![]()
|
Ce qui s’est déroulé à New York relève d’une dégénérescence à couper le souffle, un tableau de dépravation qui souligne l’illégitimité de l’ordre impérial et des institutions qui le sous-tendent. Lors de l’Assemblée générale des Nations unies, des dirigeants
mondiaux, parmi lesquels des criminels de guerre recherchés, se sont succédé
à la tribune pour se vanter de génocides, de crimes de guerre et de
massacres. Les dirigeants libéraux, complices des exactions de l’empire
malgré leurs prétendues valeurs humanitaires, ont excusé ou minimisé ces
crimes, tandis que d’autres se sont félicités d’y avoir contribué. Trump
a ouvert le bal en menaçant l’Iran de
l’apocalypse,
avant de se flatter du blocus illégal imposé à Cuba, puis se moquer
triomphalement du Venezuela au sujet du vol de son pétrole par les
États-Unis, déclarant que c’est “au vainqueur revient le
butin”. En un peu plus d’une demi-heure — exigeant
également la dissolution de la CPI — Trump a succinctement exposé pourquoi
les États-Unis constituent la plus grande organisation terroriste que le
monde ait jamais connue. Ce fut un spectacle écœurant. Mais plutôt que de
s’opposer à la vision et à la conception de Trump d’un monde régi par une
soif débridée de violence et de domination, les dirigeants libéraux ont soit
cherché à l’excuser, soit soutenu sa vision. Interrogé
sur le langage de Trump, Mark Carney a haussé les épaules,
déclarant : “Eh bien, une guerre fait rage, et il tient
le langage de la guerre”.
Après avoir banalisé les menaces de crimes de guerre, il a qualifié le pays
visé par l’anéantissement impérialiste de “l’une des plus grandes menaces du monde,
existentielle pour Israël et ses alliés”.
Carney, cette grande conscience libérale et supposé champion des valeurs
occidentales, a préparé la voie rhétorique permettant à Trump et à Israël de
se livrer à davantage de violences extrêmes et de meurtres de masse contre
les Iraniens. Carney, encore encensé il y a quelques mois pour avoir tenu
tête à Trump, a donné la priorité aux intérêts et à la sécurité d’un État
commettant un génocide, plutôt qu’à ceux de l’État menacé de génocide. Carney
est, comme je l’ai déjà écrit, un
individu abject. Puis
vint Mark Rutte, ex Premier ministre des Pays-Bas et actuel secrétaire
général de l’OTAN, qui a fièrement déclaré qu’“il aurait été impossible de mener
l’opération Epic Fury sans l’Europe comme plate-forme de projection de
puissance pour les États-Unis”.
Il a ajouté que “cinq mille avions ont décollé de bases
européennes cette année pour soutenir l’opération Epic Fury. Les pays, les
uns après les autres, les ont mis à disposition”. Oui,
il a bien utilisé l’expression “plate-forme de projection de puissance”
sans la moindre once de lucidité, tout en confirmant un niveau d’implication
européenne que l’Europe a toujours cherché à nier. Une Europe qui, selon les
propres termes de Rutte, n’existe qu’en tant que “plate-forme”,
un continent vassal d’où l’impérialisme se propage vers l’Est. Cette même
Europe qui vient de céder le Groenland
à Trump et aux Américains pour qu’il serve d’extension à cette “plate-forme”. Ensuite,
ce fut le tour de Netanyahu, le boucher de Gaza et criminel de guerre
recherché, qui s’est vanté ouvertement de l’ultra-violence orchestrée par son
État terroriste. Avant qu’il ne tienne des propos prônant la violence
génocidaire depuis la tribune d’une organisation censée, officiellement,
débarrasser le monde de ce type de pratiques, il a bénéficié d’une escorte
policière imposante fournie par le maire de la ville qui, auparavant, a
inscrit l’arrestation de ce criminel au cœur de sa campagne électorale. En
juillet, pour devancer les accusations de trahison, Mamdani a déclaré
que son équipe a étudié les aspects juridiques et qu’il ne peut pas ordonner
au NYPD d’arrêter Netanyahu. C’est peut-être vrai. Mais il aurait pu leur
ordonner de ne pas
arrêter les
manifestants contre le génocide.
Il aurait pu leur ordonner de ne pas mettre à la disposition de ce criminel
de guerre recherché un imposant dispositif de protection policier à travers
la ville. Il aurait pu, a minima, se joindre lui-même à la manifestation.
