lundi 12 janvier 2026

L'empire américain explose en supernova

Lorsque les étoiles s'épuisent, elles deviennent supercritiques ; nous apprenons que les empires aussi.

 

Le président Trump a déclenché une série de campagnes déstabilisatrices de l'ordre mondial d'une ampleur sans précédent, qui ont plongé le monde dans l'ébranlement. De ses attaques contre le Venezuela et ses promesses d'« action » contre le Mexique, Cuba, le Nicaragua et l'Iran, à ses menaces contre ses alliés dans le cadre de la « sécurisation » du Groenland, on a l'impression de revivre l'une de ces semaines dont Lénine avait parlé il y a longtemps : il y a des décennies où rien ne se passe, et des semaines où des décennies se déroulent.



En une semaine à peine, on a l'impression que Trump a bouleversé le monde et emporté avec lui le droit international.

Attention, divulgation : ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose.

De nombreux dirigeants et personnalités internationales ont réagi à cette tournure d'événements sans précédent. Le président allemand Steinmeier :

Arnaud Bertrand résume :

Des propos véritablement extraordinaires de la part du président allemand Steinmeier :

Il affirme que les valeurs américaines sont « bafouées », qu'elles transforment le monde en un « repaire de voleurs où les plus sans scrupules s'emparent de ce qu'ils veulent » et qu'elles traitent des « pays entiers » comme leur « propriété ». C'est assez hypocrite, d'ailleurs. L'Allemagne devrait se remettre en question quant à sa propre violation des « valeurs », compte tenu de sa position sur Gaza et de son soutien inconditionnel aux États-Unis. En réalité, la faute en incombe aussi beaucoup aux Européens.

Même le pape était consterné par la dégradation de la « communauté des nations » d'après-guerre, qui a été codifiée à diverses reprises sous les appellations d'« ordre fondé sur des règles » ou de « droit international » :



Trump a précisé sa vision de cette restructuration en déclarant que le droit international ne s'applique pas à lui et qu'il n'est guidé que par les principes de sa propre boussole morale, qu'il juge très élevée :

Son conseiller personnel, Stephen Miller, a apporté des précisions supplémentaires :

« On peut dire ce qu’on veut sur les subtilités internationales et autres considérations de ce genre. Mais nous vivons dans un monde réel régi par la force, la coercition et l’autorité. C’est la loi d’airain du monde. » — Stephen Miller, conseiller du président des États-Unis pour la sécurité intérieure.

Des rumeurs venues des cercles européens nous indiquent que les apparatchiks paniquent en coulisses : le bouleversement de leur ordre établi implique une réorganisation totale des rapports de force, à un moment où les pays européens n’ont aucune influence pour exiger une place à la table des négociations qui s’annoncent, pour se partager les miettes. Ils semblent désormais reconsidérer sérieusement leur choix insensé de miser sur les États-Unis, leur « père protecteur », dont la situation est précaire.



Mais en réalité, il ne s'agit pas des mêmes lamentations habituelles sur le bouleversement des paradigmes internationaux par Trump, que l'on retrouve partout dans l'espace informationnel. Je souhaitais plutôt examiner de plus près un aspect très précis de l'évolution actuelle : le mécanisme par lequel les présidents américains semblent se transformer en caricatures grotesques des archétypes néoconservateurs peu après leur élection.

Comment expliquer que Trump ait si rapidement opéré un revirement complet, se transformant en belliciste après avoir promis de ne pas s'impliquer dans les affaires étrangères et d'avoir gaspillé les ressources américaines dans des aventures géopolitiques interminables et stériles ? En bref, pourquoi Trump est-il devenu une caricature de Caligula, au point que beaucoup s'interrogent sur sa santé mentale ? Et surtout, quelles conséquences cette plongée dans une amoralité chaotique aura-t-elle pour l'avenir des États-Unis ?

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11 JANVIER 2026

 

1 commentaire:

  1. Hypocrisie, les yankees deviennent des voleurs seulement lorsqu'ils volent des blancs.
    Ce sont qu'ont reproché ces même blancs, lorsque Hitler a colonisé l'Europe.
    Que les yankees tuent et pillent le Sud Global est le cadet de leurs soucis.

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