Interview du député Hassan Fadlallah, membre du bloc Loyauté à la Résistance au Parlement libanais, sur la chaîne Al-Mayadeen, après l’annonce de l’accord-cadre entre le gouvernement félon Aoun/Salam et l’entité usurpatrice temporaire.
Suivi de :
Déclaration de l’Association des Avocats du Hezbollah
Déclaration du Secrétaire Général du Hezbollah
Déclaration du chef du bloc parlementaire Loyauté à la Résistance au Liban
Source : Al-Mayadeen, 26 juin 2026
Traduction : lecridespeuples.substack.com
Présentatrice : Nous accueillons le député Hassan Fadlallah, membre du bloc Loyauté à la Résistance au Parlement libanais. Bienvenue sur Al-Mayadeen, Monsieur le député. Pour commencer, votre réaction à ce qui s’est passé à Washington, à savoir la signature de ce qui est désormais connu comme un accord-cadre entre le Liban et Israël sous parrainage américain.
Député Fadlallah : Oui, permettez-moi de vous saluer et de saluer les téléspectateurs. Je dis que ce qu’a annoncé le Premier ministre ennemi Benjamin Netanyahou, comme quoi ce serait une bonne nouvelle pour l’entité israélienne, eh bien il ne devrait pas se hâter d’annoncer cette bonne nouvelle à sa société. Il ne négociait qu’avec lui-même, c’est-à-dire qu’il a réussi à entraîner une autorité libanaise vers des concessions et vers des diktats. Cela lui vaut peut-être un succès médiatique, mais cela ne lui vaudra pas une réalisation concrète sur le terrain. Cette autorité ne possède ni la légitimité constitutionnelle ni la légitimité de Charte nationale, et cet accord n’a aucune valeur constitutionnelle ni de valeur conventionnelle. Si l’autorité veut détruire l’accord de Taëf et détruire la Constitution, eh bien elle n’en a ni la capacité ni les instruments d’exécution. Elle veut faire passer un accord entre le Liban avec l’entité israélienne, comme l’a fait l’autorité de 1982 [Bachir Gemayel] qui avait été portée au pouvoir par l’invasion israélienne. Mais la volonté de notre peuple a mis à nu l’accord du 17 mai [1982] et a brisé la reconnaissance d’Israël [Gemayel a été assassiné et l’accord révoqué]. Ils avaient à l’époque établi une représentation de l’ennemi à Dubaï, mais grâce à la Résistance et à la persévérance dans l’adversité, nous avons pu à l’époque annuler les effets de cet accord. Aujourd’hui, la même expérience se répète.
Cette autorité ne possède pas les instruments pour imposer ces diktats. Qu’ils ne se réjouissent pas trop de la soumission d’une autorité libanaise à leurs diktats, de l’acceptation de leurs conditions humiliantes. Cette autorité, nous la refusons en bloc, et je dis avec toute la franchise et la clarté : ils ne pourront pas les mettre en œuvre, à moins que cette autorité et une fraction de l’administration américaine ne veuillent mener une guerre intérieure libanaise contre leur peuple. Et toute autorité qui décide de faire la guerre à son peuple est celle qui tombera sous les pieds de ce peuple et face à la volonté de ce peuple. Ils ne pourront pas commettre ce grand péché, ce crime qui légitimise et qui accorde à l’occupation ce qu’elle n’a pas pu obtenir sur le terrain. Mais je veux répéter ici : la tentative de saper notre souveraineté nationale, la tentative de cette autorité de conférer à l’occupation une légitimité, la tentative de reconnaître cette occupation, ce n’est pas seulement une violation de la Constitution, de la Charte nationale et de l’entente nationale : c’est une rupture avec tous les principes et toutes les ententes nationales. Et de là, je voudrais souligner que ce processus à Washington était une tentative de torpiller le processus en cours à Islamabad, mais ils ne pourront pas torpiller quoi que ce soit.
