était en fait rapide et désordonné pour l’ennemi. Il n’a pas de cause à défendre. L’ennemi n’a pas de cause au Yémen, surtout les instruments locaux, qui exécutent des agendas saoudiens contre de l’argent. Aussi, lorsque le mercenaire, chef ou simple soldat, met dans la balance les mille riyals saoudiens ou les cent mille riyals saoudiens d’un côté, et sa tête et sa vie de l’autre, il penchera certainement pour se rendre et fuir ce combat. Se retirer est sans aucun doute plus sûr pour lui, d’autant qu’il n’a pas de cause à défendre. Et en même temps, l’occupant a senti que cet environnement de population le rejetait massivement. C’est pourquoi cet effondrement a été un effondrement accéléré et très rapide. Dieu le Tout-Puissant en a préparé les causes. Et nos forces armées ont certainement combattu avec bravoure dans le cadre de l’affrontement sur de nombreux axes — notamment au début de cette bataille — et avec cela, Dieu le Tout-Puissant a permis de réaliser cette grande victoire. La mer Rouge et la sécurité de la navigation internationalePrésentateur : M. Hizam, il y avait des confirmations de la part de responsables yéménites — ici nous parlons précisément de Abd al-Aziz ben Habtour et de Mohammed Abd al-Salam (les porte-parole d’AnsraAllah) — qui ont affirmé que la navigation internationale restera sécurisée et que Sanaa ne cible pas la navigation, mais exerce sa souveraineté sur ces régions. Quel est le message qu’envoient aujourd’hui les responsables yéménites, plus précisément à Sanaa, aux États riverains et aux puissances internationales présentes en mer Rouge à travers ces déclarations ? Hizam al-Assad : Bien sûr, notre message aux États riverains est le suivant : nous sommes vos partenaires dans la sécurisation de ce couloir de navigation important, pour en faire un passage libre et normal, tel que d’ordinaire. Et quant aux pays du monde, ils n’ont pas à s’inquiéter. L’opération militaire s’est inscrite dans son cadre intérieur, dans la démarche d’extension de l’autorité de l’État, légale et juridique, sur nos territoires, d’expulsion de l’occupant et de ces bandes renégates. Elle n’a aucune répercussion dans quelque dimension menaçante que ce soit sur la sécurité et la sûreté de la navigation internationale. Présentateur : Comment peuvent-ils être rassurés, M. Hizam, surtout que pour eux, les choses se sont passées rapidement et de manière surprenante ? Et y a-t-il parmi ces pays des contacts qui ont été établis avec vous — avec le gouvernement yéménite ou avec le mouvement Ansar Allah ? Y a-t-il par exemple des pays ou des responsables dans la région qui vous ont contactés pour s’informer de la réalité de ce qui se passe ? Hizam al-Assad : Pour ce qui est du monde, il a bien sûr de l’expérience. Au niveau du peuple yéménite et de nos forces navales, elles sont un facteur très important dans la sécurisation et la sûreté de la mer Rouge. Et il y a aussi l’expérience acquise dans le cadre du soutien à nos frères à Gaza : il n’y a eu aucune menace pour quelque navire de navigation que ce soit, à l’exception de la période durant laquelle des navires israéliens étaient ciblés dans ce volet, dans le cadre de la bataille du soutien [à Gaza]. Nos forces armées disposaient de ce qui leur permettait de faire de toute la mer Rouge un détroit, pas seulement Bab al-Mandab. Mais le peuple yéménite et les forces navales et armées ont prouvé qu’elles sont un facteur de renforcement de la sécurité et de la stabilité de ce couloir de navigation important, ainsi que de la sécurité et de la stabilité de la région et du monde en général. Nous sommes des partisans de la paix, pas de la guerre et de la violence non justifiée, contrairement à ce que l’ennemi saoudien tente de présenter comme image stéréotypée du peuple yéménite, de notre direction, et de ceux qui appartiennent à cette direction et à ce projet, dans des parcours qui visent peut-être à déformer l’image pour présenter ces mercenaires résidant dans certains de ses hôtels comme étant le gouvernement légitime et ceux sur lesquels on compte pour sécuriser la mer Rouge ou le détroit de Bab al-Mandab, alors qu’en réalité ils n’ont aucun ancrage dans la réalité du terrain. Pas plus tard qu’hier, ce qu’on appelle le « ministre de la Défense » des mercenaires était détenu dans la région de Dali’, dans une zone