On le sait, le mouvement MAGA est traversé de contradictions, et désormais de conflits. Si Trump s’est laissé entraîner dans le conflit qui arrange Israël, mais dont les Américains tirent les marrons du feu (c’est Israël qui se fait bombarder, in fine, pas les États-Unis, donc ne pas renverser les choses), Vance, qui est un vétéran de la guerre d’Irak (2003-2011), a toujours freiné des quatre fers.
Aujourd’hui, l’incendie de tout le Proche-Orient lui donne raison. Le feu, avait promis Netanyahou à Trump, devait ne concerner que la tête du régime et ne durer que 48 heures. Il a pris, depuis un mois, dans tout l’Iran, et au-delà, dans les principautés du Golfe et surtout Israël, même si les Israéliens ne déplorent, comme toujours avec leur propagande grossière, que trois blessés et un mort.
On exagère à peine : Tsahal doit être invincible, et Israël inattaquable, inviolable, genre la terre sacrée de nos ancêtres, le blabla habituel. En vérité, l’armée, poussée à bout depuis trois ans et l’opération anti-Gaza (un échec puisque le Hamas, comme le Hezbollah, est toujours là), est exsangue.
Et la censure qui s’abat sur les doutes de la population à propos des buts de guerre de Netanyahou – en réalité la guerre le maintient en poste, tout simplement – ne suffit pas à empêcher le grondement de la population civile. L’exode commence à devenir important, surtout dans un Israël élargi... pour rien. Il n’y a qu’à voir les files d’attente à l’aéroport Ben Gourion, du nom de celui qui a organisé l’attentat contre les Kennedy.
La Patagonie, le Chili, les États-Unis et la France s’attendent à recevoir des Exodus à l’envers [Un nouvel Israël en Ukraine ?]. Le plan Machiah de la théocratie délirante de Tel-Aviv a échoué en beauté. On ne démolit pas un pays avec des bombardements, on peut certes le faire reculer économiquement, ce qui est un crime de guerre puisque les avions israéliens visent les usines de dessallement (vitales) et les centrales électriques (dans le dos des Américains), mais tout cela va se finir en Viêt Nam.
« Israël a frappé deux des plus importantes usines sidérurgiques d’Iran, une centrale électrique et des sites du nucléaire civil, parmi d’autres infrastructures », « en coordination avec les États-Unis » (Le ministre des AE iranien Abbas Araghchi sur X)
Ceci dit, les Américains ont un plan : laisser Israël, armé par la maison-mère, gérer la sécurité dans le Golfe, et se tailler en mer de Chine. Laisser Israël dans le merdier, dans son merdier. De ce point de vue, on peut considérer, et seulement si c’est pensé – et pourquoi pas ? – que Trump est, au fond, un chrétien antisioniste.
On nous reproche d’avoir cru à Trump, mais jusqu’au 28 février, il a bien géré les faucons de Tel-Aviv et du Pentagone (et encore, le Pentagone n’était pas chaud pour une aventure en Iran).
Le changement qui s’est opéré, est celui d’un glissement peut-être imprévu, deux jours après ce que la presse a appelé avec gourmandise, et sans recul aucun, la décapitation du régime des mollahs. Car aujourd’hui, cette presse qui appartient au grand capital, subira bientôt les soucis économiques des Occidentaux, privés d’un pétrole bon marché. La crise, elle, sera pour tout le monde, et si l’on doit chercher des coupables, on les cherchera chez les fauteurs de guerre et leurs complices.
Acrimed a justement balancé un texte de journalistes qui refusent ce traitement guerrier, comme en 1991 lors de l’invasion du Koweït par la coalition américano-occidentale, et en 2003 avec la coalition américano-américaine, puisque de moins en moins de pays suivent. Aujourd’hui, on en est à une coalition américano-sioniste, ce qui ne fait pas envie.
La tribune des soixante journalistes (en entier sur le site)
« Nous sommes journalistes, reporters, photojournalistes pigistes et de médias indépendants, exerçant en France et à l’international. Depuis les attaques conjointes lancées par les États-Unis et Israël sur l’Iran, ainsi que la guerre enclenchée au Liban depuis le 2 mars, nous assistons, indignés, à une couverture médiatique défaillante, lacunaire, déséquilibrée et, trop souvent, complaisante envers certains récits officiels.
Une défaillance qui ne date pas d’hier et qui s’inscrit dans une longue histoire de conflits perpétuels, notamment au Liban Sud, dans les territoires palestiniens occupés et à Gaza, où le traitement médiatique reste systématiquement le même : simpliste, orienté et répétitif, donnant l’impression d’un “nouveau” conflit à chaque escalade alors qu’il s’agit en réalité d’une continuité tragique ignorée ou minimisée.
Nous demandons qu’à une guerre asymétrique ne soit pas apposé un traitement médiatique asymétrique. »
Là où Acrimed fait preuve de naïveté (on préfère ça à malhonnêteté), c’est quand on lit ça :
« Nous ne comprenons pas les choix éditoriaux concernant les invité·es convié·es à commenter ces événements. Trop souvent, les plateaux sont occupés par des intervenant·es insuffisamment qualifié·es pour analyser des situations d’une telle complexité. Couvrir ces conflits exige pourtant une connaissance fine du terrain, une maîtrise des contextes historiques et une capacité à mobiliser des analyses géopolitiques rigoureuses. »
Euh, les gars (et les filles, jouons-la inclusive), c’est le but de la manœuvre, de n’inviter que des sionards ou des menteurs ! Quand on verra un mollah invité à parler sur une grande chaîne, alors la télé française sera libre. Pour l’instant, on ne voit que des commissaires politiques sionistes, c’est-à-dire des mollahs juifs.

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