Premièrement, il y a deux facteurs essentiels : le premier facteur, c’est le terrain, c’est-à-dire le Sud, le champ de bataille et la Résistance. Ce facteur n’est pas entre les mains de cette autorité ; elle ne peut pas lui imposer les diktats de l’ennemi, elle ne peut pas mettre en œuvre ce à quoi elle a concédé. C’est un facteur, et sans l’accord de la Résistance, rien ne passera. Oui, ils mèneront un tapage médiatique et politique, ils feront des déclarations et des tentatives de propagande. En tout cas, dès cet après-midi, ils ont commencé à déverser des informations trompeuses et erronées, comme celle d’une réunion entre Sa Révérence le Secrétaire général [du Hezbollah] et certains protagonistes, comme celle de rencontres entre eux et moi, et nous avons démenti tout cela. Tout cela fait partie du matraquage médiatique pour préparer le terrain à cette concession dangereuse qui menace l’existence même [du Liban]…
Le gouvernement libanais félon a cédé les villages suivants à Israël dans le cadre de son accord de normalisation, l’occupation se voyant concéder la liberté d’occuper et d’intervenir tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé. Les citoyens libanais originaires des localités suivantes ne peuvent plus retourner dans leurs foyers et vivent un événement comparable à une Nakba : • Al-Bayyada • Shemaa • Majdal Zoun • Al-Mansouri • Naqoura • Alma Al-Shaab • Teir Harfa • Al-Jibbeen • Shehin • Al-Zahira • Yarin • Marwahin • Al-Bustan • Umm Al-Tout • Al-Zalloutiya • Al-Sulhani • Aita Al-Shaab • Ramya • Al-Qawzah • Debel (habitée) • Ain Ebel (habitée) • Rmeish (habitée) • Sarbin • Al-Tayri • Hanin • Rshaf • Yaron • Maroun Al-Ras • Bint Jbeil • Ainata • Aitaroun • Kounin • Beit Yahoun • Hadatha • Al-Ghandourieh • Zoter Al-Sharqiya • Zoter Al-Gharbiya • Kfartabnit • Yohmor Al-Shaqif • Meifadoun (périphérie) • Arnoun • Doha Kfarreman • Blida • Mohaybib • Meiss Al-Jabal • Houla • Markaba • Adaisseh • Kfarkila • Al-Khiam • Al-Taybeh • Deir Siryan • Talousa • Al-Qantara • Rab Thalathin • Al-Qusayr • Aadchit Al-Qusayr • Debbin • Al-Abbasiya Al-Hududiya • Al-Majidiya • Ain Arab • Kfar Shouba • Shebaa
Présentatrice : Monsieur le député…
Député Fadlallah : Permettez que je finisse d’exprimer cette idée, et ensuite vous pourrez me poser d’autres questions.
Présentatrice: Allez-y.
Député Fadlallah : Ils ne pourront pas détruire [le Liban], et cette autorité ne pourra pas nous détruire, nous ne le lui permettrons pas. En fin de compte, ce sont des personnes qui sont arrivées au pouvoir dans des circonstances particulières et leur mandat constitutionnel prendra fin ; ils ont des échéances. Nous ne remettons pas notre destin et notre pays entre les mains de ces personnes, car en réalité ils n’ont pas été à la hauteur du peuple libanais, ou du moins laissez-moi dire : d’une grande partie du peuple libanais. Oui, il y a une division au Liban, nous connaissons cette division et nous l’avons vécue, mais quand plus de la moitié du peuple libanais rejette ce processus, cette autorité ne pourra pas imposer sa volonté à quelque partie que ce soit du peuple libanais, (particulièrement) celui qui a payé le prix, celui qui a donné des martyrs, celui qui a consenti des sacrifices (la communauté chiite). Ces gens veulent vendre notre sang, vendre notre terre, vendre notre avenir. Nous ne confierons pas notre avenir à ces individus, à ces personnes, peu importe que Rubio les soutienne, que Netanyahou les soutienne, qu’ils parient sur l’agression israélienne, ou qu’ils croient que nous serons vaincus ou que l’Iran sera vaincu. Ce sont toutes des espérances infondées et perdantes. En fin de compte, il y a un processus mené par la République islamique. Le premier facteur est le champ de bataille, et le champ de bataille est entre nos mains, la terre est entre nos mains. Nous sommes les gens du Sud, nous sommes les gens de la cause. Ils ne pourront pas imposer leur volonté à notre peuple qui était aujourd’hui par centaines de milliers dans les rues [pour commémorer le martyre de l’Imam Hussein, le jour de ‘Achoura]. Qui pourra vaincre ce peuple et la volonté de ce peuple ?
