lundi 2 mai 2022

La Géopolitique du Covid

Résumé : Nous expliquons d’abord comment les mesures - présentées comme des mesures de santé publique «contre le Covid» - appliquées autour de la planète doivent être considérées du point de vue de la géopolitique mondiale. Puis nous passons en revue les caractéristiques historiques récentes de cette géopolitique mondiale.
L’Empire est en guerre contre la Chine.

Pendant le temps de la guerre, les états doivent être totalitaires. Ils doivent empêcher toute résistance interne. Il doit y avoir une surveillance totale. C’est l’objectif qui a été poursuivi en diffusant le Covid.
On voit clairement que « Covid » fait partie de ces mesures de guerre et qu’il y a plusieurs branches à ces mesures de guerre : empêcher les mouvements, empêcher de traverser les frontières ou faire en sorte de limiter la fluidité des voyages internationaux, une surveillance totale, une preuve qu’on est fidèle au système – en d’autres mots, vous devez porter le masque, vous faire injecter, ne pas bouger de chez vous sauf autorisation, etc.

Jérémie Mercier : Prof. Denis Rancourt, en cette période de « crise Covid », le sujet géopolitique est rarement abordé. Comment cela se fait-il ? Pourquoi le sujet géopolitique de manière générale est-il quasiment absent des discussions ? 

Denis Rancourt : En quelques mots, j’avance l’interprétation que tous ces événements « Covid », ces mesures soi-disant sanitaires et principalement appliquées dans les pays de l’Ouest sont en réalité des mesures de guerre, parce qu’il y a une guerre géopolitique massive en cours. C’est une guerre économique, navale, et militaire contre la Chine, qui subit un blocage naval en ce moment, ce dont peu de gens parlent. Le Pentagone met des ressources énormes dans ce sens. En fait, c’est leur plus grand projet militaire en ce moment, et c’est une des raisons pour lesquelles le Pentagone ne peut pas investir beaucoup du côté de l’OTAN actuellement. Le Pentagone ne veut pas retirer de ressources et d’attention de son projet principal qui est de fermer la Chine et de contraindre ses échanges. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a une histoire géopolitique derrière tout ça. 

Jérémie Mercier : C’est une guerre entre qui et la Chine ?

Denis Rancourt : Entre les États-Unis, le monde globalisé, dirigé et complètement contrôlé par le système américain, l’Empire américain, ce qu’on appellerait le « deep state » : la CIA, l’intelligence militaire, l’empire qui gère le monde, qui gère l’Europe, qui contrôle l’Afrique, l’Amérique latine, la majorité de l’Asie et qui a contrôlé le monde d’une façon presque absolue depuis la deuxième guerre mondiale et a cherché depuis à toujours augmenter son influence. 

Je pense qu’il faut que j’ouvre une parenthèse sur la géopolitique depuis la fin de la deuxième guerre mondiale afin de vous faire comprendre ce qu’est la « crise Covid ». Déjà, il faut comprendre que la deuxième guerre mondiale change beaucoup de choses, parce que la Russie est le pays qui a détruit le nazisme. C’est aussi le pays qui a souffert les plus grandes pertes, mais il a réussi à repousser les nazis jusqu’au milieu de l’Europe. Ça a changé le monde ! Quant aux États-Unis, il s’agit de la seule puissance qui n’ait pas souffert de pertes énormes lors de la deuxième guerre mondiale, et qui a préservé tout son pouvoir économique. 

Les États-Unis émergent comme le pouvoir absolu sur la Terre suite à la deuxième guerre mondiale. Mais ils veulent s’assurer de garder cette position-là. Ils veulent s’assurer surtout de contenir la nouvelle Russie – l’URSS – qui a maintenant un grand territoire, qui a une puissance potentielle énorme et une puissance militaire qu’elle a aussi clairement démontrée. Pour contenir l’URSS, les États-Unis commencent un système économique qui s’appelle l’entente de Bretton Woods. Avant même que la deuxième guerre ne finisse, ils avaient déjà signé cette entente avec leurs alliés. Leurs alliés, c’était le Japon défait – qui est à présent sous le contrôle des États-Unis – ainsi que l’Europe de l’Ouest, l’Australie, le Canada, etc. Avec ces alliés-là et la majorité du monde « libre », ils font une entente économique : ils se mettent d’accord sur le fait que le dollar américain va être la devise internationale. Mais selon les termes de cette entente, cette devise dollar va être contrôlée dans un sens : elle va être attachée au métal précieux qu’est l’or. Dans le cadre des accords de Bretton Woods, l’Europe a vécu un grand développement rapide, grâce à cette entente économique qui régissait comment les pays échangeaient des ressources et faisaient leurs comptes entre eux. Cela a permis un développement extraordinaire pour tous les pays qui faisaient partie de cette entente, comme le Japon et l’Europe. 

Jérémie Mercier : L’Europe de l’Ouest pour être précis. Celle qui était sous contrôle américain. 

Denis Rancourt : Oui. Ce sont eux qui ont le plus profité de cette entente car ils étaient à l’abri du fait que le dollar américain était la devise internationale. Ce développement a été très rapide, très structuré. Il a permis la reconstruction de l’Europe. Ça a été une période de croissance économique, et aussi en même temps de liberté personnelle. Parce qu’après la guerre, les gens voulaient la démocratie, la liberté d’expression, etc. Les Américains ont vu tous ces développements, mais ils ont vite réalisé que les alliés risquaient de dépasser les États-Unis ou risquaient de devenir des concurrents trop sérieux. Ils ont alors unilatéralement suspendu l’accord de Bretton Woods en 1971. Ça a été un choc, car d’un coup ils détachaient le dollar américain de l’or qui devait être en banque. De cette façon, ils n’avaient plus de limite au nombre de dollars qu’ils pouvaient imprimer. Comme les États-Unis avaient le contrôle absolu sur la création de la devise internationale qu’était le dollar, ils ne pouvaient jamais être en défaut. Ils pouvaient toujours payer leurs dettes en imprimant plus de dollars. Cela leur a donné un pouvoir énorme et disproportionné. 

