jeudi 3 mars 2016

USA. Les 10 idées dingues de Trump en politique étrangère

Le milliardaire, qui survole la primaire républicaine, est l’archétype du populiste américain modèle année 30, islamophobe, isolationniste et protectionniste.



Donald Trump, le 23 février 2016 (Ethan Miller / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
Comment le milliardaire incendiaire voit-il le monde ? Quel rôle veut-il que l’Amérique joue sur l’échiquier planétaire ?

Malgré ce que l’on croit, Donald Trump, qui décroche succès sur succès dans la primaire républicaine et pourrait donc bien obtenir l’investiture pour l’élection présidentielle, a des idées certes dingues mais assez cohérentes en matière de politique étrangère.

Ce corpus implicite, cette doctrine disent certains, fait de lui l’archétype du populiste américain modèle années 30, isolationniste et protectionniste. S’il gagne, le monde en sera bouleversé – pour le pire.


Voici les dix propositions qu’il a mises sur la table.

1 Construire un mur entre le Mexique et les États-Unis


Et faire payer l’ouvrage par le gouvernement mexicain. C’est la formule choc qui l’a fait décoller dans les sondages au cours de l’été dernier. Depuis, il a détaillé son plan radical. Pour contraindre Mexico à financer ce rempart anti-immigration, il entend par exemple imposer des amendes aux chefs d’entreprises et aux diplomates mexicains en visite aux Etats-Unis ou saisir l’argent que les immigrés clandestins envoient à leur famille.

Et voilà même son projet :
mur
oups, bon, désolé, c’est le mur construit par Israël en Palestine… (oui, ça existe façon Berlin 1962, mais chuuuut)

2 Saisir le pétrole des Arabes qui résistent (l'autre pétrole étant déjà saisi depuis longtemps)


Saisir manu militari les puits de pétrole irakiens et syriens au bénéfice des compagnies américaines. Cela fait plusieurs années que Donald Trump affirme que Washington doit adopter les méthodes des conquérants d’autrefois et se “payer sur la bête”. Avec la présence de Daech sur le terrain, on se demande comment une telle entreprise pourrait être menée. Sur ce point, il ne dit rien.

3 Ne pas se mêler du dossier Daech (car Daech travaille pour l'Empire)


Laisser Bachar al-Assad et Vladimir Poutine régler, à leur façon, le problème de Daech en Syrie. Fidèle à son isolationnisme viscéral, le milliardaire ne veut pas que l’Amérique se mêle de ce dossier. Son directeur de campagne, Corey Lewandowsky, affirme que Bachar “maîtrise la situation” et que Poutine frappe bien les zones contrôlées par l’Etat islamique. Autrement dit, il s’en lave les mains. En réalité, cela veut dire "continuons à armer Daech, l'Arabie et la Turquie, et laissons Bachar et Poutine batailler contre eux. Ils vont s'épuiser mutuellement, et nous serons là pour récupérer leurs dépouilles et leurs puits de pétrole et de gaz.


4 Rétablir la torture


Employer de nouveau la torture contre les terroristes et massacrer leurs familles. Donald Trump veut non seulement réintroduire le “waterboarding” dans les techniques d’interrogatoire mais, selon lui, “ce n’est pas assez dur”… Évidemment, il ne fermerait pas la prison de Guantanamo, qu’il ferait au contraire prospérer. Il oublie un peu vite que la torture a toujours continué aux USA, surtout contre les Arabes et les Musulmans, ou ceux qui leur ressemblent. Donc, rien de nouveau.


5 Haro sur l’islam


Interdire, pendant une période, l’entrée des musulmans sur le territoire américain. Cette mesure anticonstitutionnelle concernerait même les touristes. Il ne dit pas si elle s’appliquerait aussi aux riches Saoudiens…qui ont déposé plus de mille milliards de dollars chez leurs maîtres étasuniens. Sans parler de tous les autres chameliers du Golfe.


6 Passer des accords avec Poutine que “beaucoup de monde respecte”


7 Renégocier le traité d’alliance entre les États-Unis et ses deux principaux alliés en Asie, le Japon et la Corée du Sud


Selon Trump, Tokyo et Séoul ne participent pas assez au financement de la présence américaine sur leur sol. Là encore, c’est l’une de ses obsessions récurrentes, dont il parlait déjà au début des années 90.


8 Réduire aussi la présence militaire américaine en Europe


“Cela permettrait à notre pays d’économiser des millions de dollars”, assure Donald Trump, qui ne juge pas le Vieux Continent menacé par la Russie de Poutine.

Celui là est évidemment collector, je ne sais même pas quoi en dire. C’est d’ailleurs cette “idée dingue” qui a justifié la reprise de cet article…
M. Européiste  veut donc que les 500 millions d’Européens soient protégés par les 300 millions d’Américains contre la menaaaaaaace des 150 millions de Russes – et j’imagine, gratuitement ?

9 Faire éliminer Kim Jong-un par la Chine


Récemment le milliardaire a déclaré que Pékin devait “faire disparaître” le leader nord-coréen. Cette proposition radicale a le mérite de la franchise… En revanche, il propose d’augmenter fortement le déploiement américain dans le Pacifique en vue de contrer ce qu’il considère comme la vraie menace contre les États-Unis : la Chine.


10 Revenir sur tous les accords de libre échange


Depuis longtemps, Trump est un opposant farouche de la diplomatie commerciale multilatérale. En bon protectionniste, il veut dénoncer le traité dit Nafta (North American Free Trade Agreement) avec le Canada et le Mexique, et le tout récent TPP (Trans Pacific Parnership) avec certains pays d’Asie. Evidemment, s’il est élu, il stopperait les négociations en cours avec l’Union européenne.

Bref, en plus de son islamophobie, on comprend pourquoi le Front National se réjouit de son avance dans la course à la Maison Blanche…