Le deuxième facteur, c’est la négociation iranienne. Nous savons qu’il y a eu des tentatives israéliennes récentes, menées par Netanyahou, pour saboter cet accord. Deux parties avaient intérêt à ce sabotage : une partie de l’autorité au Liban qui a incité, avec certains États régionaux, et il y a eu des contacts intenses avec le ministre des affaires étrangères américain [Marco Rubio], car il a une opinion quelque peu différente au sein de l’administration américaine, dans le but de découpler le dossier libanais du dossier iranien. Ils sont allés à Washington dépouillés de tout facteur de force, dépouillés de tout, ils ont tout vendu aux Américains et aux Israéliens au titre du découplage des dossiers iranien et libanais. En fin de compte, cette décision n’est pas entre leurs mains. La République islamique, sa position est claire : elle ne signera pas d’accord final sans le retrait du Liban. En tout cas, c’est un grand scandale pour l’autorité libanaise : elle n’a obtenu aucun retrait israélien, elle n’a pas obtenu l’interdiction de la liberté de mouvement pour l’ennemi israélien, elle a au contraire légitimisé l’occupation et veut légitimiser la liberté de mouvement (israélienne), et elle n’a pu rien accomplir. Le processus qu’a emprunté la diplomatie de la faiblesse, de la capitulation et de la soumission n’a rien apporté. Donc, que cette autorité ne vienne plus nous dire après cela que sa diplomatie a apporté quelque chose au Liban, elle n’a rien apporté. Elle a simplement offert un cadeau à l’ennemi israélien, qui ne sera pas encaissable sur le terrain tant que la Résistance est présente, ferme, et elle le restera. Ils ne pourront pas la désarmer. Au contraire, cet accord ou cet accord-cadre qui est en dehors de la Constitution, ils ont même falsifié aujourd’hui la question du Conseil des ministres, c’est dire le niveau de falsification et de fabrication auquel ces gens se livrent. Ils ont tout vendu, tout vendu, sans penser au pays, ni au peuple, ni aux répercussions qui peuvent se produire sur le terrain. Nous le disons avec toute la franchise : toute mesure concrète, nous y ferons face. Sur la question des armes, ils ne pourront pas arracher une seule balle de nos mains, et nous ne le leur permettrons pas. Au contraire, cet accord va nous pousser — qu’ils voient eux-mêmes à quoi ils ont poussé le pays — à nous accrocher encore plus à notre résistance, à nous accrocher encore plus à nos armes. Nous les avons appelés à maintes et maintes reprises à coopérer ; ils nous ont tourné le dos. Très bien, vous avez tourné le dos à votre peuple, à cette Résistance, aux sacrifices de notre peuple, au sang de nos martyrs. Nous avoir tourné le dos entraînera des complications supplémentaires. Vous ne pourrez rien mettre en œuvre. Tout ce que vous avez fait maintenant, à savoir faire des concessions aux Israéliens sans être capables de les exécuter, a pour seule conséquence que vous voilà démasqués, démasqués de façon concrète. Et cela n’aura que des répercussions négatives sur le pays. Vous auriez pu agir autrement, mais vous avez insisté sur cette voie, assumez-en donc les conséquences.
Le
visage de la honte. La délégation de la honte. Des milliers de civils tués.
Plus de 10 000 habitations détruites. Et la délégation libanaise était tout
sourire aux côtés de ceux qui nous ont tués. Cet accord autorise l’armée
israélienne à rester dans le sud du Liban tant
6:56 PM · Jun 26, 2026 · 16,8 K Vues
Présentatrice : Il y a des personnes qui pourraient vous demander, Monsieur le député, que ce qui s’est passé aujourd’hui à Washington n’est pas le fruit du hasard : il s’inscrit dans un contexte contre lequel la Résistance a exprimé son opposition à plus d’une occasion. Mais certains pourraient demander : qu’allez-vous faire maintenant que c’est arrivé ? L’opposition verbale n’a pas été suffisante, vous faites naturellement toujours partie de ce gouvernement et donc vous faites partie de l’autorité.
Député Fadlallah : Premièrement, notre opposition n’est pas une opposition verbale. Notre opposition est une opposition sérieuse qui ne laisse pas cette autorité faire passer ses concessions sur le terrain. La Résistance est présente sur le champ de bataille. Ses armes sont entre ses mains. Ni l’Amérique, ni Israël, ni ces petits instruments intérieurs — qui n’ont aucun poids dans l’équation américaine et face à l’ennemi israélien — ne pourront rien y faire. Ceux qui sont allés négocier ont fait des concessions — leur affaire c’est juste de signer. On vient leur dire : voilà le texte, signez-le, parce qu’eux sont convaincus de leur faiblesse et convaincus qu’ils suivent un chemin, et il est clair qu’ils sont engagés dans un projet extérieur qui veut être dicté au pays.
