Certaines interviews éclairent un événement. D’autres révèlent une époque. La conversation entre Glenn Diesen, John Mearsheimer et Sergey Karaganov [13] appartient à cette catégorie plus rare : celle des documents historiques qui permettent d’entendre, presque à nu, ce que les doctrines officielles dissimulent sous le langage froid de la stratégie.
Pendant près de deux heures, deux figures majeures de la pensée géopolitique contemporaine ont discuté de ce qui, il y a encore quelques années, aurait relevé de l’inavouable : la possibilité d’une frappe nucléaire limitée contre l’architecture de sécurité européenne, destinée à restaurer la dissuasion.
Le plus inquiétant n’est pas seulement ce qui est dit. Le plus inquiétant est que cela puisse désormais être dit publiquement. Car lorsqu’une idée entre dans le débat stratégique dominant, c’est souvent parce qu’elle circule déjà depuis longtemps dans les cercles du pouvoir.
La peur perdue
Sergey Karaganov part d’un constat brutal : le monde serait entré dans la période la plus dangereuse de son histoire moderne. Non parce que les armes seraient nouvelles, mais parce que la peur ancienne aurait disparu.
Pour lui, la paix relative des décennies passées ne fut garantie ni par la sagesse des hommes, ni par la morale internationale, ni par les institutions multilatérales. Elle fut garantie par la peur de l’enfer nucléaire — la peur de l’annihilation, de villes disparaissant, de l’irréparable.
Or cette peur, selon lui, s’est affaiblie en Occident. L’OTAN aurait progressivement testé les seuils russes : chars, artillerie lourde, HIMARS, F-16, missiles longue portée, renseignement satellitaire, frappes dans la profondeur russe, attaques contre des infrastructures stratégiques. À chaque étape, l’hypothèse occidentale semblait être la même : Moscou protesterait, mais ne franchirait jamais ses propres lignes rouges.
Karaganov estime que cette conviction est devenue mortelle. Si l’adversaire ne croit plus à votre capacité de destruction, la dissuasion cesse d’exister. La peur, dans sa logique, doit donc être restaurée.
C’est là que sa pensée devient glaçante. Après une séquence d’escalade conventionnelle, il évoque l’idée d’une frappe nucléaire limitée sur le théâtre européen — non pour conquérir, non pour occuper, mais pour forcer psychologiquement l’Occident à reculer.
Il faut le souligner : cette idée est moralement monstrueuse, et Karaganov lui-même reconnaît qu’elle ouvrirait une boîte de Pandore. Mais sa portée réelle est ailleurs : elle révèle qu’une partie de la pensée stratégique russe considère désormais l’arme nucléaire non plus seulement comme un instrument de non-emploi, mais comme un outil potentiel de coercition.
Il convient également de situer plus précisément le rôle de Karaganov. Il ne s’agit pas d’un commentateur isolé improvisant devant une caméra. Depuis plusieurs années, il a publiquement plaidé, dans des essais publiés, pour des frappes dites « salutaires » ou « pédagogiques » contre des cibles occidentales — des arguments antérieurs à cet entretien [10]. En ce sens, son discours fonctionne moins comme une théorisation spéculative que comme une sonde délibérée des seuils de tolérance occidentaux : dire l’indicible, observer la réaction, ajuster en conséquence. Lire cette conversation comme un simple échange académique manque entièrement cette fonction.
Mearsheimer et les leçons oubliées de la Guerre froide
John Mearsheimer ne valide pas l’idée d’une « victoire » nucléaire. Il rappelle une évidence que les générations actuelles semblent avoir oubliée : une guerre nucléaire totale n’a pas de vainqueur. Tout le monde finit vaporisé.
Mais il rejoint Karaganov sur un point essentiel : l’Occident aurait perdu la culture de prudence qui caractérisait l’ère de la Guerre froide.
À cette époque, Washington et Moscou connaissaient les lignes rouges. Les crises de Berlin, Cuba, Hongrie ou Tchécoslovaquie furent dangereuses, mais les dirigeants des deux côtés savaient qu’il existait un seuil au-delà duquel la politique cessait et l’anéantissement commençait.