Les États-Unis ont ainsi imposé que le dollar américain décorrélé de l’or soit la devise internationale, grâce au soutien de leur puissance militaire qu’ils pouvaient financer sans limite en imprimant des dollars. Alors, quand un pays menaçait ou risquait de faire des échanges avec une devise nationale plutôt que le dollar américain, ils pouvaient les intimider militairement et pouvaient projeter leur pouvoir militaire avec notamment des porte-avions. Très puissants, ils ont maintenu cette puissance jusqu’à aujourd’hui avec ce qu’était rapidement devenu le pétrodollar. Cette expression vient du fait que tous les producteurs de pétrole étaient obligés de vendre leurs produits en dollars américains, et donc tous les pays devaient passer par ces dollars américains. Les États-Unis contrôlant cette ressource pétrole sur leur territoire ainsi qu’au Moyen-Orient ont fait en sorte que sa valeur soit artificiellement élevée, ce qui assurait du point de vue économique que le dollar américain reste la devise internationale, forte, en plus d’être imposée avec leur force militaire. Alors, quand l’Irak a suggéré qu’il voulait vendre son pétrole en euros plutôt qu’en dollars américains, les États-Unis et ses alliés ont anéanti l’Irak lors de la 2ème guerre du Golfe. 

Même chose plus tard pour la Libye qui voulait une monnaie africaine. Elle voulait se détacher un peu du dollar américain. On a mis fin à ça. Je ne dis pas que c’est la seule raison de ces guerres, mais c’est certainement un facteur à prendre en considération.

 

Happy 3d man leaping and a money rain with dollar banknotes. Isolated on white backgorund

Pour récapituler, les États-Unis ont eu la possibilité de financer tout ce qu’ils voulaient sans limite avec leurs dollars, et avaient un pouvoir militaire qui pouvait assurer que cette devise garde son statut de devise internationale. 

Suite au retrait de Bretton Woods en 1971, il y a eu une accélération de ce qu’on appelle la globalisation, phénomène par lequel les États-Unis ont pris encore plus de pouvoir, en achetant de plus en plus d’entreprises internationales, ce qui a encore plus augmenté leur influence parce que maintenant, ils avaient ce dollar américain qu’ils pouvaient imprimer sans limite. 

Le deuxième point tournant de l’accélération de la globalisation, ça a été la dissolution de l’Union Soviétique en 1991-1992. Ça a été une brisure dans la courbe, et la globalisation s’est encore accélérée à partir de cette période. À ce moment, les États-Unis ont décidé qu’ils n’avaient plus d’opposants réels, organisés, cohérents, qui pouvaient vraiment faire face à l’Empire. Et donc, ils y sont allés à fond. Ils ont renégocié des ententes de libre-échange avec le Canada et le Mexique par exemple. Ils se sont imposés en Europe et ils ont acheté les grandes entreprises européennes, de même qu’à l’échelle du monde. On voit tous ces indicateurs économiques accélérer énormément à partir de 1991. Ils se sont vraiment installés comme les leaders plus qu’absolus du monde parce qu’il n’y avait plus l’URSS à ce moment-là. 

C’est ça la géopolitique. On doit suivre l’Histoire avec ces grands indicateurs, une vision géopolitique mondiale, réelle, et qui n’a pas disparu comme ça parce qu’on n’en parle plus. Elle est toujours là, cette géopolitique. La géopolitique, c’est l’engrenage principal au plus haut niveau, qui gère tout à l’échelle des activités humaines sur la planète. C’est ça qu’il faut comprendre ! 

Jérémie Mercier : Il n’y a pas si longtemps que ça, on nous prédisait la « fin de l’histoire » [référence à « The end of history » Francis Fukuyama]. Qu’en pensez-vous ? 

Denis Rancourt : Oui, ça faisait partie de la propagande qui aide justement à prendre plus encore plus le pouvoir et contrôler encore plus qui est autorisé à investir en Afrique, ou ailleurs. Les États-Unis ont depuis cette chute de l’URSS cherché à augmenter le positionnement de l’OTAN en Europe, à repousser encore plus leur sphère d’influence et à intimider militairement la Russie. Les États-Unis sont décidés à détruire ce noyau de résistance sophistiqué, technologique, bien organisé, avec beaucoup d’expérience militaire et diplomatique qu’est la Russie. Ils veulent complètement l’anéantir et l’OTAN est utilisé pour cela notamment.

Et en même temps à partir de 1991, les États-Unis ont changé leur politique vis-à-vis de la Chine. À l’époque, ils se sont dit : « on est maintenant les maîtres absolus du monde ; la Chine n’a plus l’URSS comme alliée, ne peut pas se fier à l’URSS si jamais il y avait des grosses pressions ; on peut donc maintenant se permettre de prendre la Chine ». Leur plan pour prendre la Chine, c’était d’y investir massivement avec leur capital – les dollars américains qu’ils impriment – et d’installer une coopération économique, des entreprises américaines contrôlées par les Américains mais qui opèrent en Chine, et ainsi créer une classe riche dans ce pays. Une classe riche qui va adopter l’idéologie américaine et qui va menacer la Chine de l’intérieur. C’est la méthode habituelle de contrôle d’un pays, par l’investissement, le capital, la création de classes riches en interne qui menacent les classes dirigeantes. C’est ainsi qu’ils ont pris le pouvoir dans les pays d’Amérique latine, en Afrique, partout. C’est avec le capital, associé à une agressivité militaire et paramilitaire extrême.