Premièrement, nous ne leur permettrons pas de mettre en œuvre ces diktats israéliens. Notre opposition entrave leur projet. Quant à rester au gouvernement — cela a ses propres calculs liés à l’équilibre interne et à la relation au sein de l’autorité, et parce que nous représentons une composante essentielle (du peuple libanais), et tout est discutable de notre côté. Bien sûr, c’est quelque chose de nouveau qui est posé en direct, mais notre présence au gouvernement ne signifie pas que nous approuvons ce qu’il fait. Pourquoi ? Parce qu’au Liban, nous n’avons pas un régime présidentiel où le président décide et le pays suit. Non ! Nous avons un régime parlementaire démocratique. Le gouvernement est un gouvernement de divergences — au sein du gouvernement même, une partie peut s’opposer. Nous voyons les ministres : chacun chante sa propre mélodie : un ministre part à droite, un ministre part à gauche. Mais quand nous parlons de l’autorité, nous parlons de la faction qui gère les négociations. D’ailleurs, ces négociations ne relèvent pas de l’article 52 de la Constitution : ils se retranchent derrière le fait que le Président de la République, en coordination avec le Premier ministre, négocie les traités internationaux. Les traités internationaux avec des pays amis — les traités internationaux avec des pays où il n’y a pas de conflit — oui. Mais s’agissant d’un conflit de cette ample avec un tel ennemi (Israël), qui dure depuis l’indépendance même du Liban, il n’est pas possible que deux personnes s’y arrogent le droit de dire qu’elles veulent abolir l’état d’hostilité envers Israël. Ils sont en train d’abolir l’accord de Taëf. En tout cas, si les parrains régionaux de Taëf veulent abolir l’accord de Taëf de cette façon, à qui rendent-ils service en agissant d’une façon si malséante envers le Document d’entente nationale et envers la Constitution ?
Article 52 de la Constitution libanaise : La négociation des traités internationaux et leur ratification sont assurées par le Président de la République. Les traités ne deviennent définitifs qu’après l’approbation du Conseil des Ministres. Ils sont communiqués à la Chambre des Députés lorsque l’intérêt du pays et la sûreté de l’État le permettent. Les traités qui engagent les finances de l’État, les traités de commerce et les traités qui ne peuvent être dénoncés chaque année ne peuvent être ratifiés qu’après l’approbation de la Chambre des Députés.
Notre position est ferme, nous nous appuyons sur un terrain solide, sur des hommes déterminés présents sur le champ de bataille, sur un peuple présent. Et quand le besoin s’en fera ressentir, ce peuple fera face à toute tentative de porter atteinte au sang de ses martyrs, à ses sacrifices, à sa Résistance. Et quand le moment viendra, ces gens-là verront à qui ils se heurtent. Nous ne voulons pas que le pays en arrive à une confrontation intérieure. Nous voulons que le pays vive en sécurité, en paix, en stabilité et en coopération. Mais la faction qui est au pouvoir est manifestement en train de nier la réalité, de nier les équilibres délicats. Elle veut s’arroger une décision grave en bouleversant une situation qui remonte à l’indépendance même du Liban. Elle ne pourra pas faire passer cette concession gratuite. Elle a offert un cadeau à l’ennemi israélien, mais ce sera un cadeau vide de contenu : il n’aboutira pas au résultat qu’il recherche.
Le Cri des Peuples@lecridespeuples
8:45 AM · Jun 27, 2026 · 207 Vues
Présentatrice : Il est également remarquable, Monsieur le député, ce qu’a dit Benjamin Netanyahou, à savoir que nous allons permettre à l’armée libanaise de commencer à prendre le contrôle de deux zones pilotes dans le sud du Liban. Cela nous amène à réfléchir profondément à un scénario peut-être extrêmement dangereux en cours de préparation concernant l’habilitation de l’armée libanaise. Vous avez dit tout à l’heure que la Résistance tient à ses armes et tient à sa terre, et de là je vous pose la question sur la gravité de cette affaire.