également sous occupation. Et de nombreux chefs de cette clique, ce groupe résidant dans les hôtels, n’osent même pas voyager. Présentateur : M. Hizam, certains se demandent dans quelle mesure les forces armées yéménites seront capables de s’étendre géographiquement et d’étendre leur contrôle sur ces vastes régions stratégiques — nous parlons ici de Bab al-Mandab, des îles Hanish al-Sughra et al-Kubra, de l’île de Miyyun, et d’autres îles stratégiques comme vous le savez également. Les forces armées yéménites sont-elles capables, avec leurs capacités actuelles, d’étendre leur contrôle sur toutes ces régions sans permettre aux forces soutenues par l’Arabie saoudite de tenter à nouveau de reprendre le contrôle de ces zones dont Sanaa les a chassées ? Hizam al-Assad : Bien sûr, il y a une information que tout le monde doit comprendre : nous sommes les propriétaires de la terre. Les forces armées sont les propriétaires de la terre et sont issues de ce pays. Il n’est donc pas approprié — et il serait malvenu — de dire que les forces armées s’étendent et établissent leur contrôle : c’est « notre terre », « notre pays », « nos îles », « nos côtes ». Nos forces armées disposent également, grâce à Dieu, de capacités militaires suffisantes non seulement pour assurer la stabilité et le positionnement dans ces régions et y consolider leur contrôle de manière pérenne et continue, mais également pour faire face à tout défi intérieur ou extérieur visant leur présence, visant également la souveraineté de ce pays par l’occupation ou autre. [L’interview d’un général libanais à la retraite, Ali Abi Raad, est ici intercalée, avec explications détaillées sur une carte du Yémen, nous ne la traduisons pas] Rivalités saoudo-émiraties sur le terrainPrésentateur : M. Hizam, puisque Son Excellence le général a mentionné les Émirats — avez-vous observé à Sanaa — les forces armées yéménites ont-elles observé une divergence entre la position saoudienne et la position émiratie ? Et cela s’est-il manifesté sur le terrain à travers ce qui était clairement visible : premièrement le sujet du ministre de la Défense classé dans le camp saoudien, et deuxièmement, nous avons également vu dans certaines vidéos que les forces liées aux Émirats empêchaient les forces soutenues par l’Arabie saoudite d’entrer dans Aden ? Les forces armées yéménites, Sanaa ont-elles observé qu’il y avait une divergence entre la position saoudienne et la position émiratie ? Et comment a-t-on géré cela ? Hizam al-Assad : Bien sûr, il y a de nombreuses contradictions et également de nombreux, nombreux affrontements au niveau de l’étendue des dépendances. Lorsque nous observons qu’au niveau de ce qu’on appelle les forces de Tariq Afash [fils de l’ancien président Ali Abdallah Saleh], leur appartenance ou doctrine de combat était orientée vers les Émirats, et que leur financement récemment venait des Saoudiens. En plus de ce qu’on appelle les forces des « Géants », qui sont des forces wahhabites salafistes rassemblées dans des centres salafistes, entraînées et domestiquées à la terreur, au massacre et à toutes les pratiques criminelles — leur appartenance dans le cadre de la doctrine de combat et du commandement opérationnel relevait des Émirats, mais leur financement venait également des Saoudiens. C’est pourquoi l’Arabie saoudite s’est empressée de créer des unités militaires parallèles à ces secteurs militaires mercenaires, c’est-à-dire ce qu’on appelle les forces d’urgence et les forces du Bouclier de la Patrie, qui ont également la même appartenance sectaire, wahhabite-takfiriste. Mais malgré cela, nous avons vu dans le cas de désagrégation mentionné par le général : les soldats mercenaires ont été abandonnés dans ces régions tandis que leurs commandants ont fui, laissant ces soldats — y compris les blessés dans les hôpitaux à Al-Khokha et ailleurs — abandonnés dans les soins intensifs et les urgences, tandis que leurs commandants ont pris la fuite. Beaucoup de soldats ont même été abandonnés dans les casernes sans avoir été informés des opérations de retrait, laissés comme prisonniers. Il y avait réellement un état de désordre. Et n’oublions pas également qu’il y avait un état d’affrontements entre eux, parce qu’il n’y a pas d’objectif qui les unisse, si ce n’est l’exécution des agendas du bailleur de fonds, qu’il