Depuis quelques temps, on peut qualifier l’Occident « d’Empire romain devenu fou ». Il y a plusieurs raisons. La première étant que cet Occident, qui domine la planète depuis au moins deux siècles, qui a conduit la « globalisation » comme forme moderne de sa domination, multiplie les erreurs. Au prétexte de maintenir sa puissance, il se lance dans des aventures à partir d’une perception du réel complètement faussée, d’une arrogance fruit d’un sentiment de supériorité complètement inapte. Depuis la disparition de son rival l’empire soviétique, il multiplie les erreurs, accumule les échecs et se retrouve confronté à des défaites dont il ne sait pas comment sortir.
Dernier exemple en date, l’agression criminelle du 28 février contre l’Iran, État civilisation héritier d’un empire perse pluri millénaire. La raison, voire la simple rationalité aurait dû détourner de ce projet catastrophique et perdu d’avance. Au bout de 48 heures, l’impasse était visible, et le désarroi évident. Et l’empereur, improbable Caligula erratique que l’Occident a mis à sa tête, montrait clairement qu’il avait perdu le fil du conflit, et les pédales au passage.
La chute de l’Empire romain obsède l’Occident depuis toujours. Une historiographie pléthorique essaye de nous en donner les raisons depuis 1500 ans. Disputes sur les causes, revendications de l’héritage et des filiations, qui se qualifiant de « Saint et Germanique », qui de « Troisième Rome », qui qualifiant la Renaissance européenne de restauration, le débat fait rage depuis longtemps. C’est une des raisons qui expliquent la fascination pour la chute de l’Empire romain, face au déclin d’un Occident désormais en conflit avec le reste du monde qui refuse sa domination.
Alors, devant l’énormité de l’erreur commise par Donald Trump prenant fait et cause pour les fanatiques messianiques génocidaires israéliens, et le chaos qu’il a installé, on cherche des références, voire des comparaisons avec ce qui s’est passé et qui a conduit à la déposition par Odoacre du dernier empereur romain d’Occident en 474. Nous avons dit ici « qu’il ne sera pas possible de remettre le dentifrice dans le tube », mais prévisions et prospective sont un exercice particulièrement délicat. Et piocher dans les derniers temps de l’Histoire romaine est un exercice assez vain.
Et puis on se dit qu’après tout, pour essayer d’imaginer ce qui va nous arriver, la recherche des précédents historiques peut s’élargir et nous conduire du côté de la Grèce. N’oublions pas d’abord que l’histoire d’une « civilisation judéo-chrétienne » est une blague, car comme le disait de Gaulle, l’Europe est une « civilisation gréco-latine de culture chrétienne ». Jetons alors un coup d’œil du côté d’Hérodote, le « père de l’Histoire » d’après Cicéron. Dans le livre I des « Histoires » il nous raconte la victoire de Cyrus II l’empereur de Perse sur Crésus le roi de Lydie, royaume grec d’Asie Mineure. Celui-ci désireux d’étendre son propre empire envisageait de faire la guerre à celui de Perse. Il consulta alors l’oracle de Delphes pour savoir s’il devait se lancer dans cette aventure.
L’oracle lui fit une réponse qui conforta Crésus dans son projet : « ἢν στρατεύηται ἐπὶ Πέρσας, μεγάλην ἀρχὴν καταλύσει ». Soit « S’il (Crésus) fait campagne contre les Perses, il détruira un grand empire ». Muni de cette prédiction, Crésus partit en guerre contre l’empire perse. « Κροῖσος διαβὰς τὸν Ἅλυν ποταμὸν εἰς τὴν Καππαδοκίην ἐσέβαλε ». Soit « Crésus, après avoir franchi le fleuve Halys, envahit la Cappadoce ».
Pour y subir plusieurs défaites et voir son propre empire détruit. L’oracle de Delphes s’était ainsi accompli, puisque le « grand empire » qui allait être détruit était celui de Crésus lui-même. Que sa vanité avait empêché de saisir l’ambiguïté de la prédiction. La pythie consultée avait également ajouté qu’il fallait que Crésus recherche le soutien des plus puissantes cités grecques pour son aventure. Soutien formel qu’il obtint, mais que lesdites cités se gardèrent bien de mettre en œuvre laissant Crésus se débrouiller tout seul…
Finalement voilà une référence historique qui fonctionne fort bien et confirme que Marc Bloch avait raison « l’Histoire raconte le présent ». L’empereur actuel de l’empire d’Occident est richissime, complètement narcissique, et il a écouté les oracles des imbéciles incompétents qui l’entourent, mais surtout, il a pris pour argent comptant les assurances des fanatiques messianiques de Tel-Aviv. Alors que ceux-ci ne sont animés que par leurs délires « bibliques » meurtriers. Il est parti en guerre tout seul contre l’empire perse. Tout seul, car ses laquais européens, désormais accompagnés par les asiatiques, se défilent et se gardent bien de mettre leur doigt dans l’engrenage. Donald Trump est probablement politiquement mort, sa présidence est fichue, et il est plus que prévisible que les démocrates qui le haïssent arriveront à le mettre en prison. Difficile de penser qu’il finisse comme Crésus, épargné par Cyrus II et conservant sa fortune grâce à la rivière aurifère « Pactole ».
Mais au-delà de sa personne, l’Histoire est en marche et la décision folle du 28 février 2026 qui a ouvert la boîte de Pandore (encore une référence grecque), va accélérer le déclin et la chute de cet Empire romain devenu fou.

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