Député Fadlallah : Le problème n’est pas l’armée. Notre armée est une armée nationale, sa doctrine est une doctrine nationale. Sa direction, ses officiers, ses soldats, ce sont tous nos frères et les nôtres. Cette armée a prouvé, ces dernières années, qu’elle est soucieuse du pays, de la paix civile et de la stabilité. Le problème est avec l’autorité politique. Est-ce que l’autorité politique ordonnera une confrontation intérieure ? À ce moment-là, c’est l’autorité qui en paiera le prix, car toute autorité qui affronte son peuple est celle qui perd. Et je veux mentionner ici à ceux qui veulent faire venir des forces américaines : les Marines ont été à Beyrouth, ils en sont partis vaincus. Aucune force sur terre ne pourra imposer sa volonté à notre peuple. L’ennemi israélien a plus de cent jours avec les armes les plus redoutables et les plus puissantes, avec des brigades et des dizaines de milliers de soldat, il dit lui-même qu’il travaille dans un périmètre de dix kilomètres mais n’a pu se maintenir dans aucune position. Cette autorité est venue pour lui assurer ces positions par voie politique. Nous ne voulons pas que notre pays entre dans quelque confrontation interne que ce soit. Cependant, en même temps, qu’ils prennent garde, qu’ils prennent garde : si cette autorité veut engager son armée dans une confrontation avec le peuple, elle veut détruire cette armée. C’est pourquoi nous ne voulons aucune confrontation avec notre armée nationale, et il n’y aura pas, si Dieu le veut, de confrontation avec l’armée. L’armée accomplit ses devoirs nationaux et n’acceptera pas d’être un instrument entre les mains d’individus qui vont et qui viennent, tandis que l’armée restera et le peuple restera.
Laissez-moi vous dire avec franchise, et dire à tous ceux qui écoutent maintenant : ces personnes qui sont au pouvoir, leur mandat prendra fin, leurs prérogatives prendront fin, tôt ou tard. Le peuple restera, la Résistance restera et les armes de la Résistance resteront. Nous avons traversé bien pire que cela. Des autorités plus difficiles que celle-là sont passées, ces autorités sont parties et nous sommes restés, et le peuple est resté. Ces gens-là sont dans l’illusion, ce sont des gens qui ont échoué, leurs choix sont des choix perdants. Ils ne pourront pas, ils ne seront pas capables, et nous ne leur permettrons pas et n’accepterons pas qu’ils fassent passer ces diktats. Cette soumission qui les a montrés tels qu’ils sont réellement, en vérité, il leur fallait un peu de temps pour parfaire leur image. Ce qui s’est passé, c’est qu’ils ont été très rapidement démasqués et leurs objectifs ont été dévoilés. C’est pourquoi nous sommes confiants en l’avenir et tranquilles quant à l’avenir.
Je vous le redis : que le Premier ministre ennemi ne se réjouisse pas d’avoir pu entraîner cette autorité vers ces concessions. Tu as pris de celui qui ne possède rien ! Celui qui t’a accordé ne possède rien ! Celui avec qui tu as conclu un accord ne peut garantir un seul centimètre de terre. Celui avec qui tu as conclu un accord ne pourra t’offrir que des cadeaux nominaux que tu propages à l’intérieur israélien. L’hostilité (officielle entre le Liban et Israël) demeurera. Cette hostilité ne sera pas extirpée et ne passera ni au Conseil des ministres ni au Parlement. Un accord avec l’ennemi israélien abolissant l’hostilité envers cet ennemi israélien est voué à l’échec. L’hostilité est enracinée. Celui qui a tué notre peuple, celui qui a perpétré des massacres contre notre peuple est un criminel, et celui qui met sa main dans la main de cet ennemi est un criminel comme lui. Nous ne faisons pas de distinction entre eux, nous ne les distinguons pas les uns des autres. Celui qui veut aller serrer la main de cet ennemi finira comme lui.
Le journaliste libanais Hassan Illaik sur l'accord conclu entre le Liban et Israël :
« C'est un accord de normalisation sécuritaire, un accord d'alliance subordonnée par lequel Joseph Aoun devient subordonné à Netanyahou, ainsi qu'à tout futur Premier ministre israélien. En plus d'établir un comité de sécurité conjoint, d'accorder aux États-Unis le contrôle sur la reconstruction, et de faire effectivement de l'armée israélienne le superviseur de l'Armée libanaise pour vérifier qu'elle respecte ses « obligations », Joseph Aoun s'est également engagé à ne pas poursuivre l'entité israélienne pour les crimes qu'elle a commis par le passé ou qu'elle pourrait commettre à l'avenir. Joseph Aoun a accordé à l'entité israélienne une immunité légale, la protégeant de toute poursuite devant toute institution internationale, qu'elle soit judiciaire ou politique. J'étais déjà au courant de la direction générale de l'accord, mais cette clause a dépassé toutes les attentes par sa pure ignominie. »
Présentatrice : Merci infiniment, Monsieur le député Hassan Fadlallah, membre du bloc Loyauté à la Résistance au Parlement libanais.