Le problème, c’est que ça n’a pas marché avec la Chine. Ça a duré des décennies, mais ça n’a pas marché, parce que le gouvernement communiste est trop bien organisé. La CIA ne pouvait pas pénétrer aussi profondément qu’elle l’aurait aimé, et comme elle l’avait fait dans d’autres pays moins organisés. Donc, la Chine s’est développée et son accélération économique et technologique a eu lieu, tout en restant sous le contrôle du parti communiste chinois. Et là, les États-Unis ont compris que finalement, ce qu’ils avaient essayé de faire pour capturer la Chine, a servi la Chine plutôt que cela ne l’a déstabilisée. Quand ils ont compris cela, à l’époque de Trump ils se sont dits « c’est quand même nous qui contrôlons tous les instruments financiers à l’échelle mondiale ; on va donc imposer à la Chine un nouveau contrat d’échange qui va être extrêmement à son désavantage, de sorte à diminuer sa capacité à profiter de ces investissements et pour que nous en profitions nous ». Ainsi, Trump a essayé de négocier une nouvelle entente d’échange avec la Chine à l’échelle mondiale. Mais ça a échoué. La Chine a refusé. À cause de cet échec et de ce désir toujours présent d’écraser la Chine, comprenant que ça l’avantageait trop, ils ont décidé d’isoler économiquement et militairement la Chine. Ils ont investi massivement pour faire un blocage naval autour de la Chine et contrôler les eaux par lesquelles on transporte les biens pour le monde entier. C’est le projet actuel dans lequel on est, un projet prévu de longue date. 

Jérémie Mercier : C’est depuis quand qu’il y a ce contrôle naval, cet investissement des mers autour de la Chine par les Américains ? Ça date de quand ? 

Denis Rancourt : Ça date de… l’accélération de ça était en même temps quand Trump a essayé de négocier cette entente.

Ces pressions navales ont été mises en même temps que les négociations pour une entente. Elles ont accéléré depuis, et elles continuent. C’est le grand projet militaire du moment. C’est le projet principal. 

Il y a eu par le passé le projet de contrôler le Moyen-Orient, d’y faire des guerres et de détruire l’Iran, de même que la Syrie. Les États-Unis ont financé les djihadistes en Syrie pour la détruire de l’intérieur. Ils ont tout fait pour tuer la Syrie. La Russie, à ce moment-là, était assez forte pour pouvoir résister militairement et avait même le prétexte parfait pour se défendre militairement. Le prétexte des russes, c’était : « on va détruire les djihadistes ». Ils ont utilisé la propagande américaine contre elle ! Alors que les Américains utilisaient le prétexte d’une guerre pour détruire les djihadistes au Moyen-Orient, la Russie a dit : « ben oui, c’est ce qu’on veut faire », et ils ont anéanti les djihadistes qui étaient financés par les États-Unis. Ils ont par la même occasion protégé leur accès à la mer Méditerranée et ils ont stabilisé la Syrie militairement. C’était la première fois depuis la deuxième guerre mondiale que la Russie s’imposait vraiment militairement face à l’Empire, avec un succès sans ambiguïté. 

On sentait déjà le début d’un basculement, le début d’un monde nouveau. Ce n’était pas encore complètement gagné, car les Américains n’ont pas abandonné. Ils ont continué à attaquer constamment la Syrie, mais c’était quand même une victoire importante pour la Russie. Actuellement, l’Empire regarde le monde et voit que la Chine est très puissante et a le potentiel de dépasser l’Amérique. Et du point de vue économique et technologique, elle a aussi une forte influence et des liens de coopérations forts avec des pays en Afrique, en Asie, un peu partout. Et donc les États-Unis veulent écraser la Chine ou ralentir son développement. Leur vrai désir, c’est d’écraser tous leurs concurrents géopolitiques, donc principalement la Chine aujourd’hui. 

Pour récapituler : projet numéro un pour l’Amérique en ce moment, c’est la Chine. Et c’est pour ça qu’on a beaucoup de propagande anti-Chine actuellement. Une propagande très avancée et très intelligente. Mais la Chine résiste et elle développe même des armements spécialisés pour se battre contre une occupation navale. La Chine continue son développement économique dans le cadre de cette « guerre » entre elle et les États-Unis. Une guerre qui pourrait passer par un conflit « chaud » avec la question de Taïwan. Et c’est dans le contexte de vouloir accélérer cette guerre que je crois que « Covid » a été instauré, surtout dans le monde de l’Ouest. « Covid » a servi à contrôler les populations domestiques des pays occidentaux. En d’autres mots, « Covid » sert de prétexte pour la mise en place de mesures de guerre. On entre en guerre. On change complètement la structure des échanges économiques sur la planète. Les Américains sont en train, à une échelle massive, de retirer leurs investissements de la Chine et de les mettre dans des pays asiatiques alliés à l’Empire. Tout ça est en train de se passer et ça dérange énormément une économie mondiale qui était bien intégrée et bien installée. Mécaniquement, ça cause de l’inflation, une très grande inflation. Ça cause un désordre économique qui va créer beaucoup de raisons d’avoir une inflation. Et ça crée des difficultés internes qu’on rencontre quand on va en guerre. Il faut contrôler les populations domestiques pour pas qu’elles puissent être un frein dans cette guerre. Parce que toutes les grandes nations qui vont en guerre, pendant le temps de la guerre, doivent être totalitaires. Elles doivent empêcher toute résistance interne. Elles doivent empêcher toute contre-propagande. Elles doivent censurer. Elles doivent contrôler les mouvements. Elles doivent savoir qui est où et quand. Il doit y avoir une surveillance totale. Ça, ce sont des mesures de guerre, des conditions d’un système qui est nécessairement totalitaire quand on va en guerre. Et donc l’Empire est en guerre.

Jérémie Mercier : Donc, ça veut dire que quand Macron a dit en mars 2022, « nous sommes en guerre » 6 fois lors de son discours annonçant le premier confinement le lendemain, il disait vrai ! C’était une des rares fois où il ne mentait pas. Il affirmait finalement, aux yeux des Français et du monde que la France s’alliait de manière forte aux États-Unis pour défendre leur guerre contre la Chine en imposant un nouveau système totalitaire dans lequel serait englué le peuple français. C’est bien ça ? 