Aujourd’hui, Mearsheimer se dit stupéfait par la légèreté stratégique occidentale. Il cite notamment l’incursion ukrainienne dans la région russe de Koursk, ainsi que les attaques visant des éléments liés à la triade nucléaire russe. Durant la Guerre froide, suggère-t-il, personne à Washington n’aurait joué avec ce type de feu.
Son raisonnement reste fondamentalement réaliste : acculer une puissance nucléaire est extrêmement dangereux. Une grande puissance détenant des milliers d’ogives ne peut être traitée comme un État ordinaire. On ne peut pas tenter — sans risquer des conséquences systémiques — d’exclure la Russie du rang des grandes puissances, de briser son économie, de l’encercler militairement et de frapper son territoire stratégique.
Le problème, alors, n’est pas seulement militaire. Il est cognitif. L’Occident semble avoir oublié que la Russie peut perdre beaucoup — mais ne peut pas accepter ce qu’elle perçoit comme une défaite existentielle.
Le théâtre européen comme champ de tir théorique
La partie la plus inquiétante de l’entretien concerne le théâtre stratégique européen lui-même.
Karaganov part d’une hypothèse brutale : les États-Unis ne sacrifieraient probablement pas New York pour Varsovie, ni Chicago pour Berlin, ni Washington pour Vilnius. Autrement dit, la garantie nucléaire américaine ne resterait crédible que jusqu’au point où l’honorer impliquerait d’accepter la destruction du territoire américain.
Ce n’est pas une hypothèse nouvelle — elle hante l’OTAN depuis sa naissance. Mais l’entendre formulée dans le contexte de la guerre en Ukraine donne à cette vieille question une actualité glaçante.
Mearsheimer comprend la logique, mais en souligne les conséquences. Si les États-Unis ne répondaient pas à une frappe russe limitée contre l’Europe, l’Allemagne, la Pologne ou d’autres États européens pourraient en conclure qu’ils ont besoin de leur propre arsenal nucléaire indépendant.
C’est ici que la conversation bascule vers la vieille « question allemande ».
Depuis 1945, l’ordre européen repose sur une formule non écrite : contenir la Russie, encadrer l’Allemagne, maintenir les États-Unis au centre. La présence militaire américaine en Europe n’a jamais eu pour seule fonction de protéger l’Europe de Moscou — elle servait aussi à gérer la puissance allemande elle-même.
Or ce cadre s’affaiblit. Les États-Unis pivotent vers l’Asie pour affronter la Chine. L’architecture de sécurité européenne est poussée à réarmer à un rythme historique. Depuis l’annonce de la « Zeitenwende » en 2022 et son accélération en 2025, l’Allemagne a créé des fonds spéciaux de défense et annoncé l’une des plus importantes montées en puissance militaire de son histoire d’après-guerre [11], tandis que le débat sur un parapluie nucléaire européen — en partie ancré dans la dissuasion française — a gagné en intensité. La Russie, dont la mémoire stratégique porte encore le traumatisme de l’invasion nazie, observe cette trajectoire avec une inquiétude proche de l’existentiel. Dans l’imaginaire stratégique russe, une Allemagne qui se réarme n’est jamais simplement « un autre pays européen » : c’est la réouverture d’une blessure historique que 1945 était censé avoir définitivement refermée.
Le paysage nucléaire réel
Pour mesurer la gravité de cette conversation, il faut sortir du théâtre ukrainien et regarder le paysage nucléaire global dans son ensemble — non pas comme un inventaire d’arsenaux, mais comme une carte des réponses de chaque puissance au même problème de fond diagnostiqué par Karaganov : l’érosion de la peur.
Appelons cela la demi-vie de la peur nucléaire. Comme un isotope radioactif, la mémoire vécue de la catastrophe nucléaire se décompose avec le temps, génération après génération, à moins d’être périodiquement ravivée par une crise. Ce que révèle la conversation entre Mearsheimer et Karaganov n’est pas une aberration russe soudaine, mais une condition structurelle partagée, de manières différentes, par toutes les puissances nucléaires : à mesure que la mémoire expérientielle d’Hiroshima et de la crise des missiles de Cuba s’efface, les États compensent de plus en plus par la doctrine plutôt que par la retenue. Appelons cela la surcompensation doctrinale — la tendance des politiques déclaratoires à se durcir précisément au moment où la dissuasion expérientielle s’affaiblit. Le panorama qui suit peut être lu à travers ce seul prisme : la posture de chaque pays révèle où il se situe sur cette courbe, et comment il tente d’en ralentir la décroissance.