Déclaration de l’Association des avocats du Hezbollah, le 27 juin 2026
Source : Telegram
Traduction : lecridespeuples.substack.com
L’autorité libanaise actuelle a choisi de persister dans la violation de la Constitution, la rupture du Pacte national, le manquement à la loi et l’atteinte aux valeurs de coexistence.
L’état d’hostilité avec l’entité sioniste est fixe et profondément ancré dans le système juridique libanais, du paragraphe (B) du Préambule de la Constitution à l’Accord de Taëf, qui s’en tient à l’Accord d’armistice, jusqu’au corpus de lois qui criminalisent toute communication avec l’ennemi.
Le droit à la résistance est l’un des droits naturels de l’homme, garanti par les pactes internationaux et la Déclaration universelle des droits de l’homme, tout comme il est garanti par l’Accord de Taëf et la Constitution libanaise.
Approuver la fin de l’état d’hostilité avec l’entité sioniste, accepter de mettre fin à la Résistance et de démanteler ses armes constitue une violation flagrante de l’engagement du Président de la République à veiller au respect de la Constitution en vertu de l’article 49 de la Constitution ; il s’agit en outre d’une grave déviation constitutionnelle qui appelle à rendre des comptes.
Permettre à l’ennemi israélien de demeurer sur le sol libanais, partager l’autorité sur le territoire libanais avec une armée étrangère, et accepter de ne pas poursuivre l’ennemi pour son agression contre le territoire libanais, le génocide de son peuple et son déplacement forcé constitue un coup d’État contre les obligations constitutionnelles relatives à la préservation de l’indépendance de la nation et de son intégrité territoriale en vertu de l’article 50 de la Constitution.
Ce qu’a accompli l’autorité en s’engageant dans des négociations directes et un accord avec l’entité sioniste constitue un acte inexistant et sans effet juridique, car il ne peut être qualifié que de coup d’État contre les pouvoirs constitutionnels du Conseil des ministres et du Parlement, et d’atteinte aux valeurs de la Constitution et du Pacte National sur lesquelles repose le contrat social au Liban.
Nous mettons en garde l’autorité libanaise contre ce dépassement dangereux et sans précédent de la Constitution, et l’appelons à y renoncer immédiatement, à cesser les négociations directes, et à procéder à la révision de l’ensemble des décisions inconstitutionnelles et contraires au Pacte qu’elle a émises à cet égard, sous peine d’engagement de responsabilité pour violation de la Constitution et haute trahison.
Déclaration du Secrétaire Général du Hezbollah, Naïm Qassem, sur le nouvel accord-cadre Liban-Israël, le 27 juin 2026
Source : Telegram
Traduction : lecridespeuples.substack.com
Où sont la fiabilité et la responsabilité des autorités libanaises envers leur peuple et la protection de la souveraineté du Liban, quand leur parrain américain ne leur a pas accordé un cessez-le-feu ? Et quand ce cessez-le-feu est venu des pourparlers du Pakistan entre les États-Unis et l’Iran en avril 2026, elles l’ont rejeté, ce qui a conduit l’ennemi israélien à commettre le crime du « mercredi noir », au cours duquel des centaines de personnes ont été tuées et blessées, la population terrorisée, et des destructions causées par une centaine de frappes aériennes à travers le Liban en commençant par la capitale, Beyrouth ?
Nous avons dit aux autorités que les négociations directes sont de pures concessions gratuites à Israël, car ce sont des réunions de soumission aux exigences de l’agression et aux diktats américano-israéliens dans leur intégralité. Vous vous y rendez alors que vous êtes en désaccord et en opposition avec plus de la moitié du peuple libanais, en violation de la Constitution et des lois qui considèrent l’entité israélienne comme un ennemi et traduisent en justice quiconque entre en contact avec elle en parole ou en acte. Vous ne disposez d’aucun levier avec lequel affronter Israël, car vous avez volontairement abandonné la force de la Résistance et du Peuple, et vous avez poignardé la Résistance dans le dos en la considérant comme illégale en plein cœur de la guerre dès le premier instant, par la décision néfaste prise par le gouvernement du 2 mars (rendant la Résistance hors-la-loi)… le tout au service du projet d’agression israélien. Jouer sur les mots et les interpréter à l’encontre de leur sens est inutile ; les résultats sont la juste mesure des choses. Il s’agit là d’un abandon de la souveraineté du Liban dans la définition de l’ami et de l’ennemi.