Denis Rancourt : Absolument. C’est comme ça qu’il fallait interpréter les mots de Macron. C’est l’interprétation qu’il faut donner à ce discours, que l’on peut avoir en portant les lunettes géopolitiques. Tout le monde occidental est désormais obligé de suivre l’Empire en imposant des mesures de guerre. Un pays de l’Ouest peut aujourd’hui difficilement décider que la vaccination ne sera pas obligatoire ou qu’il n’y aura pas de « pass sanitaire », pas de surveillance généralisée, pas de nouvelle loi pour censurer l’internet et ce que les gens y disent, pas de contrôle des financements des mouvements de résistance, pas d’écrasement de tous les politiques soi-disant populistes qui pourraient menacer cet empire de l’intérieur. 

En fait, la plus grande menace interne face à ces gouvernements néolibéraux qui poursuivent le globalisme et qui soutiennent l’Empire, ce sont les politiques soi-disant populistes, en d’autres mots des politiciens qui veulent représenter les intérêts du peuple : leurs intérêts économiques, leurs libertés, etc., et notamment les petites et moyennes entreprises et tous ces mouvements qui, dans une société forte et croissante, sont la meilleure façon de structurer une économie et d’assurer sa stabilité. Ils ne veulent pas permettre cela. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau a carrément dit lors d’un discours récent au Parlement Européen que les politiciens populistes étaient une menace pour la démocratie, ce qui représente la position en termes de politique étrangère du gouvernement canadien sur ce sujet. Il avait déjà annoncé au Canada cette guerre contre les politiciens « populistes » et entre temps, un politicien élu de l’Ontario, la plus grande province au Canada, a été mis en détention. On est allé le chercher parce qu’il avait soutenu les camionneurs au Canada. Et on l’a inculpé de charges criminelles parce qu’il a dit qu’il fallait continuer à s’opposer avec ce « convoi de la liberté ». 

Jérémie Mercier : Qui c’était ? Randy Hillier ? C’est ça ?

Denis Rancourt : Randy Hillier, exactement. Ainsi, on voit clairement que « Covid » fait partie de ces mesures de guerre et qu’il y a plusieurs branches à ces mesures de guerre : empêcher les mouvements, empêcher de traverser les frontières ou faire en sorte de limiter la fluidité des voyages internationaux, une surveillance totale, une preuve qu’on est fidèle au système – en d’autres mots, vous devez porter le masque, vous faire injecter, etc. Il faut démontrer notre soumission à ce système, démontrer qu’on n’est pas des résistants, qu’on ne risque pas de menacer le système pendant cette guerre géopolitique et géoéconomique. C’est la façon de comprendre « Covid », je crois. On ne peut pas facilement comprendre « Covid » si on est aveugle à l’aspect géopolitique et au fait que cette guerre est maintenant initiée et qu’il va y avoir de nombreux épisodes d’inflation et de batailles entre des groupes ayant des intérêts divergents, que de nombreux échanges et contrats vont être brisés, que plein de choses vont arriver et vont être très nuisibles surtout aux classes ouvrières. Les travailleurs et les petites entreprises vont beaucoup, beaucoup souffrir. L’élite est utilisée comme système d’organisation économique dans l’Empire et on leur a donné la permission de prendre possession de beaucoup de choses (achat massif de foncier, accroissement de position dominante d’entreprises jusqu’à obtenir des situations de monopoles, etc.). C’est la direction qu’on prend et « Covid », c’est juste ça. Ce sont des mesures de guerre avec un faux prétexte de santé publique. 

Jérémie Mercier : Et comment peut-on expliquer qu’il y ait ces mesures de guerre à peu près similaires, au moins dans certaines régions ou certaines villes de Chine, du coup ? Parce qu’à Shanghai, en ce moment, ils bloquent une moitié de la ville pendant quelques jours, ils font des tests partout. Et ensuite ils vont faire la même chose dans l’autre moitié de la ville. C’est incroyable ! Pourquoi ils font ça aussi en Chine ?

Denis Rancourt : Quand il y a une guerre, les deux grands ennemis dans la guerre doivent appliquer des mesures de guerre. Ils doivent se stabiliser, ils doivent enlever les menaces internes, ils doivent avoir un contrôle sur l’information, sur les mouvements, etc. La Chine prend donc des décisions stratégiques en interne. Et elle veut d’abord ne pas nuire à son économie parce qu’elle veut garder ce moteur économique qui est sa production. L’Empire peut imposer un arrêt total ou presque de l’économie parce que l’Empire imprime le dollar américain, qui est la devise internationale. Mais la Chine ne peut pas se permettre de faire ça, et elle ne veut pas le faire car elle veut maintenir l’intensité de son économie. Elle a des contrats et des échanges avec ses alliés par exemple. Donc, elle choisit stratégiquement comment et où appliquer ces mesures de guerre. Et elle a le prétexte parfait, le faux prétexte parfait. Elle ne peut pas être critiquée par le système de propagande massif et global quand elle prend ces mesures avec faux prétexte sanitaire. C’est un peu la même stratégie qu’avait utilisée la Russie en Syrie. Il y avait une propagande acceptée globalement, et donc la Russie a dit : « vous voulez tuer les djihadistes ? Nous aussi on veut tuer les djihadistes, on va le faire ». Aujourd’hui, la Chine, dit « Ah, il y a le Covid ? Nous aussi, on a le Covid. On va appliquer ces mesures quand on veut, à notre façon, quand on juge cela nécessaire ». Alors, à savoir pourquoi les cibles particulières en Chine, ça peut être pour toutes sortes de raisons. Ça peut être des endroits qui ont trop d’influence car il s’y trouve beaucoup de collaborateurs de l’Empire, des personnes richissimes, des milieux professionnels qui ont été trop influencés par l’idéologie américaine, etc. Ça peut être toutes sortes de choses. Ça peut être aussi des batailles de politique interne où le parti communiste central est menacé par quelque chose de plus régional. Pourquoi la Russie et la Chine se priveraient de pouvoir appliquer des mesures de guerre si elles en ont besoin, si elles risquent d’être en guerre ? Il faut garder en tête que l’Empire est le maître de la propagande. Et la propagande globalisée, c’est très, très puissant. Ça peut affoler les gens à un point qu’ils sont prêts à aller en guerre ! On ne peut pas négliger ou faire comme si la propagande n’était pas importante. Même les grandes puissances comme la Chine et la Russie doivent faire attention à cette propagande, doivent essayer de la neutraliser, ou l’utiliser à leur avantage. Mais c’est l’Empire qui contrôle tous les grands médias de diffusion. L’écran de propagande mondiale est créé et contrôlé par l’Empire. C’est une de leurs forces. Par conséquent, les autres nations qui voudraient émerger doivent essayer de se battre avec ça, avec cette réalité-là. 