Le monde ne revient pas simplement à la Guerre froide. Il entre dans une configuration bien plus instable — davantage d’acteurs, davantage de doctrines, davantage d’ambiguïtés, davantage de seuils mouvants — précisément parce que davantage d’États tentent indépendamment la même manœuvre compensatoire, chacun persuadé que sa propre doctrine suffira à retenir l’effacement de la peur.
La Russie a révisé sa doctrine nucléaire en novembre 2024 [2]. Elle affirme désormais pouvoir envisager l’emploi nucléaire non seulement en réponse à une attaque nucléaire, mais aussi face à une attaque conventionnelle menaçant l’existence de l’État — y compris lorsqu’un État non nucléaire agit avec le soutien d’une puissance nucléaire. Le message adressé à l’OTAN est sans ambiguïté : l’Ukraine cesse d’être « seulement l’Ukraine » dès l’instant où elle frappe avec une architecture fournie par l’Occident. La révision russe de 2024 constitue le cas le plus net de surcompensation doctrinale en action : incapable de compter sur la peur intuitive de l’escalade chez l’adversaire occidental, Moscou a choisi d’inscrire cette peur dans la loi.
Les États-Unis, de leur côté, continuent de rejeter le principe du non-emploi en premier. Leur doctrine de 2022 affirme que l’arme nucléaire ne serait envisagée que dans des « circonstances extrêmes » pour défendre les intérêts vitaux des États-Unis, de leurs alliés et partenaires [3]. Cette ambiguïté est volontaire — elle rassure les alliés tout en maintenant une zone d’incertitude stratégique. La vague persistante de Washington est la stratégie inverse de celle de Moscou : plutôt que de définir de nouveaux seuils, les États-Unis traitent l’incertitude elle-même comme la ressource renouvelable de la peur.
La France maintient une doctrine de stricte suffisance, la décision relevant exclusivement du président de la République. Pourtant, en mars 2026, Paris a explicitement replacé sa dissuasion dans un cadre plus européen, affirmant que les intérêts vitaux de la France « ont une dimension européenne » [4]. Cela ne signifie pas un partage du bouton nucléaire — cela signifie que la France formalise politiquement l’idée que ses intérêts vitaux comportent une dimension continentale. La démarche de Paris se lit avant tout comme anticipatoire : plutôt que d’attendre que la crédibilité de la garantie américaine se dégrade davantage, la France positionne sa propre dissuasion pour combler l’écart à venir.
Le Royaume-Uni conserve une dissuasion minimale, crédible et indépendante, fondée sur ses sous-marins Trident, tout en l’assignant à la défense de l’OTAN [5]. Londres maintient volontairement l’ambiguïté sur les circonstances précises d’emploi — refusant à tout adversaire la possibilité de calculer le seuil britannique avec certitude.
Israël demeure le cas le plus opaque de tous. Sa doctrine officielle est le silence : ni confirmation, ni démenti. Les estimations ouvertes situent son arsenal à environ 90 ogives [6]. Son ambiguïté nucléaire est elle-même une doctrine, fondée sur le principe qu’un adversaire ne doit jamais savoir précisément où se situe le seuil de l’irréparable.
L’Ukraine, à l’inverse, ne possède aucune arme nucléaire. Elle a renoncé à l’arsenal hérité de l’URSS dans le cadre du mémorandum de Budapest de 1994, en échange de garanties de sécurité [7]. Le drame ukrainien est devenu une leçon terrible pour de nombreux États : une garantie politique ne remplace pas une dissuasion autonome.