Le mémorandum d’accord irano-américain est venu mettre un coup d’arrêt à la guerre contre le Liban en premier point. Lorsque l’ennemi israélien a refusé de s’y conformer, l’Iran a suspendu l’accord et a continué à fermer le détroit d’Ormuz jusqu’à ce que les États-Unis fassent pression sur l’ennemi israélien et le contraignent à cesser le feu. Le premier paragraphe du mémorandum stipulait :
« Les États-Unis et l’Iran et leurs alliés dans la guerre en cours, par la signature de ce mémorandum, déclarent une cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris le Liban, et s’engagent désormais à ne pas initier de guerre ou d’opération militaire l’un contre l’autre, et à s’abstenir de la menace ou de l’emploi de la force l’un contre l’autre, tout en garantissant l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban. »
Les négociations et la conclusion d’un accord final doivent avoir lieu dans un délai de soixante jours conformément à la troisième clause du mémorandum.
Les autorités ont de nouveau rejeté cela, jusqu’à ce qu’il soit rendu clair par des acteurs rationnels et les parties prenantes au mémorandum que le cessez-le-feu prendrait fin (cessez-le feu que vous étiez dans l’incapacité d’obtenir) et que l’intérêt du Liban réside en son maintien, et que les négociations sur le retrait israélien sont entre les mains du Liban et que personne ne négocie en son nom. C’est là un don d’honneur, de dignité et de force de l’Iran résilient au Liban, à son peuple et à sa résistance.
Le mémorandum garantit « l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban », et la souveraineté s’accomplit par le retrait israélien total convenu dans un délai de soixante jours. C’est là une carte de force entre les mains du Liban dont il n’aurait jamais osé rêver. Or les autorités, dans l’« accord-cadre », abandonnent les cartes de force contenues dans le mémorandum, la force de la Résistance et de ses sacrifices, ainsi que les sacrifices de ce grand peuple libanais, et donnent à Israël ce qu’il veut gratuitement.
Quelle est cette chute foudroyante ? Quel est ce péché majeur d’abandon de la souveraineté à l’ennemi israélien ? Netanyahou autorise le renforcement de l’armée libanaise dans deux zones expérimentales ! L’ennemi surveille son déploiement et les étapes du désarmement, et le comité tripartite suit les exigences de l’ennemi. La période expérimentale peut durer des mois dans les deux zones, et il n’y aura pas de passage à une autre phase sans un certificat de « bonne conduite » délivré par Israël, mettant ainsi en œuvre ce qu’Israël n’a pas réussi à accomplir sur le champ de bataille ! Comme l’a déclaré Netanyahou : « Israël restera dans la zone tampon de sécurité jusqu’au désarmement du Hezbollah au Liban, et les habitants ne retourneront pas dans la zone occupée. »
Les autorités légitiment la poursuite de l’occupation pendant des années, qui pourrait même aboutir à l’annexion de ces terres à l’entité sioniste ! C’est un accord qui prive les Libanais du retour sur leur terre. Qu’est-ce que l’ennemi israélien a à voir avec nos affaires internes au Liban ? Tout accord doit se limiter au sud du fleuve Litani et ne doit pas se rapporter à quelque question interne libanaise que ce soit concernant les armes, la sécurité ou l’avenir du pays.
Lier le retrait israélien au désarmement de la Résistance sur l’ensemble du Liban est une proposition extrêmement dangereuse qui franchit toutes les lignes rouges et fait du Liban un jouet entre les mains de l’ennemi israélien.
Sous prétexte que le Liban s’engage au désarmement pour qu’Israël se retire, toute arme où que ce soit au Liban signifierait que le Liban n’est pas en conformité ! Or les armes ne seront remises en aucune circonstance, et nul n’a le droit de priver les Libanais du droit de se défendre et de défendre leur terre contre l’occupant et l’assassin. L’ennemi doit se retirer parce qu’il est agresseur et occupant, dans le cadre d’un accord traitant des causes directes, ce qui est ce qui s’est passé le 27 novembre 2024. Tout écart au-delà de ce seuil est une récompense accordée à Israël après l’échec de son projet, et une forfaiture de la souveraineté du Liban.