Jérémie Mercier : J’ai envie de comprendre pourquoi, du coup, cette histoire bidon « Covid » vient de Chine. Dans la propagande, c’est Wuhan. C’est le virus de Wuhan ! Et les premières mesures dites sanitaires ont commencé à Wuhan en plus. Comment peut-on expliquer ça ? Moi j’ai du mal à comprendre. 

Denis Rancourt : Il faudrait regarder l’historique exact de ces évènements. Il faut déjà savoir qu’il y a une tradition de mettre les épidémies sur le dos de la Chine. Ça fait partie de la propagande de l’Empire et c’est très puissant. Cette propagande a contribué à créer cette image de la Chine, un ennemi dangereux. Si vous regardez l’historique des événements, vous avez des médecins et des chercheurs chinois qui ont été formés au cœur de l’Empire – aux États-Unis – et qui ont été imprégnés de cette idéologie du professionnel qui veut découvrir un nouveau virus et qui va construire sa carrière autour de ça. Et en plus, ces professionnels reçoivent des financements, des subventions directement de l’Empire. Immédiatement après le début de la propagande « Covid », le gouvernement chinois est allé sur place leur dire : « vous allez arrêter ça ». Ils ont même mis fin à certaines carrières. Ils ont cherché à atténuer tout ça. Mais le début de la crise « Covid » était déjà lancé par la propagande. La propagande, ça inclut les journaux scientifiques. Rapidement, un article scientifique dans un journal très influent est sorti pour dire : « voilà, il y a un autre virus qui vient de Chine ; la Chine est irresponsable parce qu’elle laisse se propager ce virus ; c’est déjà trop tard, mais la Chine devrait mettre en place un confinement rapide et sévère, fermer tous les vols, en gros tout fermer ». Tout ça, c’était une propagande très puissante dans un journal scientifique, où finalement tout l’establishment scientifique pointe du doigt l’origine d’un nouveau « virus » comme étant la Chine. Alors la Chine a répondu de deux façons. Elle a mis en place un confinement immédiat. Elle a montré qu’elle pouvait construire des hôpitaux en une nuit. Elle a montré qu’elle prenait ça au sérieux. Elle a fait sa propagande à elle, et c’était une propagande d’action forte notamment avec ces confinements inédits. En même temps, elle est allée sur place dans les labos à Wuhan mettre fin aux carrières de certains chercheurs qui font n’importe quoi parce qu’ils suivent le modèle américain, en cherchant à développer leur carrière en découvrant de soi-disant nouveaux virus, etc. Les autorités chinoises sont allées leur parler directement et c’est comme ça qu’elles ont atténué cette bulle de propagande. Alors l’histoire est devenue : « wow, la Chine en fait plus que ce qu’on pourrait faire ! Regardez, ils construisent des hôpitaux en une semaine, ils confinent… On devrait faire la même chose ». Tout ça a ensuite donné une raison d’être au même type de mesures de guerre dans l’Ouest ! Il y a eu cette interaction qui n’était pas voulue, je pense, mais qui a contribué à légitimer des mesures de guerre similaire dans l’Ouest. Moi, je ne vois pas une coordination là-dedans. Je ne vois pas des dirigeants du monde qui disent quoi faire à la Chine et au reste du monde. Non ! Je vois une géopolitique, je vois l’impact réel de la propagande, je vois la réalité des mouvements économiques et comment chaque grande nation s’ajuste à ça avec ses besoins tout en voulant protéger sa souveraineté et ses intérêts économiques. Voilà ce que je vois. 

Jérémie Mercier : Est-ce qu’on peut dire un mot sur ce que certains appellent le «  nouvel ordre mondial », sur Klaus Schwab, le Forum Économique Mondial de Davos, etc. ? C’est quoi leur place d’un point de vue géopolitique ?

Denis Rancourt : Ma réponse, c’est que ça fait partie de la propagande. Il n’y a pas de nouveauté au niveau de cette élite richissime, contrôlée par l’Empire, qui occupe, organise et exploite le monde à l’échelle des continents. Il n’y a rien de nouveau là-dedans car il n’y a aucun milliardaire qui puisse exister sans la permission de la CIA, sans être contrôlé, vu et connu dans tous les détails par la CIA. Ce n’est pas possible. L’Empire a un contrôle absolu sur l’élite. Cette élite richissime joue son rôle au sein de l’Empire et est parfois utilisée comme bouc émissaire quand il le faut. Un des rôles de ces personnes ultra-riches, c’est de permettre une exploitation très féroce à l’échelle des continents et des nations, sans qu’il y ait un contrôle par la constitution américaine sur cette exploitation. Comme ça concerne des entreprises privées à l’international, ça sort des compétences des juridictions purement américaines. Si l’Empire voulait directement faire une exploitation aussi agressive, ils auraient à répondre de leurs actions au niveau du Sénat, il y aurait une surveillance différente par les élus. Il faut comprendre que les personnalités ultra-riches sont construites de toutes pièces. On leur donne la possibilité d’avoir des brevets pour ensuite contrôler les systèmes, que ce soit informatiques ou autres, comme les médicaments… C’est l’Empire qui contrôle la propriété intellectuelle. C’est l’Empire qui donne la puissance militaire pour imposer que ces brevets soient protégés. C’est l’Empire qui crée les milliardaires et donc ces milliardaires doivent jouer leur rôle au sein de cet empire. Alors, le World Economic Forum et ce qu’ils racontent, c’est essentiellement de la propagande qui nous est donnée de toutes pièces. Parce que si c’était vrai, on ne le dirait pas ouvertement comme ça. C’est trop grossier. Alors c’est de toute évidence pour donner l’impression qu’il existe des personnes très riches, influentes, qui dirigent le monde, etc. Alors qu’en réalité, le plus grand joueur, c’est le deep state, la CIA, l’intelligence militaire de l’Empire, qui peut détruire quiconque, quand ils veulent, y compris des nations entières. C’est ça le vrai monde.