soit saoudien ou autre. Axe iranien et axe saoudienPrésentateur : L’Arabie saoudite a-t-elle tenté de contacter Sanaa, M. Hizam ? Et précisons que certains ont relayé une information de l’agence Reuters, comme vous le savez, il y avait une tentative de présenter cette offensive comme n’étant pas purement yéménite, mais coordonnée avec la République islamique d’Iran. Certains sont même allés jusqu’à dire qu’il y avait des officiers du Corps des Gardiens de la Révolution présents avec les forces armées yéménites. Comment répondez-vous à cela ? D’abord, l’Arabie saoudite a-t-elle pris contact ou tenté de contacter Sanaa ? Et deuxièmement, comment répondez-vous à ceux qui disent que c’était une action non purement yéménite, mais coordonnée avec l’Iran avec la présence d’officiers des Gardiens de la Révolution ? Hizam al-Assad : Bien sûr, parler de la présence d’officiers des Gardiens de la Révolution au Yémen — c’est un discours qui prête à rire et à se moquer de celui qui tient ce discours. Le régime saoudien sait que les forces armées ont atteint par elles-mêmes la profondeur des territoires saoudiens. Il est également évident et manifeste que nous avons des prisonniers de nombreuses nationalités — aussi bien saoudienne, soudanaise, et d’autres nationalités. Alors, le monde a-t-il vu ou observé un seul soldat iranien ou une seule personne d’Iran dans le cadre d’un volet militaire ? Certainement non. C’est pourquoi il tente de justifier son échec et sa défaite tantôt par la République islamique, tantôt par le Hezbollah, et avant cela, même dans les six guerres précédentes [contre le Yémen], il parlait de Mouammar Kadhafi, il parlait beaucoup et rejetait son échec sur les pays du monde, alors que le cœur du problème réside dans son agression, dans son blocus du peuple yéménite, dans les défis des fils du Yémen dus à cette agression continue depuis 12 ans, et ce qu’elle a provoqué et accumulé comme séquelles et répercussions humanitaires, et ce qu’elle a haussé comme niveau de souffrance de l’être humain yéménite. C’est pourquoi le peuple yéménite s’est mobilisé dans ce contexte. Aussi, quand se produit pour elle ou pour ses instruments une fracture, une défaite, l’Arabie saoudite s’empresse toujours de brandir l’épouvantail de l’Iran. Si elle avait réellement une animosité avec l’Iran, l’Iran est à sa portée. Mais elle ne s’aventurerait même pas à s’en prendre à lui officiellement dans ces contextes, ni à accuser l’Iran. Mais elle tente de faire circuler ces arguments auprès de son « troupeau » par le biais de ses trompettes, et tente également de sauver la face en prétendant qu’elle n’a pas été vaincue par le peuple yéménite, mais par de grandes puissances comme l’Iran et autres. Mais en réalité, c’est ce peuple yéménite avec sa direction, avec ses fils, avec ses forces armées. Présentateur : M. Hizam, avant que je revienne au général Ali Abi Raad, vous avez mentionné que les forces armées yéménites avaient des prisonniers de plusieurs nationalités. Y a-t-il des informations publiées, ou avez-vous, M. Hizam, des données sur la nature de ces nationalités ? C’est-à-dire de quelles nationalités arabes ou étrangères, et précisément de quels pays ? Avez-vous des données sur ce sujet ? Hizam al-Assad : Je ne parle pas de la dernière période, celle-ci. Nous avons des nationalités soudanaises et saoudiennes lors des batailles précédentes. Quant à récemment, je n’ai pas de bilan précis concernant la nature et les nationalités des prisonniers présents. Mais ce que je sais, c’est qu’il y a réellement un grand nombre de prisonniers parmi ceux qui ont été abandonnés par leurs commandants, qu’il s’agisse des takfiristes ou d’autres. Et il y a également eu la libération, grâce à Dieu, des prisonniers de l’armée yéménite, en plus de la libération de nombreux prisonniers emprisonnés injustement et arbitrairement par le régime saoudien et ses instruments dans ces régions. En plus de ce que les forces armées ont acquis à travers les infrastructures laissées sur place, que ce soit à Miyyun ou ailleurs, qui sont devenues comme des bases militaires. Et certainement, c’est grâce à Dieu le Tout-Puissant et le Très-Haut. Et il ne saurait manquer que le droit revienne à ses propriétaires. [Echanges non traduits avec le général Ali Abi Raad] La prochaine étape : vers la levée du