L’accord-cadre de Washington est une humiliation, une honte et un abandon de souveraineté. Cet accord est nul et non avenu. Les dispositions du mémorandum irano-américain doivent être mises en œuvre. Nous poursuivrons par tous les moyens nécessaires et par les pressions internationales et arabes pour contraindre l’ennemi israélien à adhérer au premier paragraphe du mémorandum et à se retirer du Liban.
Nous disons aux autorités libanaises : il est temps pour vous de revenir sur vos erreurs qui détruisent le Liban. Ce serait là une vertu qui vous serait portée au crédit après vos péchés. Nous sommes prêts à coopérer et à nous tenir ensemble pour la souveraineté du Liban, la libération de sa terre et l’expulsion de l’occupant israélien, le retour des prisonniers, le retour des habitants, la reconstruction, la réédification du pays, et l’accord sur une stratégie nationale de sécurité.
Un cessez-le-feu n’aurait pas été possible sans les grands sacrifices des combattants, de leurs familles et du peuple libanais. Nous préserverons la confiance des martyrs, des blessés et des prisonniers, ainsi que les sacrifices des gens de la terre, de l’armée libanaise et de tous les corps et partis qui ont donné des martyrs et des blessés. Nous continuerons en tant que Résistance sur le terrain pour vaincre l’occupation. Nous n’avons pas quitté le terrain dans les circonstances les plus difficiles et nous ne le quitterons pas, car c’est là le bien et le salut. Dieu Tout-Puissant a dit : « Partez au combat, légèrement ou lourdement équipés, et combattez de vos biens et de vos personnes dans le sentier de Dieu… » ( sourate At-Tawbah, verset 41).
Déclaration de Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire Loyauté à la Résistance au Liban, concernant le nouvel accord-cadre Liban-Israël, le 27 juin 2026.
Source : Telegram
Traduction : lecridespeuples.substack.com
Il ressort du texte de la déclaration émise par ce qu’on appelle le cadre tripartite de Washington, qui comprend les États-Unis, Israël et le Liban, qu’elle s’est appuyée sur la falsification des faits et des concepts, notamment en ce qui concerne la Résistance légitime, son droit et son rôle national, et en ce qui concerne l’identité de celui qui représente réellement la menace réelle et légale contre la souveraineté libanaise. La déclaration a délibérément inversé les faits et a intentionnellement adopté et commis de graves violations et des actes immoraux avec préméditation et résolution.
La déclaration a également exprimé la soumission totale des autorités libanaises à la logique de la tutelle américaine, et leur collusion avec l’ennemi sioniste contre leur propre peuple authentique, attaché à sa terre, refusant l’occupation israélienne, et demeurant prêt à tous les sacrifices, ferme et résistant face à la soumission et à la capitulation.
La position des autorités libanaises exprimée dans la déclaration dépasse la honte, le déshonneur et la bassesse, jusqu’à l’abandon de la souveraineté du Liban, des droits et intérêts du peuple libanais, de sa dignité et de ses aspirations. Elle reflète également le mépris à son égard, la tromperie à son encontre, et la falsification de sa volonté nationale libre et honorable.
Il reste à dire que le cœur et l’essence de cet accord-cadre résident dans son rôle malveillant et sinistre, destiné à couvrir la poursuite de l’occupation israélienne du Liban, et à fournir un moyen détourné que les signataires de la déclaration croient susceptible de permettre aux États-Unis d’échapper à leur engagement explicite avec l’Iran concernant leur responsabilité de faire pression sur Israël pour qu’il se retire totalement du Liban et respecte sa souveraineté et son intégrité territoriale. Ainsi, le préambule de cette déclaration-cadre est venu annoncer que le Liban, sous parrainage américain, a accepté ce qu’Israël avait posé comme condition à son retrait, à savoir que les deux parties s’engagent à désarmer la Résistance comme condition préalable au redéploiement israélien plutôt qu’à un retrait total.
C’est une déclaration désastreuse et totalement rejetée, et elle représente le hululement d’un hibou (mauvais présage) au Liban et dans la région.
Que Dieu protège le Liban et les Libanais… et la responsabilité est confiée aux hommes libres honorables, aux patriotes courageux et aux défenseurs de la souveraineté. »
juin 27, 2026
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