Jérémie Mercier : Compte tenu de cette vision géopolitique de ce qui se passe actuellement, en tout cas avec « Covid », qu’est-ce qu’on peut imaginer que pourrait être la suite ? Parce que là, ils ont un peu abandonné ou disons, mis de côté le récit « Covid ». Est-ce qu’il va revenir, est-ce qu’il y a autre chose ? Il y a l’Ukraine maintenant. Qu’est-ce qu’on peut attendre de la suite ?

Denis Rancourt : Ils ont démontré que le récit « Covid », c’est-à-dire le faux prétexte sanitaire, est très utile, très efficace, et qu’ils peuvent le mettre en marche quand ils le veulent. Il faut faire attention parce qu’il pourrait y avoir des mouvements de résistance. Il y a toujours des rebelles comme les camionneurs et il y a un vrai potentiel de ce genre de refus. Il ne faut pas aller trop loin. On ne peut par exemple pas imposer des masques qui empêcheraient vraiment de respirer, qui feraient que les gens tombent comme des mouches, soient malades ou affaiblis. Il y a une limite. Si les vaccins sont trop mortels, c’est une autre limite. Mais le système a démontré sa capacité à utiliser ce récit « Covid » à l’échelle du monde qu’il contrôle et il le garde en réserve. Mais il faut dire que les mesures de censure, de surveillance et de contrôle des mouvements n’ont pas disparu et ne vont pas disparaître. On va peut-être momentanément arrêter d’imposer le masque, arrêter d’imposer temporairement et localement la vaccination pour tous les employés dans le monde qu’on contrôle. Mais les mesures qui ont été mises en place risquent d’être renforcées à l’avenir. Il y a des projets de loi qui vont dans ce sens-là. On a réussi à pénétrer à un point où maintenant, on peut de façon structurelle entériner ces mesures de guerre. L’échelle géopolitique est mondiale d’un point de vue géographique, et longue d’un point de vue temporel. Pour moi, il faut s’attendre à ce que ces mesures de guerre et que cette guerre durent au moins une décennie. En effet, ils ont commencé un projet pour déstabiliser et écraser la Chine, un projet qui va peut-être impliquer des guerres chaudes. C’est pourquoi il faut penser en termes d’une décennie ou plus. On risque d’entrer vraiment dans une période de guerre et une période plus totalitaire maintenant. 

On a eu la liberté d’après la deuxième guerre mondiale. On a eu cette grande croissance économique de Bretton Woods jusque 1971. On a ensuite vu l’Empire retirer la démocratie et la liberté à partir de ce moment-là. C’est intéressant parce qu’en 1991, au moment où il y a eu la dissolution de l’union soviétique, l’Empire a créé une nouvelle idéologie pour le monde de l’Ouest. Ils ont organisé des conférences internationales au moment de l’implosion de l’union soviétique, puis ont mis en place de toutes pièces l’idéologie de l’environnementalisme, c’est-à-dire surtout l’idée d’un réchauffement planétaire et son lien avec le CO2 lié aux activités humaines. Ils ont aussi mis en place l’ « antiracisme », mais un antiracisme du langage, institutionnalisé, pas un véritable antiracisme qui aurait consisté à ne pas exploiter les pays africains. On a créé une nouvelle idéologie pour le monde de l’Ouest dans ce nouvel Empire renforcé et plus globalisé qu’avant, qui repose sur des propos détachés et stériles. On doit désormais s’inquiéter d’un réchauffement planétaire et du CO2. On doit aussi rentrer dans un antiracisme du langage qui contrôle ce qu’on a le droit de dire. Et on doit aussi rentrer dans l’anti-discrimination absolue par rapport au sexe et par rapport au désir de changer de sexe. On amène tous ces sujets à l’extrême et ça devient des idéologies. On veut que les citoyens ne soient plus préoccupés que par ces trois thèmes et qu’ils ne soient pas en capacité de voir les changements économiques réels ni les injustices économiques structurelles. Comme par exemple cette division entre les travailleurs avec des petits revenus et la classe professionnelle très bien payée parce qu’elle gère l’Empire. 

En plus d’enlever le pouvoir économique aux travailleurs, on détruit les petites entreprises parce qu’on ne veut pas qu’il y ait un pouvoir politique qui puisse être proche des individus touchés par les conséquences du comportement de l’Empire. Le mouvement des gilets jaunes, le Brexit et même le mouvement politique Trump étaient tous des signes de ces classes dans la société qui voulaient avoir un pouvoir politique. On veut détruire ça, on veut que la classe professionnelle soit aveugle à ces grands changements de société et aux grands événements géopolitiques. Pour cela, on leur donne une idéologie qui est celle de « il faut absolument empêcher le réchauffement planétaire, il faut absolument s’inquiéter du CO2 », etc. 

Jérémie Mercier : C’est du divertissement, d’une certaine manière, c’est ça ?

Denis Rancourt : C’est une religion d’État, c’est une idéologie d’État, c’est une façon d’attacher l’identité personnelle et ce qui est important pour la personne à quelque chose d’idéologique qu’on peut contrôler à travers la propagande. Plutôt que de leur permettre de voir le monde tel qu’il est, les injustices et les tensions que ça génère et qui déstabilisent la société pendant qu’on les crée. 