Mamdani est un lâche, un traître à la Palestine et aux Palestiniens. En matière
de génocide, il a trahi bon nombre de ses électeurs. Cela ne me réjouit
absolument pas de constater qu’un article que j’ai écrit
sur Mamdani
en janvier s’est avéré fondé, et à plusieurs reprises, depuis le début de son
mandat de maire. Les
seuls dirigeants qui ont tenu des propos condamnant ces actes et tenté
d’éveiller la conscience morale du monde sont ceux qui sont la cible des
crimes impérialistes, mais ils sont qualifiés par l’establishment
politico-médiatique occidental d’ennemis barbares, et leurs déclarations et
avertissements sont ignorés. Le président iranien Masoud Pezeshkian, par exemple,
a bien résumé l’absurdité de l’ordre impérialiste lorsqu’il a déclaré
que “les bombes
nucléaires se trouvent en Israël, mais les inspecteurs sont en Iran. Israël
commet un génocide, et pourtant c’est l’Iran qui est sanctionné”. Pezeshkian a également délivré le message le plus sensé, le
plus digne d’un homme d’État et le plus humain de ce sommet, en déclarant : “Nous ne
devons pas bâtir un monde où la puissance militaire supplante la légitimité,
où les sanctions remplacent la diplomatie, où la terreur prend le pas sur la
politique et où la guerre détrône le dialogue”. Son appel contrastait fortement avec les divagations
génocidaires de Trump et Netanyahu, mais ces propos seront difficiles à
trouver dans les médias occidentaux mainstream, complices de la guerre contre
l’Iran, de l’hégémonie occidentale et de la dérive vers une dystopie toujours
plus dense. Quant
aux victimes palestiniennes du génocide et de l’apartheid, elles ont vu leurs
visas révoqués
avant même d’avoir pu mettre les pieds dans un avion. Un acte honteux de
l’empire, mais pas surprenant, puisque depuis quatre-vingts ans, l’Occident
s’efforce de priver les Palestiniens de toute tribune où exiger justice et
responsabilisation. Ou simplement de toute tribune d’où ils pourraient
raconter leur histoire. Ces
dernières années, le libéralisme occidental a connu de nombreux tournants
décisifs, mais celui-ci sonne comme le coup de grâce, une flagrante
démonstration d’inhumanité et un clou de plus dans le cercueil du droit
international et du mythique ordre fondé sur des règles. La bonne nouvelle,
c’est qu’un mythe ne meurt pas. Seule notre conception
du monde, telle que ce mythe l’a créée, peut disparaître. Ce monde, nous le
voyons aujourd’hui, n’était rien d’autre qu’une fiction présentable, une
parodie d’ordre conçue pour enrober la conscience occidentale d’un baume
rassurant. Une façade conçue pour dissimuler la véritable nature des réalités
politiques. Rien de réel n’existait, donc rien ne peut être pleuré. Nous
devrions cependant dénoncer ceux qui ont conçu cette façade d’humanitarisme
libéral, un véritable système cynique pour enrayer toute avancée réelle et
toute justice. Et nous devrions mépriser ceux qui continuent à refuser de
comprendre ces conneries et ces mensonges, ou qui s’obstinent à croire que ces
développements sont inédits et qu’un petit coup de pouce suffira à nous
remettre sur les rails. La vérité est plus flagrante que jamais. Trump n’est pas une aberration. Le génocide de Gaza n’est pas
une aberration. L’attaque contre l’Iran n’est pas une aberration. Les morts
massives au service de l’empire ne sont pas une aberration. Ce
carnage découle, comme c’est le cas depuis les débuts du colonialisme, des
esprits, des valeurs et des idéologies des “élites”
occidentales. La barrière des convenances libérales qui empêchait que de
telles valeur barbares et inhumaines soient exprimées à la tribune de l’ONU
vient de tomber. Jamais les institutions tant vantées du libéralisme, et la
démocratie libérale, n’ont été à ce point démasquées. Et jamais le besoin de pensée, politique et formations
révolutionnaires pour contribuer à refondre et remplacer ces systèmes et
institutions n’a été aussi urgent. Par Nate Bear,
le 25 septembre 2026 |
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Les commentaires hors sujet, ou comportant des attaques personnelles ou des insultes seront supprimés. Les auteurs des écrits publiés en sont les seuls responsables. Leur contenu n'engage pas la responsabilité de ce blog ou de Hannibal Genséric. Les commentaires sont vérifiés avant publication, laquelle est différée de quelques heures.