L’Inde maintient officiellement une doctrine de non-emploi en premier et de dissuasion minimale crédible. Mais sa posture évolue sous la pression combinée de la Chine et du Pakistan. En janvier 2026, son arsenal était estimé à environ 190 ogives, dont un petit nombre signalées comme opérationnellement déployées pour la première fois [8] — un glissement marqué vers une disponibilité opérationnelle accrue.
Le Pakistan représente l’un des cas les plus explosifs. Contrairement à l’Inde, il ne s’engage pas au non-emploi en premier. Sa doctrine de « dissuasion à spectre complet » vise à compenser son infériorité conventionnelle face à New Delhi — y compris par la possibilité d’un emploi nucléaire précoce et tactique [9]. C’est une logique de dissuasion par le risque d’escalade rapide. La doctrine islamabadienne illustre peut-être le mieux le concept de demi-vie, mais en sens inverse : sans mémoire partagée d’un emploi nucléaire en Asie du Sud, la dissuasion y a dû être construite doctrinalement dès le départ, plutôt qu’usée à partir d’un stock initial de peur.
Le danger contemporain ne réside donc pas seulement dans le nombre d’ogives. Il réside dans la fragmentation doctrinale. Durant la Guerre froide, deux superpuissances structuraient l’essentiel du risque. Aujourd’hui, plusieurs logiques nucléaires coexistent simultanément : déclarées, ambiguës, régionales, existentielles, tactiques, stratégiques, continentales.
C’est cette pluralité qui donne au monde le sentiment d’être plus instable qu’à aucun moment depuis la crise des missiles de Cuba.
Le chiffre de l’abîme
Selon le rapport SIPRI 2026, les neuf puissances nucléaires possédaient environ 12.187 ogives en janvier 2026. Près de 9 745 se trouvaient dans des stocks militaires potentiellement opérationnels. Environ 4 012 étaient déployées avec des missiles ou des avions, et entre 2 100 et 2 200 étaient maintenues en état d’alerte opérationnelle élevée [1].
Les États-Unis et la Russie détiennent encore à eux seuls près de 90 % de l’ensemble mondial [1].
Ces chiffres devraient suffire à ramener toute discussion stratégique à l’humilité. Pourtant, le monde parle à nouveau du nucléaire avec une désinvolture doctrinale croissante — et préoccupante.
Les arsenaux se modernisent. Les budgets augmentent. Les traités de maîtrise des armements se délitent. Les canaux de communication entre grandes puissances se rétrécissent. Les doctrines se durcissent. Les opinions publiques, elles, dorment encore largement dans l’illusion que la menace de l’apocalypse appartient au siècle dernier.
Ce qui retient encore le fil
Rien de tout cela ne plaide pour le fatalisme. Même si l’architecture formelle de la maîtrise des armements s’érode, des mécanismes informels continuent de fonctionner — et leur persistance compte plus que leur statut formel ne le suggère.
New START, le dernier traité imposant des limites juridiquement contraignantes aux arsenaux stratégiques américain et russe, a expiré le 5 février 2026. Pourtant, Moscou a déclaré qu’elle continuerait d’observer les plafonds numériques centraux du traité sur une base informelle, et les deux parties auraient évoqué un arrangement intérimaire en attendant un cadre successeur [12]. Les puissances du P5 ont également signalé leur volonté de poursuivre le dialogue sur la réduction des risques avant la Conférence d’examen du TNP de 2026 [12].
Ce sont des fils ténus, non des garanties. Mais ils comptent précisément parce qu’ils représentent des tentatives de ralentir la demi-vie de la peur par le dialogue plutôt que par la doctrine — la seule alternative durable au durcissement compensatoire décrit plus haut. Leur résistance dépendra probablement moins des traités eux-mêmes que de la reconstruction, avant la prochaine crise, de canaux de communication directs entre Washington et Moscou — du type de ceux qui avaient permis de désamorcer la crise des missiles de Cuba.
La mort de la maison commune européenne
Au fond, cette conversation acte aussi l’effondrement définitif d’un rêve : celui d’une « maison commune européenne », de Lisbonne à Vladivostok.
Gorbatchev avait imaginé une Europe réconciliée après la Guerre froide. Trente-cinq ans plus tard, le continent européen est redevenu une ligne de front.