Jérémie Mercier : Merci pour ces précisions ! Maintenant, est-ce qu’il y a un lien entre ces crises actuelles et des projets transhumanistes promus par certaines personnes ?

Denis Rancourt : Il y a toute une industrie « d’intellectuels » qui vont proposer toutes sortes de choses comme ça. Et c’est le même type de propositions que ferait le World Economic Forum. On détache les gens de la réalité économique et de la réalité de leurs vies, de leurs familles, de leurs enfants, des conditions de la société. On les détache de ça et on leur offre une idéologie complètement irréelle parce que ça les dépolitise. Ils deviennent apolitiques. C’est très commun de faire ça. Un exemple de discipline qui fait ça constamment et que je connais bien parce que je suis physicien, c’est la cosmologie. À partir de l’étude de l’origine de l’univers, on va développer de grandes théories sur papier, sur la nature-même de l’origine de l’univers. C’est loin, l’origine de l’univers ! Il y a plein de gens qui sont occupés à théoriser sur l’origine de l’univers. Ça leur permet d’avoir des pensées plus en termes de leur place sur Terre, de qui ils sont comme personnes. Grâce à ce débouché spirituel, ils n’ont pas besoin de se préoccuper de leur rôle en tant que professionnels qu’ils sont à gérer l’Empire et donc à commettre des crimes à l’échelle de nations entières. Ils n’ont pas besoin de s’intéresser à comment la société est en train d’être dégradée ni besoin d’apprendre la sociologie qui leur permettrait de voir cela. Ils n’ont besoin de se préoccuper de rien de cela parce qu’ils peuvent se préoccuper juste de la finalité de leur propre corps. Je ne dis pas que ces pensées-là et que la spiritualité ne sont pas importantes. Ça a sa place. Mais on ne peut pas encourager que ça déplace notre rôle dans le vrai monde.

Jérémie Mercier : Et qu’est-ce qu’on peut attendre des prochains mois ou des prochaines années compte tenu de cette vision géopolitique des événements actuels ? 

Denis Rancourt : C’est difficile… Là, vous me demandez de prédire l’avenir. Il va y avoir cette guerre géopolitique qui va continuer pendant une bonne décennie, minimum. Et il faut voir dans quel sens ça va aller. Est-ce que la Chine va bien se défendre ? Est-ce qu’elle va survivre ? Est-ce qu’on va réussir à avoir des échanges à l’échelle de l’Eurasie en devises autres que le dollar américain ? Est-ce que la Russie va gagner, va arriver à ses fins militaires et politiques en Ukraine ? Est-ce que… Toutes ces questions-là sont très importantes et vont déterminer l’évolution de cet affrontement géopolitique. Ce qui se passe en Ukraine est extrêmement important et c’est la deuxième fois que la Russie dit « non, là c’est trop, et on intervient militairement ». 

Et cette intervention en Ukraine est faite d’une façon très sophistiquée. Il y a des buts clairs qui ont été annoncés et on voit que la Russie est en train d’avoir un grand succès, à l’opposé de la propagande qu’on veut nous faire croire. La Russie est arrivée à un point où l’Ukraine d’elle-même a dit « D’accord, on va être un pays neutre, il n’y aura pas de bases militaires, il n’y aura pas l’OTAN, il n’y aura rien de cela. Donc, est-ce qu’on peut négocier, est-ce qu’on peut arrêter cette guerre-là ? » Ils ont dit ça récemment dans des pourparlers qui ont eu lieu en Turquie. L’Ukraine a dit ça juste avant que la Russie ne réussisse à complètement neutraliser les bataillons militaires nazis qui entourent le Donbass, au sud-est de l’Ukraine. La Russie a annoncé pourquoi elle voulait intervenir militairement, elle a annoncé ses buts et elle est en train de les accomplir de façon très systématique. L’armée russe a détruit plus de 1000 dépôts d’armement en Ukraine et ils sont en train de démilitariser l’Ukraine complètement, comme ils avaient annoncé. Ils sont en train de protéger et d’établir le Donbass comme un territoire indépendant, comme ils avaient annoncé qu’ils le voulaient. On voit donc un vrai succès de l’intervention militaire, qui a été bien planifiée, et où l’Empire n’ose pas intervenir parce que la Russie a mis les points sur les i et a dit « vous n’intervenez pas au risque d’une guerre nucléaire ». Ils ont dit ça de façon très sérieuse ! C’est donc la deuxième fois que la Russie s’impose pour protéger ses intérêts et son territoire, pour repousser l’Empire et l’OTAN. Ces événements sont déterminants pour la suite de l’évolution géopolitique. 

L’élément qui va le plus affecter nos libertés dans l’Ouest, ce sont ces événements géopolitiques-là. Si on veut plus de liberté, une stabilité dans le monde, un équilibre entre les puissances, alors on veut que cette guerre soit finie et qu’il y ait des échanges économiques entre les parties. Dès que le but devient le développement économique, il faut permettre plus de libertés. Il faut des petites et moyennes entreprises parce que le développement économique est beaucoup plus efficace avec ce modèle d’une hiérarchie des structures économiques. C’est beaucoup plus puissant que le totalitarisme. Dès qu’il y a plus de stabilité dans le monde, on retrouve la « démocratie ». Et donc, moi, mon désir, ça serait que la Chine et l’Eurasie gardent leur souveraineté et réussissent à se développer économiquement et aient des échanges qui soient mutuellement bénéfiques avec leurs partenaires, que ce soit en Afrique ou n’importe où, et que l’Empire américain prenne sa place dans le sens qu’ils arrêtent de vouloir gérer le monde entier par la force. Ça serait mon désir. 

Jérémie Mercier : Qui sait, peut-être que ça arrivera… En tout cas, ça serait la solution qui permettrait de sortir de ce totalitarisme. 