blocusPrésentateur : M. Hizam al-Assad, dans la dernière question de cette émission, malheureusement le temps nous a rattrapés rapidement, le temps est passé vite dans cette émission. Qu’en est-il de la prochaine étape pour Sanaa, pour les forces armées yéménites ? Annoncer l’arrêt des affrontements et l’arrêt des opérations après consolidation du contrôle ? Ou y a-t-il d’autres objectifs peut-être sur le littoral ou dans d’autres régions ? Hizam al-Assad : Bien sûr, nous avons une trajectoire dans le cadre des opérations d’imposition de l’équation « blocus contre blocus » et « escalade contre escalade », et c’est notre orientation première. Et si l’ennemi saoudien n’avait pas cherché à perturber cette trajectoire et à briser cette équation à travers l’envoi de ses instruments, que ce soit sur la côte occidentale ou dans certaines zones orientales qui ont connu quelques escarmouches, que ce soit à Al-Jawf ou à Ma’rib, notre trajectoire est claire : arracher les droits yéménites légitimes, et briser le blocus imposé sur notre pays par l’ennemi saoudien. C’est une trajectoire qui peut s’intensifier, et peut-être que les Saoudiens céderont au droit dans ce cadre et s’épargneront des catastrophes, d’autant plus que nous avons bien sûr une direction prête à poursuivre cette trajectoire jusqu’à l’accomplissement des objectifs, qui sont des objectifs légitimes et annoncés, qui concernent les fils du peuple yéménite dans son ensemble. Et dans les autres volets, à chaque chose sa propre discussion. Quand nos forces armées connaissent une quelconque escalade ou une quelconque tentative de perturber la réalité, ou de brouiller les équations, l’équation « blocus contre blocus », comme l’Arabie saoudite a tenté de la provoquer dans le passé, nos forces armées y feront certainement face avec fermeté dans cette trajectoire. Et nos forces armées disposent certainement, grâce à Dieu le Tout-Puissant et le Très-Haut, de capacités militaires qu’elles ont accumulées, d’une industrie militaire avancée et acquise dans le cadre des évolutions militaires technologiques avancées, depuis les missiles hypersoniques jusqu’à la balle de pistolet, de fabrication locale à 100%, en plus des cadres humains qui, grâce à Dieu, ont réussi à former une armée puissante, capable de protéger ce pays et de protéger ce peuple. Et aujourd’hui certainement, la balle est dans le camp du régime saoudien, et il doit céder au bon droit et cesser son agression et lever son blocus sur le peuple yéménite, et lui remettre les droits des fils du peuple yéménite, les droits acquis en raison de l’agression continue sur notre pays. C’est une agression injustifiée depuis 12 ans, et ce sont des revendications justes et légitimes. Présentateur : M. Hizam, le temps de cette émission est écoulé, mais je voudrais une réponse en 30 secondes si possible : quel est le secret de ce calme observé à Sanaa sur le plan médiatique ? Une grande avancée, le monde entier en parle, et nous observons un calme et une retenue dans la gestion de ces développements. Pourquoi ? Quel est le but ? Était-ce délibéré ? En 30 secondes. Hizam al-Assad : Bien sûr. Premièrement, notre confiance en Dieu le Tout-Puissant et le Très-Haut, et en la justice de la cause. Et notre peuple a également une grande confiance en la direction et en nos forces armées. Et le vacarme ne sert à rien, car c’est le réel et le terrain qui impose les variables et les équations. Pas le bruit médiatique. Présentateur : Merci infiniment à vous, M. Hizam al-Assad, pour votre présence parmi nous dans cette émission. Merci également à vous, Son Excellence le général Ali Abi Riad — vous aurez certainement d’autres apparitions avec nous dans cette couverture, sur l’écran d’Al-Mayadeen, pour tous ces développements. Le plus grand merci à vous, chers téléspectateurs, pour votre suivi. À bientôt. Source : Al-Mayadeen Programs 11 Sept 2026 Traduction : lecridespeuples.substack.com --------------------------------------------------- Une autre attaque d’Ansarullah a endommagé trois installations de production de pétrole en Arabie saoudite. La raffinerie ARAMCO de Jizan, d’une capacité de 400 000 barils par jour (bpj), a été mise hors service. Les prix du pétrole brut ont augmenté :
Par Moon of Alabama – Le 8 septembre 2026 |

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