La Russie se tourne vers l’Eurasie — Chine, Inde, Iran, Turquie, Indonésie, Asie centrale, Sibérie, nouvelles routes continentales, nouvelles profondeurs stratégiques. L’architecture de sécurité européenne, elle, devient moins un partenaire qu’un théâtre de confrontation.
Karaganov conseille à la Russie d’ignorer entièrement l’Europe et de regarder vers l’Est et le Sud. Mearsheimer apporte une nuance : la Russie ne pourra jamais ignorer totalement l’Europe, car la géographie ne s’abolit pas. Même une victoire russe en Ukraine laisserait derrière elle une frontière occidentale instable, militarisée, rancunière.
C’est là le drame : une guerre peut se terminer, mais la structure du conflit peut lui survivre.
Ce que cette vidéo révèle vraiment
Cette vidéo n’est pas importante parce qu’elle annoncerait une guerre nucléaire imminente. Elle est importante parce qu’elle montre que l’impensable est redevenu pensable.
Hier, les stratèges parlaient de stabilité. Aujourd’hui, ils parlent d’escalade.
Hier, les doctrines nucléaires visaient à empêcher l’emploi. Aujourd’hui, certains raisonnent à nouveau sur l’emploi limité, la coercition nucléaire, la frappe d’avertissement, le choc psychologique, le seuil « contrôlé ».
C’est cela, le vrai basculement.
Le danger ne réside pas seulement dans Karaganov, ni seulement à Moscou. Il réside aussi dans l’oubli occidental, dans la dynamique d’escalade de l’OTAN, dans la militarisation du théâtre européen, dans l’effondrement des régimes de maîtrise des armements, et dans la transformation de l’Ukraine en zone de contact direct entre puissances nucléaires.
La plus grande erreur serait de traiter cette conversation comme une simple provocation russe ou comme un exercice académique.
Elle est autre chose : un avertissement civilisationnel.
Quand des hommes sérieux commencent à discuter calmement des conditions dans lesquelles l’architecture de sécurité européenne pourrait être frappée par l’arme nucléaire, ce n’est pas seulement une doctrine qui parle. C’est une époque qui avoue sa propre folie.
Ce que cette conversation mesure en définitive, ce n’est ni l’intention russe seule, ni la naïveté occidentale seule, mais la position du monde sur la courbe de la demi-vie de la peur — et le choix auquel chaque puissance nucléaire est désormais confrontée : reconstruire cette peur par le dialogue, ou la remplacer, doctrine après doctrine, par l’architecture bien plus dangereuse de la surcompensation.
Et l’histoire suggère que lorsqu’une civilisation cesse de craindre l’abîme, elle finit souvent par s’en approcher — sauf si, même à ce stade, les canaux de communication qui avaient permis de maintenir la Guerre froide « froide » sont délibérément reconstruits avant que le silence ne devienne définitif.
Laala Bechetoula est historien, journaliste et
analyste géopolitique algérien indépendant. Il est associé du Centre de
recherche sur la Mondialisation – CRM
Il écrit sur Trump, l’hégémonie
américaine et l’effondrement de l’ordre international depuis 2025. Ses
écrits sont publiés dans Countercurrents, Global Research, Réseau International, Le Quotidien d’Oran, Sri Lanka Guardian, Just International, Nexus Newsfeed, Ummid.com.
--------------------------------------------
L’Europe va-t-elle subir une attaque nucléaire ?

À présent, de nombreux experts et commentateurs politiques, sans parler d’un certain nombre de têtes parlantes sur YouTube et d’une bonne poignée de géopoliticiens en fauteuil, ont remarqué qu’il se passe quelque chose de nouveau en Russie ; à savoir que les Russes ne se contentent plus de rester tranquillement assis à regarder leurs citoyens, y compris, récemment, un dortoir rempli de jeunes femmes endormies en formation pour devenir enseignantes en primaire, se faire pulvériser par des drones fournis par les Européens et lancés par les Ukrainiens. La réponse appropriée, pensent désormais de nombreux Russes, est de « frapper » les Européens. Pour les étudiants en russe, le nouveau mot de vocabulaire est « жахнуть » (zhakhnut). On peut le traduire librement par « réduire en miettes », peut-être à l’aide d’une bombe nucléaire.