Denis Rancourt : C’est la seule solution à l’échelle historique et quand on regarde la géopolitique qui donne lieu à la démocratie, la liberté, etc., c’est quand il y a un besoin de développement économique comme il y avait après la deuxième guerre mondiale avec Bretton Woods. Quand il y a ce besoin et un désir de développement économique rapide et efficace, ça implique une nécessité de liberté. Il faut qu’il y ait de la motivation à l’échelle de toutes les unités : petites, moyennes, et grandes entreprises. On ne peut pas juste tout donner au plus fort et avoir un système corporatif totalitaire, parce qu’un système comme ça va toujours s’effondrer. Il n’est pas stabilisé parce qu’il exploite trop tout le monde. En fait, la démocratie et la liberté suivent toujours intimement ce qui se passe à l’échelle géopolitique. 

Jérémie Mercier : Merci beaucoup Denis pour ces explications sur la géopolitique et une meilleure compréhension du pourquoi on vit ces restrictions présentées comme sanitaires à l’heure actuelle. Ce n’est pas pour des histoires de virus, mais bien parce qu’il y a une guerre économique entre l’Amérique et tous ses vassaux, et la Chine qui est alliée à la Russie.

Ce sujet est très important, parce que beaucoup de gens n’arrivent pas à prendre ce recul et à voir le vrai contexte géopolitique qui permet d’expliquer tout ça. Merci beaucoup, Denis. À bientôt !

Denis Rancourt : Merci Jérémie et à bientôt !


NOTES

1 https://denisrancourt.ca/
2 https://www.jeremie-mercier.com/
3 “Events Like These Only Happen Once Every Century (Sergey Glazyev)”, The Saker, 3 April 2022,
https://archive.ph/BlB8v

4 Rancourt, Denis. “La géoéconomie et la géopolitique entraînent des époques successives de globalisation prédatrice et d’ingénierie sociale”, Le Saker Francophone, original publication date in English: 2 April 2019.
https://lesakerfrancophone.fr/la-geoeconomie-et-la-geopolitique-entrainent-des-epoques-successives-deglobalisation-predatrice-et-dingenierie-sociale

5 Ibid

6 https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fin_de_l%27histoire_et_le_Dernier_Homme

7 Roberts, Ken. "Surprise, Surprise! Trump’s 2019 China Trade Deal, Which Never Had A Chance, To Fall
Short - Two decades analyzing U.S. trade data by port, country, export, import", Forbes, 24 December 2021.
https://archive.ph/sxb8n
8 Mirski, Sean. "Stranglehold: The Context, Conduct and Consequences of an American Naval Blockade of
China", Journal of Strategic Studies, 12 February 2013.
https://carnegieendowment.org/2013/02/12/stranglehold-context-conduct-and-consequences-of-americannaval-blockade-of-china-pub-51135

9 Harb, Ali. "US military spending grows as policy shifts to ‘prioritise China’", Aljazeera, 16 December 2021.
https://www.aljazeera.com/news/2021/12/16/us-military-spending-grows-as-policy-shifts-to-prioritise-china
10 Mazzetti, Mark et al. "Behind the Sudden Death of a $1 Billion Secret C.I.A. War in Syria", New York
Times, 2 August 2017.
https://archive.ph/pM2Eq

11 LaGrone, Sam. "$773B Pentagon Budget Request Places Emphasis on China; Russia Now Poses ‘Acute
Threats’", USNI News, 28 March 2022.
https://news.usni.org/2022/03/28/773b-pentagon-budget-requestplaces-emphasis-on-china-russia-now-poses-acute-threats
12 Wong, Kandy. "US-China investment at risk of slowdown under Senate proposal for greater FDI scrutiny,
report says", South China Morning Post, 26 anuary 2022.
https://archive.ph/4Xzis ; Liu, Jack et al. "US
Investment in Southeast Asia and Decoupling From China - No single policy is going to completely eliminate


Par Denis Rancourt  et Jérémie Mercier. Source : les auteurs.

La vidéo en ligne: Mesures "sanitaires" et géopolitique : les explications - CrowdBunker

La source originale de cet article est crowdbunker.com

Copyright © Prof Denis Rancourt et Jérémie Merciercrowdbunker.com, 2022

-------------------------------------

Vous pensiez que Klaus Schwab, 84 ans, pourrait ne plus être nuisible trop longtemps ? Voici sa relève, sa fille Nicole et son Fils Olivier.


Vous pensiez que Klaus Schwab, 84 ans, pourrait ne plus être nuisible trop longtemps ? Voici sa relève, sa fille Nicole Schwab qui parle du Great Reset (2021) avec toujours cette même idée que la crise représente une « opportunité » d'un nouveau paradigme,

Leur progéniture est déjà formée pour perpétuer leurs desseins funestes pour nos vies. Un billet simple pour l'abattoir.

Voici sa relève, sa fille Nicole Schwab qui parle du Great Reset (2021) avec toujours cette même idée que la crise représente une « opportunité » d'un nouveau paradigme, qui mettrait la nature au centre des préoccupations (tout en collaborant avec les pires destructeurs de la nature : Pfizer, Monsanto, Bill Gates…)…

Que vous inspire cet homme ? Au niveau de son regard, son expression, etc.

Il s'agit d'Olivier Schwab, directeur de la Technologie au Forum économique mondial et ancien directeur du bureau chinois, fils de Klaus Schwab…

Et ci-dessous Hilde Schwab, l'épouse de Klaus, faites de beaux rêves...

Lors du Forum économique mondial 2017, Klaus Schwab interrogeait le cofondateur de Google, Sergey Brin, sur la possibilité d'un avenir où tout le monde aurait une puce implantée dans le cerveau qui permettrait de déchiffrer les réactions des personnes.

 Hannibal Genséric




















1 commentaire:

Les commentaires hors sujet, ou comportant des attaques personnelles ou des insultes seront supprimés. Les auteurs des écrits publiés en sont les seuls responsables. Leur contenu n'engage pas la responsabilité de ce blog ou de Hannibal Genséric.