Enfin, rajeunissez-vous... avec le texte suivant venu des catacombes (daté de 2007).
Chirac suscite la polémique sur l'Iran
« LA POSITION FRANÇAISE n'a pas
changé : nous restons dans une logique de dissuasion, pas dans celle de
l'acceptation d'un Iran nucléaire » : l'embarras était
manifeste, hier à l'Élysée, après les propos tenus lundi par Jacques Chirac
lors d'une interview accordée au Nouvel Observateur et à deux
quotidiens américains. L'entretien devait porter sur l'environnement, mais la
question nucléaire iranienne a également été abordée.
Le président de la République a souhaité amender ses propos le lendemain, lors
d'une seconde entrevue avec ces journalistes, concédant avoir fait des
déclarations « un peu schématiques » et qui ont pu, en tout
cas, sembler contradictoires avec la ligne adoptée par Paris sur le nucléaire
iranien. Lundi, répondant à une question d'une journaliste du New York
Times, Jacques Chirac a tout d'abord qualifié de « très dangereux »
le refus de Téhéran de renoncer à l'enrichissement de l'uranium. Jacques Chirac a poursuivi en déclarant que ce n'était
pas tant le fait de détenir « une bombe nucléaire » qui
serait « dangereux » que la prolifération qui s'ensuivrait.
«Polémique honteuse»
« Une (bombe, NDLR), peut-être une deuxième un peu plus tard, (...) qui ne lui servira à rien », ajoute le chef de l'État avant de s'interroger : « Il (l'Iran) va l'envoyer où cette bombe ? Sur Israël ? Elle n'aura pas fait 200 mètres dans l'atmosphère que Téhéran sera rasé ! » Puis, revenant sur les risques de prolifération, Jacques Chirac relève que « c'est tout de même très tentant pour d'autres pays qui ont de gros moyens financiers dans cette région » de chercher à se doter de l'arme atomique, citant l'Arabie saoudite puis l'Égypte. À un autre moment, M. Chirac met en regard la motivation du régime de Téhéran de se doter de la maîtrise du nucléaire et sa crainte d'être « contesté ou menacé par la communauté internationale. Et la communauté internationale, c'est qui ? C'est les États-Unis. »
Devant
l'intérêt suscité par ces propos au New York Times et à l'International
Herald Tribune qui souhaitent les mettre en une, l'Élysée réalise
l'urgence de corriger le tir. Les mêmes journalistes sont conviés le lendemain
pour une seconde interview qui, selon la coutume, sera dûment relue.
« J'ai dit (c'était une manière un peu schématique de parler) : » mais au fond quand
on pense à l'Iran, à quoi peut lui servir la bombe ? * »,
déclare Jacques Chirac dans ce second entretien. Selon l'Élysée,
l'argumentation de fond n'aurait pas varié, Jacques Chirac n'ayant aucunement
relativisé le danger mais voulu insister sur l'inutilité pour Téhéran de se
doter d'une bombe « qui serait détruite évidemment à peine lancée ».
Puis il enchaîne: « J'ai eu un mot rapide, et que je retire
naturellement, quand j'ai dit : » On va raser Téhéran*. C'était
évidemment une boutade dans mon esprit... » Le président de la
République revient sur le danger de « course aux armements »
dans la région : « Je ne veux citer aucun pays naturellement,
même si je l'ai fait hier, je n'aurais pas dû le faire... Je l'ai fait ,
croyant que je parlais off... »
À l'Élysée, on réfute toute inflexion politique. « La France, avec la
communauté internationale, ne peut pas accepter la perspective d'un Iran doté
de l'arme nucléaire », réaffirmait hier la présidence. Mais
entre-temps, le texte des deux interviews a été rendu public, la bourde était
patente. La polémique, elle, prenait de l'ampleur et la contre-attaque se
faisait virulente. Hier, on dénonçait dans l'entourage de Jacques Chirac « une
interprétation sollicitée de propos en vue de déclencher une polémique
honteuse ». « Cela ne nous étonne pas de la part de certains
médias outre-Atlantique qui n'hésitent pas à faire feu de tout bois contre la
France », ajoutait-on. Un feu sur lequel, à Washington, on se gardait
hier de jeter de l'huile.
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Commentaire
Aux yeux des Français, Jacques Chirac aurait été le meilleur président de la Ve République, à égalité avec Charles de Gaulle, mais loin devant François Mitterrand, pour ne pas parler des autres occupants de l’Élysée qui sont quasiment oubliés.
On se rappelle qu'en octobre 1996, lors d’une visite officielle à Jérusalem, le président Jacques Chirac a perdu patience face au zèle et à la brutalité des gardes du corps et services de sécurité israéliens. Irrité, il les a repoussés physiquement et a menacé de remonter dans son avion s'ils ne cessaient pas leurs méthodes.
Cet incident diplomatique marquant s'est déroulé en plusieurs étapes :
L'esclandre dans la vieille ville : Exaspéré par les forces de sécurité israéliennes qui l'empêchaient d'aller au contact de la foule palestinienne et qui bousculaient sa propre équipe, Chirac s'est interposé avec force.
La phrase historique : Il a interpellé le chef de la sécurité en anglais : "Do you want me to go back to my plane?" (Vous voulez que je reprenne mon avion ?), qualifiant l'attitude israélienne de provocation.
L'incident de l'église Sainte-Anne : Le président a également exigé et obtenu que des soldats israéliens armés quittent l'enceinte de l'église Sainte-Anne, un domaine appartenant à la France à Jérusalem.
Suite à cet éclat, le Premier ministre israélien de l'époque, Benjamin Netanyahou, avait présenté ses excuses officielles, justifiant ce déploiement de force par la peur d'attentats après l'assassinat d'Yitzhak Rabin un an plus tôt.
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