Frapper les Ukrainiens eux-mêmes n’est pas efficace. Ils ne sont plus maîtres de leur propre destin. Ils ont formé une sorte de culte de la mort et les aider à rejoindre la foule des invisibles, comme le fait actuellement la Russie avec une moyenne de 1 500 soldats ukrainiens tués par jour, ne semble pas efficace pour dissuader certains des autres de lancer des attaques terroristes contre des civils russes. L’astuce consiste donc à dissuader les Européens de fournir aux Ukrainiens des jouets meurtriers, et la question qui se pose alors est celle du choix des cibles et des armes : où frapper, et avec quoi. C’est un sujet de discussion étonnamment brûlant en Russie, qu’il s’agisse des passagers des bus ruraux ou des soi-disant « propagandistes du Kremlin » dans les studios de télévision rutilants. Tout cela devrait amener au moins quelques personnes réfléchies en Occident à s’interroger sérieusement sur les conséquences de tout cela et peut-être même à envisager des moyens d’éviter de se faire frapper par des Russes en colère.
Soyez assurés que la question « Avec quoi frapper ? » est examinée au plus haut niveau. Vous trouverez ci-dessous une longue citation tirée des commentaires de Vladimir Poutine lors du récent Forum économique international de Saint-Pétersbourg au sujet du nouveau système de missiles russe « Oreshnik », dont il est clairement un fervent admirateur. « Oreshnik », soit dit en passant, signifie « noisetier européen » en russe. Il est assez courant que les systèmes d’armes russes portent de tels noms de végétaux. Ce nom est bien choisi car l’arme, tout comme l’arbre, ne livre pas une seule poignée de noisettes, mais plusieurs. Dans sa version non nucléaire, chacune de ces « noisettes » se compose très probablement de cônes ou de tiges en tungstène, pesant chacun environ une tonne. Le tungstène est nettement plus dense que le plomb et son point d’ébullition est de 5 660 °C.
Des dizaines d’ogives, à tête chercheuse, attaquent la cible à une vitesse de Mach 10, soit environ trois kilomètres par seconde. La température des ogives atteint 4 000 °C. Si ma mémoire est bonne, la surface du soleil est de 5 500 à 6 000 °C. Par conséquent, tout ce qui se trouve à l’épicentre de l’explosion est fragmenté en particules élémentaires, se transformant essentiellement en poussière. Le missile peut frapper même des cibles hautement protégées situées à grande profondeur. Selon des experts militaires et techniques, si ces missiles étaient utilisés en masse, en une seule frappe — c’est-à-dire plusieurs « Nuts » — en grappe, la puissance de la frappe serait comparable à celle d’une arme nucléaire. Bien que le missile Oreshnik ne soit certainement pas une arme de destruction massive. Premièrement, parce que — comme l’a confirmé l’essai du 21 novembre — il s’agit d’une arme de haute précision, et deuxièmement, et surtout, parce qu’il n’y a pas d’ogive nucléaire, ce qui signifie qu’il n’y a pas de contamination nucléaire après son utilisation.
Par Dmitry Orlov − Le 9 juin 2026 − Source Club Orlov
Alors on joue à se faire peur.......On n'est plus dans les années 50/60......L'humanité l'avait échappé belle par TROIS FOIS ( Cuba) 1 Soviet et un Ricain sauvèrent les fesses de l'humanité en prenant LE TEMPS de vérifier s'ils avaient affaire à de vrais Missiles ou à un problème de radar : PERSONNE ni à MOSCOU encore moins au Kremlin n'est assez FOU et COUILLU pour prendre cette décision d'user d'une ogive tactique. Cette option aurait été CRÉDIBLE vers l'an 2000.......Depuis personne à l' OUEST n'y accorde le moindre crédit.......DONC cette russie des marchands va continuer doucement mais surement à PLIER jusqu'à se coucher bientôt..... L'OCCIDENT joue la MONTRE et les JUIFS de la CITY ont la faculté séculaire de savoir ATTENDRE.....
RépondreSupprimer